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Quels livres pour apprendre le pistage ? 4 guides dans l'ordre où les lire

Sur le terrain, on trouve rarement des empreintes et souvent des crottes, des coulées et des frottis. Quatre guides de pistage dans l'ordre, ce que chacun couvre, et celui à ne pas acheter en premier.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Guide du pisteur débutant. Reconnaître les traces et les empreintes d'animaux sauvagesVincent AlbouyVoir Guide du pisteur débutant. Reconnaître les traces et les empreintes d'animaux sauvages, de Vincent Albouy à la Fnac (lien affilié)
Guide Delachaux des traces d'animauxLars-Henrik OlsenVoir Guide Delachaux des traces d'animaux, de Lars-Henrik Olsen à la Fnac (lien affilié)
Le guide nature Traces et indicesOuvrage collectif dirigé par Alessandro Staehli et Franck BasVoir Le guide nature Traces et indices, de Ouvrage collectif dirigé par Alessandro Staehli et Franck Bas à la Fnac (lien affilié)
Toutes les traces des animaux d'Europe. Identifier et interpréter traces et indicesJoscha GrolmsVoir Toutes les traces des animaux d'Europe. Identifier et interpréter traces et indices, de Joscha Grolms à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le pistage ?

La première sortie ressemble souvent à ça. Vous avez un guide dans le sac, vous cherchez des empreintes, et vous n'en trouvez aucune. Le sol est sec, tapissé de feuilles, et rien n'y est imprimé. Vous rentrez en concluant qu'il n'y avait pas d'animaux.

Il y en avait. Vous êtes probablement passé à côté d'une coulée dans les ronces, d'un tas de laissées sur une souche, d'un cône de pin rongé en épi et d'une écorce frottée à cinquante centimètres du sol. Le pistage commence par cette bascule : l'empreinte est un indice parmi une vingtaine, et loin d'être le plus fréquent. Le choix du guide en découle directement. Voici quatre ouvrages, dans un ordre qui suit la progression réelle sur le terrain, et celui qu'il vaut mieux ne pas acheter en premier même s'il est le plus cité.


Le critère qui élimine la moitié des guides

Ouvrez n'importe quel guide en librairie et regardez la table des matières. Si elle est organisée uniquement par espèce avec une planche d'empreintes par animal, reposez-le. Il vous servira trois fois par an, après une pluie ou une neige.

Ce qu'il vous faut, c'est un ouvrage qui traite les catégories d'indices : empreintes bien sûr, mais aussi laissées et crottes, coulées et passages, restes de repas, marquages et frottis, gîtes et terriers, plumes, pelotes de réjection, restes de mue, dégâts sur les végétaux. Ce sont ces chapitres que vous consulterez vraiment.

Deuxième critère, moins évident : cherchez si le livre explique comment un indice se déforme avec le temps. Une empreinte de la nuit dernière et la même empreinte vieille de trois jours n'ont pas la même allure, et confondre les deux fausse toute la lecture d'une piste. Peu de guides abordent la question, et ceux qui le font se reconnaissent tout de suite.

Premier livre : Vincent Albouy, « Guide du pisteur débutant »

Vincent Albouy, « Guide du pisteur débutant. Reconnaître les traces et les empreintes d'animaux sauvages » (Delachaux et Niestlé, 2009, 96 pages, illustrations de Szabolcs Kokay) Voir à la FnacGuide du pisteur débutant. Reconnaître les traces et les empreintes d'animaux sauvages, de Vincent Albouy (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Quatre-vingt-seize pages, c'est peu, et c'est la qualité principale du livre. Albouy renonce à couvrir la faune européenne pour se concentrer sur sept mammifères sauvages communs, avec une quinzaine de photographies d'indices chacun. Il consacre aussi un passage à un entraînement avec des chiens, qui a l'air anecdotique et ne l'est pas : il apprend à relier une trace à un animal qu'on a vu passer, ce qui est la seule manière sérieuse de calibrer son œil.

Ce qu'il vous apprend précisément : la démarche. Comment une trace se forme, comment elle se déforme, quelles questions poser à une piste, et comment tirer le maximum d'un indice ordinaire. Albouy est entomologiste de formation et cette habitude de l'observation minutieuse se sent à chaque page.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à identifier une espèce rare. Sept mammifères, ce n'est pas une clé de détermination. Vous buterez rapidement, et c'est prévu.

Deuxième livre : Lars-Henrik Olsen, « Guide Delachaux des traces d'animaux »

Lars-Henrik Olsen, « Guide Delachaux des traces d'animaux » (Delachaux et Niestlé, 2013, 276 pages, traduit du danois) Voir à la FnacGuide Delachaux des traces d'animaux, de Lars-Henrik Olsen (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun, mais l'utilité arrive après quelques sorties.

C'est le guide généraliste à emporter. Olsen est zoologue, il a travaillé pour le musée du zoo de Copenhague et pour le WWF, et il couvre les mammifères et les oiseaux d'Europe sous tous leurs indices : plumes, empreintes, marques de dents, laissées, restes de repas. Le format tient dans un sac et les illustrations sont pensées pour la comparaison plutôt que pour l'illustration.

Ce qu'il vous apprend précisément : à passer de l'indice à l'espèce, et souvent au comportement. Le livre insiste sur ce que la trace dit du mode de vie, ce qui est la vraie récompense du pistage. Savoir qu'un blaireau est passé là est modérément intéressant. Comprendre qu'il y creusait à la recherche de vers de terre après la pluie, beaucoup plus.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les cas limites. Sur les mustélidés, sur les petits rongeurs et sur les crottes de canidés, il vous laissera hésiter. C'est normal, et le livre suivant existe pour ça.

Troisième livre : « Le guide nature Traces et indices », La Salamandre

Ouvrage collectif dirigé par Alessandro Staehli et Franck Bas, « Le guide nature Traces et indices » (Éditions La Salamandre, 2e édition 2024, 224 pages, environ 1150 dessins originaux) Voir à la FnacLe guide nature Traces et indices, de Ouvrage collectif dirigé par Alessandro Staehli et Franck Bas (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : savoir déjà quoi chercher.

La Salamandre est une revue naturaliste suisse, et sa collection de guides a une caractéristique rare : tout est dessiné, rien n'est photographié. Ce choix paraît vieillot, il est en réalité supérieur pour l'identification, parce qu'un dessin peut souligner le caractère discriminant qu'une photographie noie dans le contexte. Plus de sept cent trente traces et indices y sont traités, animaux comme végétaux.

Ce qu'il vous apprend précisément : les distinctions fines. Deux empreintes voisines montrées côte à côte avec la différence entourée, c'est ce qui manque partout ailleurs. La deuxième édition a gagné quarante-huit pages sur la première, et elles ont été employées à cela.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le comportement en profondeur. Le guide identifie remarquablement, il interprète moins. C'est un outil de détermination, à compléter par la lecture d'Olsen.

Quatrième livre : Joscha Grolms, « Toutes les traces des animaux d'Europe »

Joscha Grolms, « Toutes les traces des animaux d'Europe. Identifier et interpréter traces et indices » (Delachaux et Niestlé, 2025, adaptation française de Christian Dronneau, plus de 2000 indices pour 180 espèces) Voir à la FnacToutes les traces des animaux d'Europe. Identifier et interpréter traces et indices, de Joscha Grolms (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une pratique installée, et de la place sur une étagère.

Grolms est un pisteur allemand reconnu, l'un des rares spécialistes européens à en avoir fait un métier plutôt qu'un loisir savant. Le volume est massif et il est conçu pour rester à la maison, à consulter au retour d'une sortie, photographies et mesures en main.

Ce qu'il vous apprend précisément : l'interprétation. Le livre ne s'arrête pas à nommer l'espèce, il explique ce que l'animal faisait, à quelle allure il se déplaçait, ce qu'il mangeait, s'il chassait ou s'il fuyait. C'est le passage de l'identification à la lecture, et très peu d'ouvrages francophones vont jusque-là.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à débuter. Deux mille indices, c'est écrasant pour qui n'a pas encore vu cent traces sur le terrain. Achetez-le en troisième ou quatrième année, pas en première.

Par où ne pas commencer

« Sur la piste animale » de Baptiste Morizot, chez Actes Sud dans la collection Mondes sauvages, est le livre qui a fait connaître le pistage à un large public francophone, et il le mérite. Il n'est pas un manuel. Morizot est philosophe, maître de conférences à Aix-Marseille, et il utilise le pistage du loup, de l'ours et de la panthère des neiges pour construire une pensée des relations entre vivants. Il n'y a ni clé de détermination, ni planche comparative, ni tableau de mesures. Acheté comme premier livre de pistage, il déçoit pour de mauvaises raisons. Lu à côté d'un guide de terrain, il donne au reste son sens. Nous en parlons plus longuement dans notre sélection sur les livres pour apprendre l'éthologie.

Les petits guides de poche à quelques euros, ensuite. Ils sont charmants et parfaitement adaptés à une sortie avec des enfants. Ils sont aussi trop sommaires pour trancher un cas douteux, et ils donnent une fausse confiance qui installe des erreurs durables.

Enfin, les ouvrages nord-américains traduits. La littérature de pistage la plus riche du monde est américaine, mais elle décrit une faune qui n'est pas la nôtre. Un guide qui consacre trente pages aux ratons laveurs et aux ours noirs vous servira mal en forêt de Fontainebleau.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Un guide ne vous donnera jamais l'échelle. C'est le premier réflexe à prendre : poser un mètre ruban, une pièce ou un bâton gradué à côté de l'indice avant de photographier. Sans cela, une photographie de trace est inutilisable, et vous accumulerez une bibliothèque d'images dont vous ne pourrez rien tirer.

Un guide ne vous apprendra pas non plus à revenir. Le pistage progresse par répétition sur un même terrain, pas par accumulation de lieux. Choisissez un secteur de quelques hectares près de chez vous et parcourez-le toutes les semaines pendant un an. Vous y verrez les mêmes coulées se former, les mêmes laissées se déposer, et vous finirez par connaître les individus.

Il ne remplacera pas non plus une sortie accompagnée. Beaucoup d'associations naturalistes locales, de parcs naturels régionaux et de sociétés de chasse organisent des sorties traces en hiver, souvent gratuites. Deux heures avec quelqu'un qui montre du doigt valent trois cents pages.

Une dernière chose, moins technique. Le pistage se pratique sur des territoires où vivent des animaux qui ont besoin de calme, particulièrement en hiver et en période de reproduction. Suivre une piste fraîche jusqu'à déloger l'animal est une faute, pas une réussite. Les bons guides le disent, souvent en une ligne qu'on saute.

Après ces quatre livres

Vous aurez une méthode, un guide de terrain, un outil de détermination fine et un ouvrage d'interprétation. C'est un équipement complet, et bien peu de pisteurs amateurs en disposent.

La suite se choisit selon ce qui vous a retenu. Si ce sont les plumes et les pelotes de réjection, vous êtes déjà en train de basculer vers l'ornithologie, qui partage avec le pistage la même patience et les mêmes horaires. Si ce sont les galeries, les dégâts sur les écorces et les traces de repas laissées par de très petits animaux, l'entomologie ouvre un monde entier à quelques centimètres du sol. Et si votre envie est de rapporter des images plutôt que des notes, le pistage est de toute façon la compétence de base des photographes de faune, comme l'explique notre sélection sur la photographie animalière.

Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à suit la même règle : peu de titres, dans un ordre, avec ce que chacun ne fait pas.

Par quel livre commencer le pistage quand on part de zéro ?

Par le « Guide du pisteur débutant » de Vincent Albouy, chez Delachaux et Niestlé. Il ne cherche pas l'exhaustivité : il prend sept mammifères communs, le lièvre, le blaireau, le chevreuil et quelques autres, et montre pour chacun une quinzaine de photographies d'indices. Le format court oblige à comprendre le raisonnement du pisteur plutôt qu'à feuilleter des planches. C'est exactement ce dont on a besoin les six premiers mois.

Faut-il apprendre les empreintes en premier ?

Non, et c'est le contresens le plus répandu. L'empreinte nette suppose un substrat qui la conserve, donc de la boue, du sable fin ou de la neige, ce qui ne représente qu'une petite part des sorties. Le reste du temps vous trouverez des crottes, des coulées, des restes de repas, des frottis sur les troncs et des pelotes de réjection. Un guide qui ne traite que les empreintes vous laissera aveugle les trois quarts de l'année.

Baptiste Morizot est-il un bon livre pour apprendre à pister ?

« Sur la piste animale » est un livre magnifique, mais ce n'est pas un manuel et il ne prétend pas l'être. Morizot est philosophe, il pratique le pistage et il en tire une réflexion sur nos rapports au vivant. Vous n'y trouverez pas de clé d'identification, pas de planches comparatives, pas de mesures d'empreintes. Lisez-le, mais après ou à côté d'un guide de terrain, jamais à sa place.

Peut-on pister sans neige et sans boue ?

Oui, et c'est même la compétence qui distingue un pisteur d'un promeneur attentif. Une coulée dans les hautes herbes, un tas de plumes disposé d'une certaine manière, une écorce frottée à hauteur de bois, un cône de résineux rongé selon un motif précis, tout cela se lit toute l'année. Les meilleurs guides consacrent d'ailleurs plus de pages à ces indices qu'aux seules empreintes.

Un guide suffit-il pour identifier une crotte avec certitude ?

Rarement à lui seul. La forme, la taille, le contenu, l'odeur et surtout l'emplacement comptent ensemble, et beaucoup d'espèces produisent des laissées très proches selon leur régime du moment. Photographiez avec un objet de taille connue à côté, notez le milieu et la date, et acceptez de conclure « mustélidé » plutôt que de forcer une espèce. Un pisteur honnête laisse beaucoup d'indices non identifiés.

Combien de temps faut-il pour devenir correct en pistage ?

Comptez deux saisons complètes de sorties régulières pour reconnaître de façon fiable une vingtaine d'indices courants, et davantage pour interpréter une piste, c'est-à-dire reconstituer ce que l'animal a fait. La lecture accélère peu cette progression. Ce qui l'accélère, c'est de retourner plusieurs fois au même endroit et de voir comment un même indice vieillit.

Quel matériel emporter en plus du guide ?

Un mètre ruban souple, un carnet, un crayon qui écrit sous la pluie et un appareil photo, même celui du téléphone. Les mesures sont décisives : quelques millimètres séparent une empreinte de renard d'une empreinte de petit chien. Beaucoup de pisteurs emportent aussi un bâton gradué qu'ils posent près de la trace avant de photographier, ce qui rend la photo exploitable des mois plus tard.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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