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Quels livres pour apprendre à tailler les arbres fruitiers ? 4 titres et un critère d'achat

La taille s'apprend par le dessin, pas par le texte. Quatre livres à lire dans l'ordre pour tailler pommiers, poiriers et pruniers, et le critère qui élimine les trois quarts du rayon.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
J'apprends à tailler mes arbresAlain PontoppidanVoir J'apprends à tailler mes arbres, de Alain Pontoppidan à la Fnac (lien affilié)
La Taille des arbres fruitiers, former et entretenir toutes les formes fruitières pas à pasJacques Beccaletto, Denis Retournard et Marie-Claude EyraudVoir La Taille des arbres fruitiers, former et entretenir toutes les formes fruitières pas à pas, de Jacques Beccaletto, Denis Retournard et Marie-Claude Eyraud à la Fnac (lien affilié)
De la taille à la conduite des arbres fruitiersJean-Marie Lespinasse et Évelyne LetermeVoir De la taille à la conduite des arbres fruitiers, de Jean-Marie Lespinasse et Évelyne Leterme à la Fnac (lien affilié)
Le Traité Rustica des arbres fruitiersDaniel Brochard et Jean-Yves PratVoir Le Traité Rustica des arbres fruitiers, de Daniel Brochard et Jean-Yves Prat à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre à tailler les arbres fruitiers ?

La scène se répète chaque hiver. Quelqu'un a lu deux chapitres, sort avec un sécateur neuf, se plante devant un pommier de six ans et reste immobile pendant vingt minutes. Il a compris la théorie. Il ne sait absolument pas quelle branche couper.

C'est le problème propre à ce sujet, et il détermine le choix des livres bien plus que la réputation des auteurs. La taille est un geste local, décidé rameau par rameau, sur un arbre qui a une histoire. Un texte, même excellent, la décrit toujours de trop loin. Un dessin annoté qui montre la branche avant, le trait de coupe et le résultat l'année suivante fait le travail en trois secondes. Voici quatre livres, dans l'ordre où les lire, choisis d'abord sur ce critère.


Le critère d'achat : la séquence avant, coupe, après

Avant de regarder l'auteur ou l'éditeur, faites ce test en librairie. Ouvrez au chapitre du pommier ou du poirier. Cherchez des dessins au trait montrant un rameau avec la marque de la coupe, puis le même rameau la saison suivante. Comptez-les.

Un bon livre de taille en contient des dizaines. Un mauvais livre de taille contient de belles photographies d'arbres en fleurs et des paragraphes qui expliquent qu'il faut « aérer le centre de l'arbre », phrase parfaitement vraie et parfaitement inutilisable un sécateur à la main.

Le dessin l'emporte ici sur la photographie, ce qui est contre-intuitif. Une photo d'arbre en hiver est un enchevêtrement gris où l'oeil du débutant ne distingue rien. Le dessinateur, lui, efface ce qui encombre et laisse ce qui compte. Les meilleurs ouvrages français de taille doivent d'ailleurs autant à leurs illustrateurs qu'à leurs auteurs, et les éditeurs sérieux les créditent en couverture.

L'erreur du débutant : trop, et trop tôt

Presque tous les dégâts que je vois dans les jardins viennent de la même cause. On taille beaucoup, sur des arbres jeunes, parce que tailler donne le sentiment d'avoir fait quelque chose.

L'arbre répond mécaniquement. Une coupe sévère provoque une repousse vigoureuse et verticale, les gourmands, qui ne portent pas de fruits. L'année suivante, l'arbre paraît en désordre, on taille davantage, et l'arbre repart de plus belle en bois stérile. Certains vergers familiaux tournent ainsi pendant dix ans sans jamais produire correctement.

L'autre erreur porte sur la saison. Pommiers et poiriers acceptent la taille d'hiver. Cerisiers, pruniers et abricotiers la supportent mal, leurs plaies hivernales cicatrisent lentement et deviennent des portes d'entrée pour les chancres et la gommose : on les taille plutôt en fin d'été, après récolte, et le moins possible. Un livre qui ne fait pas cette distinction dès ses premières pages n'a rien à vous apprendre.

Premier livre : Alain Pontoppidan, « J'apprends à tailler mes arbres »

Alain Pontoppidan, « J'apprends à tailler mes arbres » (Terre vivante, collection Facile et bio, 2016, 96 pages, nouvelle édition depuis) Voir à la FnacJ'apprends à tailler mes arbres, de Alain Pontoppidan (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Court, illustré, et surtout défendant une position claire : la taille douce, c'est-à-dire couper moins, comprendre comment l'arbre pousse avant de décider. L'auteur commence par la physiologie, sève, bourgeons, dominance apicale, puis descend espèce par espèce. Le format reste celui d'un petit manuel de terrain qu'on emporte au jardin.

Ce qu'il vous apprend précisément : pourquoi une coupe donne tel effet. Une fois que la dominance apicale est comprise, la moitié des règles de taille cesse d'être une liste à retenir et devient déductible. C'est exactement ce qu'il faut à un débutant.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la conduite des formes complexes. Quatre-vingt-seize pages qui couvrent aussi les arbustes d'ornement ne peuvent pas détailler la formation d'une palmette Verrier. Pour un verger structuré, il faut passer au suivant.

Deuxième livre : Beccaletto, Retournard et Eyraud, « La Taille des arbres fruitiers »

Jacques Beccaletto, Denis Retournard et Marie-Claude Eyraud, « La Taille des arbres fruitiers, former et entretenir toutes les formes fruitières pas à pas » (Ulmer, 2015) Voir à la FnacLa Taille des arbres fruitiers, former et entretenir toutes les formes fruitières pas à pas, de Jacques Beccaletto, Denis Retournard et Marie-Claude Eyraud (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir compris le principe, donc le livre précédent ou l'équivalent.

C'est la référence française du pas à pas illustré, et la raison en est simple : Jacques Beccaletto a été chef jardinier au Potager du Roi à Versailles, Denis Retournard a longtemps conduit le fruitier du jardin du Luxembourg. Deux hommes qui ont taillé des milliers d'arbres formés, et une illustratrice qui traduit leurs gestes en planches lisibles.

Attention à un point qui trompe beaucoup de monde, y compris les libraires : ce titre paraît chez Ulmer, pas chez Rustica, même si Denis Retournard publie par ailleurs chez Rustica. Vérifiez l'éditeur au moment de commander, les homonymies sont nombreuses dans ce rayon.

Ce qu'il vous apprend précisément : la formation. Comment on obtient un gobelet, un fuseau, un cordon, une palmette, année après année, avec le dessin de ce qu'on coupe à chaque hiver. C'est la partie qu'aucune vidéo ne couvre correctement, parce qu'elle se déroule sur cinq ans.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la biologie fine derrière les choix. Il montre magnifiquement le quoi, il reste plus discret sur le pourquoi. D'où l'étape suivante.

Troisième livre : Lespinasse et Leterme, « De la taille à la conduite des arbres fruitiers »

Jean-Marie Lespinasse et Évelyne Leterme, « De la taille à la conduite des arbres fruitiers » (Rouergue, troisième édition 2024, 328 pages, avec de nombreux contributeurs) Voir à la FnacDe la taille à la conduite des arbres fruitiers, de Jean-Marie Lespinasse et Évelyne Leterme (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : deux ou trois saisons de pratique, et l'envie de comprendre ce que vous faites.

Jean-Marie Lespinasse a mené des recherches à l'INRA sur l'architecture des arbres fruitiers, Évelyne Leterme dirige le Conservatoire végétal régional d'Aquitaine. Leur thèse tient en une phrase : on taille beaucoup trop, et l'essentiel du travail consiste à accompagner la forme naturelle de chaque espèce plutôt qu'à lui imposer une géométrie. Quinze espèces sont traitées, du pommier à l'olivier en passant par le kiwi et le noyer.

Ce qu'il vous apprend précisément : le raisonnement de l'arboriculteur, type de fructification par espèce, équilibre entre végétation et production, arcure plutôt que coupe. Vous couperez moins après l'avoir lu, et mieux.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les gestes de base. Le livre suppose acquis le vocabulaire et la manipulation, il n'est pas fait pour une première saison. Lu trop tôt, il paraît abstrait ; lu au bon moment, il change durablement la façon de regarder un arbre.

Un quatrième, si vous plantez un verger

Daniel Brochard et Jean-Yves Prat, « Le Traité Rustica des arbres fruitiers » (Rustica, dernière édition remaniée, environ 500 photographies et 200 dessins) Voir à la FnacLe Traité Rustica des arbres fruitiers, de Daniel Brochard et Jean-Yves Prat (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun, mais ce n'est pas un livre de taille, c'est un livre de verger.

Jean-Yves Prat a lui aussi eu la charge du jardin fruitier du Luxembourg, ce qui explique la précision des chapitres techniques. L'ouvrage couvre le choix des espèces et des porte-greffes, la plantation, la conduite, la protection sanitaire, la récolte et la conservation, espèce par espèce.

Ce qu'il vous apprend précisément : tout ce qui entoure la taille et qui décide, en réalité, du résultat. Un pommier mal choisi pour votre sol et votre climat ne sera pas sauvé par une taille parfaite. Le porte-greffe détermine la vigueur, donc la forme possible, donc la taille : c'est une décision qui se prend avant la plantation et qui vous engage pour vingt ans.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le détail du geste de formation. Sur ce point, revenez au deuxième livre.

Par où ne pas commencer

Les manuels généralistes intitulés « la taille des arbres et arbustes », d'abord. Ils sont utiles pour un jardin d'ornement et trompeurs pour un verger. L'objectif y est la silhouette et la floraison, pas la fructification, et les fruitiers y sont expédiés en un chapitre qui ne descend jamais au niveau des organes fructifères. Or c'est précisément là que tout se joue : le pommier fructifie sur dards et lambourdes de plusieurs années, le pêcher sur les rameaux de l'année précédente. Couper de la même façon les deux, c'est supprimer la récolte de l'un.

Les encyclopédies du jardin, ensuite, pour la même raison en pire. Trois pages sur la taille dans un volume de mille pages ne vous apprendront rien d'utilisable.

Enfin, un mot sur les vidéos, qui remplacent aujourd'hui le livre pour beaucoup. Elles sont excellentes pour voir un geste, franchement mauvaises pour la formation d'un arbre sur cinq ans, puisqu'aucune vidéo ne dure cinq ans. Utilisez-les en complément du deuxième livre, pas à sa place.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Ils ne prendront pas la décision. Devant un arbre, la question n'est jamais « comment taille-t-on un pommier », elle est « laquelle de ces six branches part cette année ». Cette hésitation-là ne se résout que devant un arbre, idéalement à côté de quelqu'un qui tranche vite. Les associations de croqueurs de pommes, présentes dans la plupart des régions, organisent chaque hiver des journées de taille ouvertes, souvent gratuites, sur de vieux vergers. Une seule journée vaut deux livres.

Ils ne connaîtront pas non plus vos variétés. Un verger ancien contient des variétés locales dont le comportement diffère de ce que décrivent les ouvrages généraux, et l'identification pomologique se fait avec des gens, pas avec un index. Les conservatoires végétaux régionaux existent pour ça.

Ils ne compenseront pas la patience. Un arbre répond à une taille avec une saison de décalage, parfois deux. Vous ne saurez pas si vous avez eu raison cet hiver avant l'été prochain, et cette lenteur est le vrai professeur. Notez ce que vous coupez, revenez voir, corrigez. Trois carnets d'hiver successifs valent tous les manuels du rayon.

Après ces quatre livres

Vous saurez alors former un jeune arbre, entretenir un arbre adulte, et reconnaître ce que vous regardez, ce qui est le point de bascule. La suite s'ouvre dans plusieurs directions.

Vers la greffe, si vous voulez multiplier une variété qui vous plaît. Vers la restauration des vieux vergers, discipline lente et passionnante, où l'on retire une charpentière tous les trois ans. Vers l'écosystème du verger, sol, auxiliaires, associations, et là c'est la permaculture qui prend le relais, comme d'ailleurs pour les bases du jardinage si votre verger arrive avant votre potager.

Deux voisinages moins évidents méritent aussi le détour. Le bonsaï travaille exactement les mêmes réactions physiologiques à une échelle réduite, et beaucoup de tailleurs de fruitiers y trouvent une compréhension accélérée. Savoir reconnaître les arbres, enfin, sert plus qu'on ne croit, ne serait-ce que pour identifier ce qui pousse déjà chez vous. Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à suit la même méthode sur les autres savoir-faire.

Quel critère regarder avant d'acheter un livre de taille ?

L'illustration séquentielle. Ouvrez le livre au chapitre du pommier et cherchez un dessin qui montre la branche avant la coupe, le trait de coupe, puis la branche l'année suivante. Si vous ne trouvez que des photos d'arbres entiers et des paragraphes explicatifs, reposez-le. La taille est un geste localisé sur un rameau de vingt centimètres, elle se transmet par le dessin annoté beaucoup mieux que par la phrase.

Un livre généraliste sur les arbres suffit-il pour un verger ?

Non. Un ouvrage sur la taille des arbres et arbustes traite l'ornement, où l'objectif est la silhouette et la floraison. Au verger, l'objectif est la fructification, ce qui suppose de savoir reconnaître les organes fructifères de chaque espèce, brindilles couronnées du poirier, dards et lambourdes du pommier, rameaux de l'année du pêcher. Un chapitre unique intitulé « les fruitiers » dans un livre général ne descend jamais à ce niveau.

À quelle période tailler les arbres fruitiers ?

Les fruitiers à pépins, pommier et poirier, se taillent en repos végétatif, de novembre à mars hors gelées. Les fruitiers à noyau, cerisier, prunier, abricotier, se taillent plutôt après la récolte, en fin d'été, parce que les plaies cicatrisent mal en hiver et ouvrent la porte aux maladies. Cette différence est la première chose qu'un livre sérieux vous apprend, et la première que les débutants ignorent.

Quelle est l'erreur la plus fréquente du débutant ?

Tailler trop, et trop tôt. Un jeune arbre sévèrement rabattu réagit en produisant des gourmands verticaux stériles, ce qui donne l'impression qu'il fallait tailler davantage, et le cercle se referme. La règle utile tient en une ligne : sur un arbre planté depuis moins de trois ou quatre ans, taillez le strict minimum, éliminez le bois mort, le bois qui se croise et le bois malade, et laissez faire.

Faut-il un livre par forme fruitière ?

Non, un bon ouvrage couvre les formes principales : gobelet, fuseau, palmette, cordon, espalier contre un mur. En revanche, décidez de la forme avant de planter, pas après. On ne convertit pas raisonnablement un gobelet de quinze ans en espalier. Si vous héritez d'un verger existant, cherchez plutôt un chapitre consacré à la restauration des vieux arbres, qui obéit à des règles différentes et beaucoup plus lentes.

Peut-on apprendre à tailler sans voir quelqu'un le faire ?

Partiellement. Les livres vous donnent la logique et le vocabulaire, et c'est déjà considérable. Ce qu'ils transmettent mal, c'est la décision : face à un arbre réel, il faut choisir laquelle des six branches part, et cette hésitation ne se lit pas. Une demi-journée avec un arboriculteur, une association de croqueurs de pommes ou un voisin qui taille depuis trente ans lève ce blocage en quelques arbres.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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