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Quels livres pour apprendre à reconnaître les arbres ? 4 titres dans l'ordre

Un parcours en quatre livres pour identifier les arbres pour de vrai : le guide de terrain d'abord, la lecture plaisir ensuite, et pourquoi le best-seller de Wohlleben ne doit pas être votre premier achat.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Guide Delachaux des arbres de FranceOwen JohnsonVoir Guide Delachaux des arbres de France, de Owen Johnson à la Fnac (lien affilié)
Guide Delachaux des arbres d'EuropeOwen Johnson et David MoreVoir Guide Delachaux des arbres d'Europe, de Owen Johnson et David More à la Fnac (lien affilié)
Penser comme un arbreJacques TassinVoir Penser comme un arbre, de Jacques Tassin à la Fnac (lien affilié)
Plaidoyer pour l'arbreFrancis HalléVoir Plaidoyer pour l'arbre, de Francis Hallé à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre à reconnaître les arbres ?

Il y a une scène qui se répète chaque Noël dans des dizaines de milliers de foyers français. Quelqu'un annonce qu'il aimerait « s'y connaître en arbres », et il reçoit « La Vie secrète des arbres ». Le livre est lu, souvent aimé, parfois offert à son tour. Six mois plus tard, la personne se promène en forêt et ne sait toujours pas si l'arbre devant elle est un charme, un hêtre ou un orme.

Ce n'est pas la faute du lecteur. C'est que le livre qu'on lui a offert ne fait pas ce qu'on croit qu'il fait. Reconnaître les arbres est une compétence d'observation, elle s'acquiert avec un guide de terrain, un carnet et des chaussures. Les beaux essais viennent après, et ils sont bien meilleurs une fois qu'on sait de quoi ils parlent. Voici quatre livres, dans un ordre qui tient compte de cela, plus la liste de ce qu'il ne faut surtout pas acheter en premier.


Ce que « reconnaître un arbre » veut vraiment dire

Un débutant regarde une feuille. Un botaniste regarde huit choses en même temps, et la feuille arrive en cinquième position.

Il regarde d'abord la silhouette générale et le port, c'est-à-dire la manière dont l'arbre occupe l'espace, parce qu'un tilleul et un peuplier ne se tiennent pas de la même façon. Puis l'écorce, sa couleur, sa texture, la façon dont elle se fissure ou s'exfolie. Puis la disposition des rameaux, opposés ou alternes, ce qui élimine déjà la moitié des candidats. Puis les bourgeons, qui sont le critère le plus fiable de tous et le seul disponible en février. Ensuite seulement la feuille, la fleur, le fruit, et le milieu où l'arbre pousse.

Cette hiérarchie a une conséquence pratique immédiate. Un livre qui vous présente les arbres par leurs feuilles, et uniquement par leurs feuilles, vous laisse démuni la moitié de l'année et vous apprend le mauvais réflexe. Un guide qui traite les sept critères vous rend autonome. C'est le seul critère de tri qui compte au moment d'acheter.

Premier livre : Owen Johnson, « Guide Delachaux des arbres de France »

Owen Johnson, « Guide Delachaux des arbres de France » (Delachaux et Niestlé, 2016, 256 pages, illustrations de David More) Voir à la FnacGuide Delachaux des arbres de France, de Owen Johnson (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis. C'est le seul achat vraiment obligatoire de cette liste.

Un peu plus de deux cents espèces d'arbres et d'arbustes présents en France, chacune décrite partie par partie : silhouette, écorce, rameaux, bourgeons, fleurs, fruits, feuilles. Les planches sont dessinées et non photographiées, ce qui paraît vieillot et qui est en réalité un avantage décisif. Un dessin montre le caractère typique de l'espèce, là où une photo montre un individu particulier, pris sous une lumière particulière, un jour particulier. Devant un arbre réel, le dessin gagne à chaque fois.

Ce qu'il vous apprend précisément : à procéder par élimination. La clé de détermination, illustrée par des centaines de croquis en couleur, vous fait poser les bonnes questions dans le bon ordre. Vous cesserez de chercher « à quoi ça ressemble » pour commencer à vérifier des critères, et c'est ce basculement qui fait toute la différence.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les essences exotiques des parcs urbains. Si votre terrain de jeu est un square parisien planté de sophoras, de ginkgos et de paulownias, ce guide vous laissera régulièrement sans réponse. C'est le sujet du livre suivant.

Deuxième livre : Owen Johnson et David More, « Guide Delachaux des arbres d'Europe »

Owen Johnson et David More, « Guide Delachaux des arbres d'Europe » (Delachaux et Niestlé, plus de 1 500 espèces décrites et illustrées, plusieurs éditions successives) Voir à la FnacGuide Delachaux des arbres d'Europe, de Owen Johnson et David More (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une première saison passée avec le guide précédent, ou une envie très décidée.

C'est le même travail, en beaucoup plus gros. Sous-espèces, variétés et espèces voisines y sont décrites et le plus souvent illustrées, avec les silhouettes et les détails, feuilles en tête. Owen Johnson étudie les arbres d'Europe depuis plus de vingt ans, David More est illustrateur naturaliste et a notamment travaillé pour le Muséum d'histoire naturelle de Londres.

Ce qu'il vous apprend précisément : à traiter les cas que le guide français abandonne. Les cultivars horticoles, les essences ornementales importées, les érables et les tilleuls de parcs qui ne ressemblent à rien de sauvage. C'est aussi le volume qui vous accompagnera en voyage, du sud de l'Espagne à la Scandinavie.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à faire un choix. Mille cinq cents espèces, pour un débutant, c'est une source de doute plutôt qu'une aide. Achetez-le quand vous aurez déjà buté trois ou quatre fois sur les limites du premier, pas avant. Beaucoup de gens font l'inverse, prennent le plus complet par prudence, et se découragent.

Troisième livre : Jacques Tassin, « Penser comme un arbre »

Jacques Tassin, « Penser comme un arbre » (Odile Jacob, 2018, 144 pages, repris en poche) Voir à la FnacPenser comme un arbre, de Jacques Tassin (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis technique, mais se lit infiniment mieux quand on sait déjà nommer une dizaine d'espèces.

Tassin est chercheur en écologie végétale au Cirad. Son livre est court, dense, et il occupe une place particulière dans le paysage éditorial français : c'est la réponse sérieuse à la vague des livres sur la sensibilité et la communication des arbres. Il ne balaie pas le sujet d'un revers de main, il examine ce que la recherche montre réellement, ce qu'elle suggère, et ce qu'on lui fait dire.

Ce qu'il vous apprend précisément : à distinguer un fait établi d'une extrapolation séduisante. Les racines échangent bien des molécules par l'intermédiaire de champignons, c'est documenté. En conclure que la forêt est une communauté solidaire dotée d'intentions, c'est un saut que la biologie ne fait pas. Tassin tient les deux bouts, l'émerveillement et la rigueur, sans sacrifier ni l'un ni l'autre.

Une opinion, franchement : ce livre devrait être offert à la place de celui dont je vais parler plus bas. Il est plus court, plus beau à certains endroits, et il ne vous laissera pas avec des idées fausses à corriger plus tard.

Quatrième livre : Francis Hallé, « Plaidoyer pour l'arbre »

Francis Hallé, « Plaidoyer pour l'arbre » (Actes Sud, 2005, 212 pages) Voir à la FnacPlaidoyer pour l'arbre, de Francis Hallé (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : rien d'obligatoire, mais c'est le livre le plus exigeant de la sélection.

Hallé est botaniste, spécialiste des forêts tropicales et des architectures végétales, connu du grand public pour le Radeau des cimes qui permettait d'étudier la canopée par le dessus. Il a enseigné à Montpellier pendant près de trente ans. Ce livre est une analyse structurale et fonctionnelle de l'arbre, portraits d'espèces à l'appui, hévéa et eucalyptus notamment, avec des photographies de figuiers étrangleurs, de mangroves et de baobabs.

Ce qu'il vous apprend précisément : ce qu'est un arbre du point de vue de l'arbre. Il refuse l'anthropomorphisme de manière explicite et méthodique, et c'est précisément ce refus qui rend le propos vertigineux. Un arbre est modulaire, il se répète, il n'a pas d'individualité au sens où vous en avez une, il n'a pas d'âge limite programmé de la même façon. Les schémas techniques y voisinent avec des citations poétiques et historiques, ce qui donne un objet éditorial étrange et attachant.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à identifier quoi que ce soit. Aucune clé, aucune planche de détermination. C'est un livre de compréhension, à lire au coin du feu, pas dans un sac à dos. Si l'approche végétale vous a plu, prolongez avec notre parcours pour apprendre la botanique, où Hallé revient sous un autre titre.

Par où ne pas commencer

Voici la partie qui vous fera gagner le plus de temps, et qu'aucune liste ne fait.

« La Vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben (Les Arènes, 2017 pour l'édition française, traduit de l'allemand par Corinne Tresca, original paru en 2015). Le livre s'est vendu par millions et il a un mérite immense : il a donné à des centaines de milliers de gens l'envie de regarder une forêt. Mais il n'apprend pas à reconnaître les arbres, il n'a jamais prétendu le faire, et il contient des affirmations que la profession forestière conteste. L'Académie d'agriculture de France lui a consacré une analyse critique détaillée en 2018, reprise par la Société française d'écologie, qui relève des sources absentes ou invérifiables, des extrapolations non justifiées et un anthropomorphisme permanent qui finit par donner une image irréelle du fonctionnement d'une forêt. Ce n'est pas un procès en sorcellerie, c'est une mise au point. Lisez Wohlleben si le récit vous tente, en troisième ou quatrième position, et lisez Tassin dans la foulée.

Les guides entièrement photographiques vendus comme guides de terrain. Ils sont beaux et ils échouent au moment où vous en avez besoin, devant un rameau nu en janvier. Gardez-les pour le salon.

Les livres organisés par feuilles uniquement, souvent titrés « reconnaître les arbres facilement ». Ils fonctionnent quatre mois par an et vous installent le mauvais réflexe.

Enfin, les applications de reconnaissance par photo. Elles ont leur usage, celui de trancher un doute, mais elles court-circuitent l'étape qui fait progresser. Vous obtenez une réponse sans avoir formulé la question, et vous ne retenez rien.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Aucun guide ne vous fera reconnaître un arbre. Ce qui vous le fera reconnaître, c'est de passer devant le même arbre vingt fois.

Prenez cinq arbres, cinq seulement, sur un trajet que vous faites déjà. Nommez-les avec le guide, notez la date, et revenez les voir en novembre, en février, en avril. Vous verrez les bourgeons gonfler, l'écorce changer d'aspect selon l'humidité, la silhouette apparaître une fois les feuilles tombées. Cette poignée d'arbres vous en apprendra plus que trois cents pages parcourues.

Un livre ne remplacera pas non plus quelqu'un qui vous montre. Les associations locales, les Centres permanents d'initiatives pour l'environnement, les Offices nationaux des forêts et beaucoup de communes organisent des sorties gratuites ou presque. Une heure avec un forestier vaut une saison de lecture, parce qu'il vous dira ce que vous regardez au lieu de vous laisser deviner.

Un dernier conseil, souvent négligé : achetez une loupe de botaniste. Elle coûte peu, tient dans une poche, et elle sert autant sur un bourgeon que sur une écorce. C'est le seul accessoire qui change immédiatement ce que vous voyez.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors un guide utilisable en toute saison, un second pour les cas difficiles, et deux livres qui vous auront donné une idée juste de ce qu'est un arbre. C'est plus que ce que possède la plupart des gens qui parlent de forêt.

La suite dépend de ce qui vous a pris. Si c'est le regard, allez vers « Écorces, voyage dans l'intimité des arbres du monde » de Cédric Pollet (Ulmer, 192 pages, prix P. J. Redouté artistique en 2009), dix ans de photographies d'écorces sur cinq continents, et vous ne regarderez plus jamais un tronc de la même manière. Si c'est le vivant qui se cache dessous, les champignons vous attendent, avec les précautions que le sujet impose, dans notre parcours pour apprendre la mycologie. Si c'est le vivant qui s'y pose, passez aux oiseaux, où la même logique de guide de terrain s'applique presque à l'identique.

Et si la méthode vous convient, le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à l'applique à une quarantaine d'autres domaines.

Quel livre acheter en premier pour reconnaître les arbres ?

Le « Guide Delachaux des arbres de France » d'Owen Johnson, illustré par David More (Delachaux et Niestlé, 2016). Il décrit un peu plus de deux cents espèces avec la silhouette, l'écorce, les rameaux, les bourgeons, les fleurs, les fruits et les feuilles, ce qui permet de l'utiliser en toute saison et pas seulement de mai à octobre. Sa clé de détermination illustrée est ce qui vous fera progresser le plus vite.

« La Vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben apprend-il à identifier les arbres ?

Non, et ce n'est pas son objet. Wohlleben raconte la vie sociale supposée de la forêt, il ne donne aucune clé d'identification et vous ne saurez pas distinguer un charme d'un hêtre après l'avoir lu. C'est un livre de récit, pas un guide. Lisez-le si le sujet vous plaît, mais achetez un guide de terrain d'abord, sinon vous aurez l'impression de connaître les arbres sans savoir en nommer un seul.

Faut-il un guide des arbres de France ou des arbres d'Europe ?

Commencez par celui de France. Deux cents espèces couvrent presque tout ce que vous croiserez en forêt, en haie ou en bord de route, et un guide plus mince se transporte réellement. Le volume européen, avec ses mille cinq cents espèces, devient utile le jour où vous vous intéressez aux parcs urbains, aux arboretums et aux essences ornementales importées, qui sont hors sujet dans un guide français.

Peut-on apprendre à reconnaître les arbres en hiver ?

Oui, et c'est même la meilleure saison pour progresser. Sans feuilles, il ne reste que la silhouette, l'écorce, la disposition des bourgeons et la couleur des rameaux, donc quatre critères au lieu de vingt. Choisissez un guide qui traite explicitement les bourgeons et les écorces. Un arbre reconnu en février sera reconnu pour de bon, parce que vous ne vous serez pas appuyé sur le critère le plus facile.

Une application de reconnaissance de plantes remplace-t-elle un guide papier ?

Elle rend service pour vérifier une intuition, elle ne vous apprend rien. Le geste consiste à photographier et à recevoir une réponse, ce qui court-circuite exactement l'étape qui fait progresser : regarder l'arbre en entier, formuler des hypothèses, éliminer. Les applications se trompent souvent sur les rameaux nus, sur les cultivars de parcs et sur les jeunes sujets, c'est-à-dire dans les cas où vous auriez le plus besoin d'aide.

Combien de temps faut-il pour reconnaître les arbres courants ?

Une année de sorties régulières suffit pour nommer une trentaine d'espèces avec assurance, ce qui couvre l'essentiel d'une forêt française ordinaire. Le rythme réaliste tient en une phrase : trois arbres bien appris par mois valent mieux que trente survolés dans un livre. Revenez plusieurs fois sur les mêmes sujets au fil des saisons, c'est la répétition sur un arbre connu qui installe les critères.

Faut-il apprendre les noms latins ?

Pas au début, mais ne les fuyez pas. Le nom français est ambigu d'une région à l'autre, et « acacia » désigne couramment un robinier qui n'est pas un acacia. Dès que vous parlez d'arbres avec des gens sérieux, ou dès que vous cherchez une information fiable, le nom scientifique devient le seul terrain d'entente. Retenez d'abord les genres, une vingtaine suffisent, les espèces viendront toutes seules.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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