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Quels livres pour apprendre le pilates ? 4 titres dans l'ordre où les lire

Le pilates n'est pas une gym abdominale. Quatre livres dans l'ordre, du gainage profond et de la respiration vers le répertoire d'exercices, et ceux qu'il ne faut pas acheter en premier.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Abdominaux : arrêtez le massacre !Bernadette de GasquetVoir Abdominaux : arrêtez le massacre !, de Bernadette de Gasquet à la Fnac (lien affilié)
Respiration, anatomie, geste respiratoireBlandine Calais-GermainVoir Respiration, anatomie, geste respiratoire, de Blandine Calais-Germain à la Fnac (lien affilié)
Pilates, anatomie et mouvementsRael Isacowitz et Karen ClippingerVoir Pilates, anatomie et mouvements, de Rael Isacowitz et Karen Clippinger à la Fnac (lien affilié)
Pilates, votre outil santéAnne-Flore JaulneauVoir Pilates, votre outil santé, de Anne-Flore Jaulneau à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le pilates ?

Une scène qui se répète en rayon sport : quelqu'un cherche un livre de pilates, ouvre trois manuels, et achète celui qui contient le plus d'exercices. C'est logique et c'est l'erreur. Six mois plus tard, la personne a exécuté cent mouvements sans jamais sentir travailler ce qui devait travailler, et elle conclut que le pilates n'est pas fait pour elle.

Le malentendu est ancien. Dans l'esprit de beaucoup de gens, le pilates est une gymnastique abdominale un peu douce, une sorte d'alternative aux crunchs pour les personnes fragiles du dos. C'est faux sur toute la ligne. Joseph Pilates, ancien gymnaste et boxeur installé à New York en 1926, appelait sa méthode la contrologie, et le mot dit tout : ce qui compte est le contrôle, pas la contraction. Les quatre livres qui suivent respectent cet ordre de priorités. Aucun n'est un recueil de mouvements, sauf le dernier, et il arrive en dernier pour une raison précise.


Le piège du recueil d'exercices

Prenez un exercice fondateur, le roll-up : allongé sur le dos, vous déroulez lentement la colonne pour venir vous asseoir, puis vous redescendez de la même manière.

Deux personnes le font côte à côte. La première déroule vertèbre après vertèbre, expire pendant tout le mouvement, garde les côtes basses et les jambes tranquilles. La seconde bloque son souffle, cambre légèrement les lombaires et se propulse avec les psoas. Photographiez les deux au même instant, l'image est presque identique. Sur le plan physiologique, elles ne font pas le même exercice, et la seconde aggrave chaque semaine ce qu'elle croit corriger.

Un recueil d'exercices ne peut rien contre ça. Il montre des positions, il ne montre pas des intentions. Voilà pourquoi un livre d'anatomie fonctionnelle, qui vous explique quelle structure fait quoi et dans quel ordre, vaut mieux que trois cents pages de mouvements illustrés. Le premier vous rend capable d'évaluer votre propre exécution. Le second vous laisse imiter une photo.

Premier livre : Bernadette de Gasquet, « Abdominaux : arrêtez le massacre ! »

Bernadette de Gasquet, « Abdominaux : arrêtez le massacre ! » (Marabout, première parution en 2003, plusieurs éditions revues depuis) Voir à la FnacAbdominaux : arrêtez le massacre !, de Bernadette de Gasquet (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Ce n'est pas un livre de pilates, et c'est délibéré. Bernadette de Gasquet est médecin et professeure de yoga, connue en France pour son travail sur le périnée et la posture. Son livre a fait scandale à sa sortie en affirmant qu'une génération entière de cours de gym abîmait activement le dos et le plancher pelvien de ses pratiquants.

Ce qu'il vous apprend précisément : que la sangle abdominale est un caisson à quatre parois, avec le diaphragme au-dessus, le plancher pelvien en dessous, le transverse tout autour. Quand vous relevez le buste en soufflant mal, vous augmentez la pression dans ce caisson, et cette pression sort par le point le plus faible. Vous comprendrez pourquoi un abdomen se travaille en s'allongeant et en expirant, pas en se recroquevillant.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le pilates. Vous n'y trouverez ni le vocabulaire de la méthode, ni son répertoire. Vous y trouverez la raison d'être de tout ce que la méthode vous demandera ensuite, ce qui est plus précieux au départ.

Deuxième livre : Blandine Calais-Germain, « Respiration »

Blandine Calais-Germain, « Respiration, anatomie, geste respiratoire » (Éditions DésIris, 2005, environ deux cent vingt pages, avec la collaboration de Manuel A. Valls Barbera) Voir à la FnacRespiration, anatomie, geste respiratoire, de Blandine Calais-Germain (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis médical.

Le pilates impose une respiration particulière, dite costale ou latérale : on inspire en écartant les côtes sur les côtés sans laisser monter le sternum, on expire longuement en engageant le transverse. Les professeurs le répètent à chaque séance. Presque personne ne comprend ce qu'on lui demande, parce que personne n'a jamais regardé comment une cage thoracique bouge.

Blandine Calais-Germain, ancienne danseuse devenue kinésithérapeute, a bâti son œuvre sur un principe unique : rendre l'anatomie utilisable par des gens qui bougent leur corps et n'ont pas fait médecine. Elle applique ici sa méthode au souffle, structure par structure, muscle par muscle, avec des exercices d'exploration à faire en lisant.

Ce qu'il vous apprend précisément : que la respiration n'est pas un accompagnement du mouvement mais un mouvement en soi, avec ses propres articulations et ses propres blocages. Elle refuse d'ailleurs de désigner une bonne respiration, ce qui vaut mieux que les injonctions contradictoires qu'on entend en cours.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à enchaîner une séance. C'est un livre à consulter par chapitres, sur plusieurs mois, pas un livre à finir. Il fait le même service en pilates que dans n'importe quelle discipline respiratoire, y compris le yoga et le chant.

Troisième livre : Rael Isacowitz et Karen Clippinger, « Pilates, anatomie et mouvements »

Rael Isacowitz et Karen Clippinger, « Pilates, anatomie et mouvements » (Vigot, deuxième édition française parue en 2021, deux cent soixante-douze pages, quarante-six exercices et environ deux cents planches anatomiques) Voir à la FnacPilates, anatomie et mouvements, de Rael Isacowitz et Karen Clippinger (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : quelques séances encadrées derrière vous, et de préférence une question précise.

C'est le livre central de cette liste, et il arrive en troisième position parce qu'il devient lisible seulement quand vous avez déjà tenté les mouvements. Rael Isacowitz dirige une des principales écoles de formation de professeurs, Karen Clippinger enseigne la kinésiologie et a longtemps travaillé avec des danseurs.

Le principe de la collection anatomique de Vigot est constant : chaque exercice est dessiné avec les muscles réellement sollicités en couleur, les muscles moteurs distingués des stabilisateurs. Vous voyez, littéralement, ce que vous êtes censé sentir. La deuxième édition ajoute des sections de personnalisation qui indiquent comment adapter un mouvement à une condition physique donnée.

Ce qu'il vous apprend précisément : à corriger vous-même. Quand un exercice ne vous fait rien, la planche vous dit quel muscle aurait dû s'allumer, et vous cherchez pourquoi il ne s'allume pas. C'est l'inverse d'un catalogue, malgré les apparences.

Une opinion franche : quarante-six exercices, c'est peu, et c'est un choix éditorial que je trouve juste. Un pratiquant qui maîtrise vraiment quarante-six mouvements est très au-dessus de la moyenne des salles.

Quatrième livre : Anne-Flore Jaulneau, « Pilates, votre outil santé »

Anne-Flore Jaulneau, « Pilates, votre outil santé » (Éditions Amphora, 2019, trois cent quatre pages, grand format illustré) Voir à la FnacPilates, votre outil santé, de Anne-Flore Jaulneau (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : un an de pratique, ou une intention d'enseigner.

Le seul répertoire de cette liste, et le seul livre qu'on peut appeler complet. L'ouvrage couvre le travail au sol et avec accessoires, propose des séquences construites pour la préparation physique, la reprise après blessure, les suites opératoires et les douleurs chroniques.

Ce qu'il vous apprend précisément : à bâtir une progression sur plusieurs mois plutôt qu'à empiler des séances. C'est la compétence qui manque à presque tous les pratiquants autonomes, et celle que les magazines ne donnent jamais.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à sentir. Le livre suppose que vous savez déjà engager un transverse sans bloquer votre souffle. Acheté en premier, il produit exactement l'effet que cet article cherche à éviter : beaucoup de mouvements, peu de contrôle.

Par où ne pas commencer

Les albums de type « 100 exercices de pilates » ou « Le pilates en 15 minutes », publiés en grand nombre depuis le milieu des années deux mille. Ils sont bien faits pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des aide-mémoire. Un aide-mémoire suppose une mémoire.

Tout titre qui promet un ventre plat, une silhouette affinée ou une taille de guêpe. Le pilates a été récupéré par l'édition minceur vers 2004, et cette récupération a coûté cher à sa réputation. Ces livres réduisent la méthode à une liste de mouvements abdominaux, ce qui est précisément le contresens de départ.

Les textes originaux de Joseph Pilates, « Your Health » de 1934 et « Return to Life Through Contrology » de 1945. Ils ont un intérêt historique réel, ils contiennent aussi des affirmations médicales de leur époque qui n'ont pas vieilli, et les traductions françaises disponibles sont dispersées et de qualité inégale. Réservez-les pour le jour où la méthode vous intéressera comme objet d'histoire.

Enfin, méfiez-vous des ouvrages consacrés au reformer et aux autres appareils si vous n'avez pas accès à un studio équipé. Ils décrivent des réglages de ressorts et des chariots que vous ne verrez jamais chez vous, et le travail au sol est de toute façon la base.

Ce qu'un livre ne fera pas à votre place

Il ne posera pas sa main sur vos côtes flottantes pour vous dire que non, elles ne s'écartent pas encore.

C'est la limite fondamentale, et elle est plus sévère en pilates que dans la plupart des disciplines. Le contrôle du transverse, du plancher pelvien et des multifides s'installe sur des contractions que vous ne percevez pas au début et que personne ne voit de l'extérieur. Vous croirez pendant des semaines faire une chose et en faire une autre. Un professeur règle ce problème en trois séances, un livre n'en viendra pas à bout en trois cents pages.

Un livre ne détectera pas non plus une compensation. Une épaule qui monte, un menton qui s'avance, une jambe qui prend le travail d'une autre : ce sont des habitudes anciennes, invisibles de l'intérieur, et le miroir aide moins qu'on ne l'imagine parce qu'on regarde ce qu'on veut voir.

L'usage raisonnable est donc simple. Prenez une dizaine de séances encadrées, en petit groupe ou en individuel, et lisez en parallèle. Les livres serviront à comprendre ce que le professeur vous demande, et à continuer entre deux cours. Dans ce sens, ils sont très rentables. Dans l'autre, ils fabriquent des pratiquants confiants et mal placés.

Après ces quatre livres

Vous aurez compris le caisson abdominal, la mécanique du souffle, l'anatomie de quarante-six mouvements et la manière d'organiser une progression. C'est un socle solide, et il déborde largement le pilates.

La suite dépend de ce qui vous a pris. Si c'est la précision du geste, allez voir du côté de la danse classique, dont la littérature technique est d'une exigence rare. Si c'est la charge et la force, la musculation a ses propres atlas anatomiques, bâtis sur la même logique de planches. Et si c'est le souffle qui vous a retenu, la piste du yoga est la plus naturelle.

Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à applique la même règle à d'autres domaines : peu de livres, dans le bon ordre, avec ce que chacun ne fait pas.

Par quel livre commencer le pilates quand on part de zéro ?

Par « Abdominaux : arrêtez le massacre ! » de Bernadette de Gasquet, chez Marabout. Ce n'est pas un livre de pilates, et c'est exactement pourquoi il vient en premier. Il démonte le contresens qui ruine la plupart des débuts : croire qu'un abdomen se travaille en le raccourcissant. Vous y comprendrez ce qu'est le caisson abdominal, pourquoi la respiration en fait partie, et ce que vous étiez en train d'abîmer en faisant des relevés de buste.

Un recueil d'exercices de pilates suffit-il pour débuter seul ?

Non, et c'est l'achat le plus fréquent. Un recueil vous montre la forme finale d'un mouvement, jamais l'intention qui le rend efficace. Deux personnes peuvent exécuter le même roll-up, l'une en déroulant le rachis vertèbre après vertèbre, l'autre en tirant sur les fléchisseurs de hanche : sur la photo, c'est identique. Un livre d'anatomie fonctionnelle vous apprend à voir la différence, un catalogue de mouvements non.

Le pilates est-il une méthode pour perdre du ventre ?

Il n'a pas été conçu pour ça et le vend mal. Joseph Pilates travaillait sur la coordination, la respiration et le contrôle du mouvement, pas sur la dépense énergétique. Les ouvrages qui promettent un ventre plat en six semaines s'appuient sur un malentendu commercial installé dans les années deux mille. Le pilates change votre posture, votre respiration et votre stabilité lombaire, ce qui est nettement plus utile à quarante ans qu'un tour de taille.

Faut-il connaître l'anatomie avant de lire un livre de pilates ?

Non, mais il faut accepter d'en apprendre en chemin. Les bons ouvrages de la discipline sont bâtis autour de planches anatomiques, et un lecteur qui saute ces pages n'en tire rien. Comptez quelques semaines pour vous familiariser avec le transverse, le plancher pelvien, le diaphragme et les multifides. Ces quatre structures reviennent dans à peu près chaque exercice, et les reconnaître suffit à lire n'importe quel manuel sérieux.

Peut-on apprendre le pilates sans professeur ?

Vous pouvez entretenir une pratique seul, vous ne pouvez pas l'installer seul. Le pilates repose sur des contractions profondes que personne ne voit de l'extérieur et que vous ne sentez pas au début. Il faut quelqu'un pour poser une main sur vos côtes et vous dire que non, ce n'est pas encore ça. Comptez dix à quinze séances encadrées avant que la lecture d'un livre devienne réellement rentable.

Quelle différence entre le pilates au sol et le pilates sur machine ?

Le travail au sol, appelé matwork, se pratique avec le poids du corps et quelques accessoires. Les machines de Joseph Pilates, dont le reformer, ajoutent des ressorts qui peuvent assister un mouvement ou lui résister. Les livres grand public traitent presque exclusivement du sol, ce qui est cohérent : le matwork est plus exigeant en contrôle, et il constitue la base sur laquelle les appareils viennent ensuite se greffer.

Combien de temps avant de sentir un effet du pilates ?

Trois à quatre semaines de pratique régulière pour la conscience du geste, deux à trois mois pour un changement postural que votre entourage remarque. C'est lent parce qu'il s'agit de réapprendre des schémas moteurs installés depuis des années. Le rythme le plus rentable est court et fréquent : vingt minutes trois fois par semaine valent bien mieux qu'une heure le dimanche.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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