Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre la peinture acrylique ? 4 titres dans l'ordre où les lire

L'acrylique sèche en quelques minutes, et c'est tout le problème. Quatre livres dans l'ordre, ce que chacun apprend sur les médiums et le travail par couches, et celui qu'il ne faut pas acheter en premier.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
La peinture acrylique. Une méthode simple et agréable pour apprendre à peindreGabriel Martín RoigVoir La peinture acrylique. Une méthode simple et agréable pour apprendre à peindre, de Gabriel Martín Roig à la Fnac (lien affilié)
La peinture acrylique facile. Techniques, conseils, modèles pour débuter et progresserJennifer FunnellVoir La peinture acrylique facile. Techniques, conseils, modèles pour débuter et progresser, de Jennifer Funnell à la Fnac (lien affilié)
Acrylique, 101 techniques pour apprendre et progresserDavid SanmiguelVoir Acrylique, 101 techniques pour apprendre et progresser, de David Sanmiguel à la Fnac (lien affilié)
Manuel de la peinture acryliqueVoir Manuel de la peinture acrylique à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la peinture acrylique ?

Il y a un moment précis où le débutant comprend qu'il s'est trompé de médium, ou plutôt de gestes. Il a posé un ciel, il veut adoucir la limite entre le bleu et le nuage, il revient dessus avec un pinceau propre, et au lieu de fondre, la peinture se soulève en petites peaux. Douze minutes se sont écoulées. En huile, il en aurait eu six heures.

L'acrylique traîne une réputation de médium facile, sans doute parce qu'elle se nettoie à l'eau et ne sent rien. Elle est en réalité la plus exigeante des trois grandes techniques sur un point précis : le temps. Vous n'avez pas le droit d'hésiter. Cette contrainte n'est pas un défaut, c'est une manière de peindre, et elle s'apprend, à condition de savoir dès le départ que le sujet central de votre apprentissage ne sera ni la couleur ni la composition, mais les médiums et l'ordre des couches.

Voici quatre livres, dans l'ordre. Quatre, parce que le rayon acrylique est envahi d'albums de projets décoratifs qui montrent de jolies pages et n'expliquent jamais ce qui se passe pendant que la peinture sèche.


Le vrai sujet : la fenêtre de travail

Un film d'acrylique en couche fine est sec au toucher en dix à vingt minutes. Par temps chaud, sur un support absorbant, comptez cinq. C'est cette durée, appelée temps ouvert, qui détermine tout ce que vous pouvez faire.

Le peintre venu de l'huile ou de l'aquarelle applique mécaniquement des gestes qui supposent une matière encore mobile. Il pose une couleur, il en pose une autre à côté, il compte les raccorder ensuite. En acrylique, ce troisième geste arrive systématiquement trop tard, et le résultat est une transition dure là où il fallait un dégradé. Il en conclut qu'il ne sait pas peindre. Il sait peindre, il travaille simplement dans un médium dont le rythme lui est étranger.

Trois outils règlent la question, et aucun n'est un pinceau. Le retardateur, un additif qui prolonge le temps ouvert de trente à quarante pour cent selon les marques et les conditions. La palette humide, une boîte hermétique avec une éponge et un papier semi-perméable, qui garde vos mélanges utilisables plusieurs jours au lieu de vingt minutes. Le brumisateur, qui rafraîchit la surface pendant que vous travaillez.

Le second point est la superposition. Une couche d'acrylique sèche est insoluble, ce qui veut dire que vous pouvez repeindre par dessus immédiatement, sans rien altérer de ce qui est dessous. C'est un avantage énorme, et c'est aussi le piège : on empile les corrections au lieu de résoudre le problème, et la toile s'alourdit jusqu'à devenir sourde. Le glacis, une couche transparente et diluée au médium posée sur une couche sèche, est la bonne façon d'exploiter cette propriété. La reprise anxieuse en pâte opaque est la mauvaise.

Retenez ceci : en huile, vous travaillez dans la matière. En acrylique, vous travaillez sur elle.

Premier livre : Gabriel Martín Roig, « La peinture acrylique »

Gabriel Martín Roig, « La peinture acrylique. Une méthode simple et agréable pour apprendre à peindre » (Vigot, 2007, collection Manuel pour débutants, 64 pages, grand format) Voir à la FnacLa peinture acrylique. Une méthode simple et agréable pour apprendre à peindre, de Gabriel Martín Roig (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Niveau requis : aucun.

Soixante-quatre pages, c'est peu, et c'est exactement l'argument. La collection Manuel pour débutants de Vigot fonctionne au grand format avec de larges reproductions d'étapes, ce qui compte davantage qu'un long texte quand il s'agit de voir la différence entre deux consistances de peinture.

Ce qu'il vous apprend précisément : que l'acrylique peut être travaillée en transparence, comme une aquarelle, ou en pâte dense et opaque, comme une huile, et que ce sont deux pratiques distinctes qu'il faut choisir avant de commencer une toile. Vous apprendrez à diluer sans casser le liant, à monter une palette limitée, à poser un fond coloré et à voir ce que devient une teinte une fois sèche.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les médiums en détail. Le format court impose des raccourcis, et l'ouvrage suppose que vous accepterez de suivre la méthode avant de la comprendre. C'est acceptable pour un premier livre, et c'est justement pour cela qu'il en faut un deuxième.

Deuxième livre : Jennifer Funnell, « La peinture acrylique facile »

Jennifer Funnell, « La peinture acrylique facile. Techniques, conseils, modèles pour débuter et progresser » (Mango, 2024, 144 pages) Voir à la FnacLa peinture acrylique facile. Techniques, conseils, modèles pour débuter et progresser, de Jennifer Funnell (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Niveau requis : quelques toiles derrière vous, et au moins un fondu manqué.

C'est le plus récent de cette sélection, ce qui n'est pas anecdotique dans un domaine où l'offre de médiums a beaucoup changé en dix ans. L'ouvrage se lit comme un catalogue de gestes, chacun démonté puis remis en situation dans un modèle.

Ce qu'il vous apprend précisément : le lavis, le glacis, l'empâtement, le brossage à sec, et surtout la distinction entre humide sur humide et humide sur sec, qui est la vraie ligne de partage de l'acrylique. Ces deux façons de faire donnent des images totalement différentes, et le débutant passe de l'une à l'autre sans s'en rendre compte, ce qui explique l'aspect décousu de ses premières toiles.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à sortir des modèles. Un livre construit autour de projets guidés produit de bons exercices et de mauvaises habitudes si l'on s'y installe. Faites-en trois ou quatre, puis fermez-le et peignez quelque chose que personne ne vous a montré.

Troisième livre : David Sanmiguel, « Acrylique, 101 techniques »

David Sanmiguel, « Acrylique, 101 techniques pour apprendre et progresser » (Dessain et Tolra, 2021, 144 pages, traduit de l'espagnol par Catherine Siné) Voir à la FnacAcrylique, 101 techniques pour apprendre et progresser, de David Sanmiguel (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Niveau requis : six mois de pratique. Ne se lit pas d'une traite.

Cent une entrées courtes, classées par domaine, avec un niveau de difficulté indiqué à chaque fois. C'est un répertoire plus qu'un cours, et c'est précisément l'objet dont on a besoin en deuxième année, quand les questions deviennent ponctuelles : comment obtenir cette texture granuleuse, comment travailler au couteau sans que la pâte se fende, comment récupérer une zone devenue opaque.

Ce qu'il vous apprend précisément : l'étendue réelle du médium. Vous découvrirez que l'acrylique accepte des choses que ni l'huile ni l'aquarelle ne permettent, les réserves à l'adhésif, les charges, les supports non conventionnels, les mélanges avec des matières inertes. Le classement par niveau vous évite de vous lancer dans un procédé qui suppose une maîtrise que vous n'avez pas.

Ce qu'il ne vous apprend pas : ce que vous devez peindre. Un répertoire de techniques consulté trop tôt fabrique des toiles qui ressemblent à des démonstrations. Gardez-le en réserve, ouvrez-le quand une difficulté précise se présente.

Quatrième livre : le « Manuel de la peinture acrylique »

« Manuel de la peinture acrylique » Voir à la FnacManuel de la peinture acrylique (lien affilié, ouvre un nouvel onglet), ouvrage collectif adapté en français par Olivier Meyer (Solar, 2005, 143 pages, réédité). Niveau requis : un an de pratique, ou une vraie curiosité pour la chimie de l'atelier.

Celui-ci est le plus sérieux de la liste sur le plan théorique. Il commence par l'histoire du médium, ce qui n'est pas de l'érudition gratuite : l'acrylique est un produit du vingtième siècle, mis au point pour l'industrie avant d'arriver dans les ateliers vers les années cinquante, et cette origine explique ses propriétés. Suivent les matériaux, les supports, les auxiliaires, puis les démonstrations.

Ce qu'il vous apprend précisément : ce qu'est une dispersion aqueuse de résine acrylique, pourquoi le film devient insoluble une fois formé, pourquoi il fonce en séchant, ce que fait exactement un retardateur, un gel de structure ou un médium mat. Vous cesserez d'acheter des flacons au hasard.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les produits d'aujourd'hui. L'édition d'origine date du milieu des années deux mille, et une partie des gammes citées a changé de nom ou disparu. Les principes tiennent, les références commerciales moins. C'est le seul reproche à lui faire, et il est mineur.

Par où ne pas commencer

Voici la partie que les listes ne font jamais.

Ne commencez pas par un manuel de peinture à l'huile en vous disant que la technique est voisine. C'est l'erreur la plus coûteuse. Beaucoup d'ouvrages généraux traitent les deux médiums comme des variantes l'une de l'autre, ce qui est faux sur le point qui compte, le temps. Si l'huile vous intéresse aussi, lisez les livres pour apprendre la peinture à l'huile comme un sujet séparé, avec ses propres règles, à commencer par le gras sur maigre qui n'a aucun équivalent ici.

Ne commencez pas non plus par les livres de coulage, ces ouvrages consacrés au pouring et aux effets de flaques. Le procédé est spectaculaire, très photographié, et il n'apprend rien qui serve ailleurs. Vous obtiendrez un joli hasard sur votre première toile et vous serez exactement au même point sur la deuxième.

Méfiez-vous enfin des volumes multi-techniques qui traitent l'huile, l'acrylique, le pastel et l'aquarelle dans le même sommaire. Ils sont utiles pour choisir un médium, à peu près inutiles pour l'apprendre. Si vous hésitez encore, sachez que l'aquarelle pose le problème inverse de l'acrylique : elle est irréversible et ne se corrige pas, quand l'acrylique se corrige à l'infini et pardonne trop.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Aucun livre ne vous dira que votre toile est morte à force de reprises. C'est la maladie propre à ce médium : parce qu'on peut toujours repeindre par dessus, on repeint, et au bout de quinze passages la surface est uniformément terne. Il faut un regard extérieur pour vous dire d'arrêter, et un atelier associatif ou municipal le fournit pour le prix de deux tubes.

Aucun livre ne remplace non plus la sensation de la charge sur le pinceau, cette quantité de peinture au delà de laquelle la touche s'écrase et en deçà de laquelle elle raye. Cela s'acquiert par répétition, sur du papier bon marché plutôt que sur des toiles chères, et personne n'a jamais trouvé de raccourci.

Enfin, un livre ne vous apprendra pas à dessiner, et l'acrylique ne pardonne pas davantage un dessin faible que les autres médiums. Si vos formes sont fausses, la matière n'y changera rien : passez d'abord par les livres pour apprendre à dessiner, c'est l'investissement qui rapporte le plus.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors une méthode, un vocabulaire de gestes, un répertoire technique pour les cas particuliers et une compréhension de ce qui se passe dans le pot. C'est assez pour peindre longtemps sans acheter un livre de plus.

La suite dépendra de ce qui vous retient. Si c'est la matière, allez vers les gels de structure, les charges et les techniques mixtes, terrain où l'acrylique est sans rivale. Si c'est la couleur, il faudra un ouvrage de pigments, et vous découvrirez que les gammes acryliques mentent parfois sur les noms de teintes héritées de l'huile. Si c'est la lumière, allez peindre dehors, en petit format, avec une palette humide et un brumisateur.

Vous pouvez aussi parcourir les genres et les rayons pratiques pour repérer les rééditions récentes, ou continuer avec les autres titres de notre collection quels livres acheter pour apprendre à.

Par quel livre commencer la peinture acrylique quand on part de zéro ?

Par « La peinture acrylique » de Gabriel Martín Roig, chez Vigot, dans la collection Manuel pour débutants. Soixante-quatre pages au grand format, une progression courte, et surtout la bonne entrée en matière : ce que fait la peinture en séchant avant ce que vous allez peindre. Les albums de projets pas à pas sont plus séduisants en librairie, mais ils vous font commencer par la fin, et vous laissent seul face au premier fondu raté.

Pourquoi mon acrylique ne se fond pas comme sur les vidéos ?

Parce qu'elle a séché avant que vous ayez fini votre geste. Un film d'acrylique en couche fine est sec au toucher en dix à vingt minutes, parfois en cinq par temps chaud et sec. Les vidéos que vous regardez utilisent presque toujours un retardateur, un médium fluide ou une palette humide, sans forcément le dire. Ajoutez un retardateur, travaillez sur une palette humide, brumisez votre toile, et la fenêtre de travail s'allonge nettement.

Peut-on utiliser des techniques de peinture à l'huile en acrylique ?

Certaines oui, d'autres non. Le glacis, l'empâtement et le brossage à sec se transposent bien, à condition d'utiliser les médiums prévus pour l'acrylique. En revanche la règle du gras sur maigre n'a pas d'équivalent, la superposition ne demande pas de temps d'attente et le travail dans le frais, celui qui fait toute la douceur de l'huile, doit être entièrement repensé. Un peintre à l'huile qui passe à l'acrylique doit désapprendre son rythme avant sa technique.

À quoi sert un médium en acrylique, et lequel acheter en premier ?

Un médium modifie le comportement de la peinture sans casser le film de liant, ce que fait l'eau au delà d'une certaine dilution. Achetez d'abord un retardateur, qui prolonge le temps ouvert, c'est celui qui règle le problème numéro un du débutant. Un médium brillant ou mat viendra ensuite pour les glacis, un gel épaississant pour les empâtements. Trois flacons suffisent pendant deux ans, le reste du rayon peut attendre.

L'acrylique fonce-t-elle vraiment en séchant ?

Oui, la plupart du temps, et c'est une source d'erreurs constante. Le liant acrylique est légèrement laiteux à l'état humide et devient transparent en séchant, ce qui rend la teinte plus sombre et souvent plus saturée. L'écart se voit surtout sur les tons moyens et les gris colorés. La parade est simple : faites sécher une petite touche sur un morceau de papier avant de la poser sur la toile quand vous devez raccorder une zone déjà sèche.

Faut-il vernir une toile acrylique ?

C'est conseillé, pour une raison particulière à ce médium. Le film acrylique reste légèrement thermoplastique, il retient la poussière et se nettoie mal. Un vernis, posé après séchage complet, protège et unifie la brillance, qui varie beaucoup d'un pigment à l'autre. Attendez au moins une semaine, davantage sur les empâtements, et préférez un vernis réversible qui pourra être retiré sans attaquer la peinture.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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