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Quels livres pour apprendre le tournage sur bois ? 4 titres, de la gouge à la forme

Quatre livres de tournage sur bois dans l'ordre où les lire, centrés sur ce qu'aucune vidéo n'explique bien : la géométrie de l'outil et l'angle d'attaque. Plus ce qui doit s'apprendre auprès de quelqu'un.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Les bases du tournage sur boisGérard BidouVoir Les bases du tournage sur bois, de Gérard Bidou à la Fnac (lien affilié)
Tournage. Bien apprendre : dialogues d'atelierGilbert BuffardVoir Tournage. Bien apprendre : dialogues d'atelier, de Gilbert Buffard à la Fnac (lien affilié)
Tournage sur bois : des réalisations pour apprendre pas à pas, des techniques pour créer à votre tourPhil IronsVoir Tournage sur bois : des réalisations pour apprendre pas à pas, des techniques pour créer à votre tour, de Phil Irons à la Fnac (lien affilié)
Le grand livre du tournage : les techniques d'un maître artisanDavid EllsworthVoir Le grand livre du tournage : les techniques d'un maître artisan, de David Ellsworth à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le tournage sur bois ?

Regardez trois heures de vidéos de tournage et vous verrez trente fois la même chose sans jamais la comprendre. Un tourneur pose sa gouge sur le support, la roule légèrement, avance, et un ruban de copeau part vers l'épaule. Vous reproduisez le geste le lendemain, l'outil accroche violemment, la pièce est marquée, et rien dans ce que vous avez vu ne vous dit pourquoi.

C'est la particularité de ce domaine. Le tournage repose sur une notion géométrique simple et invisible à l'image : le biseau de l'outil doit frotter le bois pour que le tranchant coupe. Cette phrase, un livre peut la démontrer avec un schéma en coupe, une vidéo presque jamais, parce que la zone concernée mesure trois millimètres et se trouve sous les copeaux. Voici quatre livres seulement, dans un ordre qui suit cette logique, plus la partie qui ne s'apprend ni dans un livre ni devant un écran.


Deux apprentissages qui se ressemblent et qui n'ont pas grand-chose en commun

Il faut poser cette distinction tout de suite, parce qu'elle décide de vos achats de matériel autant que de vos lectures.

Le tournage entre pointes tient la pièce par ses deux extrémités, entre le mandrin d'entraînement et la contre-pointe. Le fil du bois court parallèlement à l'axe de rotation, l'outil travaille dans le fil, et la coupe est régulière. Manches d'outils, pieds de meuble, quilles, rouleaux à pâtisserie, tout ce qui est long relève de cette famille. C'est le versant le plus sûr et le plus tolérant.

Le tournage en l'air, sur plateau ou sur mandrin à mors, ne tient la pièce que d'un côté. Vous attaquez alors alternativement du bois de fil et du bois de bout à chaque tour, ce qui explique la sensation de battement dans les mains et la fréquence des accrochages. Bols, coupelles, boîtes, plateaux : tout le tournage creux est là. Rien ne l'interdit à un débutant, mais l'ordre logique reste le même depuis toujours, on apprend à couper avant d'apprendre à creuser.

Une opinion, que je vous donne franchement : les gens achètent presque tous leur tour pour faire des bols, et presque tous progresseraient plus vite en passant deux mois entre pointes d'abord. Le geste s'y installe sans que la pièce vous punisse à chaque erreur.

Premier livre : Gérard Bidou, « Les bases du tournage sur bois »

Gérard Bidou, « Les bases du tournage sur bois » (Eyrolles, première édition en août 2000, cent soixante-seize pages, plusieurs fois rééditée depuis) Voir à la FnacLes bases du tournage sur bois, de Gérard Bidou (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

C'est le livre d'entrée le plus solide en français, et sa structure explique pourquoi. Bidou traite d'abord le matériel, le tour, les accessoires de serrage, les outils et leur emploi, puis les deux procédés fondamentaux séparément, avant de terminer par cinq réalisations détaillées : un verre à pied, une bonbonnière, une boîte à tiroir, une sphère et une urne.

Ce qu'il vous apprend précisément : à quoi sert chaque outil et où il ne sert à rien. Une gouge à dégrossir n'est pas une gouge à profiler, un bédane n'est pas un plat, un racloir travaille selon un principe différent des trois autres. Cette cartographie de l'outillage manque presque toujours aux autodidactes, qui achètent un jeu de huit outils et en utilisent deux.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la sensation. Un livre de bases décrit des positions correctes. Il ne peut pas vous dire que vous serrez trop fort, ce qui est le défaut numéro un des trois premiers mois.

Deuxième livre : Gilbert Buffard, « Tournage. Bien apprendre »

Gilbert Buffard, « Tournage. Bien apprendre : dialogues d'atelier » (Éditions Vial, cent douze pages, grand format relié) Voir à la FnacTournage. Bien apprendre : dialogues d'atelier, de Gilbert Buffard (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir accroché au moins une fois et vouloir savoir pourquoi.

Voici le livre qui traite exactement le sujet de cet article. Buffard construit son ouvrage comme un dialogue entre un professeur et un élève, ce qui pourrait être artificiel et ne l'est pas : les questions posées sont celles qu'un débutant se pose vraiment, et les réponses arrivent sur le geste plutôt que sur la théorie. Les gouges, les bédanes, les plats, les racloirs et les outils à tronçonner sont pris un par un, avec leur affûtage et leur maniement.

Ce qu'il vous apprend précisément : la géométrie de l'attaque. Le réglage de la hauteur de l'outil sur le support selon l'outil employé, la prise en main de chacun avec son point de coupe, l'angle d'affûtage et sa conséquence sur la façon dont le biseau porte. Certaines pages de ce livre sont affichées au mur dans un grand nombre d'ateliers, ce qui en dit long sur leur utilité pratique.

Ce qu'il ne vous apprend pas : quoi fabriquer. Il n'y a pratiquement pas de projets ici, et c'est assumé. Vous en sortez en sachant tenir vos outils et en cherchant quoi en faire, ce qui est le bon problème à avoir.

Troisième livre : Phil Irons, « Tournage sur bois »

Phil Irons, « Tournage sur bois : des réalisations pour apprendre pas à pas, des techniques pour créer à votre tour » (Eyrolles, mars 2011, cent vingt-huit pages, traduit de l'anglais) Voir à la FnacTournage sur bois : des réalisations pour apprendre pas à pas, des techniques pour créer à votre tour, de Phil Irons (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : des outils affûtés et quelques heures de tour.

Le livre est construit en deux parties indépendantes que l'on consulte séparément : les projets d'un côté, les fiches techniques de l'autre, avec un renvoi de l'un à l'autre à chaque étape. Vous choisissez une réalisation, et chaque geste qu'elle demande est traité en fiche, avec les tours de main d'un professionnel.

Ce qu'il vous apprend précisément : à enchaîner. Un tourneur débutant sait faire dix gestes isolés et n'arrive pas à les tenir dans l'ordre sur une pièce entière, avec le bon outil au bon moment et la bonne vitesse de broche. Ce format à deux niveaux règle ce problème mieux qu'un manuel linéaire.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la finition fine ni le séchage. Comme beaucoup de traductions britanniques, il suppose des essences et des fournitures qui ne sont pas exactement les vôtres. Le contenu technique reste juste, l'approvisionnement demande une adaptation.

Quatrième livre : David Ellsworth, « Le grand livre du tournage »

David Ellsworth, « Le grand livre du tournage : les techniques d'un maître artisan » (Éditions Vial, décembre 2022, deux cent cinquante-huit pages) Voir à la FnacLe grand livre du tournage : les techniques d'un maître artisan, de David Ellsworth (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une pratique installée, et l'envie de sortir du bol.

Ellsworth est l'un des tourneurs américains qui ont fait passer la discipline de l'artisanat utilitaire à la forme, et il est surtout connu pour ses vases à parois minces et ses formes fermées, creusées par une petite ouverture. Le livre reprend les techniques de base, puis traite la fabrication d'outils et les méthodes avancées, notamment sur bois vert.

Ce qu'il vous apprend précisément : que l'outil n'est pas une donnée. Ellsworth forge, modifie et affûte des outils spécifiques à ce qu'il veut obtenir, et cette liberté change le rapport à la discipline. Le travail du bois vert, qui déforme volontairement la pièce en séchant, est l'autre grand apport de cet ouvrage.

Une opinion, que je vous donne franchement : ce livre est cité partout comme une référence, et il l'est. Acheté en premier, il vous fera essayer des formes creuses avec un outil inadapté et une prise en main incertaine, ce qui est le meilleur moyen de recevoir une pièce dans le tablier.

Par où ne pas commencer

Voici la section qui vous évitera les achats regrettés, et quelques frayeurs.

Un livre de formes creuses en premier achat, donc. Le tournage de vases fermés est spectaculaire, et il concentre les difficultés : porte-à-faux important, outil long, coupe que vous ne voyez pas, vibrations. Six mois plus tard, il sera passionnant.

Les recueils de modèles sans partie technique. On y trouve des profils, des cotes et de belles photographies, et rien sur la manière d'obtenir ces profils. Ils supposent que vous savez déjà, et c'est très bien à ce moment-là.

Les livres de tournage sur métal, malgré la similitude du mot. Cela paraît évident écrit ainsi, et l'erreur se produit pourtant régulièrement à l'achat en ligne. Le tournage sur bois et le tournage sur métal n'ont ni les mêmes outils, ni la même machine, ni le même vocabulaire.

Les ouvrages entièrement consacrés à un procédé particulier, tournage excentrique, tournage de stylos, pièces à mécanisme. Ils sont excellents et ils s'adressent à quelqu'un qui possède déjà les fondamentaux. Achetés au départ, ils vous feront acheter des accessoires avant des compétences.

Enfin, un conseil sur un format plutôt que sur un titre : privilégiez les livres qui montrent l'outil en coupe, avec l'angle du biseau dessiné par rapport à la surface du bois. Un ouvrage de tournage sans ce type de schéma vous laissera dans l'imitation, et l'imitation est exactement ce qui accroche.

Ce qu'un livre de tournage ne fera jamais à votre place

Il faut le dire franchement, sans dramatiser mais sans arrondir non plus : le tour à bois est une machine dangereuse, et le premier apprentissage se fait auprès de quelqu'un.

Une pièce mal serrée, un plateau fendu ou une vitesse trop élevée pour un diamètre important, et le morceau part. Il part à hauteur de buste ou de visage, et il ne prévient pas. Les règles tiennent en peu de lignes : visière intégrale et pas de simples lunettes, vitesse adaptée au diamètre et au déséquilibre, contre-pointe maintenue le plus longtemps possible, support d'outil réglé et rapproché à l'arrêt, aucun vêtement ni cheveu libre, jamais les mains derrière la pièce. Ce qu'un livre ne peut pas faire, c'est vous voir présenter une gouge trop haut avec le biseau en l'air. Une demi-journée dans un club de tourneurs, un atelier partagé ou un stage court règle ce point, et la France compte beaucoup d'associations de tournage qui accueillent volontiers les débutants.

Un livre ne vous apprendra pas non plus l'affûtage, quoi qu'il en dise. Les schémas d'angles sont justes, la gestuelle au touret se transmet par la main, et une gouge mal affûtée fabrique un tourneur découragé en trois séances.

Enfin, personne ne vous transmettra par écrit la lecture du copeau. Un ruban long et continu qui sort de la gouge dit que tout est juste. De la poussière dit que vous raclez au lieu de couper. Ce diagnostic se fait à l'oreille et à l'œil, sur des dizaines de pièces, et c'est le vrai contenu de l'apprentissage.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors la carte de l'outillage, la géométrie du geste, une méthode pour enchaîner des réalisations complètes et une ouverture sur la forme. C'est une petite bibliothèque d'atelier, et elle couvrira largement vos deux ou trois premières années.

La suite dépend de la direction que prend votre pratique. Si c'est l'objet utile, allez vers les bols, les boîtes à couvercle ajusté et les essences locales. Si c'est la matière, le bois vert, les loupes et les défauts de croissance ouvrent un domaine entier. Si c'est la technique pure, le tournage excentrique et les pièces à mécanisme vous attendent, et ils tiennent autant de l'horlogerie que du bois.

Vous pouvez aussi explorer les ouvrages de travail du bois par genre pour repérer les grands formats à schémas en coupe, qui font une différence réelle sur ce sujet précis. Et si vous prenez goût à l'apprentissage par les livres, le reste de notre collection quels livres acheter pour apprendre à applique la même méthode ailleurs, notamment pour apprendre la menuiserie, qui vous donnera les bases de matière et d'assemblage, ou pour apprendre la sculpture sur bois, où la question de l'affûtage revient avec la même insistance.

Par quel livre commencer le tournage sur bois quand on part de zéro ?

Par « Les bases du tournage sur bois » de Gérard Bidou, publié chez Eyrolles depuis 2000 et plusieurs fois réédité. Il traite le matériel, puis sépare clairement le tournage entre pointes et le tournage en l'air, ce qui est la distinction que les débutants mettent le plus longtemps à comprendre. Cinq réalisations progressives ferment le livre, du verre à pied à la sphère.

Pourquoi mon outil accroche-t-il dans le bois ?

Presque toujours parce que le biseau de l'outil n'appuie pas sur la pièce au moment où le tranchant entre. Un outil de tournage coupe uniquement quand son biseau frotte le bois et que le tranchant travaille juste au-dessus. Si vous présentez le tranchant seul, la pièce le happe et l'outil part. La hauteur du support, l'angle d'affûtage et l'orientation de la gouge se règlent ensemble, jamais séparément.

Le tournage entre pointes et le tournage sur mandrin, est-ce la même chose ?

Non, et il vaut mieux le savoir avant d'acheter. Entre pointes, la pièce est tenue à ses deux extrémités et vous travaillez dans le fil du bois : pieds de table, manches, quilles. Sur mandrin ou sur plateau, la pièce n'est tenue que d'un côté et vous attaquez le bois de bout : bols, coupelles, boîtes. Les outils diffèrent, les affûtages diffèrent, les risques aussi. Ce sont deux apprentissages successifs.

Un livre suffit-il pour débuter le tournage en sécurité ?

Non, et c'est un des rares domaines où il faut le dire sans nuance. Un tour est une machine qui lance une pièce à plusieurs centaines de tours par minute à trente centimètres de votre visage. Un livre vous donnera les règles : visière, vitesse adaptée au diamètre, contre-pointe, vérification du serrage, aucun vêtement flottant. Il ne verra pas votre gouge mal présentée. La première séance se fait auprès de quelqu'un.

Faut-il apprendre à affûter avant de tourner ?

Oui, et beaucoup plus tôt que ce que les débutants imaginent. Une gouge de tournage s'émousse en quelques minutes de travail, contre plusieurs heures pour un ciseau de menuisier. Vous affûterez donc dix fois dans une séance, ce qui suppose un touret et un gabarit d'affûtage à portée de main. Un tourneur qui travaille avec un outil émoussé conclut qu'il manque de technique, alors qu'il manque de fil.

Quel bois utiliser pour ses premières pièces ?

Du bois vert de récupération, et sans hésiter. Une bûche de fruitier, de hêtre ou de bouleau fendue en deux se tourne facilement, produit de longs copeaux et coûte ce que vous voulez bien. Le bois sec des magasins est cher et plus dur à travailler à la gouge. Vos premières pièces vont fendre en séchant, et c'est très bien : elles servent à apprendre le geste, pas à finir sur une étagère.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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