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Quels livres pour apprendre la sculpture sur bois ? 4 titres dans l'ordre

Trois gouges suffisent, pas vingt, et tout commence par l'affûtage. Quatre livres vérifiés pour apprendre la sculpture sur bois, dans l'ordre, avec ce que chacun apporte et ce qu'il n'apporte pas.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Sculpture sur bois. Des réalisations pour apprendre pas à pas, les techniques pour créer à votre tourAntony DenningVoir Sculpture sur bois. Des réalisations pour apprendre pas à pas, les techniques pour créer à votre tour, de Antony Denning à la Fnac (lien affilié)
Affûtage des outils à bois, tome 1 : théorie, matériel, ciseaux, rabotsBruno MeyerVoir Affûtage des outils à bois, tome 1 : théorie, matériel, ciseaux, rabots, de Bruno Meyer à la Fnac (lien affilié)
La sculpture sur bois pas à pasAlan et Gill BridgewaterVoir La sculpture sur bois pas à pas, de Alan et Gill Bridgewater à la Fnac (lien affilié)
Gravure de lettres sur bois : creux et reliefChris PyeVoir Gravure de lettres sur bois : creux et relief, de Chris Pye à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la sculpture sur bois ?

Il existe une scène qui se répète dans tous les ateliers. Quelqu'un arrive avec un coffret de vingt gouges acheté en promotion, une planche de chêne récupérée sur un chantier, et beaucoup d'enthousiasme. Deux heures plus tard, le bois est arraché, une gouge est ébréchée, et la conclusion tirée est qu'il faut plus de talent. Il fallait surtout moins d'outils, un bois tendre, et une pierre à affûter.

C'est pour cette raison que le choix des livres compte ici plus qu'ailleurs. Un bon ouvrage de sculpture sur bois consacre ses premières pages non pas aux motifs mais au tranchant, et cette proportion vous dit à peu près tout de sa qualité. Voici quatre titres, dans un ordre qui tient compte de ce que vos mains savent faire, et la liste de ce qu'il ne faut pas acheter d'abord.


Le tri se fait sur l'affûtage, pas sur les modèles

Un manuel de sculpture qui commence par une galerie de réalisations et traite l'affûtage en deux paragraphes vous vendra du rêve et vous laissera devant un bois qui refuse de se laisser couper.

La raison est mécanique. Une gouge émoussée n'entame pas les fibres, elle les écrase et les pousse devant elle. Le résultat est une surface pelucheuse, un effort disproportionné, et un outil qui dérape parce qu'il faut forcer. Les débutants attribuent ce comportement au bois, à leur poignet ou à leur patience. C'est le tranchant.

Les gouges vendues neuves, y compris de bonnes marques, arrivent affûtées grossièrement et jamais repassées. Il faut donc apprendre à affûter avant de savoir sculpter, ce qui est frustrant et non négociable. Le second point de tri concerne le bois : un livre qui ne vous dit pas explicitement de commencer par du tilleul vous laisse tomber dans le piège le plus fréquent.

Dernier critère, souvent négligé : le livre distingue-t-il clairement le bas-relief de la ronde-bosse ? Ce sont deux pratiques, deux façons de tenir la pièce, deux logiques de dégrossissage. Les mélanger dans un même chapitre trahit un ouvrage superficiel.

Premier livre : Antony Denning, « Sculpture sur bois »

Antony Denning, « Sculpture sur bois. Des réalisations pour apprendre pas à pas, les techniques pour créer à votre tour » (Eyrolles, février 2011, traduit de l'anglais) Voir à la FnacSculpture sur bois. Des réalisations pour apprendre pas à pas, les techniques pour créer à votre tour, de Antony Denning (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Denning est sculpteur, il réalise des blasons sur commande et travaille à la restauration d'églises. Son livre repose sur un dispositif malin : deux parties indépendantes reliées par des renvois. En haut, vingt-deux projets de difficulté croissante. En bas, un recueil de fiches techniques auquel les projets renvoient dès qu'un geste doit être expliqué.

Ce qu'il vous apprend précisément : à sculpter des objets qui existent et servent, ce qui change tout pour la motivation. Ustensiles, coupes, un plateau, un pied de lampe, un cadre de miroir, des boîtes avec leur couvercle, des bas-reliefs décoratifs, des statuettes animalières en ronde-bosse, un canard, un masque. La progression est réelle, pas décorative : les premiers projets ne demandent qu'une gouge creuse et un maillet.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à affûter sérieusement. Les fiches abordent le sujet, elles n'y suffisent pas. Le livre suppose aussi que vous savez déjà choisir une bille de bois correcte, ce qui n'est pas évident quand on n'a jamais mis les pieds chez un scieur.

Deuxième livre : Bruno Meyer, « Affûtage des outils à bois »

Bruno Meyer, « Affûtage des outils à bois, tome 1 : théorie, matériel, ciseaux, rabots » (BLB-Bois, réédition d'un ouvrage paru en 2003 aux éditions de la Canopée) Voir à la FnacAffûtage des outils à bois, tome 1 : théorie, matériel, ciseaux, rabots, de Bruno Meyer (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir raté quelques coupes et compris pourquoi.

Meyer a écrit une quinzaine d'ouvrages sur le bois et anime un centre de formation. Le tome 1 traite les bases de métallurgie des aciers à outils, le choix des abrasifs et des pierres, l'affûtage pas à pas des ciseaux et des fers de rabot, l'évaluation d'un tranchant et la construction de montages d'atelier. C'est, à notre connaissance, le seul livre entièrement consacré à l'affûtage en langue française.

Ce qu'il vous apprend précisément : ce qui se passe réellement sur le fil de l'outil. Pourquoi un angle trop faible s'écrase dans un bois dur, pourquoi le morfil doit disparaître, pourquoi un cuir chargé de pâte à polir fait plus de différence qu'une pierre supplémentaire. Vous cesserez d'affûter au hasard.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les gouges elles-mêmes, qui posent un problème particulier puisqu'il faut affûter une arête courbe, intérieur compris. Le tome 1 porte sur les tranchants droits. Transposez les principes, et complétez par une démonstration en vidéo ou par quelqu'un qui vous montre le mouvement de bascule. J'assume l'avis : ce livre est un détour apparent qui vous fera gagner un an.

Troisième livre : Alan et Gill Bridgewater, « La sculpture sur bois pas à pas »

Alan et Gill Bridgewater, « La sculpture sur bois pas à pas » (Eyrolles, deuxième édition parue en juin 2001, cent vingt-huit pages, traduit de l'anglais) Voir à la FnacLa sculpture sur bois pas à pas, de Alan et Gill Bridgewater (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : quelques pièces terminées et des outils qui coupent.

Dix-huit projets qui reprennent les phases du travail : choix du bois et des outils, découpe, dégrossissage, modelé des formes, exécution des détails, finition. Le parti pris éditorial est inhabituel et vaut d'être signalé : les projets sont représentatifs de grands courants de la sculpture sur bois, des pièces tribales africaines et indiennes à la sculpture populaire européenne jusqu'aux statues d'art classique.

Ce qu'il vous apprend précisément : que la manière de dégrossir dépend du résultat visé. On n'attaque pas un masque tribal comme un chapiteau feuillagé. En copiant des pièces issues de traditions différentes, vous acquérez plusieurs vocabulaires de coupe au lieu d'un seul, et vous comprenez enfin pourquoi certains sculpteurs laissent les traces d'outil visibles quand d'autres les effacent.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à créer vos propres modèles. Le livre reste dans la reproduction guidée. C'est légitime à ce stade, la copie est le meilleur exercice qui soit, mais ne comptez pas y trouver de méthode de conception.

Quatrième livre : Chris Pye, « Gravure de lettres sur bois »

Chris Pye, « Gravure de lettres sur bois : creux et relief » (Eyrolles, collection Le Geste et l'Outil, octobre 2002, deux cent trente pages, traduit de l'anglais par Jean-Sarane Fusi et Sophie Léchauguette) Voir à la FnacGravure de lettres sur bois : creux et relief, de Chris Pye (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une maîtrise correcte de la gouge, et de la patience.

Pye est sculpteur et enseigne la gravure de lettres. Le livre choisit un sujet étroit et le traite à fond : incision et relief, principes typographiques, tracé préparatoire, outils, ciseaux pour les parties droites, gouges pour les courbes, burins pour les points difficiles d'accès. Il se termine par plusieurs alphabets de styles différents et neuf réalisations de l'auteur.

Ce qu'il vous apprend précisément : la précision. Une lettre ne pardonne rien, parce que l'œil connaît sa forme par cœur et voit immédiatement le millimètre de trop. C'est le meilleur exercice de rigueur que je connaisse en sculpture, et il rejaillit sur tout le reste, y compris sur des sujets qui n'ont rien à voir avec l'écriture.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la ronde-bosse, ni le modelé des volumes organiques. C'est un livre de bas-relief et de gravure, revendiqué comme tel. Prenez-le comme une spécialisation choisie, pas comme une étape obligatoire.

Par où ne pas commencer

Les coffrets d'outils accompagnés d'un livret. Le livret est mince, les outils sont en acier tendre qui perd son fil en trois coupes, et la déception s'installe avant la première pièce. Trois bonnes gouges achetées à l'unité coûtent souvent moins que le coffret et durent une vie.

Les traités anciens, ensuite. « Art et technique de la sculpture sur bois » d'Yves-Charles Doise, paru chez J.B. Baillière au début des années 1980, revient partout dans les listes de recommandations, et il a des qualités réelles. Il est aussi difficile à trouver, dépourvu de photographies étape par étape, et écrit pour un lecteur qui a déjà les gestes. Le lire avant d'avoir sculpté ne vous apprendra rien que vous puissiez appliquer le lendemain.

Méfiez-vous également des livres organisés par motifs : cent modèles de rosaces, de feuilles d'acanthe ou d'animaux, sans progression pédagogique. Ils supposent la technique acquise et servent de catalogue d'inspiration. Excellent quand vous sculptez depuis deux ans, inutilisable au départ.

Enfin, écartez pour l'instant tout ce qui traite de la sculpture à la tronçonneuse ou aux outils rotatifs. Ce sont des disciplines distinctes, avec leurs propres livres, et elles n'enseignent pas la lecture du fil du bois qui reste le cœur du métier.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Le sens du fil ne s'apprend pas sur une page. Il s'apprend en poussant la gouge dans un sens, en obtenant un copeau propre et brillant, puis en poussant dans l'autre et en arrachant. Cette leçon prend dix secondes et aucun texte ne la remplace. Les livres peuvent seulement vous dire de faire l'expérience.

Le bois lui-même se choisit avec les doigts et le nez. Un tilleul bien sec ne pèse pas comme un tilleul encore humide, et une bille qui a une fente à cœur vous le fera payer trois heures plus tard. Les scieries locales et les menuisiers donnent volontiers des chutes, et une visite vaut un chapitre.

Sur la sécurité, une seule remarque de bon sens : la main qui ne tient pas l'outil se trouve statistiquement devant le tranchant, et la pièce doit être serrée plutôt que tenue. Les livres sérieux insistent sur ce point et proposent des montages de serrage. Suivez-les.

Enfin, le regard extérieur manque terriblement quand on travaille seul. Un volume que vous trouvez juste après trois heures de travail peut être faux dès qu'on le regarde de profil. Photographier sa pièce, la retourner, la laisser une nuit, ces réflexes valent un professeur à moitié. L'autre moitié se trouve dans les clubs de sculpture, très présents en France et souvent gratuits pour l'essai.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors un outillage qui coupe, une dizaine de pièces derrière vous, une idée nette de ce qui vous plaît. La suite se sépare franchement : le figuratif et la ronde-bosse d'un côté, l'ornement et le bas-relief de l'autre, avec des bibliographies qui ne se recoupent presque pas.

Beaucoup de sculpteurs arrivent aussi à un moment où le manque de menuiserie les freine : impossible de faire un socle correct, un cadre, une boîte qui ferme. Voyez alors quels livres pour apprendre la menuiserie, où les mêmes questions d'affûtage reviennent sous un autre angle. Et si le principe vous convient, le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à applique la même règle partout : trois à cinq titres, dans un ordre, et les pièges nommés.

Combien de gouges faut-il vraiment pour commencer la sculpture sur bois ?

Trois, et vous en utiliserez surtout deux. Une gouge creuse de taille moyenne, une gouge plate pour dresser et une gouge en V pour tracer couvrent l'essentiel des premiers mois. Les jeux de vingt outils vendus en coffret sont presque toujours en acier médiocre, mal affûtés d'usine, et ils vous privent du seul apprentissage qui compte au début : savoir ce que fait chaque tranchant. Achetez peu et bon plutôt que beaucoup et mou.

Quel bois choisir pour ses premières sculptures ?

Le tilleul, sans hésiter. Il est tendre, homogène, presque sans figure, et il pardonne les coupes approximatives. Le noyer et le poirier viennent ensuite. Évitez absolument le chêne, le hêtre et les bois exotiques durs pour débuter : leurs fibres arrachent, ils exigent un tranchant impeccable et un maillet ferme, et beaucoup de débutants concluent qu'ils sont maladroits alors qu'ils ont simplement acheté la mauvaise bille de bois.

Faut-il apprendre le bas-relief ou la ronde-bosse en premier ?

Le bas-relief, dans la plupart des cas. Il se travaille sur une pièce plate et posée, il ne demande qu'un serrage simple, et la profondeur y est suggérée plutôt que réellement creusée. La ronde-bosse impose de tourner autour du volume, de tenir la pièce autrement à chaque étape et de garder trois vues cohérentes en tête. Ce sont deux apprentissages distincts, et l'ordre inverse décourage souvent.

Un livre peut-il apprendre l'affûtage ?

Il peut apprendre la théorie, les angles, le choix des abrasifs et la fabrication d'un cuir de repassage, et c'est déjà beaucoup. Ce qu'il ne transmet pas, c'est le geste et le repère tactile du morfil sous le pouce. Bruno Meyer y consacre un ouvrage entier, ce qui donne une idée du sujet. Comptez plusieurs séances avant que vos tranchants coupent le tilleul en travers du fil sans arracher.

Les livres anciens de sculpture sur bois sont-ils encore utiles ?

Oui, plus que dans beaucoup d'autres domaines, parce que les outils n'ont pas changé depuis deux siècles. Une gouge de 1900 et une gouge de 2026 se ressemblent. Ce qui vieillit dans ces ouvrages, ce sont les motifs et les finitions, souvent très ornementaux, et l'absence totale de photographies étape par étape. Un traité ancien complète bien un manuel récent, il le remplace mal.

Combien de temps avant de réaliser une pièce présentable ?

Comptez une dizaine de petits projets, soit quelques mois à raison de deux ou trois heures par semaine, pour une pièce dont vous ne serez pas gêné. Le progrès est très net au début puis ralentit brutalement, en général au moment où le sujet devient figuratif. Une cuillère, une feuille, un simple motif répété enseignent davantage qu'une tête entreprise trop tôt et abandonnée à moitié dégrossie.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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