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Quels livres pour apprendre le ski de randonnée ? 4 titres dans l'ordre où les lire

Le premier livre de ski de randonnée ne parle pas de virages, il parle de neige et d'avalanches. Voici quatre titres dans l'ordre, et ce que la lecture ne remplacera jamais.

L'équipe Relit10 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Neige et avalanchesFrédéric CabotVoir Neige et avalanches, de Frédéric Cabot à la Fnac (lien affilié)
Le ski de randoPatrice VargelVoir Le ski de rando, de Patrice Vargel à la Fnac (lien affilié)
Ski de montagneENSAVoir Ski de montagne, de ENSA à la Fnac (lien affilié)
Petit dictionnaire illustré de la neigeRobert BolognesiVoir Petit dictionnaire illustré de la neige, de Robert Bolognesi à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le ski de randonnée ?

Voici comment cela se passe presque toujours. Quelqu'un achète ou loue son premier équipement en novembre, se dit qu'il faudrait se documenter un peu, et cherche un livre. Ce qu'il tape dans la barre de recherche ressemble à « technique ski de randonnée » ou « progresser en neige poudreuse ». Il ressort avec un manuel de gestes.

C'est le mauvais rayon. Le ski de randonnée est une discipline où la technique de descente est la partie la moins dangereuse de l'affaire. Un virage raté vous coûte une chute et un peu d'orgueil. Une pente mal choisie un jour de neige récente et de vent peut vous coûter la vie, et elle coûte chaque hiver la vie de plusieurs dizaines de personnes dans les Alpes françaises. Le premier livre à ouvrir parle donc de neige et d'avalanches, pas de style.

Disons tout de suite la chose la plus importante de cet article, avant les recommandations. Aucun livre ne vous rendra capable d'estimer si une pente tiendra. Vous ne trouverez ici ni méthode d'évaluation, ni test de manteau neigeux, ni seuil de pente à retenir, et vous devriez vous méfier de tout article qui vous en propose. Cette compétence se transmet en formation encadrée, par un guide de haute montagne ou un moniteur, sur le terrain, et elle se réactualise avant chaque sortie avec le bulletin d'estimation du risque d'avalanche publié par les services météorologiques. Les livres qui suivent servent à comprendre ce qu'on vous montrera. Rien d'autre.


Le vrai sujet n'est pas la descente

Trois choses limitent un randonneur à ski débutant, et la technique n'arrive qu'en troisième position.

La première est la connaissance de la neige. Non pas savoir la nommer pour faire joli au refuge, mais comprendre qu'un manteau neigeux est un empilement de couches d'âges différents, que ces couches évoluent avec la température et le vent, et que ce qui se passe à quarante centimètres de profondeur détermine ce qui vous arrivera en surface. C'est un sujet de physique, et il s'apprend.

La deuxième est la lecture du terrain : reconnaître une pente raide d'une pente modérée à l'œil, repérer une zone de départ potentielle, comprendre qu'un couloir est un piège même quand il est esthétique, choisir un itinéraire de montée qui ne vous expose pas inutilement. Cela se travaille avec une carte, un altimètre et beaucoup d'heures dehors, en compagnie de gens plus expérimentés.

La troisième seulement est le geste : conversions en montée, gestion des peaux, virage en neige lourde. Elle vient toute seule avec le nombre de sorties, et c'est celle sur laquelle les débutants concentrent leur inquiétude.

Le parcours de lecture qui suit respecte cet ordre de priorité, ce qui le rend inhabituel.

Premier livre : Frédéric Cabot, « Neige et avalanches »

Frédéric Cabot, « Neige et avalanches. Connaître et comprendre pour limiter le risque » (Glénat, collection Solo, décembre 2020, environ 240 pages) Voir à la FnacNeige et avalanches, de Frédéric Cabot (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, à lire avant la première sortie.

L'ouvrage a été conçu avec l'appui de l'ANENA, l'association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches, et de Météo-France. Cette double caution compte, parce que le rayon montagne accueille aussi des livres écrits par des passionnés sans adossement scientifique, et que sur ce sujet précis la différence n'est pas décorative.

Ce qu'il vous apprend précisément : ce qu'est un cristal de neige et comment il se transforme une fois au sol, pourquoi une couche fragile persistante peut rester dangereuse des semaines après sa formation, ce que le vent fait à la neige et pourquoi les accumulations sous le vent inquiètent les professionnels, comment se lit une échelle européenne de risque d'avalanche graduée de un à cinq, et comment sont construits les bulletins que vous consulterez ensuite tous les jours de l'hiver.

Ce qu'il ne vous apprend pas, et il le dit lui-même : à décider. Comprendre le mécanisme d'une avalanche de plaque et savoir si celle qui est devant vous partira sont deux compétences séparées par des années de terrain encadré. Le livre vous donne le premier étage, la formation donne le second, l'expérience donne le troisième, et personne n'atteint jamais la certitude.

Deuxième livre : Patrice Vargel, « Le ski de rando »

Patrice Vargel, « Le ski de rando. Débuter et se perfectionner » (Glénat, collection Solo, novembre 2010, 144 pages) Voir à la FnacLe ski de rando, de Patrice Vargel (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : le vocabulaire de la neige, donc l'étape précédente.

Vargel est guide de haute montagne, installé dans le sud du Vercors, et pratique la randonnée à ski depuis le milieu des années quatre-vingt. Son livre couvre en six chapitres la préparation physique et technique, la lecture du terrain, la gestion du risque et l'adaptation aux différents milieux, des pentes douces aux courses glaciaires.

Ce qu'il vous apprend précisément : à quoi ressemble une journée de ski de randonnée du début à la fin. Comment on prépare un sac, comment on gère une allure de montée qu'on peut tenir cinq heures, comment on s'organise à plusieurs, ce qu'on regarde en arrivant au pied d'un itinéraire, ce qui distingue une course d'initiation d'une course sérieuse. C'est le livre qui donne la forme générale de l'activité, celle qu'on ne devine pas en lisant des topos.

Ce qu'il ne vous apprend pas : l'état actuel du matériel. Le livre date de 2010, et depuis, les fixations, les chaussures et surtout les détecteurs de victimes d'avalanche ont beaucoup évolué. Lisez cette partie comme une explication des principes, puis faites-vous conseiller par un vendeur spécialisé pour l'achat lui-même.

Troisième livre : le manuel de l'ENSA, « Ski de montagne »

ENSA, « Ski de montagne. Des premières sorties aux raids glaciaires » (Glénat, novembre 2018, 168 pages, rédigé par J. Annequin, J.-F. Hagenmuller et J.-S. Knoertzer) Voir à la FnacSki de montagne, de ENSA (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une première saison derrière vous.

L'École nationale de ski et d'alpinisme, à Chamonix, forme les guides de haute montagne français. Quand elle publie un manuel, ce n'est pas un livre de vulgarisation, c'est la mise par écrit d'une pédagogie de formation professionnelle, construite autour de sept stages réalisés pour l'occasion et très abondamment illustrée.

Ce qu'il vous apprend précisément : la progression, au sens fort. Comment on passe d'une sortie à la journée à une course de deux jours, puis à un raid glaciaire avec ce que cela suppose de matériel supplémentaire et de compétences d'alpinisme. La partie consacrée à la découverte de la montagne hivernale, à la neige et au risque d'avalanche y tient une place importante, et elle est écrite par des gens dont c'est le métier de former ceux qui vous encadreront.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à vous passer d'eux. Le paradoxe est assumé dans le livre. Plus les chapitres avancent vers le glacier et la corde, plus le texte renvoie à une formation. C'est cohérent, et c'est une garantie de sérieux.

Quatrième livre : Robert Bolognesi, « Petit dictionnaire illustré de la neige »

Robert Bolognesi, « Petit dictionnaire illustré de la neige » (Le Vent des Cimes, décembre 2023, plus de 140 pages illustrées) Voir à la FnacPetit dictionnaire illustré de la neige, de Robert Bolognesi (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun, mais il prend tout son intérêt après une ou deux saisons.

Bolognesi est nivologue, docteur ès sciences de l'École polytechnique de Lausanne, ancien chercheur à l'institut fédéral pour l'étude de la neige et des avalanches de Davos. Il a passé sa carrière au contact du vocabulaire technique de la neige, celui des scientifiques comme celui des pisteurs et des guides, et ce petit livre en fait l'inventaire commenté.

Ce qu'il vous apprend précisément : à nommer ce que vous voyez. Cela paraît anecdotique et cela ne l'est pas. Un randonneur qui sait distinguer et nommer les états de la neige lit les bulletins autrement, entend autre chose dans ce que lui dit un compagnon de course, et surtout observe. Le nom fixe la perception. C'est le mécanisme qui fait qu'un ornithologue entend des oiseaux là où vous entendez du bruit.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la synthèse. C'est un dictionnaire, il se picore, il ne raconte pas d'histoire. Gardez-le sur la table basse pour l'hiver entier.

Les livres qu'il ne faut pas acheter en premier

Voici la section la plus utile, et celle que les listes de recommandations évitent soigneusement.

Les traités de méthode d'évaluation du risque, d'abord. « Avalanches 3x3, la gestion du risque dans les sports d'hiver » de Werner Munter, traduit de l'allemand par Laurent Cesalli et publié en français par les éditions du Club alpin suisse, est un ouvrage considérable dont l'influence sur la prévention en Europe est réelle. Ce n'est pas un livre de débutant, et je le dis franchement : appliquer seul une méthode probabiliste de réduction du risque, sans formation, sans habitude du terrain et sans quelqu'un pour corriger vos observations, produit surtout une fausse assurance. Ces méthodes s'enseignent en stage, elles se discutent entre pratiquants, et elles supposent que vous sachiez déjà observer correctement ce que vous entrez dedans. Lisez-le après une formation, jamais avant.

Les topos régionaux, ensuite. Ils sont beaux, ils donnent envie, et ils sont le premier achat de beaucoup de débutants. Le problème est qu'un topo décrit un itinéraire dans l'absolu, avec un dénivelé, une orientation et une cotation de ski, sans rien dire des conditions du jour. Le randonneur inexpérimenté y voit une liste d'objectifs à cocher, alors qu'un topo se lit comme un catalogue de possibilités dont l'immense majorité sera écartée par le bulletin du matin. Achetez-en un quand vous saurez renoncer.

Les récits d'exploits, enfin. Les livres de skieurs de pente raide relèvent de la littérature de montagne, souvent excellente, et installent une échelle de valeurs où renoncer devient une petite défaite. C'est l'inverse de ce qu'il faut avoir en tête la première année.

Le bulletin quotidien, que rien ne remplace

Un point mérite d'être écrit séparément, parce qu'il est la clé pratique de toute cette histoire.

Chaque massif alpin et pyrénéen fait l'objet, pendant la saison, d'un bulletin d'estimation du risque d'avalanche publié quotidiennement par le service météorologique national. Il indique un niveau de risque sur une échelle européenne à cinq degrés, décrit l'état du manteau neigeux, signale les orientations et les altitudes préoccupantes, et il est gratuit. Des bulletins équivalents existent dans les pays voisins.

Aucun des quatre livres ci-dessus ne se substitue à cette lecture, et tous les quatre vous disent la même chose. Un manuel vous explique pourquoi une couche fragile est dangereuse ; le bulletin vous dit s'il y en a une, où, et depuis quand. Le premier vaut dix ans, le second vaut vingt-quatre heures.

Prenez l'habitude de le lire même les jours où vous ne sortez pas. Sur une saison, vous verrez ainsi le manteau neigeux évoluer jour après jour au lieu de le découvrir au départ d'une course.

La limite du papier, et elle est franche ici

Un livre ne vous verra pas faire. C'est vrai dans tous les sports, c'est vital dans celui-ci.

Il ne verra pas que votre recherche au détecteur de victimes d'avalanche vous prend quatre minutes au lieu d'une, que vous oubliez de sortir la sonde, que votre pelletage est inefficace. Ces gestes se répètent en atelier, encadrés, chaque saison, et beaucoup de clubs et de stations en organisent gratuitement en début d'hiver. C'est l'heure la mieux investie de votre année de ski.

Il ne vous donnera pas non plus de compagnons de course, et c'est peut-être le manque le plus décisif. Le ski de randonnée est une activité où le groupe décide, et où la pression sociale d'un groupe mal constitué fait franchir des pentes que personne n'aurait franchies seul. Un club, une section locale de fédération, quelques habitués rencontrés en stage : cela vaut mieux qu'une étagère entière, et cela vous apprendra en particulier la seule compétence que je n'ai vu enseigner dans aucun livre, celle de dire à voix haute qu'on préfère faire demi-tour.

Enfin, un livre ne remplacera pas les journées. Il n'existe pas de raccourci documentaire vers l'expérience du terrain hivernal, et les gens qui pratiquent depuis vingt ans continuent de se former.

Une fois ces livres lus

Vous aurez alors une base de nivologie, une vision d'ensemble de l'activité, une pédagogie de progression et un vocabulaire précis. C'est un bagage sérieux pour aborder une formation, et c'est exactement ce à quoi il doit servir.

La suite dépend de la direction que vous prenez. Si c'est la montagne engagée, l'alpinisme et la corde deviennent le sujet, avec leur propre littérature. Si c'est l'observation, la nivologie a une vraie profondeur scientifique et vous n'en verrez pas le fond. Si c'est l'autonomie en général, le voisinage utile est celui de la lecture du ciel et de la carte : voyez les livres pour apprendre la météorologie et ceux pour apprendre à s'orienter, qui complètent directement ce parcours.

La question du rapport entre le papier et le terrain se pose dans les mêmes termes pour l'escalade. Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à applique la même méthode ailleurs, et le catalogue par genres permet de repérer les éditions récentes, ce qui compte plus qu'on ne le croit sur un rayon montagne.

Peut-on apprendre le ski de randonnée avec des livres seulement ?

Non, et sur ce point la réponse ne souffre aucune nuance. Le déplacement en terrain enneigé non sécurisé engage votre vie et celle des autres, et l'estimation du risque d'avalanche se transmet en formation encadrée, avec un professionnel, sur le terrain, sur plusieurs journées. Les clubs, les guides de haute montagne et les organismes spécialisés proposent ces stages partout dans les Alpes et les Pyrénées. Un livre prépare et prolonge ces journées, il ne les remplace à aucun moment.

Par quel livre commencer quand on débute le ski de randonnée ?

Par un livre sur la neige et les avalanches, pas par un manuel de technique de descente. « Neige et avalanches » de Frédéric Cabot, paru chez Glénat dans la collection Solo en 2020, a été conçu avec l'appui de l'ANENA et de Météo-France. Il vous donne le vocabulaire et les mécanismes, ce qui vous permettra ensuite de comprendre ce qu'un formateur vous montre au lieu de le subir.

Un livre peut-il remplacer le bulletin d'estimation du risque d'avalanche ?

Jamais, et ce sont deux choses de nature différente. Un livre explique des mécanismes généraux et vaut pendant des années. Le bulletin décrit l'état du manteau neigeux d'un massif donné à une date donnée, et il est produit chaque jour en saison par les services météorologiques nationaux. Aucune lecture, même approfondie, ne vous dispense de le consulter avant chaque sortie, ni de renoncer quand il le suggère.

Faut-il un livre pour apprendre à se servir d'un détecteur de victimes d'avalanche ?

Le livre sert à comprendre à quoi sert l'appareil et pourquoi la pelle et la sonde comptent autant que lui. Manipuler l'ensemble sous stress, dans la neige, avec le chronomètre qui tourne, ne s'apprend que par la répétition d'exercices encadrés. Les clubs et les stations organisent régulièrement des ateliers de recherche, souvent gratuits. Une séance par saison au minimum, et pas seulement la première année.

Les livres de ski de randonnée vieillissent-ils vite ?

La partie matériel vieillit très vite : fixations, peaux, chaussures et détecteurs ont beaucoup changé en quinze ans. La partie nivologie vieillit lentement, parce que la physique de la neige ne bouge pas, mais la manière de présenter le risque et les recommandations de prudence évoluent avec la recherche. Prenez l'édition la plus récente disponible et croisez toujours la partie équipement avec un vendeur spécialisé ou un moniteur.

Quelle différence entre un topo et un manuel de ski de randonnée ?

Un manuel vous apprend la discipline : la neige, le terrain, la progression, le matériel. Un topo décrit des itinéraires précis dans un massif, avec des orientations, des dénivelés et des cotations de ski. Vous aurez besoin des deux, mais pas au même moment. Le topo devient utile quand vous savez déjà lire une pente et renoncer, sans quoi il ressemble à une liste de courses dans un magasin dont vous ignorez les prix.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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