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Quels livres pour apprendre à s'orienter ? 4 titres, et ce qu'aucun ne remplacera

Carte, boussole, azimut, déclinaison : quatre livres dans l'ordre pour apprendre à s'orienter, avec le chapitre à sauter dans les éditions anciennes et celui qui n'a pas vieilli d'un jour.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
L'orientation ça s'apprendDenis TribaudeauVoir L'orientation ça s'apprend, de Denis Tribaudeau à la Fnac (lien affilié)
Lire une carte et s'orienter en randonnée. Savoir utiliser carte et boussoleBruno ValckeVoir Lire une carte et s'orienter en randonnée. Savoir utiliser carte et boussole, de Bruno Valcke à la Fnac (lien affilié)
S'orienter. Des techniques traditionnelles aux nouvelles technologiesJean-Marc LamoryVoir S'orienter. Des techniques traditionnelles aux nouvelles technologies, de Jean-Marc Lamory à la Fnac (lien affilié)
S'orienter en pleine natureJérémy GuilmeauVoir S'orienter en pleine nature, de Jérémy Guilmeau à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre à s'orienter ?

De tous les sujets de cette collection, l'orientation est celui où l'écart entre lire et savoir faire est le plus grand. On peut comprendre parfaitement un chapitre sur l'azimut, le refermer satisfait, et se retrouver trois semaines plus tard incapable de décider entre deux sentiers dans le brouillard. La théorie tient en une trentaine de pages. Le reste est du transfert, et le transfert se fait dehors.

C'est pourquoi le critère de sélection qui suit n'est pas la richesse du contenu mais une chose plus bête : est-ce que le livre vous propose de faire quelque chose. Un ouvrage d'orientation qui n'a aucun exercice de terrain est un ouvrage d'orientation qui ne vous apprendra rien.

Quatre titres, donc, dans un ordre, plus une remarque sur l'achat d'occasion qui vaut à elle seule le détour sur ce sujet précis.


Premier livre : Denis Tribaudeau, « L'orientation ça s'apprend »

Denis Tribaudeau, « L'orientation ça s'apprend » (Vagnon Aventure, 2019, 96 pages) Voir à la FnacL'orientation ça s'apprend, de Denis Tribaudeau (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Le titre annonce la couleur, et c'est une bonne annonce : l'orientation n'est pas un don que certains auraient et d'autres pas. Le livre part du matériel, pose les notions de base, puis traite la progression dans différents milieux, forêt, montagne, terrain sans repère.

Ce qu'il vous apprend précisément : la chaîne complète, dans le bon ordre, en un volume mince. Vous saurez orienter une carte, comprendre une échelle, lire un relief, prendre un cap, et surtout vous saurez dans quel ordre ces gestes s'enchaînent quand on doute. Quatre-vingt-seize pages, c'est court, et c'est un avantage : vous le finissez.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les cas tordus. Terrain enneigé sans repère, navigation par temps de brouillard prolongé, orientation en montagne hivernale. Le livre pose des bases solides et s'arrête là où commence l'expertise. Notez qu'il est épuisé chez son éditeur, ce qui n'est pas un problème sur ce sujet, et j'y reviens plus bas.

Deuxième livre : Bruno Valcke, « Lire une carte et s'orienter en randonnée »

Bruno Valcke, « Lire une carte et s'orienter en randonnée. Savoir utiliser carte et boussole » (Glénat, collection Rando pratique, 2005) Voir à la FnacLire une carte et s'orienter en randonnée. Savoir utiliser carte et boussole, de Bruno Valcke (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun, mais il gagne à venir en deuxième.

Voici une conviction que je vous livre franchement : la boussole n'est pas le problème des débutants. La carte l'est. La plupart des gens qui se perdent ne se trompent pas d'azimut, ils sont incapables de reconnaître dans le paysage la crête qu'ils ont sous les yeux sur le papier. Valcke attaque ce point précis.

Ce qu'il vous apprend précisément : l'échelle, l'ombrage, les courbes de niveau, et la mise en correspondance entre la carte et le terrain réel. Cette dernière compétence est celle qui décide de tout. Une courbe de niveau serrée n'est pas une abstraction, c'est une pente que vos mollets vont sentir dans dix minutes, et le livre vous entraîne à faire cette prédiction avant de la vérifier.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les technologies. L'ouvrage date de 2005 et son chapitre GPS parle d'un monde disparu, celui des récepteurs dédiés à écran monochrome. Sautez-le, le reste vaut le déplacement.

Le livre est épuisé et se trouve d'occasion. C'est le cas de beaucoup de bons titres d'orientation, et le circuit du livre de seconde main, brocantes, ressourceries, boîtes à livres, est ici particulièrement fertile parce que ces guides sortaient à gros tirages dans les années 2000.

Troisième livre : Jean-Marc Lamory, « S'orienter »

Jean-Marc Lamory, « S'orienter. Des techniques traditionnelles aux nouvelles technologies » (Glénat, collection Solo, avril 2015) Voir à la FnacS'orienter. Des techniques traditionnelles aux nouvelles technologies, de Jean-Marc Lamory (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une ou deux sorties, et des questions en attente.

Lamory publie sur l'orientation depuis 1992, d'abord chez Libris puis chez Glénat, en réactualisant régulièrement ses guides à mesure que la technologie bouge. Cette édition de 2015 est structurée en trois temps : débuter, avec la lecture de carte, progresser, avec le compas et la déclinaison magnétique, puis s'ouvrir aux nouvelles technologies.

Ce qu'il vous apprend précisément : la partie « progresser », qui est le cœur du livre et la raison de l'acheter. Déclinaison magnétique, prise d'azimut, marche au compas, contournement d'obstacle, recalage. Lamory ne se contente pas d'exposer, il pose la question de l'usage : quel niveau de technique pour quel type de randonneur, du promeneur du dimanche au montagnard autonome. Cette question, la plupart des guides l'esquivent en donnant tout à tout le monde.

Ce qu'il ne vous apprend pas : l'état actuel du numérique. Sa troisième partie a onze ans, ce qui sur ce terrain équivaut à une éternité. Les applications qu'il évoque n'existent plus ou ont changé de nature.

C'est l'exemple parfait de ce qu'il faut comprendre avant d'acheter un livre d'orientation ancien, et la section suivante y est consacrée.

Ce qui vieillit et ce qui ne vieillit pas

Retenez cette ligne de partage, elle vous fera économiser du temps et de l'argent.

Tout ce qui touche au GPS, aux récepteurs, aux applications, aux fonds de carte numériques et aux formats de trace est périmé dans n'importe quel ouvrage antérieur à 2015, et souvent bien plus récent que ça. Ce n'est pas un défaut des auteurs, c'est le rythme du secteur. Ces chapitres se sautent.

Tout le reste est intact. La déclinaison magnétique fonctionne exactement comme en 2005. Un azimut se prend de la même manière qu'en 1992. Les courbes de niveau se lisent selon des conventions cartographiques stables, et le triangle de visée d'une boussole n'a jamais changé de forme. C'est une matière remarquablement inerte, et cela a une conséquence pratique directe : un guide d'orientation d'occasion à quelques euros vaut, pour la partie qui compte, un neuf à vingt euros.

La seule vigilance porte sur les cartes reproduites en exemple. Un extrait de carte IGN de 2005 montre des sentiers, des bâtiments et des lisières qui ont pu changer. Pour l'exercice de lecture, aucune importance. Pour préparer une sortie réelle, achetez la carte du secteur dans son édition courante, ce qui est de toute façon nécessaire.

Quatrième livre : Jérémy Guilmeau, « S'orienter en pleine nature »

Jérémy Guilmeau, « S'orienter en pleine nature » (Vagnon, mai 2024, 64 pages, format 15 x 21 cm) Voir à la FnacS'orienter en pleine nature, de Jérémy Guilmeau (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun, mais il donne son plein rendement en révision.

Guilmeau est accompagnateur en montagne et secouriste, et son livre assume un parti pris net : se repérer sans smartphone, avec une boussole, une carte, et à défaut avec ce qui se trouve autour de vous. Soixante-quatre pages, c'est un aide-mémoire plus qu'un cours.

Ce qu'il vous apprend précisément : rien que vous ne trouviez ailleurs, et c'est volontaire. Sa valeur tient à son format et à sa date. C'est le seul des quatre qui soit à la fois récent et facilement disponible neuf, et le seul assez petit pour rester en permanence dans le sac. Un rappel consulté sur place au moment du doute vaut dix pages lues au chaud trois mois plus tôt.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la progression. Trop court pour construire une compétence à partir de zéro. Pris comme premier livre, il donne l'illusion trompeuse d'avoir fait le tour.

Par où ne pas commencer

Par un livre de navigation naturelle. Ces ouvrages, qui apprennent à lire le vent, les mousses, les étoiles et la forme des arbres, sont fascinants et souvent très bien écrits. Ils sont aussi le contraire d'une méthode : ce sont des recueils d'indices, utilisables par quelqu'un qui maîtrise déjà les fondamentaux et sait quel degré de confiance accorder à chacun. Commencés en premier, ils produisent des randonneurs qui savent que la mousse pousse plutôt au nord et qui ne savent pas orienter une carte. Gardez-les pour plus tard : notre sélection sur les livres pour apprendre la survie en nature en cite un excellent, à sa juste place.

Par un manuel de course d'orientation compétitive. Ils existent, ils sont bons, ils s'adressent à des coureurs qui savent déjà naviguer et cherchent à gagner trente secondes sur un poste. Le vocabulaire y est technique dès la première page et la logique est celle de la performance, pas de la sécurité.

Par un guide entièrement numérique. Un ouvrage centré sur telle application, aussi complet soit-il, aura deux ans d'espérance de vie et vous laissera sans rien le jour où votre téléphone rendra l'âme. Apprenez le papier d'abord, l'écran ensuite. L'inverse ne fonctionne pas, parce qu'un GPS vous donne une position sans jamais vous apprendre à en tirer une décision.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Ils ne vous mettront pas dans le brouillard, et c'est là que tout se joue.

S'orienter par beau temps sur un sentier balisé ne demande aucune compétence. La compétence sert exactement dans trois situations : visibilité réduite, terrain sans balisage, et fatigue de fin de journée quand le jugement baisse. Aucun livre ne peut simuler ces trois états. Il faut aller les chercher, progressivement et en sécurité, sur un terrain que vous connaissez déjà.

Un livre ne vous corrigera pas non plus. Vous prendrez un azimut de travers, vous lirez une courbe à l'envers, et rien ne vous le dira. C'est l'argument décisif en faveur d'un club de course d'orientation : une balise trouvée ou non trouvée est un verdict immédiat et sans appel, et ce retour immédiat est la seule chose qui installe vraiment une technique. Une matinée en club équivaut à plusieurs semaines de lecture.

Enfin, un exercice que personne ne fait et qui change tout : pendant une randonnée que vous connaissez, décidez à voix haute avant chaque intersection ce que la carte vous dit, puis vérifiez. Vous découvrirez très vite l'écart entre croire lire une carte et la lire.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors de quoi préparer une sortie, tenir un cap, vous recaler après une erreur et rentrer sans téléphone. C'est déjà davantage que la majorité des gens qu'on croise sur les sentiers.

La suite dépend du terrain qui vous attire. Si c'est la montagne, l'orientation se marie immédiatement avec la lecture du ciel, et notre parcours sur les livres pour apprendre la météorologie prolonge celui-ci de la manière la plus naturelle. Si c'est la forêt, la lecture du sol et des indices animaux devient l'étape suivante, traitée dans notre sélection sur les livres pour apprendre le pistage. Et si vous prenez goût à cette manière d'apprendre, peu de titres et dans un ordre choisi, le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à applique la même méthode à une trentaine de domaines.

Par quel livre commencer pour apprendre à s'orienter ?

Par « L'orientation ça s'apprend » de Denis Tribaudeau chez Vagnon Aventure, 96 pages, progressif, qui part du matériel et des notions de base avant d'aborder les milieux difficiles. Si vous voulez plus court et immédiatement disponible en librairie, « S'orienter en pleine nature » de Jérémy Guilmeau, chez le même éditeur, tient en 64 pages et se glisse dans un sac. Dans les deux cas, faites une sortie avant de finir le livre.

Un livre d'orientation de 2005 est-il encore utile ?

Oui pour l'essentiel, non pour un chapitre. Tout ce qui touche au GPS, aux récepteurs, aux formats de fichiers et aux applications dans un ouvrage antérieur à 2015 est périmé et peut être sauté sans regret. En revanche la lecture des courbes de niveau, la déclinaison magnétique, la prise d'azimut, la marche au compas et le recalage sur amers n'ont pas bougé d'un degré. C'est ce qui rend l'achat d'occasion intéressant sur ce sujet.

Faut-il encore apprendre la boussole à l'ère du téléphone ?

Oui, et pour une raison prosaïque : la batterie. Un téléphone tombe en panne, se casse, ou perd le signal sous couvert forestier et dans les gorges encaissées. Une carte papier et une boussole ne s'éteignent jamais. Apprendre l'azimut demande une demi-journée, et cette demi-journée est la meilleure assurance qui existe en randonnée. Le téléphone reste excellent, comme outil principal, à condition de ne pas être le seul.

Combien de temps faut-il pour savoir s'orienter correctement ?

Comptez quatre ou cinq sorties dédiées, pas davantage, pour être autonome sur un terrain de moyenne montagne balisé. La difficulté n'est pas la théorie, qui tient en trente pages, mais le transfert : reconnaître dans le paysage réel le vallon qu'on lit sur la carte. Ce transfert ne s'acquiert qu'en le pratiquant, idéalement en pliant la carte de manière à s'obliger à décider avant de vérifier.

Qu'est-ce que la déclinaison magnétique et pourquoi les livres en parlent-ils autant ?

C'est l'écart entre le nord géographique, celui de votre carte, et le nord magnétique, celui que désigne l'aiguille. L'écart varie selon le lieu et dérive lentement dans le temps. Il reste faible en France métropolitaine, mais un cap suivi sur plusieurs kilomètres sans correction vous décale suffisamment pour manquer un col. Les livres insistent parce que c'est l'erreur qui coûte le plus cher sur les longues visées.

La course d'orientation est-elle un bon moyen d'apprendre ?

C'est le meilleur, et de loin. Un club de course d'orientation vous met une carte dans les mains et vous envoie chercher des balises, ce qui produit en une matinée plus d'apprentissage réel qu'un livre en un mois. Les cartes de course sont plus détaillées que les cartes de randonnée et les circuits sont gradués par niveau. Beaucoup de clubs acceptent les débutants sans engagement pour une première séance.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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