Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre le macramé ? Trois titres, et pourquoi la tension compte plus que les modèles

Le macramé tient sur six nœuds. Le reste est une affaire de tension du fil, que les beaux livres de projets déco ne montrent jamais. Trois livres dans l'ordre où les lire.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Les bases du macraméHarumi KageyamaVoir Les bases du macramé, de Harumi Kageyama à la Fnac (lien affilié)
Apprendre le macramé en 10 leçonsFlorine DubroeucqVoir Apprendre le macramé en 10 leçons, de Florine Dubroeucq à la Fnac (lien affilié)
Macramé, 20 modèles pour une maison inspiréeFanny ZedeniusVoir Macramé, 20 modèles pour une maison inspirée, de Fanny Zedenius à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le macramé ?

Le rayon loisirs créatifs est plein de livres de macramé magnifiques. Grandes photographies dans des intérieurs baignés de lumière, suspensions pour plantes, tentures murales, rideaux de perles. On en achète un, on choisit le modèle de la page 42, on coupe ses fils, et deux heures plus tard on obtient quelque chose qui ressemble vaguement à la photographie mais qui gondole, penche, et dont la moitié inférieure est visiblement plus serrée que le haut.

Le livre n'a rien dit de faux. Il n'a simplement jamais parlé du seul sujet qui compte, parce que ce sujet ne se photographie pas : la tension. Le macramé n'est pas un répertoire de nœuds compliqués, il en compte six et vous les saurez ce soir. C'est un exercice de régularité, comme le tricot, et les livres utiles sont ceux qui consacrent un tiers de leurs pages aux gestes de base avant de montrer quoi que ce soit d'accroché à un mur.


Six nœuds, et rien d'autre

Faisons l'inventaire, parce qu'il rassure.

Le nœud de tête d'alouette sert à monter vos fils sur un bâton, un anneau ou une corde de support. Le nœud plat est le cheval de bataille : quatre fils, deux extérieurs qui travaillent, deux au centre qui restent immobiles. Le demi-nœud est simplement un nœud plat dont vous ne faites que la moitié, répétée, et qui produit les spirales que vous voyez partout sur les suspensions à plantes. La demi-clé, aussi appelée nœud feston, donne les lignes horizontales et diagonales qui dessinent les losanges et les chevrons. Le nœud d'enroulement rassemble un faisceau de fils en un manchon net. Et il vous faut un nœud d'arrêt pour les finitions.

C'est tout. Les ouvrages qui annoncent trente ou cinquante nœuds comptent séparément le feston horizontal, le feston diagonal et le feston vertical, ce qui est le même geste dans trois orientations. Ce n'est pas malhonnête, mais cela donne au débutant l'impression d'un vaste territoire à couvrir, alors que la difficulté est ailleurs.

Elle est dans la répétition identique. Un ouvrage de taille moyenne demande plusieurs centaines de nœuds plats, et il sera beau si le trois centième est serré exactement comme le premier. Voilà pourquoi un bon livre de macramé ressemble à un livre de gammes, et pourquoi le premier de cette liste fait un choix que beaucoup trouveront frustrant.

Le premier livre, celui qui restreint volontairement le programme

Harumi Kageyama, « Les bases du macramé » (Les éditions de Saxe, janvier 2022, 112 pages) Voir à la FnacLes bases du macramé, de Harumi Kageyama (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

L'autrice explique avoir écrit ce livre parce qu'elle n'avait rien trouvé de clair quand elle a débuté elle-même, et cela s'entend dans la construction. Cinq leçons en pas à pas photographiés couvrent les gestes fondateurs : réaliser un cordon, monter, travailler en rond, refermer. Puis viennent plus de vingt accessoires, bracelets, décorations murales, sacs, abat-jour.

La particularité est là : ces vingt réalisations se font toutes avec le nœud plat et ses variantes. Une seule famille de gestes, déclinée sur des objets qui n'ont rien à voir entre eux.

Ce qu'il vous apprend précisément : la constance. Vous ferez votre nœud plat sur un bracelet fin, puis sur un cordon épais, puis en rond autour d'un abat-jour, et vous découvrirez que le même nœud ne se comporte pas pareil selon la matière et le diamètre. Cette découverte-là ne vient jamais quand on change de nœud à chaque projet.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les festons, donc les motifs géométriques. Le livre les laisse volontairement de côté. C'est une limite assumée, et c'est le prix d'une progression qui ne se disperse pas.

Le deuxième, celui qui complète les gestes et ajoute la vidéo

Florine Dubroeucq, « Apprendre le macramé en 10 leçons » (Les éditions de Saxe, février 2024, 96 pages, avec une vingtaine de QR codes vers des tutoriels vidéo) Voir à la FnacApprendre le macramé en 10 leçons, de Florine Dubroeucq (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : quelques heures de pratique, et au moins un ouvrage terminé.

Dix leçons progressives, du choix de la corde aux dégradés de couleur, en passant par l'ensemble des nœuds de base et par les techniques décoratives, chacune suivie d'un projet qui la met en œuvre. L'autrice anime un compte de macramé suivi et travaille avec plusieurs créatrices pour les modèles.

Ce qu'il vous apprend précisément : le geste en trois dimensions. Les QR codes ne sont pas un gadget marketing ici, ils règlent un problème réel. Un feston diagonal se comprend en quinze secondes de vidéo et reste opaque sur trois photographies, parce que le fil passe derrière un autre et qu'aucune image fixe ne montre ce passage. Le livre organise, la vidéo débloque.

Ce qu'il vous apprend aussi, et qui manque presque partout : le calcul des longueurs. Combien de fil couper pour un ouvrage donné, sachant qu'un nœud plat consomme environ six fois la longueur finie et qu'un feston serré consomme davantage. Se retrouver à court de fil aux trois quarts d'une tenture est l'échec le plus démoralisant du macramé, et il est entièrement évitable.

Le troisième, quand vous voudrez de vrais projets

Fanny Zedenius, « Macramé, 20 modèles pour une maison inspirée » (Mango, juin 2017, 144 pages, traduit de l'anglais) Voir à la FnacMacramé, 20 modèles pour une maison inspirée, de Fanny Zedenius (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : les six nœuds acquis et deux ou trois ouvrages derrière vous.

Zedenius est une designer suédoise installée à Stockholm, qui anime des ateliers et vend ses pièces depuis 2015. Son livre détaille trente-quatre nœuds, ce qui est généreux au regard de ce que je disais plus haut, puis les combine dans vingt modèles pour l'intérieur.

Ce qu'il vous apprend précisément : la composition. Une fois que les nœuds sont automatiques, la question devient esthétique : où placer une zone dense, où laisser respirer, comment faire pour qu'une tenture ait un centre de gravité visuel. Zedenius a l'œil pour cela, et ses modèles ne sont pas des empilements de motifs, ils ont une structure.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à débuter. Et c'est bien pour cela qu'il arrive en troisième position, alors qu'il est de très loin le titre le plus recommandé en ligne. Acheté en premier, il devient un catalogue d'ambitions hors de portée. Acheté en troisième, il devient un carnet de projets qu'on ouvre le samedi matin.

L'autrice a publié un second ouvrage chez le même éditeur, « Macramé, une passion créative », avec vingt créations plus élaborées, accessoires et éléments de vêtement compris. Gardez-le pour plus tard, il suppose une aisance réelle.

Par où ne pas commencer

Le piège n'est pas un titre en particulier, c'est un format, et il occupe la plus grande partie du rayon.

Le beau livre de projets déco, celui qui vous montre douze suspensions dans des appartements scandinaves avec un cahier technique de six pages au début. Ces six pages sont toujours les mêmes, souvent redessinées d'un ouvrage à l'autre, et elles ne disent rien de la tension, rien du choix de la corde, rien de la façon dont on tient l'ouvrage pendant qu'on travaille. Vous obtiendrez un objet qui penche et vous conclurez que vous n'avez pas la main. Vous aurez seulement acheté le mauvais livre.

Un test simple en librairie : ouvrez au hasard et regardez la proportion. Si les nœuds et les techniques occupent moins d'un tiers de la pagination, reposez-le, quelle que soit la beauté des photographies.

Méfiez-vous aussi des ouvrages qui ne précisent jamais le diamètre ni la nature de la corde utilisée pour chaque modèle. Une corde de coton peigné de trois millimètres et une corde torsadée de cinq millimètres ne donnent pas le même rendu, ne consomment pas la même longueur, et n'exigent pas la même force de serrage. Un livre qui écrit « corde de coton » sans autre précision vient de rendre votre résultat aléatoire.

Dernier piège, plus subtil : les recueils multi-techniques qui traitent le macramé en trente pages entre la broderie et le tissage. Il n'y a pas la place d'y expliquer quoi que ce soit.

Ce qu'aucun livre ne fera à votre place

Il ne corrigera pas votre tension. C'est le point central de tout ce qui précède. Aucune photographie ne montre la force avec laquelle une main serre, et aucun texte ne la décrit utilement. Ce qui la corrige, c'est un dispositif : travaillez l'ouvrage suspendu à une tringle, à un portant à vêtements ou à une barre fixée au mur, à hauteur de poitrine. La gravité fait alors une partie du travail, vos deux mains restent libres, et l'irrégularité devient visible immédiatement plutôt qu'à la fin. La plupart des débutants travaillent à plat sur une table, et c'est la cause d'échec la plus répandue.

Il ne vous donnera pas non plus le sens du fil dans les doigts. Une corde neuve, une corde brossée, une corde qui a séjourné dans un sac plié ne se comportent pas pareil. Cela s'apprend en défaisant. Défaire vingt nœuds mal serrés vous enseigne plus que lire un chapitre, et personne ne le fait volontiers.

Et il ne remplacera pas quelqu'un qui regarde par-dessus votre épaule. Beaucoup de merceries et de tiers-lieux proposent des ateliers de deux heures, souvent pour le prix de deux livres. Une seule séance suffit à corriger une position de main que vous auriez conservée un an.

Après ces trois livres

Vous aurez alors les six nœuds, une tension à peu près régulière et de quoi lire n'importe quel diagramme. La suite se joue sur les matières plutôt que sur les gestes : le lin, la laine cardée, la corde teinte, les fils mêlés.

C'est le moment où le macramé rejoint les autres travaux de fil, et où les compétences commencent à circuler. La logique de tension que vous venez d'acquérir est exactement celle qui fait la différence pour apprendre le tricot, et le sens du diagramme se transpose directement pour apprendre le crochet. Si ce sont les finitions et les assemblages qui vous attirent, allez voir pour apprendre la couture, ou parcourez le reste de la collection.

Combien de nœuds faut-il connaître pour faire du macramé ?

Six suffisent pour la quasi-totalité des ouvrages courants : le nœud de tête d'alouette pour monter les fils sur un support, le nœud plat et son cousin le demi-nœud qui produit les spirales, la demi-clé qui donne les festons horizontaux et diagonaux, le nœud d'enroulement qui rassemble un faisceau, et un nœud d'arrêt simple. Tout le reste est une combinaison de ces six. Un livre qui en annonce cinquante vend surtout des variantes de nom.

Quel livre choisir pour débuter le macramé de zéro ?

« Les bases du macramé » de Harumi Kageyama, aux éditions de Saxe, paru en janvier 2022. Il fait un choix inhabituel et très efficace : il restreint volontairement son propos au nœud plat et à ses variantes, puis montre plus de vingt réalisations faites uniquement avec cela. Vous répétez donc le même geste des centaines de fois sur des objets différents, ce qui est exactement la manière dont la régularité s'installe.

Pourquoi mes suspensions en macramé pendent-elles de travers ?

Presque toujours à cause d'une tension irrégulière, pas d'une erreur de nœud. Serrer plus fort en début d'ouvrage qu'à la fin, ou tirer d'un côté plus que de l'autre, produit un travail qui gondole et se déforme sous son poids. La correction tient en deux gestes : travailler l'ouvrage suspendu à une tringle plutôt qu'à plat sur une table, et serrer chaque nœud jusqu'à une résistance identique plutôt qu'au maximum de vos forces.

Quelle corde acheter pour commencer le macramé ?

Une corde de coton peigné en trois millimètres, en simple torsion, dans une teinte claire. Le clair fait voir les nœuds, ce qui compte énormément les premières heures. Évitez le jute et le chanvre au début : ils piquent, ils sont irréguliers et ils pardonnent mal les reprises. Comptez large sur les longueurs, quatre fois la hauteur finale au minimum, souvent davantage : manquer de fil au trois quarts d'un ouvrage est l'accident le plus fréquent.

Le macramé est-il plus facile que le tricot ou le crochet ?

Il s'apprend plus vite et se maîtrise aussi lentement. Les gestes de base s'acquièrent en une soirée, là où le tricot demande plusieurs séances avant que les mailles soient régulières. En revanche la régularité finale dépend de votre tension, exactement comme au tricot, et cela demande des mois. Le macramé donne juste un premier résultat présentable beaucoup plus tôt, ce qui aide à tenir.

Faut-il un livre ou des vidéos pour apprendre le macramé ?

Les deux, pour des choses différentes. Une vidéo montre le geste en trois dimensions, ce qu'aucune photographie ne fait aussi bien, et c'est décisif pour un nœud que vous découvrez. Un livre vous donne le plan d'un ouvrage complet, les longueurs à couper, la logique de montage, et il reste ouvert à côté de vous pendant deux heures. Les ouvrages récents règlent la question en intégrant des QR codes vers des vidéos.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

Découvre des livres près de chez toi

Sur Relit, explore les livres partagés par les lecteurs autour de toi et trouve ta prochaine lecture.

Essayer gratuitement

À lire aussi