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Quels livres pour apprendre le tricot ? 4 titres dans l'ordre où les acheter

Un parcours d'entrée en tricot en quatre livres, du manuel de techniques au recueil de points, avec le type d'ouvrage qu'il ne faut surtout pas acheter en premier.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Le tricot premiers pasLucie FernandezVoir Le tricot premiers pas, de Lucie Fernandez à la Fnac (lien affilié)
Le tricot pour les NulsPam AllenVoir Le tricot pour les Nuls, de Pam Allen à la Fnac (lien affilié)
J'apprends à tricoter en 16 projetsStéphanie LanniVoir J'apprends à tricoter en 16 projets, de Stéphanie Lanni à la Fnac (lien affilié)
Le tricot en 300 pointsVoir Le tricot en 300 points à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le tricot ?

La scène se répète dans toutes les librairies. Quelqu'un décide d'apprendre à tricoter, se dirige vers le rayon loisirs créatifs, et repart avec le plus beau livre du présentoir : couverture mate, photos en lumière naturelle, vingt-cinq modèles de pulls scandinaves. Trois semaines plus tard le livre est refermé, et la personne a conclu qu'elle n'était pas douée.

Elle est simplement tombée sur un pull en jersey avec des diminutions raglan alors qu'elle ne savait pas monter ses mailles. Le livre était très bien. Il n'était pas fait pour elle à ce moment-là.

Un livre de modèles suppose acquis tout ce que vous ne savez pas encore : la tension, le montage, la lecture d'une grille, l'assemblage. Il vous donne des destinations sans vous donner la route. Voici quatre livres seulement, dans un ordre qui suit ce que vos mains savent faire, et la catégorie précise d'ouvrage à ne pas acheter en premier.


Ce que vous cherchez vraiment

Avant d'acheter quoi que ce soit, formulez votre objectif à voix haute. Trois profils reviennent, et ils n'ont pas besoin des mêmes pages.

Il y a celle qui veut occuper ses mains le soir, sans projet particulier. Un manuel de bases lui suffit pour des années, et elle tricotera très bien des écharpes, des snoods et des plaids sans jamais ouvrir un recueil de points.

Il y a celle qui a vu un pull et le veut. Objectif légitime, mais il faut passer par quatre ou cinq compétences avant, et le nier ne fait que retarder l'échec.

Il y a enfin celle qui veut comprendre la mécanique du tricot, pourquoi le jersey roule sur les bords, ce que fait une augmentation intercalaire par rapport à un jeté. Celle-là ira jusqu'au quatrième livre de cette liste, et probablement au-delà.

Le parcours qui suit vaut pour les trois, vous vous arrêterez simplement à des étapes différentes.

Premier livre : Lucie Fernandez, « Le tricot premiers pas »

Lucie Fernandez, « Le tricot premiers pas » (Eyrolles, 2011, 168 pages) Voir à la FnacLe tricot premiers pas, de Lucie Fernandez (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, hormis une pelote lisse et claire en 4 mm.

Lucie Fernandez a tenu un atelier de tricot où elle donnait des cours, et cette expérience s'entend dans la construction du livre. On commence par le fil et les aiguilles, puis le montage des mailles, puis le point mousse, puis seulement après les augmentations et les diminutions. Rien n'arrive avant son tour.

Ce qu'il vous apprend précisément : les gestes fondateurs, photographiés étape par étape. Le montage des mailles, le point endroit, le point envers, la reprise d'une maille tombée, le rabattage, le changement de pelote. La partie sur la correction des erreurs mérite à elle seule l'achat, parce qu'un débutant passe ses trois premières semaines à rattraper des choses plutôt qu'à avancer.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à faire un vêtement complexe. Les modèles proposés en fin d'ouvrage restent volontairement simples, écharpes, étoles, bonnets. C'est exactement ce qu'il vous faut, et ce sera frustrant dans six mois.

Deuxième livre : Pam Allen, « Le tricot pour les Nuls »

Pam Allen, « Le tricot pour les Nuls » (First, première édition française en 2006, réédité en poche, traduit de l'américain) Voir à la FnacLe tricot pour les Nuls, de Pam Allen (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, mais il prend tout son sens quand vous avez déjà tricoté quelques rangs.

Le format « pour les Nuls » a mauvaise réputation, et sur ce sujet précis elle n'est pas justifiée. Pam Allen a longtemps écrit pour des magazines spécialisés de tricot et connaît la question dans le détail. Le livre couvre les points de base, les techniques de montage, les augmentations et les diminutions, et il consacre de vraies pages à la lecture d'un patron.

Ce qu'il vous apprend précisément : le vocabulaire et la grammaire des explications écrites. Un patron dit « rang 3 : 2 m end., 1 aug., tricoter jusqu'aux 3 dernières m., 1 dim., 2 m. end. » et cette phrase doit devenir lisible pour vous comme une phrase ordinaire. Tant qu'elle ne l'est pas, vous êtes dépendante de la personne qui vous explique.

Ce qu'il ne vous apprend pas : l'esthétique. Les illustrations sont fonctionnelles et un peu datées, les modèles n'ont aucune ambition de style. Vous l'achetez pour comprendre, pas pour rêver devant.

Troisième livre : Stéphanie Lanni, « J'apprends à tricoter en 16 projets »

Stéphanie Lanni, « J'apprends à tricoter en 16 projets » (Marabout, 2025, avec une trentaine de tutoriels vidéo accessibles par QR codes) Voir à la FnacJ'apprends à tricoter en 16 projets, de Stéphanie Lanni (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : savoir monter, tricoter endroit et envers, rabattre. Autrement dit, avoir fini un premier ouvrage.

Ce livre applique un principe rare dans l'édition loisirs créatifs : chaque projet existe pour enseigner une technique précise, et les projets sont classés par niveau croissant. Le bandeau apprend une chose, le châle une autre, le bonnet le tricot en rond, et ainsi de suite jusqu'au pull et au gilet. Vous n'apprenez pas dans l'abstrait, vous apprenez en fabriquant un objet que vous porterez.

Ce qu'il vous apprend précisément : à enchaîner les compétences sans trou. C'est la solution au problème posé en introduction, puisque le pull arrive à sa place, en fin de parcours, quand les gestes qu'il demande ont déjà été pratiqués isolément.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à improviser. Vous suivez seize itinéraires balisés, ce qui est précisément ce qu'il vous faut à cette étape. La liberté vient après, et elle vient du quatrième livre.

Un mot sur les QR codes, puisque plusieurs éditeurs les ont adoptés récemment. Ils changent réellement l'apprentissage sur les gestes en mouvement. Le montage des mailles est presque impossible à comprendre sur une photo fixe et devient évident en trente secondes de vidéo.

Quatrième livre : « Le tricot en 300 points »

« Le tricot en 300 points » (Marabout, édition de 2021, 256 pages) Voir à la FnacLe tricot en 300 points (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis réel : plusieurs mois de pratique, et un projet en cours pour lequel vous cherchez un effet précis.

Trois cents points, avec pour chacun une photo du rendu, une grille et les explications écrites. Points de base, points fantaisie, torsades, jacquard, dentelle et ajourés. Ce n'est pas un livre qu'on lit, c'est un livre qu'on consulte, et c'est pour ça qu'il arrive en dernier.

Ce qu'il vous apprend précisément : que le tricot est un vocabulaire, pas une recette. Une fois que vous savez qu'un même bonnet peut se faire en côtes anglaises, en point de riz ou en torsades, vous cessez de suivre des modèles et vous commencez à en modifier.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la construction d'un vêtement. Un point est une texture, pas une forme. Pour dessiner une emmanchure, il faudra autre chose, et souvent un cours.

Acheter ce livre en premier est une erreur fréquente parce qu'il ressemble à un ouvrage complet. Il l'est, mais pour quelqu'un d'autre que vous il y a six mois.

Par où ne pas commencer

Voici la partie que les listes de blogs ne font jamais.

Le beau livre de modèles, d'abord. Vous le reconnaîtrez à ses photos en extérieur et à son absence de section technique en début d'ouvrage. Ces livres sont écrits pour des tricoteuses qui savent déjà, et ils ne le disent nulle part sur la couverture. Achetez-en un quand vous aurez terminé trois ouvrages, pas avant.

Les livres de modèles traduits sans adaptation, ensuite. Les tailles d'aiguilles anglo-saxonnes, les abréviations américaines et les grammages de laine ne correspondent pas toujours à ce que vous trouverez en mercerie française. Une traduction soignée convertit tout cela, une traduction bâclée vous laisse avec des chiffres inutilisables. Vérifiez en feuilletant qu'un tableau de correspondance figure quelque part.

Les gros recueils « tout le tricot », enfin, ceux de cinq cents pages qui promettent l'exhaustivité. Ils sont excellents comme deuxième ou troisième livre. En premier ils écrasent, parce qu'ils traitent sur le même plan la maille endroit et le tricot circulaire à trois aiguilles, sans vous dire lequel apprendre d'abord.

Une dernière remarque sur un piège matériel plutôt que livresque : les kits vendus avec un livre contiennent souvent une laine fantaisie très jolie et totalement illisible pour un œil de débutant. Tricotez vos premiers rangs sur un fil uni et clair, quitte à ranger la laine du kit pour plus tard.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Le tricot est un savoir-faire manuel, ce qui veut dire qu'il se loge dans les doigts et pas dans la tête. Un livre ne peut donc pas vous transmettre l'essentiel.

Il ne verra pas votre tension. Personne ne peut vous dire à travers une page que vous tricotez trop serré, et c'est pourtant le défaut numéro un du débutant, celui qui rend le rang suivant douloureux à tricoter. Une tricoteuse expérimentée qui prend votre ouvrage en main le voit en trois secondes.

Il ne corrigera pas votre tenue des aiguilles. Il existe plusieurs façons de tenir le fil, à la française, à l'anglaise, à la continentale, et un livre en montre une seule. Si celle-là ne vous convient pas, vous croirez que le problème vient de vous.

Trouvez donc quelqu'un, au moins une fois. Beaucoup de merceries et de boutiques de laine proposent des ateliers gratuits ou peu coûteux, souvent le samedi. Il existe aussi des groupes de tricot en médiathèque, et des cafés tricot dans la plupart des villes moyennes. Une heure à côté d'une personne qui tricote depuis vingt ans vaut trois manuels.

Enfin, gardez vos ratés. L'écharpe irrégulière des premières semaines est une pièce de mesure, et vous serez contente de la retrouver dans deux ans.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors les gestes, la lecture d'un patron, une progression de projets terminés et un répertoire de textures. À ce stade, la question change de nature : elle ne porte plus sur ce que vous savez faire mais sur ce que vous voulez fabriquer.

Certaines partent vers le vêtement et la construction, avec les livres de patronage tricot et les modèles de créatrices indépendantes. D'autres restent sur les accessoires et approfondissent la matière, les laines végétales, les teintures naturelles. D'autres encore glissent vers un autre fil.

Si c'est votre cas, la même méthode s'applique : voyez quels livres pour apprendre le crochet, qui pardonne davantage les erreurs, quels livres pour apprendre la couture si le vêtement vous intéresse plus que la maille, ou quels livres pour apprendre la broderie pour un travail plus lent et plus décoratif. Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à suit le même principe, et vous pouvez aussi parcourir les genres pour repérer les éditions récentes des manuels cités ici.

Quel livre de tricot acheter quand on n'a jamais tenu d'aiguilles ?

Un manuel de techniques avec des photos pas à pas, pas un recueil de modèles. « Le tricot premiers pas » de Lucie Fernandez (Eyrolles, 2011) remplit exactement ce rôle : montage des mailles, point mousse, jersey, rattrapage d'erreurs, le tout en gestes photographiés. Le critère à vérifier avant d'acheter est simple : ouvrez le livre en librairie et regardez si le montage des mailles occupe plusieurs pages illustrées. S'il tient en trois lignes, ce livre n'est pas pour vous.

Faut-il commencer par une écharpe ou par un pull ?

Par une écharpe, ou mieux, par un simple échantillon de vingt mailles sur vingt rangs. Le pull suppose de tenir la tension sur des centaines de rangs, de compter des diminutions et d'assembler des pièces, soit trois compétences que vous n'avez pas encore. Une écharpe en point mousse vous apprend la seule chose qui compte au départ : la régularité. Beaucoup de tricoteuses reprennent d'ailleurs une écharpe des années plus tard et voient immédiatement la différence.

Un livre suffit-il, ou faut-il des vidéos ?

Les deux se complètent, et les éditeurs l'ont compris : plusieurs manuels récents intègrent des QR codes vers des tutoriels filmés. La vidéo est imbattable sur un geste en mouvement, le montage des mailles typiquement. Le livre est imbattable pour revenir sur un point précis sans refaire défiler dix minutes d'enregistrement. Prenez un manuel papier, gardez une chaîne vidéo sous la main pour les gestes qui résistent.

Quelle laine et quelles aiguilles pour suivre un livre de débutant ?

Une laine lisse, claire et pas trop fine, en 4 à 5 mm, avec des aiguilles du même calibre. Évitez le noir, le mohair, les fils fantaisie et tout ce qui brille : sur ces matières vous ne voyez pas vos mailles, donc vous ne voyez pas vos erreurs. Une pelote de laine à chaussettes ou un fil très fin est une garantie de découragement pour un premier ouvrage. Le budget compte moins que la lisibilité du fil.

Pourquoi mon ouvrage ne fait-il pas la taille annoncée dans le livre ?

Parce que vous n'avez pas fait d'échantillon, ou parce que votre tension diffère de celle de l'auteur. Un modèle indique toujours un nombre de mailles et de rangs pour dix centimètres. Si vous tricotez plus serré, votre pull sortira trop petit, quel que soit le soin apporté au reste. Tricoter un carré de test avant de commencer prend une demi-heure et sauve des semaines de travail. C'est l'étape que tout le monde saute une fois, et une seule.

Le tricot ou le crochet, lequel apprendre en premier ?

Le crochet pardonne davantage : une seule maille est en jeu à la fois, donc une erreur ne fait pas filer un rang entier. Le tricot demande plus de patience au départ mais donne des tissus plus souples, ce qui compte si votre objectif est le vêtement. Si vous visez un pull, apprenez le tricot directement plutôt que de passer par le crochet. Les deux gestes n'ont presque rien en commun, il n'y a pas de transfert de compétence.

Combien de temps faut-il pour tricoter un premier pull ?

Comptez trois à six mois entre les premières mailles et un pull portable, à raison de quelques heures par semaine. Le pull lui-même prend une trentaine d'heures de tricot pour un modèle simple en laine moyenne. Ce qui prend du temps, ce n'est pas le pull, c'est d'acquérir la tension régulière et l'aisance de lecture d'un patron qui permettent de s'y attaquer sans le rater.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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