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Quels livres pour apprendre le crochet ? 4 titres dans l'ordre où les lire

Le crochet se lit en diagrammes autant qu'en texte. Quatre livres dans l'ordre, le piège des nomenclatures anglaises et américaines, et celui qu'il ne faut pas acheter en premier.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Le crochet pour les débutantsLaure Choppin ArbogastVoir Le crochet pour les débutants, de Laure Choppin Arbogast à la Fnac (lien affilié)
Les bases du crochetVoir Les bases du crochet à la Fnac (lien affilié)
Je débute le crochet avec So Croch'. Bases et techniques pour apprendre et progresserMarie ClesseVoir Je débute le crochet avec So Croch'. Bases et techniques pour apprendre et progresser, de Marie Clesse à la Fnac (lien affilié)
Le crochet en 180 pointsJennifer Campbell et Ann-Marie BakewellVoir Le crochet en 180 points, de Jennifer Campbell et Ann-Marie Bakewell à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le crochet ?

Il existe une frustration très particulière au crochet, et elle survient presque toujours au même moment. Les premiers rangs se passent bien. On a compris la maille en l'air, la maille serrée, on avance en ligne droite, on est content. Puis on veut faire quelque chose de rond, un napperon, un dessus de coussin, une fleur, et on ouvre un modèle où figure une grille de symboles qui ne ressemble à rien de connu. Là, beaucoup de gens referment le livre.

C'est le point de bascule du crochet, et le choix de vos livres devrait être organisé autour de lui. Un ouvrage qui vous apprend les gestes sans jamais vous apprendre à lire un diagramme vous laisse bloquée au bord de tout ce qui a de l'intérêt. À l'inverse, un dictionnaire de points acheté le premier jour ne fait qu'occuper une étagère.

Quatre livres suffisent, dans un ordre qui suit exactement la progression réelle, plus un avertissement sur les nomenclatures qui vous évitera des heures perdues.


Le problème que personne ne vous signale : trois nomenclatures

Autant le dire avant de parler des livres, parce que c'est la cause d'erreur numéro un chez les autodidactes.

Il existe trois conventions de nommage des points, et elles ne se recouvrent pas. Le vocabulaire français est le plus logique : maille en l'air, maille serrée, demi-bride, bride, double bride. Le vocabulaire américain est décalé : la maille serrée s'y appelle single crochet, et la bride, qui compte un jeté, s'y appelle double crochet. Le vocabulaire britannique, lui, est décalé d'un cran par rapport à l'américain, si bien qu'un double crochet britannique est une maille serrée.

Concrètement, vous apprenez la bride dans votre livre français, vous regardez ensuite une vidéo américaine de trois millions de vues intitulée « double crochet », et vous croyez avoir affaire à la double bride. Vous obtenez un tissu deux fois plus épais que prévu, vous concluez que vous crochetez mal, et vous ne comprenez jamais pourquoi.

La parade tient en une phrase. Avant de suivre un tutoriel anglophone, vérifiez s'il annonce US terms ou UK terms, et gardez sous les yeux une correspondance écrite. Les diagrammes, eux, échappent complètement au problème : un symbole de bride est le même en France, au Japon et au Texas. C'est la raison principale d'apprendre à les lire.

Premier livre : Laure Choppin Arbogast, « Le crochet pour les débutants »

Laure Choppin Arbogast, « Le crochet pour les débutants » (Eyrolles, 2023, environ 112 pages, avec trente vidéos accessibles depuis l'ouvrage) Voir à la FnacLe crochet pour les débutants, de Laure Choppin Arbogast (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, à part un crochet numéro quatre et une pelote de coton clair.

Le format court est un atout et non une limite. Un livre de crochet pour débutant n'a besoin de couvrir qu'une dizaine de gestes, et tout ce qui déborde de ce périmètre dans les cent premières pages relève du remplissage.

Ce qu'il vous apprend précisément : le nœud coulant, la chaînette de base, la maille serrée, la demi-bride, la bride, les augmentations et diminutions, le changement de couleur et la finition des fils. Autrement dit, la totalité de ce qui sert dans quatre-vingt-dix pour cent des ouvrages. Les vidéos règlent le seul défaut structurel du livre de crochet : la photo fixe montre mal comment le fil s'enroule et dans quel sens le crochet pivote.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à travailler en rond de façon confortable, et à lire un diagramme complexe. Ces deux compétences arrivent à l'étape suivante, et c'est le bon ordre.

Deuxième livre : « Les bases du crochet » des éditions de Saxe

« Les bases du crochet » (Les éditions de Saxe, 2014, 104 pages, reliure spirale, avec accès à des vidéos par QR code) Voir à la FnacLes bases du crochet (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une dizaine d'heures de pratique, et au moins un carré terminé.

La reliure spirale n'est pas un détail. Un livre technique de crochet doit rester ouvert à plat sur la table pendant que vos deux mains travaillent, et une reliure collée refuse de le faire. Les éditions de Saxe, maison lyonnaise spécialisée dans les loisirs créatifs, l'ont compris depuis longtemps, et leurs schémas techniques sont parmi les plus lisibles du marché français.

Ce qu'il vous apprend précisément : une soixantaine de points expliqués pas à pas, mais surtout les opérations qui bloquent les débutants autodidactes. Les mailles en l'air de substitution en début de rang, qui expliquent pourquoi vos bords partent en biais. Les augmentations et diminutions placées correctement, qui décident de la forme d'un ouvrage en rond. L'assemblage des motifs entre eux, sujet que la plupart des livres de projets escamotent alors que c'est là que tout se joue visuellement.

Ce qu'il ne vous apprend pas : quoi fabriquer. C'est une grammaire, pas un recueil de textes. Il se lit crochet en main, jamais dans le fauteuil.

Troisième livre : Marie Clesse, « Je débute le crochet avec So Croch' »

Marie Clesse, « Je débute le crochet avec So Croch'. Bases et techniques pour apprendre et progresser » (Mango, 2020, environ 208 pages) Voir à la FnacJe débute le crochet avec So Croch'. Bases et techniques pour apprendre et progresser, de Marie Clesse (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : les deux étapes précédentes, ou l'équivalent en projets finis.

Marie Clesse anime la marque So Croch' et écrit pour un public francophone contemporain, ce qui se voit dans le choix des modèles : ils ressemblent à des choses que l'on porte ou que l'on offre en 2026, pas à des ouvrages de 1978. Ce point compte plus qu'il n'y paraît, parce qu'un débutant abandonne rarement par difficulté technique et souvent par manque d'envie de terminer.

Ce qu'il vous apprend précisément : à mener un projet du début à la fin, y compris les amigurumis, ces petites pièces rembourrées travaillées en spirale continue. L'amigurumi est un excellent terrain d'apprentissage parce qu'il oblige à une tension serrée et régulière, sans quoi le rembourrage se voit à travers les mailles. Vous y apprendrez aussi le cercle magique, l'anneau de départ ajustable, geste que beaucoup de gens contournent pendant des années par méconnaissance.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à sortir des modèles fournis. Vous suivrez ses instructions, vous ne créerez pas encore.

Quatrième livre : Campbell et Bakewell, « Le crochet en 180 points »

Jennifer Campbell et Ann-Marie Bakewell, « Le crochet en 180 points » (Marabout, 256 pages, réédition de 2021) Voir à la FnacLe crochet en 180 points, de Jennifer Campbell et Ann-Marie Bakewell (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis réel : plusieurs mois de pratique et un projet en cours pour lequel vous cherchez un effet précis.

Chaque point y est présenté avec sa photographie, son diagramme et ses explications écrites, ce qui en fait un excellent outil d'entraînement à la lecture de grilles : vous avez sous les yeux le symbole et le résultat, côte à côte.

Ce qu'il vous apprend précisément : à choisir une texture. Un point ajouré ne se comporte pas comme un point dense, un point en relief consomme beaucoup plus de fil, un point de rangs alternés se déforme dans un sens et pas dans l'autre. Ces propriétés déterminent si votre châle tombe bien ou s'affaisse, et aucun livre de projets ne prend le temps de les expliquer.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à faire quoi que ce soit d'entier. C'est un dictionnaire, et un dictionnaire ne s'ouvre qu'avec une question en tête.

Par où ne pas commencer

Le premier piège est ce dictionnaire de points lui-même, ou n'importe lequel de ses concurrents. Ces volumes sont beaux, ils donnent l'impression d'acheter la totalité du savoir en un objet, et ils sont parfaitement inutiles au mois un. On ne progresse pas au crochet en accumulant des points, on progresse en finissant des ouvrages, y compris ratés. Gardez-le pour plus tard, il sera alors excellent.

Le deuxième piège concerne les gros manuels traduits de l'américain. « Le crochet pour les Nuls », de Karen Manthey, Susan Brittain et Julie Armstrong Holetz, publié chez First et réédité en poche en 2024, en est le représentant le plus visible. Le contenu est sérieux et l'ouvrage est complet, mais il fait près de quatre cents pages et son organisation reflète une pratique anglo-saxonne du crochet, avec ses conventions de patrons et ses abréviations. Pour un premier livre, le volume décourage et la traduction laisse subsister des tournures qui ne recoupent pas ce que vous verrez ailleurs en français.

Le troisième piège est plus insidieux : les recueils de très beaux modèles sans partie technique. Une nappe en dentelle photographiée sur une table en chêne donne une envie folle, et le patron suppose une aisance que vous n'avez pas. Vous achèterez le fil, vous commencerez, vous bloquerez au troisième tour. Regardez toujours si le livre contient une section de techniques d'au moins vingt pages avant les modèles.

Enfin, une remarque de méthode plutôt qu'un titre : achetez vos deux premiers livres en librairie physique, en les feuilletant. Un livre de crochet se juge en dix secondes, à la lisibilité de ses schémas. Si vous ne comprenez pas immédiatement un schéma d'augmentation en le regardant, vous ne le comprendrez pas mieux chez vous.

Ce qu'aucun livre ne fera à votre place

La tension. C'est le seul vrai obstacle du crochet, et aucun texte ne la transmet.

La tension est la force avec laquelle vous retenez le fil entre vos doigts pendant que vous formez la maille. Trop serrée, le crochet ne rentre plus et vos mains fatiguent en vingt minutes. Trop lâche, l'ouvrage bâille et les mailles n'ont pas la même hauteur. Elle ne se règle par aucun conseil, elle vient à force de répétition, généralement entre la dixième et la vingtième heure de pratique. Beaucoup de gens abandonnent juste avant ce moment, en croyant qu'ils n'ont pas la main.

Un livre ne vous corrigera pas non plus une erreur en cours. Vous verrez que quelque chose cloche sans savoir quoi, et une personne qui crochète depuis dix ans le voit en trois secondes. Cherchez un groupe : beaucoup de médiathèques, de MJC et de mercerie de quartier accueillent des ateliers gratuits ou à prix libre, et les communautés en ligne francophones diagnostiquent volontiers une photo d'ouvrage raté.

Dernier point, sur lequel j'insiste parce qu'il fait gagner du temps : faites systématiquement un échantillon avant un projet en taille réelle. Dix centimètres sur dix, comptez les mailles et les rangs, comparez au patron. Personne ne le fait, tout le monde le regrette. Une différence d'un demi-point par centimètre donne un pull d'une taille d'écart.

Après ces quatre livres

Vous saurez lire un diagramme, ce qui vous ouvre l'édition japonaise, dont les grilles sont universellement lisibles même sans un mot de japonais, et l'immense fonds des magazines scandinaves.

La suite dépend de ce qui vous a plu. Si c'est le vêtement, il faudra vous intéresser aux calculs d'aisance et aux modifications de patron, terrain où le crochet rejoint la couture. Si ce sont les amigurumis, la marge de progression se joue sur les finitions, l'assemblage et les visages. Si c'est la dentelle, le fil fin et le crochet en acier vous attendent, avec une exigence de régularité nettement supérieure.

Le reste de notre collection quels livres acheter pour apprendre à suit la même logique pour les disciplines voisines, notamment pour apprendre la couture, utile dès que vous voudrez doubler ou monter un ouvrage, et pour apprendre la broderie, où la question des répertoires de points se pose exactement dans les mêmes termes. Le rayon loisirs créatifs du catalogue rassemble par ailleurs les éditeurs cités ici, dont beaucoup de titres circulent d'occasion.

Par quel livre commencer le crochet quand on part de zéro ?

Par « Le crochet pour les débutants » de Laure Choppin Arbogast, paru chez Eyrolles en 2023. Le format est court, une centaine de pages, et chaque geste est photographié étape par étape puis repris dans une des trente vidéos accessibles depuis le livre. C'est le seul point sur lequel un livre de crochet peut vraiment échouer : montrer le mouvement des mains. La vidéo règle ce problème sans vous obliger à chercher au hasard sur Internet.

Faut-il savoir lire les diagrammes pour crocheter ?

Pas au tout début, mais très vite oui. Un motif rond, une grand-mère, une rosace, une nappe, se décrit mal en phrases et se lit d'un coup d'œil en diagramme. Chaque symbole correspond à un point et la position du symbole indique où piquer. Deux heures passées à déchiffrer un diagramme simple vous ouvrent l'ensemble de l'édition japonaise et scandinave, qui est la plus riche du domaine.

Pourquoi les tutos américains ne correspondent-ils pas à mon livre français ?

Parce que la nomenclature des points diffère. Le « single crochet » américain correspond à la maille serrée française, tandis que le « double crochet » américain correspond à la bride, et non à une double bride. Les Britanniques utilisent encore une autre correspondance, décalée d'un cran par rapport aux Américains. Mélanger un livre français et une vidéo américaine sans vérifier la convention produit un ouvrage deux fois trop épais ou complètement déformé.

Un livre de points sert-il à quelque chose pour un débutant ?

Pas comme premier achat. Un répertoire de cent quatre-vingts points suppose que vous maîtrisez déjà la maille en l'air, la maille serrée et la bride, et que vous cherchez un effet précis pour un projet en cours. Acheté en premier, il impressionne et ne sert à rien, parce qu'on ne progresse pas en collectionnant des points mais en terminant des ouvrages entiers, même laids.

Le crochet et le tricot s'apprennent-ils de la même façon ?

Non, et c'est une bonne nouvelle si le tricot vous a découragée. Le crochet ne travaille qu'une maille à la fois, ce qui veut dire qu'une erreur ne fait jamais tomber tout un rang : vous défaites trois points et vous reprenez. Le crochet est aussi plus rapide à voir avancer et plus tolérant sur la régularité. En revanche il consomme nettement plus de fil pour une surface donnée.

Combien de temps faut-il pour réussir un premier ouvrage correct ?

Comptez une quinzaine d'heures étalées sur trois ou quatre semaines pour un objet simple tenu proprement, une pochette, un bonnet, un doudou. La difficulté n'est pas le geste, qui s'acquiert en une soirée, mais la régularité de la tension. Elle vient toute seule à force de répétition et ne se corrige par aucun conseil écrit.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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