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Quels livres pour apprendre le coréen ? 3 méthodes dans l'ordre où les ouvrir

Le hangeul s'apprend en deux jours, les niveaux de politesse prennent des mois. Trois méthodes de coréen dans l'ordre, ce que chacune règle, et celles qu'il ne faut pas acheter en premier.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Le coréenInseon KimVoir Le coréen, de Inseon Kim à la Fnac (lien affilié)
Manuel de coréenAndré Fabre et Seung-Ja ShimVoir Manuel de coréen, de André Fabre et Seung-Ja Shim à la Fnac (lien affilié)
Cours de coréen, niveau débutantYonghae Kwon, Hye-gyeong Kim, Hye-young Tcho et Jungyoon ChoiVoir Cours de coréen, niveau débutant, de Yonghae Kwon, Hye-gyeong Kim, Hye-young Tcho et Jungyoon Choi à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le coréen ?

Ils sont arrivés par la musique et par les séries, et on les regarde souvent de haut. C'est une erreur d'appréciation. Une personne qui a écouté des milliers d'heures de coréen avant même d'ouvrir un livre part avec un avantage d'oreille que beaucoup d'étudiants de licence n'ont pas, et une motivation qui tient sur la durée, ce qui compte davantage que tout le reste dans l'apprentissage d'une langue.

Le problème n'est pas le point de départ, il est dans ce qui s'installe ensuite. On apprend des phrases entières, entendues cent fois, comprises globalement, et qu'on ressort telles quelles. Elles viennent presque toutes de dialogues entre amis, entre amoureux ou entre membres d'une même famille, parce que c'est la matière des fictions. Résultat : un vocabulaire vivant, une prononciation correcte, et un registre unique, le plus familier de tous, employé indistinctement avec un serveur, un professeur ou une personne de vingt ans son aînée.

Ce n'est pas un détail de politesse. En coréen, le registre est inscrit dans la grammaire du verbe, et il n'existe pas de forme neutre. Les trois méthodes ci-dessous sont classées pour régler ce problème dans le bon ordre.


D'abord le hangeul, et cela prend deux jours

Ne commencez rien d'autre avant.

Le hangeul est un alphabet, et c'est la meilleure nouvelle de cet article. Il a été promulgué au quinzième siècle sous le roi Sejong, avec un objectif explicite : permettre au peuple d'écrire, alors que l'usage des caractères chinois réservait l'écriture à une élite lettrée. Le résultat est un système d'une régularité rare. Les consonnes de base dessinent la position des organes de la parole au moment où on les prononce, les voyelles se construisent par combinaison de trois traits élémentaires, et les lettres s'assemblent en blocs syllabiques carrés.

Vingt-quatre lettres de base. Un week-end pour déchiffrer, une ou deux semaines pour lire sans réfléchir. Comparez avec les deux ou trois ans nécessaires aux kanji japonais et vous mesurerez le cadeau.

La tentation, avec les méthodes qui proposent une transcription latine tout au long du livre, est de repousser cette étape. Ne le faites pas. La romanisation rend mal la différence entre les consonnes simples, tendues et aspirées, qui sont trois séries distinctes et non des variantes. Elle masque aussi les règles d'assimilation qui modifient la prononciation à la jonction des syllabes, règles que l'alphabet, lui, rend visibles. Deux jours contre des mois de mauvaises habitudes, l'arbitrage n'est pas difficile.

Par où commencer : Inseon Kim, « Le coréen » (Assimil)

Inseon Kim, « Le coréen » (Assimil, collection Sans peine, cent leçons, environ six cents pages, illustrations de Nico, disponible en livre seul ou avec les enregistrements audio) Voir à la FnacLe coréen, de Inseon Kim (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, mais faites le hangeul avant.

Inseon Kim est née en Corée du Sud en 1982 et vit en France depuis 2007. Linguiste, spécialiste de sémiotique, elle est aussi traductrice-interprète assermentée en coréen près le tribunal de grande instance de Lyon. La langue enseignée est le coréen standard, celui de Séoul.

Le principe Assimil vous est peut-être déjà connu : une leçon courte par jour, une phase passive où vous vous contentez d'écouter, de lire et de comprendre, puis une phase active à partir de la cinquantième leçon environ, où vous reconstruisez vous-même des phrases. La méthode annonce un niveau B2 en fin de parcours, ce qui est optimiste comme toujours, disons un solide B1 si vous faites les exercices.

Ce qu'elle vous apprend précisément : la régularité, et l'oreille. Trente minutes par jour tiennent dans une vie réelle, trois heures le dimanche non. Les dialogues sont courts, drôles par moments, et les enregistrements sont faits par des locuteurs natifs à vitesse naturelle. Les niveaux de politesse sont introduits progressivement plutôt que balancés dans un tableau au chapitre trois, ce qui est le bon choix.

Ce qu'elle ne vous apprend pas : la grammaire en profondeur. Assimil explique par petites notes en marge, jamais par exposé systématique. Quand une construction vous résistera vraiment, les notes ne suffiront pas, et il vous faudra le livre suivant.

Une précaution : le volume propose la transcription latine des dialogues tout du long, pour ceux qui ne veulent pas apprendre l'écriture. Couvrez cette ligne avec une bande de papier dès la première leçon. Elle est un confort qui devient un boulet.

Ensuite, pour la grammaire : André Fabre et Seung-Ja Shim, « Manuel de coréen »

André Fabre et Seung-Ja Shim, « Manuel de coréen » (L'Asiathèque, nouvelle édition revue et illustrée parue en 2023, dix-sept leçons, enregistrements accessibles par QR code au fil de l'ouvrage) Voir à la FnacManuel de coréen, de André Fabre et Seung-Ja Shim (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : le hangeul acquis et quelques semaines de pratique.

André Fabre et Seung-Ja Shim ont enseigné le coréen à l'Inalco, et ce manuel est un classique de l'enseignement supérieur français, remis à neuf en 2023 avec une mise en page en couleur et des illustrations qui soutiennent la mémorisation. Chaque leçon propose un texte illustré, des explications grammaticales, du vocabulaire, la traduction du texte et des exercices. Les corrigés figurent en fin d'ouvrage, ce qui le rend utilisable en autonomie.

Ce qu'il vous apprend précisément : pourquoi les phrases coréennes sont construites comme elles le sont. L'ordre sujet, complément, verbe. Les particules qui marquent la fonction, et notamment la différence entre les deux marqueurs qu'on traduit tous les deux par un sujet français alors qu'ils font deux choses différentes. Et surtout, la mécanique des terminaisons verbales, qui portent à la fois le temps, le mode et le rapport social entre les personnes.

C'est là que se règle le problème du départ. Vous découvrirez que la forme entendue mille fois dans les séries est la forme la moins polie de l'échelle, celle qu'on emploie entre proches du même âge, et qu'il existe au-dessus une forme polie courante et une forme formelle qui sonne à l'oreille comme une autre langue. Vous découvrirez aussi que le coréen ne choisit pas seulement selon le degré d'intimité mais selon la position relative, ce qui explique pourquoi la première question d'une conversation coréenne porte si souvent sur l'âge.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à parler vite. C'est un manuel d'apprentissage réfléchi, avec des textes plutôt écrits. Il complète Assimil, il ne le remplace pas.

Le troisième, pour l'entraînement : « Cours de coréen, niveau débutant »

Yonghae Kwon, Hye-gyeong Kim, Hye-young Tcho et Jungyoon Choi, « Cours de coréen, niveau débutant » (Darakwon, 2011, ensemble en deux volumes, manuel et cahier d'exercices, documents audio accessibles par QR code ou sur le site de l'éditeur) Voir à la FnacCours de coréen, niveau débutant, de Yonghae Kwon, Hye-gyeong Kim, Hye-young Tcho et Jungyoon Choi (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : trois à six mois de pratique.

Darakwon est l'un des grands éditeurs coréens de manuels de langue, et cette version française reprend une pédagogie conçue en Corée pour des étudiants étrangers. Les situations sont celles de la vie quotidienne : commander, demander son chemin, prendre rendez-vous, se présenter dans un cadre professionnel.

Ce qu'il vous apprend précisément : à produire. Le cahier d'exercices est la moitié utile de l'ensemble, et c'est exactement ce qui manque quand on apprend seul. On croit connaître une forme parce qu'on la reconnaît, et on découvre en essayant de l'écrire qu'on ne sait pas la construire. Les situations professionnelles vous confrontent aussi aux registres formels, ceux que les fictions ne vous donneront jamais.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la nuance culturelle fine. La présentation est fonctionnelle, un peu scolaire, et les dialogues n'ont pas la vie de ce que vous écoutez par ailleurs. Prenez-le pour ce qu'il est, une salle de musculation.

Par où ne pas commencer

Les recueils de phrases tirées de dramas. Ils se vendent bien, ils sont amusants, et ils aggravent précisément le défaut que vous cherchez à corriger. Une phrase mémorisée sans sa structure ne se recombine pas : vous savez dire une chose et une seule, et vous ne pouvez pas en changer un élément.

Les méthodes en anglais, si l'anglais n'est pas votre langue de confort. Les ressources anglophones pour le coréen sont abondantes et souvent excellentes, mais apprendre une troisième langue à travers une deuxième ajoute une fatigue constante, et fait passer les explications grammaticales par deux filtres au lieu d'un. Servez-vous-en plus tard, pour la quantité de matériel.

Les grands dictionnaires bilingues, en début de parcours. Ils supposent que vous sachiez déjà à quelle forme de base ramener un verbe conjugué, compétence qui arrive vers le sixième mois. Une application avec analyse morphologique vous rendra bien plus service jusque-là.

Les manuels de préparation au TOPIK avant un an de pratique. Le TOPIK est le test officiel de compétence en coréen, et ses ouvrages de préparation supposent la grammaire de base acquise. Les ouvrir trop tôt donne le sentiment décourageant d'être très loin, alors que vous êtes simplement en avance sur le mauvais rayon.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Ils ne choisiront pas le registre à votre place, en situation réelle. Vous pouvez connaître parfaitement les terminaisons et rester paralysé face à une personne dont vous ignorez l'âge et le statut. Cette compétence-là s'acquiert par l'usage, en observant comment les gens s'adressent les uns aux autres, et en acceptant de se tromper. La règle de survie tient en une phrase : dans le doute, prenez la forme polie courante. Elle passe partout, elle n'offense personne, et un étranger un peu trop poli n'a jamais gêné qui que ce soit.

Ils ne corrigeront pas votre prononciation des consonnes tendues, celles qui distinguent trois mots là où une oreille française n'entend qu'une seule sonorité. Il faut quelqu'un en face, quelques heures par mois : un tandem, une association coréenne, un professeur en ligne. Les grandes villes françaises ont des centres culturels coréens actifs, et beaucoup d'étudiants coréens cherchent un échange linguistique.

Ils ne remplaceront pas votre pratique existante, et il ne faut surtout pas l'abandonner. Continuez vos séries, mais changez de regard : au lieu d'attraper des phrases entières, écoutez les terminaisons et demandez-vous pourquoi ce personnage-là parle comme cela à celui-ci. Le jour où vous entendrez un personnage passer soudain au registre familier avec un autre, et où vous comprendrez ce que cela signifie de la relation entre eux, vous aurez fait un progrès qu'aucun exercice ne donne.

Après ces trois livres

Vous lirez le hangeul sans y penser, vous saurez construire une phrase plutôt que la réciter, et vous saurez à qui vous parlez. C'est la base à partir de laquelle tout devient possible.

La suite dépend de votre envie. Pour l'examen, les ouvrages de préparation au TOPIK deviennent enfin pertinents. Pour la lecture, la littérature coréenne contemporaine est très bien traduite en français, et lire d'abord en traduction ce que vous relirez plus tard en version originale n'a rien d'une triche : parcourez les genres pour repérer les autrices et auteurs qui vous parleront. Pour l'oral, seule l'immersion, réelle ou reconstituée à coups de visioconférences hebdomadaires, fera la différence.

Et si cette manière d'entrer dans une langue vous convient, voyez le reste de notre collection quels livres acheter pour apprendre à, notamment pour apprendre le japonais, dont la grammaire ressemble beaucoup à celle du coréen alors que l'écriture demande dix fois plus de travail, ou pour apprendre le chinois, où le problème se déplace encore ailleurs.

Combien de temps faut-il pour apprendre le hangeul ?

Un week-end de travail sérieux suffit pour savoir déchiffrer, une à deux semaines pour lire couramment sans hésiter. Le hangeul est un alphabet de vingt-quatre lettres de base, conçu au quinzième siècle pour être appris vite, dont les consonnes reproduisent la forme des organes de la parole. Les syllabes s'assemblent en blocs carrés, ce qui déroute quelques heures, puis devient évident.

Peut-on apprendre le coréen en romanisation, sans apprendre l'alphabet ?

C'est possible techniquement et ruineux dans les faits. La romanisation ne rend pas correctement plusieurs sons coréens, notamment les consonnes tendues et aspirées, et elle masque les règles d'assimilation entre syllabes. Comme le hangeul demande deux jours, l'arbitrage est vite fait. Apprenez-le avant d'acheter votre première méthode, vous économiserez des mois.

Qu'est-ce que les niveaux de politesse et pourquoi sont-ils si importants ?

Le coréen encode le rapport entre les personnes dans la terminaison du verbe. La même phrase se dit différemment selon que vous parlez à un inconnu, à un collègue, à un supérieur ou à un ami proche. Ce n'est pas une nuance de style, c'est une obligation grammaticale : il n'existe pas de forme neutre. Employer la forme familière avec un inconnu ne paraît pas décontracté, cela paraît grossier.

Apprendre par les dramas et la K-pop, est-ce une mauvaise idée ?

C'est un excellent moteur et une mauvaise source unique. Les dialogues de dramas sont majoritairement en registre familier, parce que les personnages sont amis, amoureux ou de la même famille. Vous absorbez donc les formes que vous utiliserez le moins souvent avec de vraies personnes. Gardez cette écoute, elle entretient l'oreille et la motivation, mais faites votre grammaire dans une méthode.

Assimil ou manuel universitaire pour débuter le coréen ?

Assimil pour la régularité et l'oreille, un manuel pour la structure. Les deux se complètent mieux qu'ils ne se remplacent. La méthode Assimil vous donne une leçon courte par jour et beaucoup d'audio, ce qui rend l'habitude tenable. Le manuel de L'Asiathèque explique la grammaire en profondeur et fournit des exercices corrigés. Commencez par Assimil si vous êtes seul, par le manuel si vous suivez un cours.

Le coréen est-il vraiment plus facile que le japonais ou le chinois ?

Plus facile à lire, pas plus facile à parler. L'alphabet vous fait gagner les mois que réclament les kanji ou les sinogrammes, avantage réel et considérable. En revanche la grammaire coréenne, avec son ordre des mots inversé, ses particules et ses niveaux de politesse, demande un effort de réorganisation mentale comparable. Le départ est plus rapide, la pente ensuite est similaire.

Faut-il apprendre le hanja, les caractères chinois utilisés en coréen ?

Pas au début, et probablement jamais si votre objectif est de converser. Le hanja n'apparaît presque plus dans la presse ni dans les publications courantes, sauf pour lever une ambiguïté. Il redevient utile pour les textes académiques, juridiques ou anciens, et pour comprendre la formation de certains mots savants. Réservez cette question à votre troisième année.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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