Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre la vannerie ? 4 titres, du rotin acheté au brin coupé

Quatre livres de vannerie dans l'ordre où les lire, selon la matière que vous aurez sous la main : rotin du commerce, osier trempé ou brins récoltés. Plus ce qu'aucun manuel ne remplace.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Leçon de vannerie : le guide complet de la fabrication des paniersReiko SasakiVoir Leçon de vannerie : le guide complet de la fabrication des paniers, de Reiko Sasaki à la Fnac (lien affilié)
La vannerie : techniques et réalisationsCaterina Hernández et Eva PascualVoir La vannerie : techniques et réalisations, de Caterina Hernández et Eva Pascual à la Fnac (lien affilié)
Techniques de vannerie : jonc, paille, raphia, rotin, osierSue Gabriel et Sally GoymerVoir Techniques de vannerie : jonc, paille, raphia, rotin, osier, de Sue Gabriel et Sally Goymer à la Fnac (lien affilié)
La vannerie sauvage, volume 1 : initiationBernard BertrandVoir La vannerie sauvage, volume 1 : initiation, de Bernard Bertrand à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la vannerie ?

La plupart des gens qui achètent un livre de vannerie ont déjà une image en tête : un panier d'osier brun, bombé, avec une anse tressée. Ils ouvrent le manuel, découvrent qu'il faut acheter l'osier en bottes chez un producteur, le faire tremper une semaine dans une gouttière, attendre encore un jour de ressuage, et le projet meurt là, dans la logistique.

C'est la particularité de cet artisanat : la technique de tressage s'apprend en une heure, la matière première demande des mois. Le choix du livre dépend donc moins de votre niveau que de ce que vous aurez concrètement sous la main. Quatre titres seulement suffisent, dans un ordre qui va du plus simple à approvisionner au plus exigeant, plus l'avertissement sur une famille de vannerie qui n'a presque rien à voir avec les autres.


Ce que vous allez tresser détermine ce que vous allez lire

Trois situations, trois rayons différents. Regardez honnêtement dans laquelle vous êtes.

Vous achetez votre matière. Rotin, moelle de rotin, éclisses, éventuellement raphia. Elle arrive par la poste, se trempe en quelques minutes et se travaille immédiatement. C'est le chemin d'entrée, et les manuels qui vous conviennent sont ceux des loisirs créatifs.

Vous voulez faire de l'osier. Autre monde. L'osier s'achète sec en bottes calibrées, se retrempe plusieurs jours selon la grosseur, s'enveloppe pour le ressuage, et devient cassant s'il attend trop. La vannerie d'osier est la tradition européenne, elle est splendide, et elle demande un espace, de l'eau et un calendrier.

Vous voulez couper vos brins. Clématite, ronce, noisetier, jonc, châtaignier. Cette voie est la moins chère et la plus lente, parce qu'elle ajoute la botanique, la saison de coupe, le séchage et le retrempage à un apprentissage déjà chargé. Ses livres sont rangés au rayon nature, pas au rayon loisirs.

Et il existe une quatrième famille, la vannerie spiralée, dont je parle plus bas et qui ne se mélange à aucune des trois.

Premier livre : Reiko Sasaki, « Leçon de vannerie »

Reiko Sasaki, « Leçon de vannerie : le guide complet de la fabrication des paniers, 150 motifs de tressage » (Les Éditions de Saxe, 2024, deux cent vingt-quatre pages) Voir à la FnacLeçon de vannerie : le guide complet de la fabrication des paniers, de Reiko Sasaki (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

L'ouvrage repose sur les techniques traditionnelles japonaises et sur huit méthodes ancestrales : tressage classique, tissage ajiro-ami, cannage, lacerie, habillage, nœuds. Le choix éditorial le plus intelligent est celui de la matière : Sasaki enseigne au rotin, plus facile à trouver dans le commerce et plus souple, ce qui permet de commencer sans installation particulière.

Ce qu'il vous apprend précisément : le geste, isolé de la contrainte de matière. Cent cinquante motifs expliqués en schémas, une dizaine de projets complets, et un pas à pas photographique dense. Vous fabriquez quelque chose dès la première semaine, ce qui est la seule chose qui compte au démarrage.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la vannerie européenne. Les proportions, les bordures et l'esthétique japonaises diffèrent de celles du panier d'osier français, et vous ne trouverez pas ici les gestes classiques du montage sur croisée.

Deuxième livre : Caterina Hernández et Eva Pascual, « La vannerie »

Caterina Hernández et Eva Pascual, « La vannerie : techniques et réalisations » (Eyrolles, collection Le geste et l'outil, 2014, cent quarante-quatre pages) Voir à la FnacLa vannerie : techniques et réalisations, de Caterina Hernández et Eva Pascual (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : deux ou trois objets terminés, même bancals.

La collection porte bien son nom. Le livre traite d'abord le choix des matières et de l'outillage, puis déroule les techniques traditionnelles en images, et propose ensuite des réalisations qui appliquent progressivement ce qui a été expliqué. Une galerie de pièces de vanniers professionnels ferme le volume, et elle est plus utile qu'il n'y paraît : elle vous montre où mène la discipline.

Ce qu'il vous apprend précisément : le vocabulaire et l'outillage. Montant, éclisse, croisée, bordure, cloison, ligature. Tant que ces mots ne sont pas installés, la moitié des explications des autres livres reste opaque, et beaucoup d'amateurs tressent pendant deux ans sans jamais avoir nommé ce qu'ils font.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à approvisionner. Les matières sont décrites, pas leur préparation en détail. C'est le sujet du troisième livre.

Troisième livre : Sue Gabriel et Sally Goymer, « Techniques de vannerie »

Sue Gabriel et Sally Goymer, « Techniques de vannerie : jonc, paille, raphia, rotin, osier… » (Eyrolles, décembre 2013, cent soixante-seize pages, traduit de l'anglais par Sophie Léchauguette et Nicolas Blot, adaptation d'André Chapuis) Voir à la FnacTechniques de vannerie : jonc, paille, raphia, rotin, osier, de Sue Gabriel et Sally Goymer (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : savoir tresser proprement une petite forme.

C'est le volume qui embrasse le plus de matières différentes, et c'est précisément pourquoi il arrive à ce moment du parcours. Vous savez tresser, vous voulez savoir ce que change le passage du rotin au jonc, du jonc à l'osier, de l'osier à la paille. Le livre est didactique et abondamment illustré, avec une adaptation française qui compte, parce que les usages et les fournitures ne sont pas identiques des deux côtés de la Manche.

Ce qu'il vous apprend précisément : que chaque matière a son tempérament. Une même bordure ne se fait pas avec le même geste selon la souplesse et la mémoire du brin. C'est la leçon qui sépare le tresseur de recettes du vannier.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à cueillir. La récolte, l'identification et le séchage des végétaux sauvages débordent son cadre, et c'est le dernier livre qui s'en charge.

Quatrième livre : Bernard Bertrand, « La vannerie sauvage »

Bernard Bertrand, « La vannerie sauvage, volume 1 : initiation » (Éditions de Terran, février 2020, deux cent seize pages, vingt-cinq modèles de paniers) Voir à la FnacLa vannerie sauvage, volume 1 : initiation, de Bernard Bertrand (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : de la patience et un terrain accessible.

Bertrand est écrivain paysan, il a pratiqué quarante ans les techniques d'autonomie sur sa ferme des Pyrénées centrales, il tresse depuis 1975 et enseigne depuis 1990. Le volume travaille le jonc, le châtaignier, le noisetier et la clématite, avec vingt-cinq modèles à réaliser et une mise en perspective historique de la vannerie française. Un second volume prolonge l'initiation pour ceux qui veulent aller plus loin.

Ce qu'il vous apprend précisément : à regarder un talus comme un stock. Quelle plante coupe-t-on, à quelle saison, à quelle longueur, comment on la sèche et combien de temps on la retrempe. Cette compétence change complètement la pratique, et elle la rend presque gratuite.

Une opinion, que je vous donne franchement : c'est le livre le plus intéressant de cette sélection, et le pire premier achat possible. Commencer par la matière sauvage, c'est ajouter la botanique et la saisonnalité à un geste que vous ne maîtrisez pas encore. Achetez-le en quatrième, pas en premier.

Par où ne pas commencer

Voici la partie qui vous fera gagner du temps et quelques bottes d'osier gâchées.

Un manuel d'osier en premier livre. L'osier suppose une gouttière ou un bac de trempage, un endroit humide pour le ressuage, un calendrier d'achat et une consommation régulière. Acheté trop tôt, il produit une botte sèche qui reste deux ans dans un garage.

Les livres de projets sans partie technique. Ils donnent des modèles photographiés avec une liste de fournitures, et supposent que vous savez monter un fond et fermer une bordure. Ils deviennent excellents plus tard, quand vous cherchez des idées de formes. Au départ, ils ne font que frustrer.

Les manuels de vannerie spiralée, si vous cherchiez à tresser. Ce point mérite d'être souligné parce que le mot vannerie recouvre les deux. La spiralée enroule un boudin de paille ou de jonc et le coud tour après tour avec un lien, comme un paillon à pain ou une ruche ancienne. Aucun geste n'est commun avec le tressage à brins, l'outillage se réduit à une aiguille et à un calibreur, et le rythme d'apprentissage est différent. C'est un très beau domaine, ce n'est simplement pas le même.

Enfin, un conseil sur un format plutôt que sur un titre : préférez les livres à reliure cousue qui restent ouverts à plat. On tresse avec les deux mains mouillées, et un ouvrage qui se referme tout seul devient vite un irritant quotidien.

Ce qu'un livre de vannerie ne fera jamais à votre place

Il faut être clair, parce que l'écart entre lire et faire est ici plus large que la moyenne.

Un livre ne vous dira pas si votre brin est prêt. Le retrempage se juge à la main : un osier suffisamment humide se plie sans blanchir à la pliure, un osier trop sec casse net, un osier trop trempé devient mou et votre panier ne tiendra pas sa forme. Les durées imprimées dans les manuels sont des ordres de grandeur qui dépendent de la variété, de la grosseur et de la température de l'eau. Personne ne peut vous transmettre ce jugement par écrit.

Un livre ne corrigera pas votre tension. C'est le défaut universel des débutants : le tressage se relâche, le fond bombe, la forme s'évase, et vous ne voyez le problème qu'une fois l'objet terminé. Quelqu'un qui regarde vos mains pendant dix minutes vous fait gagner des mois. Les vanniers professionnels donnent des stages presque partout en France, souvent sur un week-end, et beaucoup de communes rurales accueillent des ateliers saisonniers.

Enfin, aucun livre ne vous apprendra à accepter les premiers ratés. Vos cinq premiers paniers seront laids. Ce n'est pas un problème de méthode, c'est le tarif d'entrée, et les vanniers expérimentés ne réussissent pas du premier coup non plus, ils s'agacent moins.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors un geste solide sur matière facile, un vocabulaire technique, une compréhension des matières et l'autonomie de la cueillette. C'est déjà de quoi tresser à peu près tout ce dont un foyer a besoin.

La suite dépend de ce qui vous a attrapé. Si c'est l'osier, allez vers les ouvrages spécialisés sur la culture et la conduite de l'oseraie, qui est un métier en soi. Si c'est la matière sauvage, le second volume de Bertrand prolonge l'initiation, et la reconnaissance des végétaux devient un savoir à part entière : voyez notre sélection pour apprendre à reconnaître les arbres. Si c'est la forme, regardez du côté du mobilier en rotin et du cannage de sièges.

Vous pouvez aussi explorer le rayon artisanat et travaux manuels par genre pour repérer les grands formats illustrés, plus lisibles posés sur un établi. Et si l'apprentissage par les livres vous convient, le reste de notre collection quels livres acheter pour apprendre à suit la même méthode ailleurs, notamment pour apprendre la teinture végétale, autre savoir-faire où la matière première commande tout, ou pour apprendre la menuiserie.

Par quel livre commencer la vannerie quand on n'a jamais tressé ?

Par « Leçon de vannerie » de Reiko Sasaki, publié chez Les Éditions de Saxe en 2024. Deux cent vingt-quatre pages en pas à pas photographique, construites sur le rotin plutôt que sur l'osier, ce qui est le bon choix pour débuter : le rotin s'achète toute l'année, se trempe en quelques minutes et pardonne les hésitations. Vous apprenez le geste avant d'affronter la matière difficile.

Faut-il commencer par l'osier ou par le rotin ?

Par le rotin, dans la quasi-totalité des cas. L'osier est la matière noble de la vannerie européenne, mais il impose une logistique que les débutants sous-estiment : achat en bottes, retrempage de plusieurs jours selon la grosseur des brins, temps de ressuage, et une fenêtre d'utilisation courte avant que le brin ne devienne cassant. Le rotin se travaille le soir même de son achat. Passez à l'osier quand vos formes tiennent.

Quelle différence entre vannerie à éclisses et vannerie spiralée ?

Ce sont deux artisanats distincts qui partagent un nom. La vannerie tressée, à brins ou à éclisses, fait passer un brin souple entre des montants verticaux : c'est le panier d'osier classique. La vannerie spiralée enroule un boudin de paille, de jonc ou de fibre sur lui-même et le coud tour après tour avec un lien : c'est le paillon à pain ou la ruche traditionnelle. Les outils, les gestes et les livres ne sont pas les mêmes, et un manuel de tressage ne vous apprendra rien de la spiralée.

Peut-on ramasser soi-même les brins pour faire de la vannerie ?

Oui, et c'est même une grande partie du plaisir, à condition de savoir ce que vous coupez et où. Le clématite, la ronce épluchée, le noisetier, le jonc et le châtaignier fendu se travaillent très bien. Coupez en repos de végétation, hors des terrains privés sans accord et hors des espaces protégés, et prévoyez le séchage puis le retrempage : un brin utilisé vert se rétracte et votre panier se déforme en quelques semaines.

Combien de temps faut-il pour réussir un premier panier correct ?

Comptez une journée pleine pour un premier objet en rotin qui tient debout, et plusieurs mois avant que vos bordures soient régulières. La difficulté n'est pas le tressage, qui s'apprend en une heure, mais la tension constante et la maîtrise de la forme. Les vanniers expérimentés reconnaissent un débutant à un fond bombé et à une bordure lâche, jamais au motif choisi.

Un livre suffit-il pour apprendre la vannerie ?

Pour les techniques de tressage, presque, parce qu'elles se lisent bien en photographies. Pour la matière, non. Reconnaître qu'un brin est correctement retrempé, sentir le moment où il va casser, doser la tension : ces choses passent par les mains et par une centaine d'échecs. Un stage d'un week-end auprès d'un vannier professionnel règle en deux jours ce qu'un livre laisse en suspens pendant un an.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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