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Quels livres pour apprendre la soudure ? 4 titres, à choisir selon votre procédé

Choisir son procédé avant son livre : électrode enrobée, MIG-MAG ou TIG ne s'apprennent pas dans les mêmes ouvrages. Quatre titres vérifiés, dans l'ordre, et ceux à ne pas acheter en premier.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
La soudure à l'arc électrique. Des principes aux applicationsJean-Claude GuichardVoir La soudure à l'arc électrique. Des principes aux applications, de Jean-Claude Guichard à la Fnac (lien affilié)
« Le soudeur », sous la direction de Bernard LehembreVoir « Le soudeur », sous la direction de Bernard Lehembre à la Fnac (lien affilié)
Guide du soudage MIGKlas Weman et Gunnar LindénVoir Guide du soudage MIG, de Klas Weman et Gunnar Lindén à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la soudure ?

La question est mal posée, et c'est ce qui fait perdre le plus de temps aux débutants. Personne n'apprend « la soudure ». On apprend un procédé, avec sa machine, ses consommables, ses réglages et son geste propre, et les trois grands procédés d'atelier n'ont presque rien en commun sur le plan pratique. Acheter un livre avant d'avoir tranché cette question, c'est acheter au hasard.

Un exemple concret. Quelqu'un veut réparer une remorque et commande le traité le plus recommandé sur les forums. Il reçoit six cents pages sur la soudabilité des aciers faiblement alliés, les contraintes résiduelles et la qualification des modes opératoires. Tout est exact. Rien ne lui dit comment amorcer un arc sans coller son électrode. Voici comment choisir dans le bon ordre : le procédé d'abord, le livre ensuite.


Commencez par choisir votre procédé

Trois familles se partagent les ateliers, amateurs et professionnels.

L'électrode enrobée, que l'on abrège MMA, est le procédé du poste à souder de garage. L'électrode fond en même temps qu'elle dépose son métal, son enrobage produit un gaz protecteur et un laitier qu'il faudra piquer. Le matériel est peu coûteux, robuste, indifférent au vent, et il soude des tôles à partir d'environ deux millimètres. C'est le procédé le plus exigeant en coordination : il faut tenir une longueur d'arc constante avec une électrode qui raccourcit sous vos yeux. Beaucoup considèrent que cette difficulté initiale forme la main mieux que tout le reste.

Le MIG-MAG, semi-automatique à fil fourré ou sous gaz, dévide le fil pour vous. Vous n'avez plus à gérer la longueur d'arc, seulement l'angle et la vitesse. C'est le procédé de la tôle fine, de la carrosserie, du mobilier métallique, et celui qui donne le plus vite des résultats présentables. Contrepartie : il produit facilement des cordons qui ont l'air corrects et qui ne pénètrent pas, ce qui en fait le procédé le plus traître pour un autodidacte.

Le TIG sépare tout : une électrode de tungstène qui ne fond pas crée l'arc, et vous apportez le métal de la main gauche pendant que le pied règle l'intensité. C'est lent, propre, et c'est la seule voie sérieuse pour l'inox mince, l'aluminium et les tubes visibles. C'est aussi le plus difficile, et de loin le moins bien servi par l'édition française.

Regardez ce que vous voulez fabriquer avant de regarder les rayons. Un portail en fer plat et une aile de 2 CV n'appellent pas la même machine, donc pas le même livre.

Premier livre : Jean-Claude Guichard, « La soudure à l'arc électrique »

Jean-Claude Guichard, « La soudure à l'arc électrique. Des principes aux applications » (Eyrolles, collection Eyrolles Pratique, quatrième édition parue en décembre 2013, cent trente-huit pages en couleurs) Voir à la FnacLa soudure à l'arc électrique. Des principes aux applications, de Jean-Claude Guichard (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Guichard est formateur en structures métalliques, et le livre s'en ressent : il avance par photos pas à pas plutôt que par théorie. Vous y trouverez le choix des électrodes selon leur enrobage, la préparation des bords, les positions de soudage, les défauts de cordon avec la cause de chacun, et neuf fiches de réalisation, du grillage de protection au banc métallique en passant par la remorque.

Ce qu'il vous apprend précisément : ce que vous devez faire de vos mains pendant les trois premières heures. L'amorçage, la longueur d'arc, l'inclinaison, la vitesse d'avance, et surtout la lecture d'un cordon raté. La partie sur les défauts vaut à elle seule l'achat, parce qu'un débutant seul face à ses soudures ne sait pas nommer ce qu'il voit.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le MIG-MAG et le TIG, qui n'y sont qu'effleurés. Le livre porte bien son titre. Notez aussi que la quatrième édition date de 2013 : les postes onduleurs de deux kilos qui se vendent aujourd'hui n'y sont pas tous, mais les réglages figurent sur votre machine.

Deuxième livre : « Le soudeur », sous la direction de Bernard Lehembre

« Le soudeur », sous la direction de Bernard Lehembre (Nathan, collection Guide des métiers du bâtiment, 1997, soixante-quatre pages) Voir à la Fnac« Le soudeur », sous la direction de Bernard Lehembre (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis. Un livret, pas un traité.

Soixante-quatre pages, vingt chapitres très illustrés, conçus pour des apprentis de centre de formation. Il couvre deux procédés autogènes : le soudage à la flamme oxyacétylénique et le soudage à l'arc à l'électrode enrobée, avec des exercices progressifs.

Ce qu'il vous apprend précisément : les fondamentaux gestuels décomposés comme on les enseigne en atelier, avec des exercices qui ont une utilité réelle même s'ils paraissent bêtes. Souder deux plats bout à bout vingt fois de suite n'a rien d'exaltant, et c'est exactement ce qui fait progresser. Le format court est un avantage : on le pose ouvert sur l'établi.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le matériel actuel. Le livre a bientôt trente ans et il s'adresse à un public en apprentissage encadré. Il contient aussi une part de soudage à la flamme qui n'intéressera plus grand monde en atelier amateur, sauf pour le chauffe et le brasage. Prenez-le comme un cahier d'exercices, pas comme votre référence unique.

Troisième livre : Klas Weman et Gunnar Lindén, « Guide du soudage MIG »

Klas Weman et Gunnar Lindén, « Guide du soudage MIG » (Dunod, collection Technique et ingénierie, avril 2016, trois cent quatre pages, traduit de l'anglais par Daniel Gouadec) Voir à la FnacGuide du soudage MIG, de Klas Weman et Gunnar Lindén (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir déjà tiré des cordons, ou posséder un poste semi-automatique et vouloir comprendre ce qu'il fait.

Weman est une référence suédoise du domaine. Le livre traite la technologie des générateurs, les gaz de protection et leur influence réelle sur le bain, les consommables, le fil fourré, le MIG pulsé et le brasage MIG. La seconde partie porte sur la qualité, la sécurité et la productivité.

Ce qu'il vous apprend précisément : pourquoi vos réglages donnent ce résultat. La relation entre tension, vitesse de fil et transfert du métal cesse d'être une combinaison magique trouvée par tâtonnement. Le chapitre sur les gaz change concrètement la façon de travailler : un mélange argon et dioxyde de carbone ne se comporte pas comme du dioxyde de carbone pur, et cela s'entend au bruit de l'arc.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le geste. Il n'y a pas d'exercice progressif ici, et le ton reste technique. C'est un livre de compréhension, à lire après avoir fait des erreurs, pas avant.

Par où ne pas commencer

Klas Weman, « Procédés de soudage » (Dunod, septembre 2020, trois cent soixante pages, traduit par Daniel Gouadec) est un excellent ouvrage, aligné sur les exigences internationales de formation des soudeurs, et il couvre le TIG, le MIG-MAG, l'arc submergé, le coupage, le rechargement, la soudabilité des aciers et de l'aluminium. Il s'adresse à des étudiants de BTS et d'IUT et à des ingénieurs. Si vous l'achetez en premier, vous saurez calculer un apport de chaleur avant de savoir tenir une torche. Gardez-le pour plus tard, ou pour le jour où vous voudrez comprendre ce que signifie une qualification de mode opératoire.

Méfiez-vous aussi des ouvrages traduits de l'anglais américain qui raisonnent en pouces, en ampérages de machines introuvables ici et en désignations d'électrodes de la norme américaine. La correspondance existe, mais elle ajoute une couche de traduction dont un débutant se passera.

Enfin, écartez les guides généralistes de métallerie qui consacrent douze pages à la soudure entre le perçage et la peinture. Douze pages ne suffisent pas, et ce format donne surtout l'illusion d'avoir lu quelque chose.

Ce qu'aucun livre ne fera à votre place

Souder se juge à l'oreille avant de se juger à l'œil. Un arc correct produit un grésillement régulier, souvent comparé à de la friture. Trop long, il claque. Aucune page ne vous transmettra ce son.

Sur la sécurité, les livres sérieux disent tous la même chose, et cela mérite d'être répété ici sans mode opératoire. Le rayonnement ultraviolet de l'arc provoque le coup d'arc, une inflammation de la cornée qui se déclare plusieurs heures après la séance, y compris chez la personne qui regardait de loin sans masque. Les fumées de soudage sont classées cancérogènes pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer depuis 2017, ce qui rend la ventilation du poste non négociable. Les projections incandescentes portent loin et allument ce qui traîne. Ces trois points relèvent de l'équipement et de l'organisation de l'atelier, pas de la lecture.

Un livre ne remplacera pas non plus le regard de quelqu'un qui soude depuis quinze ans. Les centres de formation continue proposent des modules courts, souvent quelques jours, et les associations de métallerie ou les ateliers partagés en accueillent régulièrement. Trois heures avec un formateur vous corrigent une posture que six mois de lecture solitaire auraient laissée en place.

Dernier point, moins évident : la matière coûte peu comparée au temps. Achetez des chutes d'acier au poids et brûlez des électrodes en série. Le rendement d'un livre de soudure est proportionnel au nombre de cordons ratés que vous avez à comparer avec ses photos.

Après ces trois ou quatre livres

Vous saurez alors ce que vous voulez faire. Si c'est de la structure et de la réparation lourde, restez sur l'électrode enrobée et allez vers les ouvrages de construction métallique. Si c'est de la carrosserie et du mobilier, le semi-automatique et le livre de Weman sur le MIG vous occuperont longtemps. Si c'est l'inox et l'aluminium, acceptez que la voie passe par une formation et par de la documentation technique en anglais, l'édition française ne vous suivra pas.

Le travail du métal appelle vite ses voisins. Beaucoup de gens arrivés par la soudure finissent par vouloir assembler du bois proprement, ou fondre et braser en tout petit format. Voyez alors quels livres pour apprendre la menuiserie, où la question de l'affûtage remplace celle du réglage, et quels livres pour apprendre la bijouterie, qui est de la métallurgie au millimètre. Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à fonctionne sur le même principe : peu de titres, dans un ordre, et les pièges dits franchement.

Quel procédé de soudage choisir quand on débute dans un atelier amateur ?

L'électrode enrobée, appelée aussi MMA, reste l'entrée la plus raisonnable. Le poste coûte peu, tient dans un coin de garage, fonctionne dehors et par vent, et pardonne des aciers mal préparés. C'est aussi le procédé le plus exigeant en geste, ce qui n'est pas un défaut quand on apprend. Si votre projet porte sur de la tôle fine de carrosserie, passez directement au MIG-MAG, l'électrode enrobée y perce plus qu'elle n'assemble.

Un livre suffit-il pour apprendre à souder ?

Non, pour une raison simple : le retour d'information arrive par l'oreille, la main et l'odeur, jamais par la page. Un livre vous explique l'intensité, l'angle et la vitesse d'avance, mais il ne vous dira pas que votre arc claque parce que vous êtes trop long. Utilisez le livre pour comprendre ce que vous ratez, et prévoyez des dizaines de cordons sur chutes avant de souder quoi que ce soit d'utile.

Faut-il acheter un traité de soudage industriel pour débuter ?

C'est l'erreur la plus courante. Un ouvrage comme « Procédés de soudage » de Klas Weman est excellent et parfaitement à jour, mais il s'adresse à des techniciens et des ingénieurs. Il traite des contraintes résiduelles, de la soudabilité des aciers et de la robotisation. Il ne vous apprendra pas à amorcer un arc ni à tenir un cordon régulier, parce que ce n'est pas son objet.

Quels risques les livres de soudure évoquent-ils ?

Trois reviennent partout : le coup d'arc, une brûlure de la cornée par le rayonnement ultraviolet qui se déclare plusieurs heures après la séance, les fumées de soudage classées cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer depuis 2017, et les projections incandescentes. Les ouvrages sérieux consacrent un chapitre à la protection oculaire, à la ventilation du poste et aux vêtements. Un livre qui n'en parle pas se disqualifie tout seul.

Existe-t-il un bon manuel de TIG en français pour amateur ?

Pas vraiment, et il vaut mieux le savoir avant de chercher. Le TIG est surtout documenté en anglais et dans la documentation technique des fabricants de postes et de gaz, souvent téléchargeable gratuitement. En français, vous trouverez le chapitre TIG des ouvrages généraux, comme celui de Klas Weman, et des supports de centres de formation. Pour l'inox et l'aluminium, une formation courte reste le meilleur investissement.

Les livres de soudage de plus de vingt ans sont-ils encore valables ?

Pour le geste, oui, entièrement. La physique de l'arc et la préparation des chanfreins n'ont pas bougé. Ce qui a changé, c'est le matériel : les postes onduleurs légers ont remplacé les transformateurs, et les valeurs de réglage indiquées dans un manuel ancien correspondent parfois à des machines que vous ne verrez jamais. Lisez le geste dans l'ancien, les réglages dans la notice de votre poste.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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