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Quels livres pour apprendre la bijouterie ? 4 titres et deux parcours distincts

Assembler des perles et souder de l'argent sont deux métiers différents. Quatre livres dans l'ordre, ce que chacun suppose comme atelier, et ce qui reste faisable dans un appartement.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Création de bijoux en perles et fil de métal, guide complet, tout ce qu'une créatrice débutante doit savoirRenata GrahamVoir Création de bijoux en perles et fil de métal, guide complet, tout ce qu'une créatrice débutante doit savoir, de Renata Graham à la Fnac (lien affilié)
Techniques de la bijouterieStephen O'KeeffeVoir Techniques de la bijouterie, de Stephen O'Keeffe à la Fnac (lien affilié)
Le grand livre du travail des métaux pour les bijoux, outils, techniques et inspirationsJinks McGrathVoir Le grand livre du travail des métaux pour les bijoux, outils, techniques et inspirations, de Jinks McGrath à la Fnac (lien affilié)
Le sertissage de bijouxAnastasia YoungVoir Le sertissage de bijoux, de Anastasia Young à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la bijouterie ?

Deux personnes disent vouloir apprendre la bijouterie. La première imagine des colliers de perles montés sur fil câblé, un tiroir de fermoirs, une soirée tranquille à composer. La seconde imagine une flamme, un chalumeau, un anneau d'argent qui se referme. Elles n'ont aucun outil en commun, aucun geste en commun, et surtout aucun livre en commun.

Les listes que vous trouverez en ligne mélangent joyeusement les deux, ce qui explique pourquoi tant de gens achètent un manuel de travail du métal, découvrent qu'il faut un établi, une cheville, une scie bocfil et une source de feu, et referment le livre. Voici quatre titres, répartis sur ces deux voies, avec pour chacun ce qu'il suppose que vous ayez déjà installé chez vous.


D'abord, décidez de quelle bijouterie vous parlez

Le bijou assemblé consiste à relier des éléments achetés : perles, apprêts, chaînes, fils. La compétence est celle du montage, du calibrage et de la composition. On la pratique sur une table de cuisine, on la range dans une boîte, on peut s'arrêter au milieu d'une pièce. Le matériel de départ tient dans une trousse.

Le travail du métal consiste à fabriquer les éléments. Vous sciez, vous limez, vous martelez, vous recuisez, vous soudez, vous polissez. La compétence est celle de la main et du contrôle des dimensions. Il faut un poste de travail fixe, bruyant, sale, et pour la soudure un environnement particulier dont je parle plus bas.

Aucune des deux n'est supérieure à l'autre. La bijouterie contemporaine emploie massivement les deux, et beaucoup de créateurs installés assemblent plus qu'ils ne forgent. Mais l'ordre d'apprentissage compte : commencer par l'assemblage vous coûte trois fois rien et vous apprend le dessin du bijou, les proportions, ce qui tient au porter. Ces acquis servent ensuite au métal. L'inverse n'est pas vrai.

Premier livre : Renata Graham, « Création de bijoux en perles et fil de métal »

Renata Graham, « Création de bijoux en perles et fil de métal, guide complet, tout ce qu'une créatrice débutante doit savoir » (Leduc créatif, 2013, 143 pages) Voir à la FnacCréation de bijoux en perles et fil de métal, guide complet, tout ce qu'une créatrice débutante doit savoir, de Renata Graham (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, aucun atelier.

Graham enseigne en atelier depuis plus de vingt ans, et cela s'entend dans la manière dont le livre est construit : il commence par ce qui rate. Les fils qui cassent au pincement, les fermoirs disproportionnés, les rangs qui vrillent au porter.

Ce qu'il vous apprend précisément : les familles de fils et ce qu'elles permettent, le montage sur câble gainé, les techniques de fil de métal enroulé, et surtout la partie que tout le monde néglige, les principes de composition. Rythme, symétrie, harmonie des couleurs, choix du fermoir en fonction du poids du collier. Vingt modèles servent de support à cette progression.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à fabriquer quoi que ce soit. Tous les composants s'achètent. C'est une limite assumée et c'est aussi ce qui rend le livre accessible dès la première soirée.

Une remarque sur cette voie : elle a mauvaise presse chez les puristes du métal, à tort. Un bijou assemblé médiocre se repère à cent mètres, un bijou assemblé juste demande un œil qui met des années à se former.

Deuxième livre : Stephen O'Keeffe, « Techniques de la bijouterie »

Stephen O'Keeffe, « Techniques de la bijouterie » (Eyrolles, octobre 2014, 128 pages) Voir à la FnacTechniques de la bijouterie, de Stephen O'Keeffe (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : un établi et la décision d'y consacrer un coin de pièce.

Voici le basculement vers le métal, et O'Keeffe est le bon guide pour le franchir parce que son livre est court. Vingt leçons, une quarantaine de projets, une progression qui commence par l'équipement puis attaque immédiatement le découpage, le perçage, la mise en forme et la soudure. L'argent domine, ce qui est le bon choix pour un débutant.

Ce qu'il vous apprend précisément : le geste de base et l'ordre des opérations. Vous saurez pourquoi on recuit, à quel moment on décape, pourquoi il faut avoir fini de limer avant de souder, et ce que veut dire ajuster une pièce avant de la fixer. Le format bref évite le découragement des sommes de six cents pages.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la profondeur. Cent vingt-huit pages sur un métier qui s'apprend en trois ans de CAP, cela signifie que chaque technique est présentée une fois, bien, sans variantes ni cas difficiles. C'est un point de départ, pas une référence à laquelle revenir.

Troisième livre : Jinks McGrath, « Le grand livre du travail des métaux pour les bijoux »

Jinks McGrath, « Le grand livre du travail des métaux pour les bijoux, outils, techniques et inspirations » (Pyramyd, 2023, traduit de l'anglais par Claire Reach) Voir à la FnacLe grand livre du travail des métaux pour les bijoux, outils, techniques et inspirations, de Jinks McGrath (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : quelques mois de pratique et au moins un projet raté.

Celui-là est la référence à laquelle on revient. McGrath enseigne depuis des décennies et son livre couvre les métaux précieux et les métaux courants, les techniques traditionnelles et contemporaines, avec le niveau de détail qui manque au précédent : les alliages, les températures de recuit, les différents types de soudure et leurs points de fusion échelonnés, les traitements de surface, les patines.

Ce qu'il vous apprend précisément : à comprendre le matériau plutôt qu'à suivre une recette. C'est la différence entre reproduire un projet et concevoir le vôtre. La partie sur les soudures à paliers, qui permet d'assembler plusieurs éléments successivement sans défaire les précédents, résout à elle seule le problème qui bloque la plupart des autodidactes.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à commencer. Ouvert en premier, il donne le vertige. Ouvert après O'Keeffe, il répond à des questions que vous vous posez déjà, ce qui est la bonne manière de lire un ouvrage de référence.

Quatrième livre, plus tard : Anastasia Young, « Le sertissage de bijoux »

Anastasia Young, « Le sertissage de bijoux » (Eyrolles, mars 2020, 208 pages, traduit de l'anglais par Véronique Valentin) Voir à la FnacLe sertissage de bijoux, de Anastasia Young (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : savoir fabriquer une monture propre.

Young est diplômée du Royal College of Art et de Central Saint Martins, et son livre traite une spécialité entière : fixer une pierre sur un métal. Serti clos, serti griffes, serti grain, serti rail, chacun expliqué pas à pas, avec plus de sept cents illustrations, un panorama des pierres et des tailles, et des tables de conversion.

Ce qu'il vous apprend précisément : que le sertissage est un métier séparé dans la profession, et pourquoi. La tolérance sur une monture destinée à recevoir une pierre se mesure en dixièmes de millimètre. Le livre vous rendra exigeant sur tout le reste de votre travail, ce qui est son effet secondaire le plus utile.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à faire la bague qui va dessous. D'où sa place en quatrième position et pas en première, malgré sa présence en tête de beaucoup de listes.

Par où ne pas commencer

Les recueils de modèles, en premier lieu. Cinquante bijoux à réaliser, photographiés sur fond blanc, avec des instructions de quatre lignes. Vous reproduirez peut-être le modèle, vous n'apprendrez rien de transférable. Le critère est simple : comptez la proportion de photos montrant des mains, des outils et des pièces inachevées. En dessous d'un tiers, c'est un livre d'images.

Les manuels de gemmologie ensuite. Passionnants, sans rapport avec la fabrication. On y apprend à identifier et évaluer des pierres, pas à les monter. Beaucoup de débutants s'y engagent parce que le sujet est séduisant et se retrouvent savants sur les inclusions du saphir sans savoir scier.

Méfiez-vous aussi des titres qui promettent l'exhaustivité et que vous ne trouvez sur aucun catalogue d'éditeur. Le rayon bijouterie francophone est petit, quelques dizaines de titres réellement disponibles, et les listes recopiées en ligne y font circuler des références approximatives ou inexistantes. Avant d'acheter, cherchez la fiche sur le site de l'éditeur, pas sur un blog.

Enfin, ne commencez pas par acheter un chalumeau. C'est l'objet le plus excitant du métier et le plus inutile tant que vous ne savez pas scier une ligne droite.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Ils ne vous diront pas si votre logement convient. Voici les faits, sans dramatisation : le travail à froid est bruyant et poussiéreux, rien de plus. La soudure demande davantage. Il vous faut un plan de travail incombustible, une ventilation qui évacue vraiment vers l'extérieur et pas un simple ventilateur, un extincteur à portée, et un stockage de gaz conforme. Les décapants employés en bijouterie dégagent des vapeurs acides qu'on ne respire pas, et le polissage produit des poussières métalliques fines. Rien de tout cela n'est hors de portée d'un particulier soigneux, mais tout cela se décide avant, pas au moment d'allumer. Vérifiez aussi votre règlement de copropriété et votre contrat d'assurance habitation, dont beaucoup mentionnent explicitement les activités avec point chaud.

Ils ne vous montreront pas la couleur. La soudure se déclenche à un moment que l'on reconnaît à la teinte du métal chauffé, et aucune photographie ne restitue cette nuance. Deux jours de stage suffisent à l'acquérir, dix livres n'y arrivent pas.

Ils ne vous prêteront pas non plus un laminoir. L'équipement lourd est le vrai obstacle, et les ateliers partagés le résolvent : on y loue un poste à l'heure ou au mois, avec le matériel et souvent quelqu'un pour répondre. C'est le meilleur investissement des six premiers mois.

Ensuite

Ces quatre lectures faites, vous aurez la composition, le geste, la matière et une spécialité entrevue. Suffisamment pour savoir dans quelle direction continuer, ce qui est l'essentiel de ce qu'un parcours de lecture peut offrir.

Si le plaisir que vous y avez pris est celui de la matière qui résiste, sachez qu'il se retrouve ailleurs sous d'autres formes : la même patience et la même exigence de précision animent les livres pour apprendre la poterie et ceux consacrés à la menuiserie, où l'on retrouve la même question de l'outil qu'on achète trop tôt. Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à applique cette méthode à d'autres domaines.

Par quel livre commencer la bijouterie quand on n'a aucun matériel ?

Par « Création de bijoux en perles et fil de métal » de Renata Graham, chez Leduc créatif. Vous y apprendrez le montage sur fil, les fermoirs, les proportions et les accords de couleurs avec une pince, une paire de ciseaux et rien d'autre. C'est le seul point d'entrée qui ne suppose ni établi ni feu, et il vous dira très vite si le plaisir que vous cherchez est celui de la composition ou celui du métal.

Peut-on faire de la bijouterie métal dans un appartement ?

Le travail à froid, oui : sciage à la scie bocfil, limage, perçage, martelage, polissage. Cela tient sur un établi d'un mètre, fait du bruit et de la poussière métallique, mais reste compatible avec un logement. La soudure au chalumeau est un autre sujet : elle demande une surface incombustible, une ventilation réelle vers l'extérieur, un extincteur et le stockage de gaz, ce que la plupart des règlements de copropriété et des contrats d'assurance encadrent. Beaucoup de bijoutiers amateurs travaillent à froid chez eux et vont souder dans un atelier partagé.

Quel est le premier outil à acheter pour la bijouterie ?

Une scie bocfil avec une réserve de lames fines, et une cheville de travail à fixer sur une table. Presque tout commence là. Ajoutez ensuite une lime demi-ronde, une lime plate, un marteau de bijoutier et un jeu de papiers abrasifs. Un débutant qui achète un chalumeau avant de savoir scier droit possède un chalumeau et ne fait pas de bijoux. L'ordre inverse fonctionne beaucoup mieux.

Faut-il apprendre le sertissage tout de suite ?

Non, c'est l'erreur classique. Le sertissage suppose que vous sachiez déjà réaliser une monture juste, aux dimensions exactes, propre et bien polie. Sertir sur une bague mal faite ne donne rien de bon, et le livre de sertissage restera incompréhensible tant que la monture n'est pas acquise. Comptez au minimum une année de pratique du métal avant d'y venir sérieusement.

Les livres suffisent-ils ou faut-il une formation ?

Les livres suffisent largement pour le bijou assemblé. Pour le métal, ils vous emmènent jusqu'à un certain point, puis butent sur ce qui ne se décrit pas : la couleur du métal juste avant que la soudure ne coule, la pression exacte sur la lime, le bruit d'une scie qui va casser. Un stage de deux jours dans un atelier vous fera gagner des mois sur ces points précis. Beaucoup de villes ont des ateliers partagés qui louent un poste à l'heure.

Quels métaux pour débuter ?

Le laiton et le cuivre pour s'entraîner, l'argent 925 pour les pièces que vous garderez. Le laiton coûte peu, se travaille comme l'argent et vous permet de rater sans regret, ce qui est exactement ce dont un débutant a besoin. Réservez l'or pour plus tard : sa mise en œuvre n'est pas fondamentalement différente, mais chaque erreur devient coûteuse et la peur de rater freine l'apprentissage.

Comment reconnaître un bon livre de bijouterie ?

Regardez si les photos montrent les mains et les outils, ou seulement les bijoux finis. Un ouvrage utile consacre l'essentiel de ses pages aux gestes et aux étapes intermédiaires, celles où la pièce est encore laide. Un ouvrage décoratif enchaîne les créations achevées sur fond blanc. Vérifiez aussi qu'il donne les températures, les diamètres de fil et les numéros de lames plutôt que des indications vagues du type « chauffer doucement ».

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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