Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre la photographie culinaire ? 4 titres dans l'ordre

Quatre livres pour photographier la nourriture, dans un ordre utile, avec le vrai sujet du débutant : la lumière d'une fenêtre, un fond neutre, et un plat qui refroidit vite.

L'équipe Relit7 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
La photo culinaire, à savourer des yeuxVirginie FouquetVoir La photo culinaire, à savourer des yeux, de Virginie Fouquet à la Fnac (lien affilié)
Guide de photographie culinaire, composez, capturez et retouchez des images qui mettent l'eau à la boucheBeata LubasVoir Guide de photographie culinaire, composez, capturez et retouchez des images qui mettent l'eau à la bouche, de Beata Lubas à la Fnac (lien affilié)
Stylisme et photo culinaire, composez, stylisez, shootez !Sandrine SaadiVoir Stylisme et photo culinaire, composez, stylisez, shootez !, de Sandrine Saadi à la Fnac (lien affilié)
Photo culinairePhilippe BarretVoir Photo culinaire, de Philippe Barret à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la photographie culinaire ?

Vous avez passé deux heures sur un plat. Vous le photographiez, l'image est terne, et vous en concluez qu'il vous manque un objectif lumineux. C'est presque toujours faux. Ce qui manquait, c'était une fenêtre orientée correctement, un fond qui ne parasite rien, et le fait d'avoir tout installé avant que le plat ne sorte de la casserole.

La photographie culinaire est une des rares disciplines où le matériel compte peu et où l'organisation compte énormément. Vous travaillez sur un sujet immobile, parfaitement disponible, mais qui se dégrade à vue d'œil : la sauce fige, la mousse retombe, la salade transpire, la glace fond en quatre minutes. Tout le métier consiste à préparer une scène complète pendant que le sujet n'est pas encore là.

Voici quatre livres seulement, dans un ordre utile, et la liste de ce qu'il vaut mieux ne pas acheter en premier. Si les bases photographiques vous manquent encore, réglez-les d'abord avec notre sélection sur les livres pour apprendre la photographie.


Premier livre : Virginie Fouquet, « La photo culinaire, à savourer des yeux »

Virginie Fouquet, « La photo culinaire, à savourer des yeux » (Pearson, 2013, collection « Zoom sur… », environ 196 pages) Voir à la FnacLa photo culinaire, à savourer des yeux, de Virginie Fouquet (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis au-delà d'un appareil réglable.

L'autrice tient le blog chefNini depuis 2008 et a fait de la cuisine et de l'image son métier. Cela s'entend dans le livre : elle écrit depuis une cuisine ordinaire, avec les contraintes d'une cuisine ordinaire, notamment celle de devoir manger le plat après.

Ce qu'il vous apprend précisément : la mise en scène domestique. Où poser la table par rapport à la fenêtre, quoi mettre derrière, quels accessoires servent la lecture du plat, lesquels encombrent. Vous y trouverez aussi la chose la plus utile du livre, qui tient en une ligne : préparez tout avant, et gardez le plat pour la fin.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le détail des équipements récents. Un ouvrage de 2013 parle de boîtiers et de logiciels qui ont changé. La méthode, elle, n'a pas bougé d'un centimètre.

Deuxième livre : Beata Lubas, « Guide de photographie culinaire »

Beata Lubas, « Guide de photographie culinaire, composez, capturez et retouchez des images qui mettent l'eau à la bouche » (First Éditions, octobre 2020, 192 pages) Voir à la FnacGuide de photographie culinaire, composez, capturez et retouchez des images qui mettent l'eau à la bouche, de Beata Lubas (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : quelques dizaines d'images derrière vous, et une insatisfaction précise.

Lubas est photographe et styliste culinaire, primée, et travaille pour des marques agroalimentaires. Son livre a la structure classique du guide complet, matériel puis lumière puis cadrage puis retouche, mais avec une section sur la maîtrise de l'éclairage naturel qui vaut à elle seule l'achat.

Ce qu'il vous apprend précisément : à traiter la lumière d'une fenêtre comme un outil réglable et non comme une fatalité. Distance au verre, voilage pour adoucir, carton blanc pour ouvrir les ombres du côté opposé, carton noir pour au contraire creuser un contraste. Vous comprendrez pourquoi une lumière latérale ou légèrement de dos rend une texture appétissante, là qu'une lumière de face l'aplatit.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à construire une image qui raconte quelque chose. Le guide vous rend techniquement propre, ce qui produit rapidement des images correctes et interchangeables.

Troisième livre : Sandrine Saadi, « Stylisme et photo culinaire »

Sandrine Saadi, « Stylisme et photo culinaire, composez, stylisez, shootez ! » (Eyrolles, avril 2023, 213 pages, relié) Voir à la FnacStylisme et photo culinaire, composez, stylisez, shootez !, de Sandrine Saadi (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : les deux étapes précédentes, ou un an de pratique régulière.

Saadi est photographe, styliste culinaire et directrice artistique, venue de la communication avant de basculer vers l'image culinaire en 2012. Le livre est organisé autour des trois verbes du sous-titre, et c'est le deuxième qui justifie sa place ici.

Ce qu'il vous apprend précisément : le stylisme comme construction de sens. Comment la couleur d'un fond modifie la perception d'un plat, comment un accessoire suggère un moment de la journée ou une saison, comment une série d'images tient ensemble. Il y a aussi une chose que les guides techniques évitent : accepter le désordre. Une miette, une trace de doigt sur un verre, une cuillère posée de travers rendent une image comestible, là où la perfection la rend publicitaire.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la production professionnelle. Travailler avec un client, tenir une charte, produire quarante visuels en une journée, éclairer sans lumière du jour. C'est un autre métier, et c'est l'objet du quatrième livre.

Quatrième livre : Philippe Barret, « Photo culinaire »

Philippe Barret, « Photo culinaire » (Eyrolles, mars 2011, 140 pages) Voir à la FnacPhoto culinaire, de Philippe Barret (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : plusieurs années de pratique, ou une intention professionnelle affirmée.

Barret s'est spécialisé dans la photographie culinaire au début des années quatre-vingt-dix, à l'époque de l'argentique et des chambres grand format, et le livre garde la rigueur de cette formation. Éclairage construit, profondeur de champ maîtrisée au millimètre, impact des couleurs, contraintes de la commande commerciale.

Ce qu'il vous apprend précisément : à fabriquer une lumière plutôt qu'à en profiter. C'est le moment où l'on cesse de dépendre de la météo et de l'heure, ce qui devient nécessaire dès qu'on photographie pour quelqu'un d'autre.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les usages actuels. Le livre est antérieur à la domination des réseaux sociaux et à l'esthétique claire, désaturée et texturée qui règne depuis. Prenez-y la technique et laissez-y le goût de l'époque.

Par où ne pas commencer

C'est ici que vous gagnerez le plus de temps.

Ne commencez pas par un livre d'éclairage de studio, aussi bon soit-il, et c'est valable pour celui de Barret cité juste au-dessus. Tant que vous n'avez pas épuisé ce qu'une fenêtre peut faire, un flash ne vous apportera que des ombres dures et une facture. Une fenêtre au nord, un jour couvert et un carton blanc battent un kit d'éclairage à six cents euros mal utilisé.

Ne commencez pas non plus par les beaux livres de chefs achetés comme références visuelles. Les images de ces ouvrages sont réalisées en studio, par des équipes de trois ou quatre personnes, sur des plats retouchés et parfois immangeables. Les prendre pour modèle quand on photographie seul un gratin dans sa cuisine ne produit que de la frustration.

Enfin, méfiez-vous des livres qui promettent de tout couvrir en cent pages, du portrait au paysage en passant par la nourriture. Les huit pages consacrées à votre sujet vous diront d'utiliser une grande ouverture et un fond neutre. Vous le saviez déjà.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Ils ne cuisineront pas. C'est évident et pourtant décisif : une image ne rattrape pas un plat raté, et un plat magnifique mal éclairé reste photographiable dix minutes plus tard. Si votre cuisine est le maillon faible, allez plutôt voir nos sélections pour apprendre la cuisine et pour apprendre la pâtisserie, qui sont un meilleur investissement que n'importe quel manuel d'image.

Ils ne vous feront pas non plus l'exercice qui fait progresser le plus vite, et personne ne le fait : photographier le même sujet dix fois de suite en ne changeant qu'un paramètre. La même assiette à trois heures différentes de la journée. La même assiette avec le carton blanc, puis sans. La même assiette sous trois angles. Une demi-journée de ce travail vous apprend davantage que trois livres, parce que la nourriture est le seul sujet photographique qui vous laisse recommencer autant de fois que vous voulez.

Ils ne régleront pas non plus la question du fond, qui use tous les débutants. Deux ou trois plateaux de bois brut, une plaque d'ardoise, un vieux drap de lin froissé, un carrelage de récupération : voilà l'essentiel du décor de beaucoup de photographes professionnels, et cela tient sous un lit.

Après ces quatre livres

Vous aurez la méthode domestique, la lumière naturelle, le stylisme et la lumière construite. La suite dépend de ce que vous voulez en faire.

Si c'est un blog ou un compte à nourrir, travaillez la cohérence de série plutôt que l'image isolée : mêmes fonds, même température de lumière, même famille d'accessoires. Si c'est une orientation professionnelle, la marche suivante n'est pas un livre mais un assistanat de quelques jours auprès d'un photographe en activité, où vous verrez en une journée ce qu'aucun ouvrage ne décrit.

Et si vous prenez goût à ce format d'apprentissage, le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à applique la même règle : trois à cinq titres, un ordre, et ce que chacun ne vous apprendra pas.

Faut-il un studio et des flashs pour faire de la photo culinaire ?

Non, et c'est même l'inverse pour débuter. La quasi-totalité des images culinaires que vous admirez sur les blogs et dans les magazines sont faites en lumière naturelle, à côté d'une fenêtre, avec un réflecteur improvisé en carton blanc. Le flash de studio devient utile quand il faut travailler la nuit, tenir une charte de marque ou photographier des liquides en mouvement. Ce sont des problèmes de professionnel, pas des problèmes de débutant.

Quelle est la première erreur du débutant en photo culinaire ?

Photographier le plat quand il est prêt à être mangé. Un plat chaud tient trois minutes visuellement : la sauce fige, la salade retombe, la glace coule, la vapeur disparaît. Les professionnels installent le décor, la lumière et le cadrage sur une assiette factice, puis n'apportent le vrai plat qu'à la dernière seconde. Cette seule habitude améliore les images davantage qu'un changement d'objectif.

Quel livre acheter en premier quand on tient un blog de cuisine ?

« La photo culinaire, à savourer des yeux » de Virginie Fouquet, publié chez Pearson en 2013. L'autrice tient le blog chefNini depuis 2008 et écrit exactement pour votre situation : une cuisine domestique, une fenêtre, un budget limité et des recettes à publier chaque semaine. Le livre a vieilli sur quelques points matériels, presque pas sur la méthode.

Le stylisme culinaire, est-ce de la triche ?

Cela dépend de ce que vous appelez stylisme. Choisir une assiette mate plutôt que brillante, poser trois herbes, essuyer une coulure sur le bord, orienter les pâtes dans le bon sens : c'est du métier, pas de la tromperie. Remplacer le lait par de la colle blanche ou la glace par de la purée relève de la publicité et n'a pas sa place dans une image censée montrer une recette que vos lecteurs vont refaire.

Faut-il photographier de face ou du dessus ?

L'angle dépend du plat et non de la mode. Le vertical à quatre-vingt-dix degrés convient aux préparations plates et graphiques : pizzas, tartes, tables dressées, planches. L'angle à quarante-cinq degrés reproduit le point de vue de quelqu'un attablé et convient aux assiettes creuses et aux boissons. Le ras de table, presque horizontal, sert aux volumes : burgers, gâteaux étagés, verres. Beaucoup de débutants font tout au-dessus par habitude et aplatissent des sujets qui demandaient du relief.

Combien de temps pour obtenir des images publiables ?

Quelques semaines, ce qui est très rapide comparé à la plupart des spécialités photographiques. La raison est simple : votre sujet ne bouge pas, ne s'enfuit pas et se rephotographie autant de fois que vous voulez. Vous pouvez recommencer la même assiette sous six lumières et six angles dans la même journée. Cette possibilité de répétition est votre plus gros avantage, et pourtant presque personne ne l'utilise.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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