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Quels livres pour apprendre la mosaïque ? 4 titres qui parlent enfin du support

Le vrai sujet de la mosaïque n'est pas la coupe des tesselles, c'est le support et le collage. Voici quatre livres dans l'ordre, et ceux qui passent la question sous silence.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
La mosaïque : les techniquesJosette DeruVoir La mosaïque : les techniques, de Josette Deru à la Fnac (lien affilié)
La mosaïque : apprendre et créerVirginie LoÿVoir La mosaïque : apprendre et créer, de Virginie Loÿ à la Fnac (lien affilié)
Techniques de la mosaïqueEmma BiggsVoir Techniques de la mosaïque, de Emma Biggs à la Fnac (lien affilié)
Le grand livre de la mosaïque : plus de 25 créations pour le jardin et la maisonEmma Biggs et Tessa HunkinVoir Le grand livre de la mosaïque : plus de 25 créations pour le jardin et la maison, de Emma Biggs et Tessa Hunkin à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la mosaïque ?

On croit que la mosaïque est un art de la coupe et de la disposition. C'est ce que montrent les photographies : des mains qui posent des carrés de verre, un motif qui apparaît. C'est agréable à regarder et c'est trompeur.

Le vrai sujet est ailleurs, et il est moins photogénique. Il tient dans deux questions : sur quoi collez-vous, et avec quoi. Une composition médiocre posée sur un bon support avec le bon mortier tiendra trente ans dehors. Une composition splendide collée sur du contreplaqué avec une colle à carrelage d'intérieur se décollera au premier gel, par plaques, et vous ne pourrez rien sauver. J'ai vu suffisamment de tables de jardin finir ainsi pour ouvrir cet article par là plutôt que par une liste.

La bonne nouvelle est que quelques livres traitent la question sérieusement. La mauvaise est qu'ils ne sont pas toujours les plus vendus.


Directe ou indirecte, la distinction qui change tout

Avant les titres, la notion que beaucoup d'ouvrages grand public escamotent en une phrase alors qu'elle commande l'organisation entière d'un chantier.

La méthode directe consiste à coller les tesselles une par une, face visible vers le haut, sur le support définitif. Vous travaillez à l'endroit, vous voyez l'image se former, vous corrigez au fur et à mesure. C'est la méthode intuitive, celle des panneaux muraux, des objets, des surfaces courbes. Son défaut : la face supérieure épouse les irrégularités d'épaisseur des tesselles et de la colle. Le résultat n'est jamais parfaitement plan.

La méthode indirecte inverse la logique. Vous collez les tesselles à l'envers, face visible contre un papier kraft ou un filet, à la colle de pâte. Une fois l'ensemble sec, vous le retournez d'un bloc sur le support encollé, vous pressez, et vous mouillez le papier pour le retirer. Ce que vous découvrez est une surface strictement plane, puisque ce sont les faces visibles qui reposaient toutes sur le même plan.

Josette Deru distingue en outre une pose dite différée, ou méthode singalette, variante de l'indirecte utilisée notamment pour les grandes surfaces posées en atelier puis transportées.

Retenez le critère de choix, il est simple. Si l'on doit marcher dessus, poser un verre dessus ou passer la main dessus, il faut l'indirecte. Sinon, la directe fera très bien l'affaire et sera plus agréable à pratiquer. Les livres de loisirs créatifs enseignent presque exclusivement la directe, ce qui explique un grand nombre de tables bancales.

Premier livre : Josette Deru, « La mosaïque : les techniques »

Josette Deru, « La mosaïque : les techniques » (Ulisse, collection Atelier, 1997, 79 pages) Voir à la FnacLa mosaïque : les techniques, de Josette Deru (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Un petit livre ancien, mince, sans effet de maquette, et pourtant le meilleur point de départ que je connaisse. Il présente méthodiquement les trois techniques de pose, directe, inversée et différée, chacune illustrée par un projet mené étape par étape avec plus d'une centaine de photographies en couleurs.

Ce qu'il vous apprend précisément : à décider. Après quatre-vingts pages, vous savez devant un projet donné quelle méthode il appelle, et vous savez pourquoi. C'est exactement l'information dont un débutant a besoin en premier, et c'est celle que les gros volumes noient dans les projets.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la diversité des matériaux et la composition. Le livre est court et assume de l'être. Il faudra le compléter, mais il vous évitera l'erreur structurelle.

Une précision utile : il date de 1997 et se trouve surtout d'occasion. Cela n'a aucune importance ici. Les principes de pose n'ont pas changé depuis l'Antiquité, seules les colles ont évolué.

Deuxième livre : Virginie Loÿ, « La mosaïque : apprendre et créer »

Virginie Loÿ, « La mosaïque : apprendre et créer » (Eyrolles, 2008, 144 pages) Voir à la FnacLa mosaïque : apprendre et créer, de Virginie Loÿ (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : connaître la distinction directe et indirecte, donc avoir lu Deru ou l'équivalent.

Virginie Loÿ est mosaïste et enseigne. Son ouvrage détaille quatre techniques en pas à pas : la méthode directe, l'indirecte sur filet, l'indirecte sur papier et la dalle de béton. La première partie passe en revue les matériaux, ce qui manque au précédent, puis une douzaine de projets mettent chaque technique en application.

Ce qu'il vous apprend précisément : la dalle de béton, justement, qui est la réponse propre à la question de l'extérieur. Couler soi même une dalle et y intégrer la mosaïque donne un objet qui traverse les hivers, là où le même motif sur un plateau de bois ne passera pas l'année. Peu de livres grand public expliquent cette étape, celui-ci le fait.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la restauration et le travail du marbre à la marteline, qui relèvent d'un autre niveau et d'un autre apprentissage.

Troisième livre : Emma Biggs, « Techniques de la mosaïque »

Emma Biggs, « Techniques de la mosaïque » (Eyrolles, 2000, 160 pages, édition française d'un ouvrage britannique) Voir à la FnacTechniques de la mosaïque, de Emma Biggs (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir réalisé au moins deux ou trois pièces.

Emma Biggs a fondé un atelier de mosaïque à Londres et son livre est celui d'une praticienne. Il couvre l'équipement, les matériaux et les techniques de base, puis explore les tesselles au-delà de la pâte de verre : marbre, céramique, galets, matériaux de récupération. Coupe des tesselles, combinaison des couleurs, tracé des motifs, traitement des joints, avec des applications en décoration murale, en pavement intérieur et extérieur et sur des objets en trois dimensions.

Ce qu'il vous apprend précisément : le joint. C'est un point aveugle des débutants, qui soignent la pose et bâclent le jointoiement, alors que la couleur du joint modifie radicalement la lecture d'une mosaïque. Un joint gris et un joint blanc sur le même motif donnent deux pièces différentes. Biggs y consacre le développement nécessaire, et traite aussi la question des matériaux adaptés à l'extérieur.

Ce qu'il ne vous apprend pas : l'histoire et l'iconographie. Le livre est technique de bout en bout, c'est sa vertu.

Quatrième livre : Emma Biggs et Tessa Hunkin, « Le grand livre de la mosaïque »

Emma Biggs et Tessa Hunkin, « Le grand livre de la mosaïque : plus de 25 créations pour le jardin et la maison » (Fleurus, 2006) Voir à la FnacLe grand livre de la mosaïque : plus de 25 créations pour le jardin et la maison, de Emma Biggs et Tessa Hunkin (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : les trois étapes précédentes.

Les deux autrices ont longtemps travaillé ensemble à Londres. Ce volume est un livre de projets : tables d'intérieur et d'extérieur, jardinières, cadres de miroir, panneaux muraux, bougeoirs, dessous de verre, chacun photographié pas à pas, précédé d'une présentation des matériaux et des techniques.

Ce qu'il vous apprend précisément : à finir. Beaucoup de mosaïstes autodidactes savent poser mais n'ont jamais mené un objet jusqu'à l'usage réel, avec ses arêtes, ses bords, sa fixation, son entretien. Les projets vous forcent à traiter ces questions que l'exercice libre laisse toujours en suspens.

Et voici pourquoi il arrive en quatrième position, malgré son titre et sa réputation. Un livre de projets acheté en premier vous fait reproduire sans comprendre. Vous ferez de belles pièces pendant quelques mois, et vous serez incapable de diagnostiquer la première qui se décolle. Lu après les trois autres, il devient excellent.

Par où ne pas commencer

Les kits accompagnés d'un livret, d'abord. Ils contiennent la colle de l'éditeur, le support de l'éditeur et le motif de l'éditeur, et ils vous privent précisément de l'apprentissage qui compte, qui est le choix de ces trois éléments.

Les ouvrages de mosaïque antique ensuite, si votre but est de pratiquer. Un livre sur les pavements de Délos ou sur les mosaïques de Ravenne est un bonheur, mais il décrit un état de l'art, pas un mode d'emploi. Gardez le pour plus tard, quand vous saurez lire une pose et repérer l'andamento, ce cheminement des lignes de tesselles qui donne son mouvement à une composition.

Enfin, méfiez-vous des livres de loisirs créatifs qui multiplient les supports fantaisistes : pots en terre, plateaux de bois, cadres en carton bois, le tout destiné au jardin. La photographie est belle. La pièce ne passera pas deux hivers. Chaque fois qu'un ouvrage propose un support absorbant ou déformable pour l'extérieur sans le signaler, considérez que son auteur n'a jamais suivi ses propres réalisations dans la durée.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Le dosage du mortier, pour commencer. Tous les livres écrivent « consistance de pâte à crêpes épaisse », ce qui ne veut rien dire tant que vous ne l'avez pas eu entre les mains. Trop liquide, le mortier remonte entre les tesselles et vous passerez la soirée à nettoyer. Trop sec, il n'accroche pas. Deux gâchées ratées valent dix pages lues.

La coupe ensuite. La pince perroquet ne coupe pas, elle amorce une rupture que le matériau achève selon sa propre structure. Le grès cérame casse net, la pâte de verre part parfois de travers, le marbre suit son veinage. Ce sont des comportements que l'on apprend par la main. Personne ne les a jamais appris par une photographie.

Il y a aussi la question du temps. La mosaïque impose des attentes : séchage de la colle avant le joint, séchage du joint avant le nettoyage, cure du béton avant la pose. Un livre vous donne des durées, il ne vous apprend pas à organiser une pratique autour d'elles, ce qui est pourtant la vraie difficulté quand on travaille sur un coin de table le soir.

Enfin, et c'est le point le plus important : aucun livre ne vous dira si le support que vous avez sous la main convient, parce qu'il ne le voit pas. Un stage d'une journée dans un atelier associatif, ou même une conversation avec un carreleur, règle en dix minutes une question sur laquelle vous pourriez hésiter des semaines.

Après ces quatre livres

Vous saurez choisir une méthode, préparer un support qui tient, poser, jointoyer et finir un objet. C'est déjà une pratique complète, et de quoi produire des pièces qui vous survivront.

La suite bifurque. Si c'est la matière et le feu qui vous ont retenu, la poterie est le prolongement naturel, et beaucoup de mosaïstes finissent par cuire leurs propres tesselles émaillées, ce qui change tout. Si c'est au contraire la précision du petit format et le travail à la pince qui vous ont plu, regardez du côté des livres pour apprendre la bijouterie : le geste y est voisin, la patience aussi.

Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à applique la même méthode aux autres pratiques manuelles, et les genres vous aideront à repérer les ouvrages d'art et de technique, rarement rangés au même endroit.

Quelle différence entre méthode directe et méthode indirecte ?

En méthode directe, vous collez les tesselles une à une, face visible vers le haut, directement sur le support définitif. Vous voyez l'œuvre se faire, mais la surface finale suit les irrégularités du support. En méthode indirecte, vous collez provisoirement les tesselles à l'envers sur un papier kraft ou un filet, vous transportez l'ensemble d'un bloc sur son support encollé, puis vous retirez le papier. La surface obtenue est parfaitement plane, ce qui est indispensable pour un sol ou une table.

Quel support choisir pour une mosaïque d'extérieur ?

Un support minéral et stable : dalle de béton, plaque de ciment renforcé de fibres, ou pierre. Évitez absolument le contreplaqué, le médium et toute plaque de bois, même traitée, même vernie : le bois travaille avec l'humidité et fera sauter les tesselles au premier hiver. Utilisez ensuite un mortier colle classé pour l'extérieur et un joint résistant au gel. C'est ce couple support plus colle, et non la qualité de votre pose, qui décide de la durée de vie de la pièce.

Par quel livre commencer la mosaïque ?

Par « La mosaïque : les techniques » de Josette Deru, paru chez Ulisse en 1997. Soixante-dix-neuf pages seulement, mais elles traitent frontalement les trois modes de pose, directe, inversée et différée, ce que beaucoup d'ouvrages plus épais évitent. Vous saurez dès la première semaine quelle méthode correspond à votre projet, ce qui vous épargnera de recommencer une pièce entière pour une raison de planéité.

Faut-il des outils coûteux pour débuter ?

Non. Une pince de mosaïste dite pince perroquet, une marteline et une tranchet si vous travaillez le marbre, une truelle langue de chat, une éponge et des lunettes de protection couvrent l'essentiel. Les lunettes ne sont pas facultatives : la coupe du grès cérame et de la pâte de verre projette des éclats tranchants. C'est le seul poste sur lequel un livre ne doit jamais vous laisser transiger.

Peut-on poser de la mosaïque sur du bois ?

En intérieur, sur une pièce qui ne sera ni mouillée ni exposée, oui, avec une colle adaptée et un support épais et rigide. En extérieur ou dans une salle de bain, non. Le bois gonfle et se rétracte selon l'humidité, la couche de mosaïque ne bouge pas, et le décollement est une question de mois. Beaucoup de livres de projets décoratifs proposent des plateaux de table en bois pour le jardin : c'est la principale erreur qu'ils transmettent.

Combien de temps pour réaliser une première pièce ?

Un dessous de plat de vingt centimètres de côté demande une soirée de pose et vingt-quatre heures de séchage avant le jointoiement. Un panneau mural d'un mètre carré, comptez plutôt une trentaine d'heures réparties sur plusieurs semaines, séchages compris. La mosaïque est lente moins par la difficulté du geste que par les temps d'attente imposés entre les étapes, et il n'existe aucun moyen de les raccourcir.

Les livres de projets sont-ils utiles ?

Ils sont utiles en deuxième ou troisième position, jamais en premier. Un recueil de vingt-cinq créations vous donne des idées et des gabarits, mais il suppose acquis tout ce qui compte vraiment : le choix du support, la préparation, le dosage du mortier, le jointoiement. Acheté seul par un débutant, il produit des pièces qui ressemblent au modèle pendant six mois puis se délitent.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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