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Quels livres pour apprendre la basse ? 4 méthodes dans l'ordre où les ouvrir

La basse est un instrument de temps avant d'être un instrument de notes. Quatre méthodes dans l'ordre, ce que chacune apporte, et pourquoi les recueils de tablatures ne vous apprendront rien.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Débuter à la basse. Méthode de basse pour débutantGuillaume OttavianiVoir Débuter à la basse. Méthode de basse pour débutant, de Guillaume Ottaviani à la Fnac (lien affilié)
La basse en autodidacte, niveau débutantBruno TauzinVoir La basse en autodidacte, niveau débutant, de Bruno Tauzin à la Fnac (lien affilié)
Le rythme à la basseBruno TauzinVoir Le rythme à la basse, de Bruno Tauzin à la Fnac (lien affilié)
Basse électrique débutantDavid OverthrowVoir Basse électrique débutant, de David Overthrow à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la basse ?

Le parcours type se ressemble beaucoup d'un bassiste à l'autre. On a joué de la guitare pendant deux ou trois ans, un groupe se monte, il manque un bassiste, et comme le manche est accordé pareil, on se dit que ce sera vite réglé. Trois mois plus tard, on connaît vingt lignes de basse en tablature et on joue mal, sans très bien comprendre pourquoi. Le batteur, lui, a compris.

L'explication tient en une phrase, et tout le reste de cet article en découle : la basse est un instrument de temps avant d'être un instrument de notes. Les mauvaises lignes de basse ne sont presque jamais fausses, elles sont mal placées. Voici quatre méthodes, dans un ordre qui prend ce problème par le bon bout, et la liste de ce qu'il ne faut pas acheter.


Ce que la guitare vous a mal appris

Si vous venez de la guitare, trois habitudes vont vous coûter cher, et il vaut mieux les nommer tout de suite.

La première est la main droite. À la guitare, on gratte ou on pince avec un médiator, et l'attaque est à peu près uniforme. À la basse électrique, l'alternance index-majeur commande le son entier : la puissance, l'égalité entre les doigts, la longueur de chaque note. C'est un apprentissage complet, pas une adaptation. Beaucoup de guitaristes reconvertis prennent un médiator pour éviter ce chantier, et ils s'enferment.

La deuxième est l'étouffement. À la guitare, une corde qui continue de sonner un peu passe inaperçue dans un accord. À la basse, elle produit une bouillie immédiate dans le bas du spectre. La technique du pouce qui suit les cordes graves, et de la main gauche qui coupe, n'a pas d'équivalent guitaristique.

La troisième est le rapport au rythme. Un guitariste peut décaler légèrement une note sans que personne ne s'en aperçoive. Un bassiste ne le peut pas. Sa fonction est de coller à la grosse caisse, et un écart de trente millisecondes s'entend physiquement. C'est pour cette raison que le métronome, qui est un accessoire pour le guitariste, est l'instrument principal du bassiste débutant.

Premier livre : Guillaume Ottaviani, « Débuter à la basse »

Guillaume Ottaviani, « Débuter à la basse. Méthode de basse pour débutant » (publié en 2016 en auto-édition, ISBN 978-2-9556464-0-3, avec fichiers audio à télécharger) Voir à la FnacDébuter à la basse. Méthode de basse pour débutant, de Guillaume Ottaviani (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Ottaviani est bassiste professionnel, à la basse électrique comme à la contrebasse, installé à Bristol. Sa méthode a le mérite de la brièveté et d'un parti pris net : on joue d'abord, on théorise après.

Ce qu'elle vous apprend précisément : la position des mains, les premières lignes jouables, et surtout la sensation de jouer accompagné. Les fichiers mp3 fournissent des playbacks complets, batterie, guitare et clavier, ce qui règle le problème principal de la basse en solitaire : seul, une ligne de basse ne veut rien dire, et l'ennui gagne en trois semaines. Avec un groupe dans les oreilles dès la première leçon, la même ligne devient évidente.

Ce qu'elle ne vous apprend pas : la profondeur. C'est une méthode d'entrée, volontairement légère en théorie, qui vous mène jusqu'à vos premiers morceaux et pas beaucoup plus loin. Comptez trois à quatre mois, puis passez à la suivante.

Deuxième livre : Bruno Tauzin, « La basse en autodidacte, niveau débutant »

Bruno Tauzin, « La basse en autodidacte, niveau débutant » (Play Music Publishing, livre accompagné d'un CD de playbacks et d'un DVD, également disponible dans une édition avec enregistrements à télécharger) Voir à la FnacLa basse en autodidacte, niveau débutant, de Bruno Tauzin (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : quelques semaines de pratique, ou rien du tout si vous êtes patient.

Bruno Tauzin est probablement le pédagogue de la basse le plus solide de l'édition francophone, et cette méthode est sa colonne vertébrale. Elle est construite comme un cours progressif complet : posture, main droite, main gauche, lecture, styles.

Ce qu'elle vous apprend précisément : le geste juste, filmé. Le DVD est ici la vraie valeur ajoutée, parce que la position du poignet droit, l'angle d'attaque et l'étouffement des cordes ne se transmettent pas par un texte, quel qu'il soit. Vous voyez la main, vous copiez la main. Le CD de playbacks reprend le principe de la méthode précédente en plus varié.

Ce qu'elle ne vous apprend pas : à improviser une ligne. La méthode vous fait exécuter, correctement, ce qui est déjà énorme. Elle existe en niveau intermédiaire, qui prolonge le travail vers le jeu au médiator, les notes mortes, les tonalités mineures et les premiers éléments de slap. Le passage de l'un à l'autre se fait naturellement au bout d'un an.

Troisième livre : Bruno Tauzin, « Le rythme à la basse »

Bruno Tauzin, « Le rythme à la basse » (Play Music Publishing, livre avec fichiers audio et vidéo) Voir à la FnacLe rythme à la basse, de Bruno Tauzin (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : savoir produire un son propre et tenir une ligne simple, soit six mois environ.

Deux ouvrages du même auteur dans une liste de quatre, c'est assumé. Celui-ci traite le sujet que toutes les autres méthodes survolent, et qui décide de votre niveau réel.

Ce qu'il vous apprend précisément : la lecture rythmique appliquée à l'instrument, des figures élémentaires aux enchaînements complexes, sur des grooves et des lignes réellement jouables. C'est exactement ce qui manque au bassiste autodidacte : il sait quelles notes jouer, il ne sait pas les placer, et il ne sait pas nommer ce qu'il entend quand un batteur lui demande de jouer sur le contretemps.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à aimer le métronome, ce qui n'était pas son travail. La régularité viendra du nombre d'heures passées sur une boucle, pas d'une lecture. Prévoyez d'y revenir par tranches de deux pages, pendant un an, et non de le lire d'un bout à l'autre.

Une opinion tranchée, tant qu'à faire : un bassiste qui place bien trois notes vaut mieux, dans n'importe quel groupe, qu'un bassiste qui en place mal quarante. Ce livre est celui qui rapporte le plus, et c'est celui que personne n'achète.

Quatrième livre : David Overthrow, « Basse électrique débutant »

David Overthrow, « Basse électrique débutant » (Alfred Publishing, méthode complète de basse électrique, édition française avec CD) Voir à la FnacBasse électrique débutant, de David Overthrow (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : les trois étapes précédentes, ou un an de pratique.

Overthrow enseigne la basse aux États-Unis et publie chez Alfred une série de méthodes cohérente, du débutant au jazz. La version française du premier volume complète utilement les ouvrages précédents sur un point qu'ils laissent de côté.

Ce qu'il vous apprend précisément : la théorie appliquée au manche. Gammes majeures, triades, accords de septième, et surtout la manière dont on fabrique une ligne de basse à partir d'un accord donné. C'est le moment où vous cessez de reproduire des lignes pour commencer à en inventer, ce qui est la vraie frontière entre un exécutant et un musicien.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le contexte stylistique français. La série entière est pensée dans une logique anglo-saxonne, très orientée blues, rock et jazz américains. Ce n'est pas un défaut, c'est une origine, et elle se voit dans le choix des exemples.

Si la logique harmonique vous accroche à ce stade, elle mérite un détour dédié : nous l'avons traitée dans quels livres pour apprendre l'harmonie musicale.

Par où ne pas commencer

Voici les achats qui coûtent le plus de temps aux bassistes débutants.

Les recueils de tablatures, en tête. « 100 lignes de basse du rock », les partitions de morceaux isolés, les transcriptions gratuites trouvées en ligne : rien de tout cela n'est une méthode. Une tablature indique une case et une corde, sans dire quel doigt utiliser, quelle durée tenir, ni pourquoi la ligne est écrite ainsi. Vous accumulerez des morceaux approximatifs et une technique bancale. Le pire est qu'ils fonctionnent très bien à court terme, ce qui les rend difficiles à abandonner.

Les méthodes de guitare adaptées à la basse. Il en circule, elles transposent un contenu guitaristique sur quatre cordes et ignorent le problème central de la main droite. Achetez une méthode écrite pour la basse.

Les livres de slap achetés la première année. Le slap est spectaculaire, il attire, et il est à peu près inutile sans une main droite conventionnelle solide. Un slap posé sur des bases fragiles produit un bruit percussif sans musique dessous. Attendez la deuxième année, Tauzin l'introduit d'ailleurs au niveau intermédiaire, ce qui est le bon moment.

Les méthodes de contrebasse quand on joue de la basse électrique. Les deux instruments partagent l'accord des cordes et la clé de fa, et rien d'autre : ni la technique de main gauche, ni le rapport au corps, ni le doigté. La confusion est fréquente dans les catalogues en ligne, vérifiez avant de commander.

Enfin, un mot sur les ouvrages exclusivement théoriques. La théorie musicale pour bassiste existe et se justifie, mais pas au premier trimestre. Avant d'avoir produit un son régulier pendant vingt minutes d'affilée, un chapitre sur les modes ne vous servira à rien.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

La basse est sans doute l'instrument où l'écart entre ce qu'un livre transmet et ce que le métier exige est le plus grand.

Aucune méthode ne vous donnera le placement rythmique. Il s'acquiert en jouant sur une boucle de batterie, ou mieux, avec un batteur, et en acceptant d'entendre qu'on est légèrement en avance. Un exercice qui vaut son pesant d'heures : enregistrez-vous sur un playback, écoutez le lendemain, et vous découvrirez un décalage que vous n'aviez pas senti en jouant. C'est désagréable et c'est la manière la plus rapide de progresser.

Aucune méthode ne vous apprendra non plus à jouer moins. La compétence la plus recherchée chez un bassiste est la retenue, et elle ne s'enseigne pas par écrit. Elle vient en jouant en groupe, quand vous constatez que la chanson tient mieux avec quatre notes qu'avec quatorze.

Il reste enfin la transcription à l'oreille, que personne ne fait et qui remplace à peu près tout. Prenez une chanson que vous aimez, cherchez la ligne de basse sans regarder de tablature, et acceptez d'y passer deux soirées. Vous en tirerez plus que d'un chapitre entier, et votre oreille harmonique se formera au passage.

Après ces quatre méthodes

Vous aurez alors une main droite fiable, une lecture rythmique correcte, la capacité de construire une ligne sur une grille, et une idée assez juste de votre fonction dans un groupe. C'est déjà le niveau qui permet de rejoindre des musiciens sans les gêner.

La suite ne s'achète plus vraiment. Elle consiste à jouer avec d'autres, à transcrire, et à écouter beaucoup en isolant la basse : James Jamerson chez Motown, Jaco Pastorius pour la fretless, Carol Kaye pour l'invention discrète. Si un style vous prend, les méthodes spécialisées existent, jazz, funk, walking bass, et elles deviennent enfin lisibles.

Vous pouvez aussi élargir vers les instruments voisins, ce qui rend service au bassiste plus qu'on ne croit : voyez quels livres pour apprendre la guitare, quels livres pour apprendre le solfège, ou le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à.

Peut-on apprendre la basse quand on vient de la guitare ?

Oui, et vous partez avec un avantage et un handicap. L'avantage : le manche est accordé de la même manière, vous retrouvez vos repères en une soirée. Le handicap : vous avez pris l'habitude de jouer avec un médiator ou en grattant des accords, et la basse électrique se joue majoritairement à l'index et au majeur, avec une attaque et un étouffement des cordes qui n'existent pas à la guitare. Prévoyez de réapprendre entièrement la main droite.

Faut-il apprendre le solfège pour jouer de la basse ?

Vous pouvez jouer sans, vous ne pouvez pas progresser longtemps sans. La tablature indique où poser les doigts, jamais combien de temps y rester, or la durée est justement ce qui définit une ligne de basse. Vous n'avez pas besoin d'un cursus de conservatoire, mais la lecture rythmique en clé de fa est un investissement de quelques mois qui vous rendra employable dans n'importe quel groupe.

Faut-il jouer aux doigts ou au médiator ?

Aux doigts pour apprendre, quel que soit le style que vous visez. Le jeu à l'index et au majeur développe le contrôle de l'attaque, la régularité et l'étouffement des cordes, trois choses que le médiator masque au lieu de les enseigner. Le médiator reste un outil légitime dans le rock et le métal, et vous l'ajouterez très vite ensuite. L'ordre inverse marche mal : les bassistes qui débutent au médiator mettent des années à passer aux doigts.

Les recueils de tablatures sont-ils utiles ?

Utiles pour jouer un morceau ce soir, inutiles comme méthode. Une tablature vous donne une suite de positions sans hiérarchie, sans rythme précis et sans explication. Vous accumulerez des morceaux à peu près joués, sans jamais construire une main droite fiable ni un placement rythmique solide. Gardez-les comme récompense hebdomadaire à côté d'une vraie méthode, pas à la place.

Combien de temps par jour faut-il travailler pour progresser ?

Vingt à trente minutes quotidiennes valent nettement mieux que trois heures le dimanche, parce que la basse est d'abord une affaire de régularité corporelle. La main droite fatigue vite les premières semaines, et l'endurance ne se construit que par la fréquence. Consacrez la moitié de ce temps au métronome ou à une boucle de batterie, même quand c'est ennuyeux, surtout quand c'est ennuyeux.

Une basse quatre cordes suffit-elle pour débuter ?

Oui, et c'est le choix raisonnable. La quasi-totalité des méthodes francophones sont écrites pour quatre cordes, la majorité du répertoire s'y joue, et une cinquième corde grave ajoute de la largeur de manche à un moment où vous cherchez encore vos repères. Le passage à cinq cordes se justifie plus tard, si vous jouez du gospel, du métal moderne ou de la musique où les claviers descendent bas.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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