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Quels livres pour apprendre l'allemand ? 4 titres dans l'ordre où les ouvrir

Les déclinaisons font abandonner la plupart des débutants en trois semaines. Voici quatre livres dans un ordre qui installe les cas par l'usage, et ceux qu'il ne faut surtout pas acheter en premier.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
L'allemandMaria RoemerVoir L'allemand, de Maria Roemer à la Fnac (lien affilié)
Harrap's Méthode intégrale allemandVoir Harrap's Méthode intégrale allemand à la Fnac (lien affilié)
Bescherelle L'allemand pour tousVoir Bescherelle L'allemand pour tous à la Fnac (lien affilié)
L'allemand de A à ZJean Janitza et Gunhild SamsonVoir L'allemand de A à Z, de Jean Janitza et Gunhild Samson à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre l'allemand ?

Le scénario se répète avec une régularité désolante. On décide de s'y mettre, on achète le livre le mieux noté, on ouvre au chapitre deux, et on tombe sur un tableau à quatre colonnes et trois lignes : nominatif, accusatif, datif, génitif, masculin, féminin, neutre. Seize cases à mémoriser avant d'avoir su dire où on habite. Trois semaines plus tard, le livre est rangé, et la personne raconte partout que l'allemand est une langue impossible.

L'allemand n'est pas une langue impossible. Sa prononciation est régulière, son orthographe transparente, son vocabulaire souvent transparent aussi pour qui a fait un peu d'anglais. Ce qui fait tomber les débutants, c'est un choix pédagogique : présenter le système des cas comme un préalable à mémoriser, alors qu'il s'acquiert par exposition répétée à des phrases correctes. Voici quatre livres seulement, dans un ordre qui respecte cet ordre-là, et la liste de ceux qu'il vaut mieux ne pas acheter en premier.


Le point qui décide de tout : les cas s'installent par l'oreille

Un locuteur allemand ne récite pas de tableau avant de parler. Il dit « mit dem Hund » parce qu'il a entendu cette forme dix mille fois, et il saurait vous dire qu'une autre sonne faux bien avant de savoir expliquer pourquoi. C'est le mécanisme qu'il faut reproduire, et c'est possible chez l'adulte, à condition de fournir la quantité d'exposition.

Ce que ça veut dire concrètement pour votre achat : privilégiez une méthode à progression lente qui vous fait manipuler beaucoup de phrases avant de vous expliquer la structure. Fuyez tout ce qui commence par la grammaire et illustre ensuite. Vous aurez besoin de la grammaire, bien sûr, mais en aval, quand vous aurez une question née de votre propre lecture.

Deuxième conséquence : l'audio n'est pas une option. L'allemand a des marques de cas qui portent sur des syllabes atones à la fin des mots, celles qu'on saute quand on lit en silence. Une méthode sans enregistrement vous laissera avec un allemand écrit et une oreille vide.

Premier livre : Maria Roemer, « L'allemand » chez Assimil

Maria Roemer, « L'allemand » (Assimil, collection Sans peine, édition remaniée en 2015, environ 640 pages, illustrations de Jean-Louis Goussé, disponible avec CD ou fichiers audio) Voir à la FnacL'allemand, de Maria Roemer (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis. Cent leçons, une par jour.

Le principe d'Assimil n'a pas changé depuis les années 1930 et il reste le meilleur compromis disponible pour l'autodidacte. Chaque leçon tient sur une double page : un dialogue court en allemand à gauche, sa traduction française en vis-à-vis, quelques notes, deux exercices. Vous écoutez, vous lisez, vous répétez, vous fermez le livre. Vingt à trente minutes. Le lendemain, vous recommencez avec la leçon suivante.

Ce qu'il vous apprend précisément : à reconnaître les formes justes avant de savoir les nommer. Les déclinaisons apparaissent dès les premières leçons, mais dans des phrases entières, sans qu'on vous demande de les apprendre. Le tableau arrive au moment où vous avez déjà croisé les formes des dizaines de fois, et il ne fait alors que ranger ce que vous connaissiez confusément. Maria Roemer est germanophone, installée en France depuis longtemps, et a enseigné l'allemand langue étrangère : les dialogues sonnent comme de l'allemand parlé et non comme des phrases d'exercice.

À partir de la cinquantième leçon environ commence ce qu'Assimil appelle la phase active : vous reprenez les leçons du début en traduisant du français vers l'allemand. C'est la partie que tout le monde saute, et c'est la seule qui construit votre capacité à produire. Ne la sautez pas.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à travailler une difficulté ciblée. Si le génitif vous échappe, Assimil ne vous propose pas trente exercices dessus. La progression est linéaire et n'attend personne. C'est pour cette raison qu'il faut un second livre.

Deuxième livre : « Harrap's Méthode intégrale allemand »

« Harrap's Méthode intégrale allemand » (Larousse, collection Harrap's, livre accompagné d'enregistrements audio) Voir à la FnacHarrap's Méthode intégrale allemand (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, mais fonctionne mieux en parallèle d'Assimil à partir du deuxième mois, ou seul si la forme Assimil vous déplaît.

La série Harrap's reprend en français la collection britannique Teach Yourself, dont la logique diffère de celle d'Assimil : les unités sont thématiques, chacune vise un objectif de communication annoncé, et les exercices sont nombreux et corrigés. La grammaire y est expliquée franchement, mais elle arrive après le dialogue et sert à l'éclairer.

Ce qu'il vous apprend précisément : à produire, pas seulement à reconnaître. Là où Assimil vous fait comprendre, Harrap's vous fait écrire, compléter, transformer. Les deux usages sont complémentaires, et beaucoup de gens qui piétinent avec une seule méthode débloquent en ajoutant l'autre. Le format thématique donne aussi des repères concrets : commander, se déplacer, expliquer un problème, prendre rendez-vous.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la finesse. Les explications grammaticales sont volontairement simplifiées, et à partir d'un bon niveau intermédiaire vous les trouverez insuffisantes. C'est le moment de passer au livre suivant.

Troisième livre : « Bescherelle L'allemand pour tous »

« Bescherelle L'allemand pour tous » (Hatier, collection Bescherelle, rééditions régulières) Voir à la FnacBescherelle L'allemand pour tous (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : deux ou trois mois de méthode derrière vous. Grammaire, conjugaison et vocabulaire réunis en un volume.

Le mot Bescherelle évoque la conjugaison française, mais la collection s'est étendue aux langues étrangères et le volume allemand est un ouvrage sérieux et clairement organisé. Les tableaux de déclinaison y sont, les verbes forts y sont classés, la syntaxe de la subordonnée y est expliquée avec des exemples nombreux.

Ce qu'il vous apprend précisément : à mettre un nom sur ce que vous avez déjà rencontré. Vous butez sur un « deren » dans un texte, vous cherchez, vous trouvez la section sur les relatifs, vous comprenez, vous refermez. Quinze minutes, une question résolue. Répété cinquante fois sur un an, ce geste vaut plus qu'une lecture linéaire de l'ouvrage entier.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à parler. Un livre de référence ne produit aucun automatisme. Il désambiguïse, ce qui est déjà beaucoup, et ce n'est pas la même chose que d'apprendre.

Quatrième livre : Janitza et Samson, « L'allemand de A à Z »

Jean Janitza et Gunhild Samson, « L'allemand de A à Z » (Hatier, réédité régulièrement) Voir à la FnacL'allemand de A à Z, de Jean Janitza et Gunhild Samson (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : un niveau intermédiaire et des questions précises. C'est votre dictionnaire de secours, pas votre programme.

L'ouvrage est classé alphabétiquement, par notion et par mot difficile. Vous ne cherchez pas « les subordonnées », vous cherchez « obwohl » ou « depuis », et vous tombez sur une entrée qui traite le point en une page, avec les cas particuliers et les erreurs typiques des francophones. Jean Janitza a enseigné la linguistique allemande à l'université et Gunhild Samson est germaniste : le niveau d'exigence est celui de l'enseignement supérieur, mais l'écriture reste accessible.

Ce qu'il vous apprend précisément : les points que les méthodes lissent. La différence entre les deux manières de traduire « depuis », le comportement des verbes à particule séparable dans les subordonnées, les prépositions qui changent de sens selon le cas qui les suit. Ce sont exactement les endroits où un francophone se trompe pendant des années sans que personne le corrige.

Ce qu'il ne vous apprend pas : par où commencer. Un ouvrage alphabétique n'a pas d'ordre pédagogique, et c'est très bien tant que vous ne prétendez pas l'utiliser comme cours.

Par où ne pas commencer

Voici les achats qui coûtent le plus de temps, et le premier est probablement celui que vous alliez faire.

Une grammaire de référence achetée en premier livre. C'est le réflexe le plus fréquent, parce qu'on sait que la grammaire allemande est l'obstacle et qu'on veut l'attaquer de front. Le résultat est presque toujours le même : trois semaines de tableaux, aucune phrase produite, abandon. Une grammaire se consulte, elle ne se suit pas. Achetez-la, mais en deuxième ou troisième position.

Les listes de verbes forts apprises isolément. Il en existe environ deux cents, et les recopier par colonnes est un exercice satisfaisant qui ne sert à rien : vous connaîtrez « singen, sang, gesungen » sans savoir construire une phrase autour. Les verbes forts s'apprennent en contexte, à mesure qu'ils apparaissent, et les plus fréquents s'installent tout seuls.

Les manuels scolaires du secondaire. Ils sont conçus pour être médiatisés par un professeur, avec des consignes qui supposent une classe, un tableau et une correction collective. Seul chez vous, vous ne saurez ni ce qu'on attend de vous ni si votre réponse est juste.

La littérature classique en version originale. Kafka, Zweig et Hesse ont la réputation d'être accessibles, et c'est vrai comparé à Thomas Mann, ce qui n'est pas un compliment très utile. Aucun de ces auteurs n'écrit dans l'allemand du vingt et unième siècle, et l'un d'eux emploie des phrases qui tiennent une demi-page. La question du bon moment pour passer à la version originale se pose exactement comme en anglais, où nous l'avons traitée en détail dans quels livres pour apprendre l'anglais.

Enfin, méfiance envers tout titre qui annonce un délai. Une méthode en trente jours vend une fin, alors que l'apprentissage d'une langue n'en a pas, et vous vous jugerez en échec au trente et unième jour.

Ce qu'aucun de ces livres ne fera à votre place

Aucun ne vous fera parler. C'est vrai de toutes les langues, mais l'allemand aggrave le problème d'une manière particulière : la structure de la phrase vous oblige à décider tôt de choses que vous n'avez pas encore pensées. Le verbe conjugué se place en deuxième position dans la principale et part à la fin dans la subordonnée, ce qui suppose d'avoir la phrase entière en tête avant de la commencer. Cette gymnastique ne s'automatise qu'en parlant, mal, souvent, avec quelqu'un qui attend en face. Un groupe de conversation, un tandem linguistique, un cours en visioconférence, le canal importe peu.

Aucun ne vous donnera l'oreille non plus. L'allemand parlé réel enchaîne, avale des syllabes, et varie beaucoup selon les régions : ce qu'on entend à Hambourg n'est pas ce qu'on entend à Munich, et le suisse alémanique est une autre affaire encore. Vingt minutes d'écoute quotidienne, même passive, sur des podcasts ou des journaux télévisés en ligne, valent plus que dix pages d'exercices.

Enfin, aucun ne remplacera la correction. Vous pouvez répéter une faute de genre pendant deux ans sans le savoir, et les fautes de genre en allemand ont des conséquences en cascade sur l'article, l'adjectif et le pronom. Il faut quelqu'un pour vous dire « das Mädchen, pas die ». Un correcteur humain une fois par semaine vaut une bibliothèque.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors une méthode complète derrière vous, un second angle d'attaque sur les mêmes structures, une grammaire à consulter et un ouvrage pour les points fins. C'est largement de quoi tenir jusqu'à un niveau B1 solide et commencer à lire de l'allemand contemporain.

La suite se joue ailleurs que dans les manuels. Prenez des nouvelles en édition bilingue, puis un roman policier contemporain, dont la langue est simple et l'intrigue tirante. Regardez les auteurs germanophones dont l'œuvre est largement traduite en français, ce qui permet de passer d'une langue à l'autre selon la fatigue du soir : le catalogue par auteur est fait pour ce genre de repérage.

Et si cette manière d'apprendre par les livres vous convient, le reste de notre collection quels livres acheter pour apprendre à applique le même principe ailleurs, par exemple pour apprendre l'espagnol, où le piège n'est pas la grammaire mais l'excès de facilité des premières semaines.

Par quel livre commencer l'allemand quand on part de zéro ?

Par « L'allemand » de Maria Roemer chez Assimil, dans la collection Sans peine. Cent leçons courtes, une par jour, avec des dialogues traduits en vis-à-vis et un enregistrement audio. La méthode n'expose pas les déclinaisons sous forme de tableau au début : elle vous fait entendre et répéter les formes correctes pendant des semaines avant de nommer la règle. C'est exactement ce dont un débutant a besoin.

Faut-il apprendre les déclinaisons allemandes par cœur avant de commencer ?

Non, et c'est l'erreur qui tue le plus de vocations. Les quatre cas et les trois genres forment un système qui n'a de sens qu'une fois qu'on a vu des phrases réelles fonctionner. Apprendre le tableau des articles avant de savoir dire bonjour revient à mémoriser une grille de conjugaison dans une langue dont on ne connaît aucun mot. Les tableaux servent plus tard, en vérification.

Combien de temps faut-il pour atteindre un niveau correct en allemand ?

Comptez six à huit mois de trente minutes quotidiennes pour finir une méthode complète et tenir une conversation simple. L'allemand a la réputation d'être difficile, ce qui est vrai pour la grammaire des premiers mois et faux pour la suite : la prononciation est régulière, l'orthographe transparente, et la construction des mots composés devient un avantage une fois le mécanisme compris.

Une grammaire de référence sert-elle à quelque chose pour un débutant ?

Elle sert, à condition de la traiter comme un dictionnaire. On l'ouvre parce qu'une phrase précise vous a arrêté, on lit deux pages, on referme. Lue du début à la fin, elle produit une connaissance passive de règles que vous ne reconnaîtrez pas en situation. « L'allemand de A à Z » de Jean Janitza et Gunhild Samson, chez Hatier, est faite pour cet usage ponctuel avec son classement alphabétique.

Peut-on apprendre l'allemand sans jamais parler avec quelqu'un ?

Vous pouvez atteindre une bonne compréhension écrite et un vocabulaire large. Vous n'atteindrez pas la parole. Construire une phrase allemande en temps réel oblige à placer le verbe au bon endroit et à choisir le cas avant d'avoir fini de penser la phrase, ce qui ne s'automatise que par la pratique orale. Trente minutes de conversation par semaine changent plus que trois chapitres de grammaire.

Les livres bilingues valent-ils le coup en allemand ?

Oui, à partir du moment où vous avez terminé les premières dizaines de leçons d'une méthode. La collection Folio bilingue de Gallimard propose des nouvelles allemandes avec le texte original et la traduction en vis-à-vis. La règle est de lire la page allemande en entier d'abord, puis de vérifier. Dans l'autre sens, vous lisez une traduction française et vous ne progressez pas.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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