Vous lisez correctement l'anglais, assez pour suivre une série ou un article, mais pas assez pour traverser un roman de quatre cents pages sans buter. En papier, chaque mot inconnu oblige à choisir : deviner et continuer, ou sortir le téléphone et perdre le fil.
La liseuse change ce calcul : on appuie sur le mot, la définition s'affiche, on reprend la ligne. Reste à savoir ce que les appareils font vraiment, ce qu'ils ne font pas, et où l'on se procure ensuite des livres en anglais depuis la France.
Ce que le dictionnaire intégré change par rapport au papier
Sur une liseuse Kobo, la mécanique est documentée par le constructeur : pendant la lecture, vous appuyez longuement sur un mot, un soulignement apparaît, vous relâchez, et sa définition s'affiche dans une fenêtre par-dessus le texte. Vous la fermez, vous êtes toujours sur la même page, au même paragraphe.
Ce détail décide souvent si vous finirez le livre. Lire en anglais quand on n'est pas bilingue, c'est rencontrer un mot inconnu toutes les quelques lignes au début, puis de moins en moins souvent, parce que chaque auteur a son vocabulaire et qu'on l'apprend en lisant. La liseuse rend ce premier tiers supportable : vérifier ne coûte plus qu'une seconde, donc on vérifie, donc on continue.
Le dictionnaire par défaut, pour un livre en anglais, est un dictionnaire anglais unilingue : il explique un mot anglais par d'autres mots anglais. Pour un lecteur intermédiaire, c'est souvent le meilleur réglage, parce qu'il garde l'esprit dans la langue. Pour un lecteur qui débute, c'est parfois une définition de plus à déchiffrer. D'où l'intérêt de la traduction.
La traduction au mot : ce que Kobo confirme, et ce qu'il ne dit pas
Kobo documente une fonction de traduction dans son aide en ligne. Dans la fenêtre de définition qui s'ouvre après l'appui long, un menu déroulant fait apparaître une liste de langues ; vous en choisissez une, et le mot est traduit vers cette langue.
Ce que Kobo ne publie pas, c'est la liste de ces langues. L'aide officielle dit seulement que la liseuse « inclut plusieurs dictionnaires dans différentes langues », que l'on ajoute ou retire depuis les paramètres, dans la rubrique Langue et dictionnaires. Aucune page Kobo que nous ayons lue ne nomme la paire anglais-français. Seuls la presse spécialisée (liseuses.net) et les forums de lecteurs décrivent un dictionnaire anglais-français parmi ceux proposés sur les Kobo. Nous ne l'affirmons donc pas au nom de Kobo : si cette fonction est votre critère numéro un, vérifiez-la en magasin ou dans les paramètres de l'appareil avant de vous décider.
Trois limites, elles, sont établies.
La traduction porte sur un mot à la fois. Vous ne sélectionnez pas une phrase pour la faire traduire. Pour une tournure idiomatique, la liseuse ne vous aidera pas plus que pour un mot isolé, et c'est précisément sur les expressions que l'anglais résiste le plus.
La qualité des dictionnaires de traduction est jugée inégale par les lecteurs qui en parlent sur les forums, certains préférant le dictionnaire unilingue anglais. Comptez sur la traduction comme un dépannage, pas comme un dictionnaire bilingue de référence.
Le dictionnaire ne fonctionne pas partout. Kobo l'écrit : il « peut ne pas fonctionner dans certains livres, comme les PDF, les livres empruntés dans une bibliothèque publique ou les livres gratuits trouvés sur internet ». Un fichier récupéré ailleurs que dans la boutique, parfois oui, parfois non, selon la façon dont il a été fabriqué. C'est un point important pour les lecteurs qui comptent se nourrir de classiques gratuits, on y revient plus bas.
Les modèles Kobo qui répondent à cet usage
Le dictionnaire et la traduction au mot sont des fonctions du logiciel Kobo, pas d'un modèle en particulier. Le choix se fait sur la taille, les boutons et l'annotation.
Kobo Clara BW (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo Clara BW (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). La réponse la plus simple pour un lecteur de romans en anglais, avec un écran de 6 pouces noir et blanc à 300 points par pouce. Le texte y est plus contrasté que sur les modèles couleur d'après les tests publiés, ce qui compte quand on lit lentement et qu'on scrute chaque mot. Elle est étanche IPX8 et pèse 174 g : l'appareil qu'on glisse dans la poche d'un manteau pour lire dans le métro. Pas de boutons de page, tout se fait à l'écran.
Kobo Clara Colour (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo Clara Colour (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le même format avec un écran couleur E Ink, à 300 points par pouce en noir et blanc et 150 en couleur. Pour le texte, elle n'apporte rien à la lecture en anglais, et son contraste en noir et blanc est un peu en retrait de la Clara BW d'après les tests. Elle ne se justifie ici que si vous lisez aussi des livres illustrés ou si les couvertures en couleur comptent pour vous. Notre comparatif Kobo Clara BW ou Clara Colour détaille l'arbitrage.
Kobo Libra Colour (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo Libra Colour (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). L'écran de 7 pouces, des boutons physiques pour tourner les pages, et la compatibilité avec le stylet Kobo Stylus 2, vendu séparément. Les boutons ont ici un intérêt concret : la main qui tient l'appareil tourne les pages, l'autre reste libre pour appuyer sur les mots. Et le stylet permet de surligner en couleur et d'annoter dans les marges, un carnet de vocabulaire directement dans le roman. Si vous hésitez entre les deux formats, notre guide Kobo Clara ou Kobo Libra compare les deux façons de lire ; et si vous lisez beaucoup, en anglais ou non, quelle liseuse pour un gros lecteur explique pourquoi les boutons pèsent tant.
Kobo Elipsa 2E (vendue par la Fnac) Voir à la FnacKobo Elipsa 2E (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le grand format de 10,3 pouces avec stylet fourni, réservé aux documents de travail et manuels en PDF à annoter pleine page. Le dictionnaire peut ne pas fonctionner sur les PDF, l'aide y sera donc moindre. Pour des romans, elle est trop grande, trop lourde (390 g), et elle n'est pas étanche.
Kobo Clara Colour/BW SleepCover Voir à la FnacKobo SleepCover Clara (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). La housse officielle commune aux Clara BW et Clara Colour, avec veille automatique à la fermeture et support intégré. Une liseuse qu'on emporte partout pour lire dans les transports mérite une protection.
Kobo Libra Colour SleepCover Voir à la FnacKobo SleepCover Libra Colour (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). La housse officielle de la Libra Colour, veille automatique et support en portrait comme en paysage. Elle ne range pas le stylet : pour cela, il existe une version Notebook SleepCover, parfois vendue sous le nom Stylus Case.
Si c'est votre toute première liseuse, lisez d'abord quelle première liseuse choisir : la lecture en anglais est un usage parmi d'autres, et les critères généraux (lumière chaude, boutique, étanchéité) restent valables.
Où acheter des ebooks en anglais depuis la France
C'est la question qu'on oublie de se poser avant l'achat, et c'est elle qui compte au quotidien.
La boutique Kobo, reliée en France au compte Fnac, est une boutique internationale : depuis la liseuse ou le site, vous cherchez un titre en anglais et vous l'achetez comme un titre français, sans changer de pays ni de compte. Les livres achetés s'ouvrent sur la liseuse après synchronisation, et les réserves de Kobo sur le dictionnaire ne visent pas les livres de sa boutique. Si un titre anglais ne remonte pas dans la recherche, tapez-le en entier, titre et auteur.
Le domaine public anglophone est immense et gratuit, et c'est une porte d'entrée naturelle pour la version originale : les auteurs du XIXe siècle et du début du XXe sont libres de droits. Project Gutenberg propose des dizaines de milliers de titres au format EPUB, à copier sur la liseuse par câble USB. Standard Ebooks en republie une sélection avec une mise en page soignée, et propose pour chaque titre un fichier KEPUB destiné aux Kobo (une variante de l'EPUB propre à Kobo, non documentée par Kobo lui-même) et un fichier AZW3 pour les Kindle. La boutique Kobo a elle aussi une section de livres gratuits.
Avec une réserve : c'est exactement la catégorie « livres gratuits trouvés sur internet » pour laquelle Kobo prévient que le dictionnaire peut ne pas fonctionner. Beaucoup de ces fichiers acceptent très bien l'appui long, mais pas tous. Si vous comptez lire surtout des classiques gratuits, essayez un fichier dès les premiers jours.
Les librairies numériques indépendantes vendent aussi des titres en anglais en EPUB, protégés par Adobe DRM (à transférer via Adobe Digital Editions) ou simplement tatoués (à copier directement). C'est moins fluide que la boutique intégrée, mais possible sur une Kobo, et pas sur un Kindle.
Quant au prêt numérique en médiathèque, il existe aussi en anglais selon ce que votre bibliothèque a acheté, mais Kobo prévient que le dictionnaire peut ne pas fonctionner sur les livres empruntés. Notre guide sur la liseuse compatible avec le prêt numérique en bibliothèque explique les verrous Adobe et LCP et ce que chaque marque accepte.
Et le Kindle ?
Pour la lecture en anglais, le Kindle a de vrais arguments, et pour certains lecteurs ils l'emportent.
La boutique Kindle est très fournie en titres anglophones, en particulier en autoédition, où beaucoup d'auteurs publient en exclusivité chez Amazon : romance, fantasy, séries numériques. Si c'est ce que vous lisez, vous trouverez plus souvent votre livre chez Amazon.
Côté langue, le Kindle embarque par défaut un dictionnaire anglais. Il propose surtout Word Wise, qu'Amazon présentait à son lancement en 2014 comme une aide pour ceux qui apprennent l'anglais : de courtes définitions simples s'affichent au-dessus des mots difficiles, avec un réglage du nombre d'indices qu'on réduit à mesure que le vocabulaire progresse, sur les titres compatibles seulement. Pour un lecteur qui débute vraiment, c'est une fonction très confortable.
En face, le Kindle garde ses limites structurelles : pas de prêt numérique en médiathèque française, pas d'EPUB protégé acheté ailleurs, une bibliothèque qui reste attachée à Amazon. Notre article Kobo ou Kindle pèse l'ensemble pour un lecteur en France. Si vous lisez en anglais surtout de l'autoédition et que vous partez de zéro, le Kindle est un choix cohérent. Si vous voulez l'anglais en plus du reste, la Kobo tient le tout.
Vivlio, la troisième voie française, mérite un mot. Des fiches revendeurs annoncent des dictionnaires intégrés, dont des dictionnaires de traduction, mais la fiche officielle de la Vivlio Light HD ne détaille pas ce point et nous n'avons pas pu le vérifier ailleurs. Nous manquons donc de confirmation pour la recommander sur ce seul usage. Pour un lecteur qui emprunte beaucoup en médiathèque (les Vivlio lisent le format LCP) et lit un peu d'anglais, elle reste une option à regarder.
Ce que la liseuse ne fera pas pour vous
Elle ne traduit pas les phrases. Un roman anglais résiste surtout par ses expressions, ses registres, son humour, et aucun dictionnaire au mot ne les déplie. La liseuse enlève l'obstacle du vocabulaire ; elle laisse intact celui de la langue, qui ne se franchit qu'en lisant.
Elle ne corrige pas un choix de livre trop ambitieux. Un dictionnaire sous le doigt ne rend pas lisible un texte dont on cherche un mot sur deux : la lecture devient de la traduction, et on s'arrête. Mieux vaut commencer sous son niveau et monter.
Elle ne remplace pas la régularité. Un appareil qui tient dans la poche aide à lire dix minutes par jour, et c'est ce rythme qui fait progresser. Si vous alternez entre vos lectures en français et en anglais, Relit permet de noter le format de chaque lecture (papier, numérique, audio) dans votre carnet, ce qui aide à voir, au bout de quelques mois, la place que la version originale a vraiment prise.
La bonne liseuse pour lire en anglais est celle qui vous fera ouvrir le livre. Une Kobo Clara BW dans la poche, un dictionnaire sous le doigt, un classique gratuit pour commencer et un roman acheté pour continuer : l'équipement est modeste. Ce qui change, c'est qu'un mot inconnu n'est plus une raison de s'arrêter.
Une liseuse Kobo traduit-elle les mots anglais en français ?
Le dictionnaire fonctionne-t-il sur tous les livres ?
Faut-il un Kindle pour lire en anglais ?
Où trouver des livres en anglais gratuits pour sa liseuse ?
Une liseuse couleur est-elle utile pour lire en anglais ?
Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. La sélection est faite indépendamment.