Vous hésitez entre une liseuse et une tablette. L'une ne fait qu'une chose, l'autre fait tout. Posée comme ça, la question n'a pas de réponse. Posée autrement, elle en a une : que lisez-vous, à quel moment, et où ? Selon vos réponses, l'un des deux appareils l'emporte nettement, et ce n'est pas toujours la liseuse.
Ce guide passe les usages en revue sans défendre la liseuse par principe. La bande dessinée en couleur est déjà traitée dans notre article sur la liseuse couleur pour lire des BD : la tablette y gagne le plus souvent.
Deux écrans qui ne fonctionnent pas pareil
Une tablette a un écran LCD ou OLED, qui émet de la lumière vers vous, en couleur. Une liseuse a un écran à encre électronique (E Ink) : des particules noires et blanches se réarrangent à chaque page, puis restent en place sans consommer d'énergie. L'écran se lit comme du papier, et l'éclairage intégré n'est qu'une rangée de diodes sur la tranche, pas un rétroéclairage qui le traverse.
D'où tout le reste : la liseuse est légère et tient des semaines, mais lente et presque toujours en noir et blanc ; la tablette est rapide, en couleur et polyvalente, mais lourde, à recharger souvent, et pleine de tout ce qui n'est pas un livre.
Pour les romans : la liseuse, sans grande hésitation
C'est l'usage pour lequel la liseuse a été conçue, et c'est là que l'écart est le plus net.
Le poids, d'abord. Un roman se tient d'une main, parfois longtemps, parfois allongé. Une Kobo Clara BW pèse 174 g et une Kobo Libra Colour 199,5 g, d'après leurs fiches officielles. Une Samsung Galaxy Tab S10 FE de 10,9 pouces pèse 497 g, presque trois fois plus, et un iPad classique se situe dans le même ordre de grandeur.
L'autonomie, ensuite. Kobo annonce jusqu'à 53 jours pour la Clara BW et jusqu'à 40 jours pour la Libra Colour, dans des conditions précises : 30 minutes de lecture par jour, éclairage à 30 %, Wi-Fi et Bluetooth coupés. Lisez davantage, éclairage plus fort, et ces chiffres fondent, mais on reste sur des semaines là où une tablette se recharge en jours.
Le confort du texte, enfin. La liseuse affiche un texte mat, à 300 points par pouce, sur une page qui ne scintille pas.
Kobo Clara BW (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo Clara BW (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). La liseuse de 6 pouces à recommander à qui lit avant tout des romans. Écran E Ink Carta 1300 à 300 points par pouce, 174 g, éclairage ComfortLight PRO réglable en intensité et en température, étanchéité IPX8, 16 Go. Pas de boutons pour tourner les pages, ce qui ne gêne pas pour un roman.
Kobo Libra Colour (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo Libra Colour (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le modèle au-dessus, en 7 pouces, avec des boutons physiques de tournage de page et 32 Go. Son écran couleur n'apporte rien à un roman et rend le fond de page un peu moins blanc qu'un écran noir et blanc, d'après les tests publiés : on la choisit pour les boutons et le format, pas pour la couleur. Notre comparatif Kobo Clara ou Kobo Libra détaille ce que la taille change.
Pour une première liseuse, les critères qui comptent sont dans quelle première liseuse choisir ; entre les deux grandes marques, Kobo ou Kindle tranche selon l'endroit où vous achetez vos livres.
Pour lire le soir : une question d'éclairage, pas de promesse médicale
C'est souvent l'argument qui fait pencher vers la liseuse.
Ce qui est factuel : la tablette émet la lumière vers vos yeux, à travers tout l'écran. La liseuse éclaire sa surface par la tranche, et l'intensité peut descendre très bas. Les Kobo actuelles règlent aussi la température de la lumière, du blanc au très orangé, et proposent un mode sombre (texte blanc sur fond noir) qui limite encore la lumière dans une chambre.
Ce qui relève du ressenti : beaucoup de lecteurs disent que les longues séances sont plus reposantes sur liseuse. C'est un retour fréquent dans les avis, pas un résultat de santé que nous pouvons garantir.
Ce qu'il faut aussi dire : Android comme iPadOS proposent un mode nuit qui réchauffe la teinte de l'écran, une luminosité qui descend assez bas et un thème sombre dans les applications de lecture. Le point faible, c'est le reste de la tablette : une notification, un onglet ouvert, et la lecture s'interrompt. Une liseuse n'a rien d'autre à vous proposer.
À côté de quelqu'un qui dort, la liseuse à éclairage minimal est l'option la plus discrète. Pour le papier, c'est la lampe qui compte : notre guide de la lampe de lecture pour lire au lit sans déranger compare pince, tour de cou et applique.
Pour lire dehors : la liseuse, nettement
Au soleil, un écran de tablette lutte contre la lumière ambiante : il monte sa luminosité au maximum, se vide et laisse souvent des reflets. L'encre électronique fonctionne à l'envers : comme du papier, elle est d'autant plus lisible qu'il y a de lumière. La fiche Kobo de la Clara BW décrit son écran comme antireflet, et c'est ce que rapportent les lecteurs sur une terrasse ou à la plage.
S'ajoute l'étanchéité. Les Kobo Clara BW, Clara Colour et Libra Colour sont certifiées IPX8, ce que Kobo traduit par « jusqu'à 60 minutes dans 2 mètres d'eau », sans mention d'eau salée, de sable ni de bain chaud. Ce que cette certification couvre et exclut est détaillé dans notre article sur la liseuse étanche.
Kobo SleepCover Clara Voir à la FnacKobo SleepCover Clara (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). L'étui officiel des Clara BW et Clara Colour, qui protège l'écran dans un sac de plage. Il met la liseuse en veille à la fermeture et se replie en support pour lire posé sur une table.
Pour les PDF, manuels et documents : la tablette, le plus souvent
Ici, la liseuse de poche est mal à l'aise, et même la grande liseuse ne rattrape pas tout.
Le problème vient du format. Un roman en EPUB se recompose à la taille de l'écran. Un PDF est une page figée, pensée pour du A4 : sur 6 ou 7 pouces, il faut zoomer, se déplacer, revenir. Kobo le précise dans son aide : les réglages de police ne s'appliquent pas aux PDF, et le dictionnaire intégré peut ne pas fonctionner dessus.
La tablette affiche un PDF en couleur, à sa taille, le fait défiler sans latence et ouvre un schéma en plein écran d'un geste. Pour un manuel de cours, un rapport ou une revue avec figures en couleur, elle gagne sans discussion.
Samsung Galaxy Tab S10 FE Voir à la FnacSamsung Galaxy Tab S10 FE (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Une tablette Android de 10,9 pouces vendue directement par la Fnac, avec le stylet S Pen fourni pour annoter les PDF. Son écran de 2304 × 1440 pixels est rafraîchi à 90 Hz. Elle pèse 497 g, un objet qu'on pose plus qu'on ne tient. L'autre option courante dans cette taille est un iPad, que nous ne détaillons pas ici.
Une liseuse réduit l'écart, au prix du poids et de la couleur.
Kobo Elipsa 2E Voir à la FnacKobo Elipsa 2E (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). La grande liseuse de Kobo, 10,3 pouces, vendue par la Fnac, avec le Kobo Stylus 2 fourni pour écrire sur la page et surligner. Son écran de 1404 × 1872 pixels affiche un PDF A4 presque à taille réelle, en noir et blanc, à 227 points par pouce. Elle pèse 390 g et n'est pas étanche, contrairement aux Clara et Libra. Pour des documents texte à annoter sur un écran mat, elle convient ; pour les schémas en couleur, la tablette reste devant. Ce que ce stylet permet réellement est détaillé dans notre article sur la liseuse avec stylet pour annoter.
Pour un enfant : la liseuse protège de l'essentiel, la tablette contrôle plus finement
Le premier critère, pour un enfant de 8 à 14 ans, n'est ni l'écran ni le poids : c'est ce que l'appareil peut faire d'autre.
Une liseuse ne fait rien d'autre. Pas de jeux, pas de vidéos, pas de messagerie : un enfant qui ouvre sa liseuse ouvre un livre. Une Clara BW, légère, étanche et sans écran couleur qui donne envie d'autre chose, est le modèle le plus simple à confier ; elle intègre la police OpenDyslexic (qui ne fonctionne pas sur les PDF et peut ne pas s'appliquer dans certains livres).
Il faut toutefois connaître la limite du contrôle parental des Kobo, tel que Kobo le décrit : un code à quatre chiffres bloque l'accès à la boutique et au navigateur web. C'est tout. Il ne cache pas de livres, ne limite pas le temps de lecture, ne crée pas de profil enfant ; pour qu'un enfant ne voie que certains titres, Kobo recommande un compte distinct.
Une tablette offre l'inverse : un profil enfant et un contrôle parental plus fin (applications autorisées, temps d'écran), au milieu d'un appareil qui propose aussi tout ce qui détourne de la lecture. Si la tablette familiale sert déjà aux dessins animés et aux jeux, en faire l'outil de lecture demande une discipline difficile à tenir.
Solidité, préparation et cas où le papier reste le meilleur choix sont développés dans notre guide quelle liseuse pour un enfant.
Le coût d'usage, au-delà du prix d'achat
On ne donnera pas de chiffres, ils périment vite, mais la façon de raisonner compte.
Une tablette rend des services que la liseuse ne rend pas : vidéo, BD en couleur, manuels, et les applications d'abonnement comme Izneo, Mangas.io ou Nextory qui, d'après leurs pages officielles, se lisent dans leur application ou sur le web, pas sur une liseuse. Si vous aviez de toute façon besoin d'une tablette, lire dessus ne coûte rien de plus.
Une liseuse ne fait que lire, et un modèle de plusieurs années le fait encore très bien. Elle s'achète aussi d'occasion ; notre article sur la liseuse reconditionnée dit ce qu'il faut vérifier.
Le coût des livres est identique. Le prêt en médiathèque, lui, est plus simple sur tablette : des applications comme Baobab ou Aldiko, citées par les Bibliothèques de Paris, ouvrent directement les livres empruntés au format LCP. Sur une Kobo, le prêt passe par les fichiers protégés Adobe, ouverts dans Adobe Digital Editions sur un ordinateur puis copiés sur la liseuse ; le format LCP n'y est pas pris en charge à ce jour. Notre guide de la liseuse compatible avec le prêt numérique en bibliothèque décrit la marche à suivre.
« J'ai déjà une tablette, ai-je besoin d'une liseuse ? »
La réponse tient en deux temps.
Premier temps, qui ne coûte rien : installez l'application Kobo ou Kindle sur votre tablette, achetez ou empruntez un roman, et lisez-le pendant deux semaines dans vos conditions réelles, le soir au lit, dans les transports, dehors. Vos livres vous suivront si vous changez d'appareil ensuite, le compte étant le même.
Deuxième temps : écoutez ce qui vous a gêné.
- Si la tablette pesait trop, si la batterie était vide le soir, si le soleil la rendait illisible ou si vous avez fini sur une vidéo au lieu de votre chapitre, une liseuse réglera exactement ces problèmes. Une Clara BW suffit ; une Libra Colour si vous voulez des boutons.
- Si rien de tout ça ne vous a gêné, si vous lisez surtout à la maison, des documents variés, des BD en couleur, vous n'avez pas besoin d'une liseuse. Gardez votre argent pour les livres. Et si vous ne lisez que quelques livres par an, notre article sur la liseuse quand on lit peu pose la question autrement.
Un cas fréquent se situe entre les deux : la tablette pour les PDF, la BD et le canapé, la liseuse pour les romans, le lit et les vacances. Si vous tenez un carnet de lecture sur Relit, vous pouvez noter le format de chaque livre terminé (papier, numérique ou audio) et voir au bout de quelques mois lequel des deux vous sert vraiment.
Kobo SleepCover Libra Colour Voir à la FnacKobo SleepCover Libra Colour (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). L'étui officiel de la Libra Colour, qui se replie en support en portrait et en paysage. Il en fait un objet de table de nuit qui n'a plus besoin d'être tenu.
Choisir à partir de sa semaine, pas de la fiche technique
Reprenez votre semaine type. Combien de soirs au lit ? Combien de trajets ? Des manuels à lire ? Dehors l'été ? Un enfant qui partage l'appareil ?
Si la réponse est faite de romans, de soirs et de trajets, la liseuse gagne sur les points qui comptent pour vous, et une petite Clara BW suffit. Si elle est faite de PDF, de couleur et de polyvalence, la tablette gagne, et une liseuse finirait dans un tiroir. Si elle est faite des deux, la réponse est probablement les deux, avec la liseuse la plus simple et la tablette que vous avez déjà.
Aucun appareil ne fait lire. Ce qui fait lire, c'est un livre qu'on a envie d'ouvrir et un moment où rien ne nous en empêche.
Peut-on lire des livres numériques sur une tablette sans acheter de liseuse ?
Une liseuse fatigue-t-elle moins les yeux qu'une tablette ?
Quelle liseuse se rapproche le plus d'une tablette pour les PDF ?
Une tablette peut-elle lire dehors, au soleil ?
Faut-il une liseuse si on lit surtout des BD ou des mangas ?
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