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Quels livres pour apprendre les plantes sauvages comestibles ? 4 titres et une règle

Quatre livres dans l'ordre pour apprendre les plantes sauvages comestibles, en commençant par celui qui traite les confusions toxiques, et pourquoi aucun d'eux ne valide une première cueillette.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Plantes sauvages comestibles et toxiquesFrançois Couplan et Eva StynerVoir Plantes sauvages comestibles et toxiques, de François Couplan et Eva Styner à la Fnac (lien affilié)
Sauvages et toxiquesMarie-Claude PaumeVoir Sauvages et toxiques, de Marie-Claude Paume à la Fnac (lien affilié)
Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites saladesMarie-Claude PaumeVoir Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades, de Marie-Claude Paume à la Fnac (lien affilié)
Le Régal végétal. Reconnaître et cuisiner les plantes comestiblesFrançois CouplanVoir Le Régal végétal. Reconnaître et cuisiner les plantes comestibles, de François Couplan à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre les plantes sauvages comestibles ?

Chaque année, les centres antipoison français enregistrent environ deux cent cinquante cas de confusion entre une plante toxique et une plante comestible. Le couple le plus documenté est celui du colchique et de l'ail des ours, qui a fait l'objet de plusieurs alertes de l'Anses et qui a tué en France entre 2020 et 2022. Ces intoxications surviennent au printemps, à la saison où les rayons de librairie se remplissent de beaux livres de cueillette.

C'est le point de départ de cet article et il commande tout le reste. La question « quels livres pour apprendre les plantes sauvages comestibles » ne se traite pas comme celle de la photographie ou de la boulangerie, où un mauvais achat coûte du temps. Ici, le premier livre doit être un guide d'identification qui traite les espèces toxiques, pas un recueil de recettes. Voici quatre ouvrages, dans un ordre précis, plus ce qu'il faut laisser en rayon.


La règle qui vient avant les livres

Aucun livre ne valide une cueillette. Ni le meilleur guide, ni le vôtre annoté pendant trois saisons.

Un ouvrage vous apprend à regarder, à décrire ce que vous voyez, à formuler une hypothèse et à savoir quand vous n'êtes pas sûr. La confirmation vient d'un être humain qui tient la plante. Pour une première cueillette, cet humain n'est pas optionnel : sortie d'association naturaliste, atelier de cueillette encadré, conservatoire botanique, pharmacien, ou simplement quelqu'un qui pratique depuis longtemps et accepte de vous emmener. Beaucoup de ces sorties sont gratuites ou coûtent le prix d'un livre.

Vous verrez que cette phrase revient dans tout l'article. Elle n'est pas une précaution rédactionnelle. C'est la seule chose qui sépare une pratique agréable d'un passage aux urgences.

Premier livre : François Couplan et Eva Styner, « Plantes sauvages comestibles et toxiques »

François Couplan et Eva Styner, « Plantes sauvages comestibles et toxiques » (Delachaux et Niestlé, réédition 2020, 416 pages, environ 280 espèces décrites et 64 planches en couleurs) Voir à la FnacPlantes sauvages comestibles et toxiques, de François Couplan et Eva Styner (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, mais une lecture lente.

Le titre contient le mot qui manque à presque tous ses concurrents : toxiques. Environ deux cents espèces comestibles y sont décrites, et environ quatre-vingts espèces toxiques, dans le même volume, avec des tableaux de comparaison entre les espèces qui se ressemblent. Cette mise en regard est exactement ce que vous cherchez pour un premier achat, et elle est rare.

François Couplan est ethnobotaniste, docteur ès sciences, et il enseigne l'usage des plantes sauvages depuis 1975. Eva Styner est botaniste de formation et illustratrice scientifique depuis 1986, ce qui compte plus qu'on ne le croit : le dessin d'un illustrateur botaniste retient les caractères constants d'une espèce, là où une photographie montre un individu, un jour donné, dans une lumière donnée.

Ce qu'il vous apprend précisément : à ranger chaque plante comestible à côté de ce avec quoi on la confond. Vous ne sortirez pas de ce livre avec une liste de plantes à manger, vous en sortirez avec une liste de plantes à examiner deux fois.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à cuisiner. Les indications d'usage existent, elles restent sommaires, et c'est très bien ainsi pour un premier ouvrage.

Deuxième livre : Marie-Claude Paume, « Sauvages et toxiques »

Marie-Claude Paume, « Sauvages et toxiques » (Édisud, 2014, 256 pages, environ 200 espèces) Voir à la FnacSauvages et toxiques, de Marie-Claude Paume (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir feuilleté un guide généraliste, ou avoir fait une première sortie.

Voici une opinion que je vous donne franchement, et qui va contre la logique commerciale du rayon : votre deuxième livre de cueillette devrait être un livre de plantes dangereuses. Le marché propose l'inverse, parce que la toxicité se vend mal et que la cueillette gourmande se vend très bien.

Marie-Claude Paume a consacré une trilogie aux plantes sauvages chez Édisud, dont « Sauvages et comestibles » et celui-ci. Elle y recense environ deux cents espèces toxiques, nuisibles ou dangereuses qui poussent en France, dans les prés, les bois, les jardins et les bords de chemins, y compris des plantes ornementales que vous avez chez vous.

Ce qu'il vous apprend précisément : le paysage du risque. Après ce livre, vous saurez quelles familles demandent une prudence particulière, quelles plantes sont dangereuses par contact et pas seulement par ingestion, et pourquoi une même espèce peut être comestible à un stade et problématique à un autre. Vous saurez aussi que le réflexe utile en cas de doute après un repas est d'appeler le centre antipoison de votre région et de conserver un échantillon, pas d'attendre de voir.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le plaisir. C'est un livre de mise en garde, il n'a aucune raison d'être plaisant.

Troisième livre : Marie-Claude Paume, « Sauvages et comestibles »

Marie-Claude Paume, « Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades » (Édisud, première édition 2005, édition revue et augmentée en 2011, environ 240 pages, plus de 150 espèces) Voir à la FnacSauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades, de Marie-Claude Paume (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prix Pierre-Joseph Redouté du livre pratique en 2006. Prérequis : les deux livres précédents.

Celui-ci est le compagnon de promenade. Chaque plante y est présentée avec ses noms latin, français et locaux, sa famille botanique, sa saveur, ses usages culinaires, son milieu de prédilection et sa période de récolte, le tout illustré par des photographies qui servent le repérage sur le terrain.

Ce qu'il vous apprend précisément : à passer de la connaissance théorique à la sortie du dimanche. Un guide de détermination se consulte, celui-ci se promène. Il vous donne aussi une chose que les ouvrages plus savants négligent, la saveur, qui est souvent ce qui décide si une plante mérite vraiment le détour.

Ce qu'il ne vous apprend pas : votre région. L'autrice écrit depuis le Midi et sa sélection s'en ressent. Si vous cueillez en Bretagne, dans le Nord ou en montagne, complétez par une flore régionale, ce que fait de toute façon tout cueilleur au bout d'un an.

Quatrième livre : François Couplan, « Le Régal végétal »

François Couplan, « Le Régal végétal. Reconnaître et cuisiner les plantes comestibles » (Sang de la Terre, paru en 1984, nouvelle édition en 2015, 528 pages) Voir à la FnacLe Régal végétal. Reconnaître et cuisiner les plantes comestibles, de François Couplan (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Premier volume de l'Encyclopédie des plantes sauvages comestibles de l'auteur. Prérequis : savoir déjà identifier une vingtaine d'espèces avec certitude.

C'est le livre de la profondeur, et il arrive en quatrième position pour une raison simple : il est trop riche pour un débutant et il finit sur l'étagère de quelqu'un qui n'y revient jamais. Couplan y aborde les plantes sous l'angle botanique, historique, chimique, culinaire et médicinal, et il a recensé les usages alimentaires du végétal sauvage en Europe pendant plus de quarante ans. Il travaille avec des cuisiniers, ce qui a fait beaucoup pour la réhabilitation des saveurs sauvages en France.

Ce qu'il vous apprend précisément : que la cueillette est une pratique culturelle et pas seulement une technique. Les plantes que vous ramassez ont nourri des gens pendant des siècles, ont porté des noms qui racontent des usages disparus, et se cuisinaient autrement qu'en pesto.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la prudence. Il la suppose acquise, et c'est légitime à ce stade du parcours. Ne l'achetez pas en premier pour cette raison précise.

Par où ne pas commencer

C'est probablement la partie la plus utile de cet article.

Les livres de recettes de cueillette. Beaux, très bien vendus, souvent honnêtes sur leur intention. Le problème tient à leur structure : ils partent d'un plat et remontent vers une plante, alors que le raisonnement de terrain va dans l'autre sens. Ils consacrent quelques lignes à l'identification et douze pages à la préparation. Un guide sérieux fait l'inverse.

Les petits guides de poche à cinquante ou soixante espèces, avec une photo et trois lignes par plante. Ils omettent presque toujours les espèces avec lesquelles la confusion est possible, ce qui est la seule information qui compte au moment où vous hésitez. Un guide qui ne nomme pas les sosies d'une plante ne vous protège pas.

Les applications d'identification par photo. Elles sont utiles pour apprendre des noms et pour tenir un carnet, elles ne tranchent pas. Le résultat qu'elles renvoient est une probabilité calculée sur une image, alors que la détermination repose sur un ensemble de caractères qu'une photo de dessus ne contient pas. Sur les familles où l'erreur est mortelle, cet écart n'est pas acceptable.

Les groupes de cueillette sur les réseaux sociaux, en tout cas pour valider. Ils sont excellents pour apprendre, pour découvrir des milieux et pour trouver des sorties près de chez vous. Ils sont mauvais comme tribunal : les réponses rapides et sûres d'elles prennent le dessus sur les réponses prudentes, et personne n'a la plante en main.

Enfin, les guides étrangers traduits sans adaptation. La flore change d'un pays à l'autre, les noms vernaculaires ne se recouvrent pas, et une espèce présentée comme banale ailleurs peut avoir chez nous un proche parent problématique.

Ce qu'un livre ne remplacera jamais

Un livre ne connaît pas votre terrain. Les périodes, les milieux et les espèces fréquentes ne sont pas les mêmes sur un coteau calcaire, dans une forêt de plaine et sur un littoral atlantique. Ce savoir se transmet localement, et il n'est écrit nulle part.

Un livre ne voit pas ce que vous avez dans le panier. Il ne remarque pas la feuille d'une autre espèce ramassée dans la même poignée, qui est précisément le mécanisme des confusions les plus graves. Il ne vous dit pas que vos plantes viennent d'un bord de route, d'un champ traité ou d'un secteur fréquenté par des animaux.

Un livre ne suit pas la plante dans l'année. C'est le point que les débutants sous-estiment le plus. Une espèce que vous croyez connaître en avril vous sera méconnaissable en juillet, et l'inverse est vrai. Suivre trois plantes pendant douze mois, sur le même chemin, vaut mieux que d'en survoler cinquante dans un guide. Un carnet de terrain avec des dates, des lieux et des dessins maladroits fait plus pour votre certitude que n'importe quel achat.

Un livre ne connaît pas non plus le droit. La cueillette n'est pas libre partout : autorisation du propriétaire, arrêtés préfectoraux limitant les quantités, espèces protégées, interdictions en réserve naturelle et en cœur de parc national. Ces règles varient d'un département à l'autre et changent, alors que votre guide, lui, ne bouge plus.

Et pour finir, un livre ne vous accompagne pas aux urgences. En cas de doute après une consommation, on appelle le centre antipoison régional, on conserve les restes crus et cuits, on ne se dit pas que ça va passer.

Après ces quatre livres

Vous aurez un guide qui met les toxiques en face des comestibles, un ouvrage consacré au danger, un compagnon de promenade et un livre de fond. C'est déjà bien plus solide que la moyenne du rayon.

La suite se joue dehors, et le meilleur investissement à ce stade n'est pas un cinquième livre mais une flore régionale et une loupe de botaniste. La compréhension de la construction d'une plante change radicalement votre pratique, et c'est le sujet de notre article sur les livres pour apprendre la botanique : tant que vous reconnaissez des silhouettes sans savoir déterminer, vous dépendez entièrement de la ressemblance, ce qui est fragile.

Si votre terrain est la forêt d'automne, la même exigence s'applique aux champignons, avec une marge d'erreur encore plus étroite : voyez quels livres pour apprendre la mycologie, où la question de la validation par un tiers compétent se pose dans les mêmes termes. Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à applique cette méthode à d'autres disciplines, et le catalogue par genres permet de repérer les rééditions récentes des guides naturalistes, dont la mise à jour compte davantage ici qu'ailleurs.

Un livre suffit-il pour valider une première cueillette de plantes sauvages ?

Non. Un guide vous apprend à observer une plante, à décrire ce que vous voyez et à formuler une hypothèse. Il ne confirme rien. La validation doit venir de quelqu'un qui a la plante en main : un botaniste de terrain, un pharmacien, un animateur d'association naturaliste, un cueilleur expérimenté. Une première sortie encadrée est le passage obligé, et elle vous apprendra en une matinée ce que trois mois de lecture solitaire ne donnent pas.

Par quel livre commencer les plantes sauvages comestibles ?

Par un guide qui traite les comestibles et les toxiques dans le même volume, pas par un livre de recettes de cueillette. « Plantes sauvages comestibles et toxiques » de François Couplan et Eva Styner, chez Delachaux et Niestlé, décrit environ deux cents espèces comestibles et quatre-vingts espèces toxiques côte à côte, avec des tableaux de comparaison. C'est cette mise en regard qui manque à la plupart des ouvrages du rayon.

Quelles sont les confusions les plus graves en cueillette sauvage ?

Les centres antipoison français enregistrent environ deux cent cinquante cas par an de confusion entre une plante toxique et une plante comestible. La confusion entre le colchique et l'ail des ours revient chaque printemps et a causé des décès en France. Les Apiacées posent le même type de problème, puisque cette famille contient à la fois des espèces alimentaires banales et des espèces mortelles. Ces couples sont nommés dans les guides sérieux, et c'est un critère de sélection.

Faut-il apprendre la botanique avant de cueillir ?

Cela change tout. Beaucoup de cueilleurs apprennent des silhouettes de plantes comme on apprend des visages, ce qui fonctionne tant qu'aucun sosie ne se présente. Comprendre comment une plante est construite, savoir ce qu'est une famille botanique et à quoi servent les caractères d'une clé, vous fait passer de la reconnaissance à la détermination. Une initiation botanique en parallèle des guides de cueillette est le meilleur investissement du domaine.

Les applications d'identification de plantes sont-elles fiables pour la cueillette ?

Elles rendent service pour orienter une recherche et pour apprendre des noms. Elles ne décident pas de ce que vous mangez. Une photo prise au téléphone ne restitue pas l'ensemble des caractères sur lesquels repose une détermination sérieuse, et le résultat renvoyé est une probabilité, pas une confirmation. Sur les familles à espèces mortelles, cet écart est trop grand. Utilisez-les comme un carnet, jamais comme un juge.

Combien de temps faut-il pour cueillir en autonomie ?

Comptez deux ou trois saisons pour une quinzaine d'espèces, à condition de faire valider vos cueillettes pendant tout ce temps et de suivre les mêmes plantes au fil de l'année. Une plante change beaucoup entre la rosette de printemps, la floraison et la fructification, et c'est ce suivi dans la durée qui construit la certitude. Les cueilleurs sérieux se limitent volontairement à un petit nombre d'espèces qu'ils connaissent à fond.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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