Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre le tennis ? 4 titres, et celui qu'il faut lire en premier

Le débutant achète un manuel technique alors que son problème est mental et tactique. Quatre livres de tennis dans l'ordre, avec ce que chacun apporte et ce qu'aucun ne remplacera.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Tennis et psychisme, comment progresser par la concentrationTimothy GallweyVoir Tennis et psychisme, comment progresser par la concentration, de Timothy Gallwey à la Fnac (lien affilié)
Tennis, les fondamentaux tactiquesCyril RavillyVoir Tennis, les fondamentaux tactiques, de Cyril Ravilly à la Fnac (lien affilié)
Tennis, la préparation mentaleAntoni GirodVoir Tennis, la préparation mentale, de Antoni Girod à la Fnac (lien affilié)
OpenAndré Agassi (avec J. R. Moehringer)Voir Open, de André Agassi (avec J. R. Moehringer) à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le tennis ?

Le scénario se répète dans toutes les librairies de sport. Quelqu'un vient de prendre une licence, veut bien faire les choses, et repart avec un manuel de technique illustré : trente photos du coup droit décomposé, autant pour le revers, un chapitre sur le service en huit étapes. Six mois plus tard, le livre a servi deux fois et le joueur a exactement les mêmes problèmes qu'au premier jour.

Ces problèmes ne sont presque jamais techniques. Ils sont mentaux et tactiques. Vous perdez des points parce que vous pensez à votre geste au lieu de regarder la balle, parce que vous jouez un amorti à 30-40, parce qu'une double faute vous met dans un état dont vous ne sortez plus. Aucun manuel de gestes ne traite ça. Voici quatre livres qui le font, dans l'ordre où les lire.


Le vrai problème du joueur de club

Regardez un dimanche matin sur un court de club. Les joueurs ont des coups honnêtes. Ce qu'ils n'ont pas, c'est la constance, et ils l'attribuent invariablement à la technique.

L'observation qui change tout est celle-ci : le même joueur, au même moment, produit un coup droit magnifique à l'échauffement et un coup droit crispé sur balle de break. La technique n'a pas bougé en trente secondes. C'est l'attention qui a changé, et avec elle la tension musculaire, le rythme et la prise de décision.

C'est aussi pour cette raison que le conseil bien intentionné du partenaire, « plie les genoux, termine ton geste, regarde la balle », aggrave souvent les choses. Plus vous vous donnez d'instructions pendant un point, moins vous jouez. Le tennis appartient à cette famille de sports où le contrôle conscient détruit la performance, et c'est exactement le sujet du premier livre.

Le premier livre : Timothy Gallwey, « Tennis et psychisme »

Timothy Gallwey, « Tennis et psychisme, comment progresser par la concentration » (Robert Laffont, 1977, traduit de l'américain par Alain Cassaigne, réédité par la suite sous le titre « Tennis et concentration ») Voir à la FnacTennis et psychisme, comment progresser par la concentration, de Timothy Gallwey (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, aucun niveau minimum, environ cent cinquante pages.

L'original s'appelle « The Inner Game of Tennis », il est paru aux États-Unis en 1974, et c'est probablement le meilleur livre jamais écrit sur ce sport. Il ne contient presque aucune description de geste. Gallwey était entraîneur en Californie et a fait un constat que tout le monde a vérifié depuis : l'adversaire le plus coûteux n'est pas de l'autre côté du filet, c'est la voix intérieure qui commente chaque coup pendant le point.

Sa proposition tient en une distinction. Il y a en vous celui qui donne les ordres, bavard, moralisateur, et celui qui exécute, silencieux, qui a appris à marcher sans qu'on lui explique la biomécanique de la marche. Le premier empêche le second de travailler. Toute la méthode consiste à occuper le bavard ailleurs, en lui donnant des tâches d'observation neutres : suivre la couture de la balle, dire « rebond » et « frappe » à voix haute, noter la hauteur de passage au-dessus du filet sans juger si c'est bien ou mal.

Ce que ce livre vous apprend précisément : à corriger un geste sans instruction verbale, en vous concentrant sur la sensation plutôt que sur la consigne. Vous apprendrez aussi à vous entraîner seul intelligemment, et à comprendre pourquoi votre niveau s'effondre en compétition alors qu'il tenait à l'entraînement.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à tenir une raquette. Gallwey suppose que vous avez quelqu'un pour vous montrer les bases, ou que vous les trouverez ailleurs. Il travaille sur la couche du dessus.

Une remarque sur la réputation du livre. Il a été récupéré par la littérature de management et de développement personnel, au point que beaucoup de joueurs le classent parmi les livres de motivation et passent leur chemin. C'est une erreur de lecture. Le texte de 1974 est concret, presque sec, et chaque exercice se fait raquette en main.

Ce que Gallwey change concrètement sur un court

Le risque avec ce type de livre est de le trouver intéressant et de ne rien en faire. Trois de ses exercices se testent dès la séance suivante.

Le premier est celui de la couture. Vous décidez de regarder la couture de la balle, pas la balle, pendant tout un panier. Vous frapperez moins fort et vous manquerez moins, parce que votre attention a enfin un objet qui l'occupe entièrement.

Le deuxième consiste à jouer dix points en ne vous fixant aucun objectif de résultat, seulement celui de dire à voix haute où la balle a rebondi de votre côté. La qualité de vos déplacements change presque immédiatement.

Le troisième est le plus désagréable et le plus instructif : jouer un set en interdisant tout commentaire intérieur, y compris positif. Pas de « bien joué », pas de « quelle faute ». La plupart des joueurs découvrent à cette occasion à quel point ils parlent en permanence.

Ensuite, la tactique : Cyril Ravilly

Cyril Ravilly, « Tennis, les fondamentaux tactiques » (Éditions Amphora, nouvelle édition actualisée parue en octobre 2022, abondamment illustrée de schémas) Voir à la FnacTennis, les fondamentaux tactiques, de Cyril Ravilly (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : savoir faire un échange de dix balles, donc quelques mois de pratique.

C'est le livre qui manque à la quasi-totalité des joueurs de club, y compris classés. Ravilly traite du choix de balle selon la position dans le court, du placement après la frappe, des schémas de service et retour, des zones à viser en fonction de l'adversaire, et consacre une partie sérieuse au double, discipline que presque tout le monde joue et que presque personne n'a apprise.

Ce qu'il vous apprend précisément : à comprendre pourquoi vous perdez contre des adversaires moins doués techniquement. La réponse tient presque toujours en trois erreurs répétées, toujours les mêmes, que vous pourrez nommer après lecture. Les schémas de l'édition 2022 s'appuient sur des configurations observées sur les circuits professionnels, mais les principes s'appliquent au troisième set d'un match de championnat départemental.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à exécuter. Savoir qu'il faut croiser long sur une balle courte ne donne pas la balle croisée longue. Ce livre transforme un joueur qui a des coups en un joueur qui a un jeu, à condition qu'il ait déjà des coups.

Le troisième livre : Antoni Girod, sur le mental en match

Antoni Girod, « Tennis, la préparation mentale » (Éditions Amphora, 1997, environ cent trente pages, avec soixante-quinze exercices de terrain) Voir à la FnacTennis, la préparation mentale, de Antoni Girod (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : jouer des matchs, en tournoi ou en championnat, sinon le livre parle d'une expérience que vous n'avez pas encore.

Girod est enseignant de tennis et préparateur mental, et son livre est le complément français de Gallwey, plus tourné vers la compétition. Là où Gallwey travaille sur l'attention pendant la frappe, Girod travaille sur les vingt secondes entre deux points, sur les rituels, sur la gestion du score et sur ce qui se passe quand on mène 5-2 et qu'on commence à compter.

Ce qu'il vous apprend précisément : à structurer votre temps mort. Les exercices sont concrets, datés dans leur formulation, et efficaces. Le chapitre sur la confiance en soi évite la niaiserie habituelle du genre en distinguant la confiance générale et la confiance dans un coup précis à un moment précis, ce qui se travaille.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à gérer une saison entière. C'est un livre de match, pas un livre de préparation à long terme.

Le quatrième, pour une autre raison : André Agassi, « Open »

André Agassi (avec J. R. Moehringer), « Open » (Plon, 2009 pour l'édition française, traduit de l'anglais par Suzy Borello et Gérard Meudal, environ cinq cents pages, repris en poche chez J'ai Lu) Voir à la FnacOpen, de André Agassi (avec J. R. Moehringer) (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, et vous pouvez le lire même sans jamais avoir tenu une raquette.

Celui-ci ne vous fera pas progresser d'un seul point, et je le recommande quand même sans hésiter. Agassi y raconte une carrière entière depuis l'intérieur, avec une phrase d'ouverture restée célèbre : il déteste le tennis. Le livre a été écrit avec J. R. Moehringer, prix Pulitzer, ce qui s'entend à chaque page.

Ce qu'il vous apporte, si vous jouez en compétition : une mise à distance. Vous verrez qu'un joueur classé parmi les meilleurs du monde connaît la peur du point important, la sensation de bras mort et la haine de son propre revers. Après une défaite en tournoi interne, cette lecture vaut mieux que trois séances de panier.

Par où ne pas commencer

Voici la partie qui vous fera gagner du temps et de l'argent.

Les manuels de technique décomposée, ceux qui montrent le coup droit en douze photos figées, sont le mauvais premier achat. Le geste de tennis est un mouvement continu où la position intermédiaire n'existe pas telle qu'elle est photographiée. Les reproduire consciemment produit un jeu raide, et surtout entretient exactement le bavardage intérieur que Gallwey vous demande de faire taire. Ces manuels ont un usage réel, mais plus tard, quand vous avez une sensation précise à corriger.

Les livres de préparation physique spécifique tennis, pliométrie, gainage et vitesse gestuelle, sont excellents et prématurés pour un joueur qui pratique deux heures par semaine. Ils s'adressent à quelqu'un qui joue déjà beaucoup et qui casse. Si le sujet vous intéresse, la question est traitée sérieusement dans notre article sur les livres pour apprendre la préparation physique.

Enfin, méfiez-vous des ouvrages de coaching sportif généraliste qui citent Gallwey en deuxième main. Beaucoup se contentent de reformuler la distinction entre les deux moi en l'appliquant à la vie de bureau. Le texte original coûte moins cher et dit mieux la même chose.

Ce qu'aucun de ces livres ne fera à votre place

Le tennis est un sport à schéma moteur, et c'est le point où l'honnêteté s'impose. La prise de raquette, le lâcher de bras au service, le timing de la préparation ne s'apprennent pas en lisant. Ils s'apprennent en frappant beaucoup de balles sous l'œil de quelqu'un qui voit ce que vous ne sentez pas encore.

Le mauvais calcul serait donc de remplacer les leçons par des livres. Le bon calcul est de faire l'inverse de ce que font la plupart des joueurs : quelques leçons au tout début, quand une correction coûte encore peu, puis des livres pour comprendre ce que vous faites entre les leçons. Un geste faux répété pendant deux ans devient un ami intime dont on se sépare difficilement.

Deux outils gratuits valent aussi tous les manuels. Le premier est votre téléphone posé de profil au bord du court : dix minutes de vidéo vous montreront un décalage entre ce que vous croyez faire et ce que vous faites, décalage qu'aucun texte ne peut vous décrire. Le second est le mur, longtemps méprisé, qui reste le meilleur partenaire pour travailler la régularité et le jeu de jambes sans avoir à réserver un court.

Un dernier point, souvent négligé : la condition physique de base. Beaucoup de fautes en fin de match sont des fautes de jambes, pas de raquette. Si vous n'avez aucun fond, la lecture sur la course à pied vous sera plus profitable qu'un cinquième livre de tennis.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors la couche mentale, la couche tactique, la gestion du match et la mise à distance. C'est déjà davantage que ce dont disposent la plupart des joueurs de troisième série.

La suite dépend de ce que vous voulez. Si vous entraînez, les recueils d'exercices technico-tactiques d'Amphora deviennent utiles, et le double mérite un ouvrage à lui seul. Si c'est le versant psychologique qui vous a pris, Gallwey a prolongé son idée dans d'autres domaines, et la littérature sur l'apprentissage moteur vous attend. Vous trouverez d'autres parcours du même esprit dans notre collection quels livres acheter pour apprendre à, où la même question revient sport après sport : quelle part se lit, quelle part se pratique.

Peut-on apprendre le tennis dans un livre ?

Pas les gestes, non. La prise de raquette, le lâcher de bras au service et le timing s'acquièrent par répétition guidée, et un livre ne verra jamais que vous armez trop tard. En revanche un livre change ce qui bloque la plupart des joueurs de club : la manière de s'entraîner, l'attention pendant l'échange, et la lecture tactique du point. C'est là que se trouvent les progrès les moins chers.

Quel est le meilleur livre de tennis pour un débutant ?

« Tennis et psychisme » de Timothy Gallwey, publié chez Robert Laffont en 1977 et réédité sous le titre « Tennis et concentration ». C'est un livre qui ne décrit presque aucun geste. Il explique comment apprendre un geste, ce qui est un tout autre sujet et un bien meilleur point de départ quand on découvre le sport.

Faut-il un livre technique avec des photos de gestes ?

Rarement en premier achat. Les manuels décomposent le coup droit en positions figées, ce qui donne l'illusion de comprendre et produit souvent des gestes raides et pensés. Ils deviennent utiles plus tard, quand vous avez déjà une sensation à corriger et un vocabulaire pour la nommer. Une vidéo de vos propres coups, filmée de profil, vous apprendra plus vite qu'un chapitre illustré.

Un livre remplace-t-il des cours avec un entraîneur ?

Non, et la substitution est particulièrement mauvaise au tennis. Un mauvais schéma moteur répété mille fois devient très difficile à défaire, alors qu'un entraîneur le corrige en deux séances au début. Le calcul raisonnable est inverse : quelques leçons pour poser les bases, puis des livres pour comprendre ce que vous faites entre les leçons.

Quel livre lire pour progresser en tactique ?

« Tennis, les fondamentaux tactiques » de Cyril Ravilly, chez Amphora, dans son édition actualisée de 2022. Il traite du choix de balle selon la situation, du placement après la frappe, des schémas de service et du jeu en double. La plupart des joueurs classés perdent des matchs contre des adversaires moins doués qu'eux pour des raisons uniquement tactiques.

Les autobiographies de champions servent-elles à progresser ?

Pas techniquement, et il faut l'assumer. « Open » d'André Agassi ne vous fera gagner aucun point. Il vous montre en revanche ce que la compétition fait à quelqu'un, et il désacralise le talent d'une manière très utile quand on se juge sévèrement après une défaite en tournoi interne.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

Découvre des livres près de chez toi

Sur Relit, explore les livres partagés par les lecteurs autour de toi et trouve ta prochaine lecture.

Essayer gratuitement

À lire aussi