Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre le portugais ? 4 titres et la question à trancher avant

Le portugais du Portugal et celui du Brésil ne s'apprennent pas dans le même livre. Voici comment choisir votre variante d'abord, puis quatre ouvrages dans l'ordre où les ouvrir.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Le portugaisIrène Freire Nunes et José-Luis de LunaVoir Le portugais, de Irène Freire Nunes et José-Luis de Luna à la Fnac (lien affilié)
Le portugais du BrésilJuliana Grazini dos Santos, Monica Hallberg et Marie-Pierre MazéasVoir Le portugais du Brésil, de Juliana Grazini dos Santos, Monica Hallberg et Marie-Pierre Mazéas à la Fnac (lien affilié)
Portugais, grammaire activeHaci-Maria Longhi Farina et Fátima Carvalho-LopesVoir Portugais, grammaire active, de Haci-Maria Longhi Farina et Fátima Carvalho-Lopes à la Fnac (lien affilié)
Les verbes portugais et brésiliensVoir Les verbes portugais et brésiliens à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre le portugais ?

Voici la scène qui se répète toutes les semaines dans les librairies. Quelqu'un achète une méthode de portugais parce qu'il part vivre à Lisbonne, travaille six mois avec les enregistrements, arrive sur place, et ne comprend pas un mot de ce qu'on lui dit au comptoir d'un café. Il a appris le portugais du Brésil sans le savoir. Personne ne le lui avait dit, et la couverture ne le criait pas.

L'inverse existe aussi, et il est peut-être plus frustrant : préparer un séjour à São Paulo avec une méthode européenne, puis découvrir que les Brésiliens trouvent votre accent comique et que la moitié de votre vocabulaire quotidien sonne vieillot chez eux.

C'est la particularité du portugais parmi les langues accessibles aux francophones. La question de la variante ne se règle pas en cours de route comme pour l'espagnol, elle se tranche à l'achat du premier livre. Voici donc d'abord cette décision, puis quatre ouvrages dans l'ordre où les ouvrir.


Portugal ou Brésil : décidez avant d'acheter

Il s'agit bien d'une seule langue. Un Lisboète et un Pauliste se parlent sans interprète, lisent les mêmes livres, et l'accord orthographique signé en 1990, entré en application des deux côtés à partir de 2009, a réduit les écarts d'écriture. Rien de tout ce qui suit ne relève d'une frontière étanche.

Mais les différences sont audibles dès la première seconde. Le portugais européen réduit fortement ses voyelles atones : les syllabes non accentuées s'effacent, les consonnes se touchent, et la langue paraît fermée, presque slave à l'oreille d'un débutant. Le brésilien articule au contraire chaque voyelle, ouvre les syllabes, chante davantage. Un francophone qui a écouté du brésilien pendant six mois ne décode pas une phrase de Lisbonne avant plusieurs semaines d'adaptation.

La grammaire d'usage diverge aussi, et sur des points que vous emploierez cent fois par jour. Le Portugal tutoie avec tu, le Brésil emploie você, qui reste poli et distant au Portugal. Les pronoms se placent après le verbe en portugais européen, dá-me o livro, et avant au Brésil, me dá o livro. Le présent progressif se dit estou a falar d'un côté, estou falando de l'autre.

Le vocabulaire quotidien suit : comboio et trem pour le train, autocarro et ônibus pour le bus, telemóvel et celular pour le téléphone, pequeno-almoço et café da manhã pour le petit-déjeuner. Ce ne sont pas des mots rares, ce sont ceux de votre première semaine sur place.

La règle pratique tient donc en une ligne : choisissez la variante du pays qui vous concerne, et vérifiez explicitement sur la couverture ou dans le catalogue de l'éditeur laquelle vous achetez. Si aucun pays ne vous concerne encore, prenez le brésilien : les locuteurs sont dix fois plus nombreux, les ressources d'écoute sont abondantes, et la phonétique ouverte pardonne davantage aux commençants.

Premier livre, version Portugal : Freire Nunes et de Luna, « Le portugais »

Irène Freire Nunes et José-Luis de Luna, « Le portugais » (Assimil, collection Sans peine, cent leçons, édition remaniée parue en 2016, niveau annoncé B2, livre seul ou avec les enregistrements) Voir à la FnacLe portugais, de Irène Freire Nunes et José-Luis de Luna (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis. C'est la descendance directe du « Nouveau portugais sans peine » que beaucoup ont connu.

Le mécanisme est celui de toute la collection et il n'a pas bougé depuis des décennies : un dialogue court sur la page de gauche, la traduction française en vis-à-vis, quelques notes d'usage, deux exercices. Vingt à trente minutes par jour, une leçon par jour, sans effort de mémorisation volontaire. La répétition espacée fait le travail.

Ce qu'il vous apprend précisément : à produire des phrases entières avant de savoir les analyser. Vous direz tenho de ir embora bien avant de savoir ce qu'est cette périphrase. Et surtout, il vous met dans l'oreille la réduction vocalique européenne dès les premières leçons, ce qu'aucune grammaire ne fera jamais.

Prenez impérativement la version avec les enregistrements. Sur d'autres langues on peut discuter, ici non. Le portugais européen écrit et le portugais européen parlé ne se ressemblent pas assez pour qu'on apprenne l'un en espérant reconnaître l'autre.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à traiter une difficulté isolée. La progression avance sans attendre personne. Si la place des pronoms reste floue à la leçon quarante, Assimil ne s'arrêtera pas pour vous.

Premier livre, version Brésil : « Le portugais du Brésil »

Juliana Grazini dos Santos, Monica Hallberg et Marie-Pierre Mazéas, « Le portugais du Brésil » (Assimil, collection Sans peine, édition parue en 2009, cent leçons, avec enregistrements) Voir à la FnacLe portugais du Brésil, de Juliana Grazini dos Santos, Monica Hallberg et Marie-Pierre Mazéas (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis. Cet ouvrage a remplacé l'ancien « Brésilien sans peine », que vous croiserez encore d'occasion et qui a vieilli.

Même architecture, même rythme, autre langue d'arrivée. Les auteurs traitent explicitement ce qui fait la couleur du portugais brésilien : les mots venus du tupi et des langues africaines, la palatalisation du t et du d devant un i qui transforme dia en quelque chose comme djia, l'emploi généralisé de você, la proclise des pronoms.

Ce qu'il vous apprend précisément : une langue orale que vous reconnaîtrez immédiatement dans une série ou une chanson, ce qui compte plus qu'on ne le dit. La motivation d'un apprenant tient beaucoup à ce moment où il comprend enfin trois mots dans un morceau qu'il aime.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le portugais européen, évidemment, et il ne prétend pas le faire. Si vos deux projets coexistent, faites le brésilien d'abord, puis une adaptation à l'oreille européenne. L'inverse fonctionne moins bien.

Deuxième livre : « Portugais, grammaire active »

Haci-Maria Longhi Farina et Fátima Carvalho-Lopes, « Portugais, grammaire active » (Le Livre de Poche, collection Langues pour tous, soixante-quinze chapitres, exercices intégrés et corrigés en fin de volume, avec la collaboration de Jacqueline Penjon) Voir à la FnacPortugais, grammaire active, de Haci-Maria Longhi Farina et Fátima Carvalho-Lopes (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : deux mois de méthode, ou l'équivalent.

Cet ouvrage a un mérite précis qui justifie sa place ici plutôt qu'une autre grammaire : il signale les variantes brésiliennes au fil des chapitres au lieu de les reléguer en annexe. Vous voyez donc, sur un même point, ce que fait Lisbonne et ce que fait São Paulo. Aucune méthode ne vous donne ça.

Ce qu'il vous apprend précisément : à mettre un nom sur ce que vous produisez déjà. Le subjonctif futur, cette forme qui n'existe ni en français ni en espagnol courant et qui déroute tout le monde, y est traitée clairement. La distinction entre ser et estar, les temps composés avec ter, la valeur de l'infinitif personnel, autre spécificité du portugais, y trouvent des explications lisibles pour un autodidacte.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à parler. Chaque chapitre s'accompagne d'exercices corrigés, ce qui est déjà beaucoup pour un ouvrage de poche, mais un exercice écrit ne remplace pas une conversation ratée.

Troisième livre : le Bescherelle des verbes

« Les verbes portugais et brésiliens » (Hatier, collection Bescherelle, quatre-vingts tableaux de conjugaison et un index alphabétique d'environ douze mille verbes) Voir à la FnacLes verbes portugais et brésiliens (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun, mais l'acheter en premier ne servirait à rien.

Ce n'est pas un livre qui se lit, c'est un livre qui s'ouvre. Le portugais conjugue beaucoup et conjugue irrégulièrement, et l'infinitif personnel comme le subjonctif futur ajoutent des formes que votre intuition d'hispanisant ne devinera pas. Un volume posé à côté de vous pendant que vous écrivez vaut mieux que dix recherches sur un téléphone, ne serait-ce que parce qu'on y croise en passant des formes voisines qu'on n'aurait pas cherchées.

Le titre couvre les deux variantes, ce qui est utile puisque les tableaux eux-mêmes divergent peu : l'écart entre Portugal et Brésil porte sur l'usage des formes bien plus que sur les formes elles-mêmes.

Par où ne pas commencer

D'abord, ne commencez pas par une grammaire seule, quelle qu'elle soit. C'est l'erreur la plus répandue sur toutes les langues et elle est plus coûteuse en portugais, parce que le décalage entre l'écrit et l'oral y est immense. Une année de grammaire vous donnera un lecteur qui n'entend rien.

Ensuite, méfiez-vous des méthodes anciennes trouvées d'occasion. Une méthode de langue vieillit mal, et le portugais a connu une réforme orthographique appliquée depuis 2009. Un ouvrage antérieur vous enseignera des graphies aujourd'hui fautives, avec des consonnes muettes que l'accord a supprimées.

Évitez aussi les guides de conversation en première position. Ils sont excellents pour un voyage de dix jours et inutiles pour apprendre : une liste de phrases toutes faites ne produit aucune capacité à en fabriquer d'autres.

Enfin, un conseil sur un format. Les manuels universitaires de portugais, ceux qu'on utilise en licence de langues, supposent un professeur devant vous et un groupe autour de vous. Seul, dans un canapé, sans personne pour corriger vos productions écrites, vous n'en tirerez pas le dixième de ce qu'ils contiennent.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Aucun de ces ouvrages ne vous donnera l'oreille. C'est vrai partout, c'est décisif ici. Le portugais européen se parle vite, mange ses voyelles et enchaîne les mots sans frontière audible. La seule chose qui construit cette compétence est l'exposition massive et régulière : radio, podcasts, séries, chansons, y compris quand vous ne comprenez rien. Comptez plusieurs centaines d'heures, sur des mois. Aucune méthode n'en fournit plus d'une quinzaine.

Un livre ne corrigera pas non plus votre prononciation. Les voyelles nasales du portugais, celles de mão ou de bem, n'existent pas exactement en français, et vous les prononcerez de travers pendant des années si personne ne vous reprend. Un échange linguistique hebdomadaire, un cours en visio avec un locuteur, un ami lusophone qui accepte de vous interrompre : n'importe laquelle de ces solutions vaut mieux qu'un chapitre de phonétique.

Un livre ne vous fera pas parler, enfin. La production orale est une compétence motrice autant qu'intellectuelle, elle s'entraîne en la pratiquant mal d'abord. Les gens qui attendent d'être prêts ne le sont jamais.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors une méthode complète, une grammaire consultable, un usuel de conjugaison, et surtout une variante assumée plutôt que subie. La suite se joue en portugais, plus en français.

Passez à la lecture suivie dès que la méthode est terminée. Le roman policier brésilien contemporain et les nouvelles portugaises sont plus praticables que les grands noms, dont l'écriture est justement ce qui les rend grands. Saramago et ses paragraphes sans point, Pessoa et ses hétéronymes, attendront que vous soyez à l'aise, et ils le méritent. Vous pouvez repérer les traductions et les éditions bilingues par genre littéraire pour choisir un premier titre à votre portée.

Si la méthode vous a plu et que vous envisagez une autre langue romane ensuite, le même parcours se transpose presque tel quel : voyez quels livres pour apprendre l'espagnol et quels livres pour apprendre l'italien, ou le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à.

Faut-il apprendre le portugais du Portugal ou celui du Brésil ?

Celui du pays qui vous concerne, et la question se tranche avant l'achat de la méthode, pas après. Les deux variantes partagent la même grammaire écrite mais divergent sur la prononciation, sur les pronoms, sur la forme du progressif et sur une part du vocabulaire quotidien. Un livre qui enseigne le brésilien vous fera parler d'un ônibus, un livre portugais d'un autocarro, et l'oreille formée à l'un met plusieurs semaines à décoder l'autre.

Par quelle méthode commencer le portugais européen ?

Par « Le portugais » d'Irène Freire Nunes et José-Luis de Luna, chez Assimil, dans la collection Sans peine. Cent leçons quotidiennes courtes, un dialogue par leçon avec la traduction en vis-à-vis, une progression qui va jusqu'au niveau B2 annoncé. Prenez la version accompagnée des enregistrements, non par confort mais par nécessité : le portugais européen réduit ses voyelles atones au point de devenir illisible pour qui ne l'a jamais entendu.

Le portugais est-il difficile pour un francophone ?

La lecture est facile, l'écoute est le vrai obstacle. Le vocabulaire vous sera familier, la grammaire ressemble à celle de l'espagnol ou de l'italien, et vous comprendrez un texte de presse bien plus vite que vous ne le croyez. En revanche la chaîne parlée, surtout du côté européen, avale les voyelles et colle les mots entre eux. Beaucoup de gens lisent des articles au bout de trois mois sans saisir une phrase de conversation.

Une grammaire suffit-elle pour débuter ?

Non, et c'est l'achat le plus fréquent en librairie. Une grammaire répond à une question née de votre propre pratique, elle ne crée pas cette pratique. Lue du début à la fin par un débutant, elle produit une connaissance de règles qu'on ne reconnaît jamais en situation. Achetez-la en deuxième position, quand la méthode vous aura laissé des zones floues précises que vous saurez nommer.

Le brésilien est-il une langue à part ?

Non, c'est du portugais, et un Lisboète et un Pauliste se comprennent sans interprète. L'accord orthographique de 1990, appliqué des deux côtés à partir de 2009, a même rapproché les deux orthographes. Les écarts sont ceux d'une même langue séparée par un océan et deux siècles : phonétique, pronominale, lexicale sur le quotidien. Cela reste assez pour qu'une méthode mal choisie vous coûte des mois.

Quand peut-on lire un roman en portugais ?

Après une soixantaine de leçons de méthode pour de la prose contemporaine simple, un peu plus tard pour la littérature. La proximité avec le français vous porte loin à l'écrit. Commencez par des nouvelles ou du roman policier plutôt que par Pessoa ou Saramago, dont les phrases longues et la ponctuation particulière demandent une aisance que vous n'aurez pas encore.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

Découvre des livres près de chez toi

Sur Relit, explore les livres partagés par les lecteurs autour de toi et trouve ta prochaine lecture.

Essayer gratuitement

À lire aussi