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Quels livres pour apprendre l'origami ? 4 titres dans l'ordre où les ouvrir

Un livre d'origami qui n'explique pas ses symboles est inutilisable, et le papier décide de la moitié du résultat. Voici quatre ouvrages dans l'ordre, et ceux qu'il ne faut pas acheter en premier.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Origami pour tousDidier BoursinVoir Origami pour tous, de Didier Boursin à la Fnac (lien affilié)
Origami, volume 1, les bases, le manuel de référenceGuillaume DenisVoir Origami, volume 1, les bases, le manuel de référence, de Guillaume Denis à la Fnac (lien affilié)
Le livre de l'origami, pliages à vivre et à jouerDidier BoursinVoir Le livre de l'origami, pliages à vivre et à jouer, de Didier Boursin à la Fnac (lien affilié)
Origami for the ConnoisseurKunihiko Kasahara et Toshie TakahamaVoir Origami for the Connoisseur, de Kunihiko Kasahara et Toshie Takahama à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre l'origami ?

Il y a une manière très fiable de repérer un mauvais livre d'origami, et elle prend dix secondes en librairie. Vous l'ouvrez aux premières pages et vous cherchez la légende des symboles. Si elle n'y est pas, reposez-le, quelle que soit la beauté des photographies de couverture.

La raison tient à une particularité de la discipline. L'origami se transmet depuis les années cinquante par un langage graphique normalisé, le système Yoshizawa-Randlett, mis au point par le maître japonais Akira Yoshizawa et repris par l'Américain Samuel Randlett. Un trait discontinu signifie un pli vallée, un trait mixte un pli montagne, une flèche pleine indique où amener le papier, une flèche à double pointe demande un pli puis un dépliage, un petit symbole circulaire annonce un retournement de la feuille. Ce vocabulaire est international : un diagramme japonais, hongrois ou brésilien se lit sans un mot de la langue.

Un livre qui saute cette légende ne vous laisse que les photographies, et les photographies mentent. Elles montrent l'état d'arrivée, jamais le mouvement qui y mène. Vous tiendrez jusqu'au sixième pli et vous bloquerez sans comprendre pourquoi.

Voici quatre ouvrages, dans l'ordre où ils servent, plus un avertissement sur le papier qui vous évitera un achat inutile.


Avant le premier livre : le papier décide de la moitié du résultat

Cette section devrait figurer dans tous les articles sur le sujet, et elle n'y figure jamais.

Prenez un modèle traditionnel de vingt étapes, pliez-le dans du papier d'imprimante à quatre-vingts grammes, puis dans du kami à soixante grammes. Le premier ne se fermera pas correctement, il gondolera aux angles, et les dernières étapes forceront. Le second se pliera net. Ce n'est pas une question de niveau, c'est une question d'épaisseur accumulée : à chaque pli, le nombre de couches double par endroits, et au douzième pli vous manipulez l'équivalent de plusieurs millimètres de fibres.

Pour débuter, il vous faut du kami, le papier d'origami standard vendu en paquets de cent feuilles, coloré d'une face et blanc de l'autre. Prenez des carrés de quinze centimètres, taille de référence de la quasi-totalité des diagrammes. En dessous de dix centimètres, tout devient inutilement difficile.

Deux autres papiers valent d'être connus quand vous progresserez. Le papier japonais, le washi, résiste bien mieux à la traction et supporte les modèles nerveux. Le papier bicolore dit tant, plus fin et plus solide que le kami, devient nécessaire vers les modèles de cinquante étapes. Et pour les pièces à courbes, il existe une technique de pliage humide mise au point par Yoshizawa, où la feuille légèrement humidifiée se sculpte et sèche en gardant sa forme.

Retenez la règle simple : achetez du papier avant d'acheter un deuxième livre.

Premier livre : Didier Boursin, « Origami pour tous »

Didier Boursin, « Origami pour tous » (Larousse, format poche, réédité à plusieurs reprises) Voir à la FnacOrigami pour tous, de Didier Boursin (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Un petit volume qui commence exactement comme il faut : les plis fondamentaux, les symboles, les bases essentielles, puis une vingtaine de modèles accompagnés de leur niveau de difficulté et expliqués étape par étape.

Didier Boursin est probablement l'auteur d'origami français le plus publié. Architecte de formation et professeur d'arts plastiques, il plie pour la publicité et les vitrines depuis des décennies, et il a une particularité que les puristes lui reprochent : il ne s'interdit pas la découpe. Cela n'a aucune importance à ce stade, et cela rend ses livres plus accessibles que la moyenne.

Ce qu'il vous apprend précisément : à lire un diagramme et à exécuter proprement les plis de base, sur des modèles qui aboutissent en quinze minutes. Le format compte ici : un livre court et bon marché se pose ouvert sur une table sans se refermer, et se transporte.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la profondeur. Vingt modèles s'épuisent en quelques semaines si la chose vous prend, et vous voudrez alors un vrai manuel.

Deuxième livre : Guillaume Denis, « Origami, volume 1, les bases »

Guillaume Denis, « Origami, volume 1, les bases, le manuel de référence » (Eyrolles, 2018, deux cent cinquante-six pages) Voir à la FnacOrigami, volume 1, les bases, le manuel de référence, de Guillaume Denis (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir plié une dizaine de modèles, ou au moins avoir compris ce qu'est un diagramme.

C'est le livre de fond de cette liste, et le meilleur achat en français si vous n'en prenez qu'un seul.

Il est construit en quarante et une leçons, chacune traitant un point technique précis, avec quatre-vingt-huit modèles traditionnels et contemporains à réaliser et plus de deux mille illustrations dessinées par l'auteur lui-même. Le début pose le choix du papier, la lecture des diagrammes et les plis de départ, puis chaque leçon ajoute un symbole, un terme technique ou une manipulation.

Ce qu'il vous apprend précisément : les bases au sens propre du mot, celles dont partent des dizaines de modèles. Base préliminaire, base de la bombe à eau, base de l'oiseau, base de la grenouille, base du poisson. Le jour où vous les connaissez par cœur, un diagramme peut vous dire « partez de la base de l'oiseau » et vous économiser quinze étapes. C'est le moment où l'ensemble du répertoire mondial s'ouvre, y compris les milliers de diagrammes publiés par les associations de plieurs.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la création. Denis vous enseigne à exécuter, pas à concevoir vos propres modèles, ce qui est un autre métier et fait l'objet de traités séparés.

Troisième livre : Didier Boursin, « Le livre de l'origami »

Didier Boursin, « Le livre de l'origami, pliages à vivre et à jouer » (Dessain et Tolra, 2006, cent quarante-quatre pages, illustrations en couleurs) Voir à la FnacLe livre de l'origami, pliages à vivre et à jouer, de Didier Boursin (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : la lecture de diagrammes acquise.

Celui-ci n'est pas une méthode, c'est un recueil, et il arrive au bon moment quand la technique commence à tenir.

Le parti pris est dans le sous-titre. Il ne s'agit pas d'objets décoratifs à poser sur une étagère mais de pliages qui servent ou qui bougent : boîtes, enveloppes, jouets, mobiles, objets qu'on manipule. Cette orientation change le rapport à la pratique, parce qu'un pliage utilisé se refait, et un pliage refait vingt fois devient net.

Ce qu'il vous apprend précisément : la variété des applications, et l'endurance. Vous répéterez les mêmes plis de base dans des contextes différents, ce qui est exactement la manière dont ils s'automatisent.

Ce qu'il ne vous apprend pas : de nouvelles techniques. C'est un livre de mise en pratique, pas de progression, et il faut l'acheter en le sachant.

Quatrième livre : Kunihiko Kasahara et Toshie Takahama, « Origami for the Connoisseur »

Kunihiko Kasahara et Toshie Takahama, « Origami for the Connoisseur » (Japan Publications, 1987) Voir à la FnacOrigami for the Connoisseur, de Kunihiko Kasahara et Toshie Takahama (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : deux ou trois cents modèles derrière vous, et du papier correct. Ouvrage en anglais, jamais traduit en français.

Un classique du répertoire international, et le moment où vous changez de catégorie. Kasahara, né en 1941, est l'un des auteurs japonais les plus prolifiques de la discipline, et ce volume rassemble des modèles conçus par plusieurs créateurs, avec une part de géométrie assumée : polyèdres, divisions du carré, constructions modulaires assemblées à partir de plusieurs feuilles identiques.

Ce qu'il vous apprend précisément : que l'origami est une affaire de structure et pas seulement de représentation. Un modèle modulaire de trente pièces n'imite rien, il tient par sa propre géométrie. C'est aussi la porte d'entrée vers les mathématiques du pliage, un domaine étonnamment vivant.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la douceur. Les diagrammes sont denses, les étapes rapprochées, et l'ouvrage suppose que vous savez déjà ce qu'est un pli inversé extérieur. Prenez-le comme une récompense, pas comme un point de départ. L'anglais n'est pas un obstacle sérieux, puisque l'essentiel passe par les diagrammes.

Par où ne pas commencer

Voici la section qui vous fera économiser le plus d'argent.

N'achetez pas en premier un beau livre de modèles complexes, insectes, dragons ou masques réalistes, quel qu'en soit l'auteur. Ces ouvrages sont magnifiques et supposent une maîtrise que trois mois ne donnent pas, ainsi qu'un papier que vous n'avez pas encore. Ils produisent une frustration parfaitement évitable.

Méfiez-vous des kits vendus avec un livret de vingt pages et deux cents feuilles décorées. Le papier est souvent bon, le livret rarement suffisant : quelques modèles photographiés sans légende des symboles, ce qui ramène au problème du début. Le kit est un bon cadeau, un mauvais support d'apprentissage.

Écartez également les livres qui remplacent les diagrammes par des photographies étape par étape. C'est une mode éditoriale compréhensible, elle rassure en librairie, et elle ne fonctionne pas : une photographie ne montre pas la direction d'un mouvement, un diagramme si. Les meilleurs ouvrages photographiques doublent leurs images de diagrammes, et c'est la seule formule acceptable.

Enfin, un mot sur les livres pour enfants. Ils sont souvent excellents et pédagogiquement soignés, et un adulte n'a aucune honte à commencer par là. Le seul risque est le nombre de modèles, généralement faible, qui vous obligera à racheter vite.

Ce qu'aucun livre ne fera à votre place

Un livre ne verra pas que vous pliez approximativement. C'est le défaut fondateur, et il est invisible au début : vous alignez deux bords à un millimètre près, vous vous dites que c'est négligeable, et cette erreur se multiplie à chaque étape. Dix plis plus loin le modèle est de travers et vous ne savez pas pourquoi. La discipline entière tient dans un geste : aligner exactement, puis marquer le pli d'un seul passage d'ongle, franchement.

Un livre ne vous corrigera pas non plus quand vous bloquez sur une étape. Dans ce cas précis, la solution la plus efficace n'est pas un autre livre, c'est une rencontre. Le Mouvement français des plieurs de papier, association fondée en 1978, organise des rencontres et publie des diagrammes, et une demi-heure à côté de quelqu'un qui plie règle des blocages qui durent depuis des semaines.

Enfin, aucun livre ne vous donnera la répétition. Un modèle plié une fois n'est pas acquis, il est réussi. Pliez la même grue vingt fois et regardez la différence entre la première et la vingtième : c'est là que se trouve la progression, pas dans le nombre de titres achetés.

Après ces quatre livres

Vous aurez alors la lecture de diagrammes, les bases traditionnelles, une pratique régulière et une ouverture vers le modulaire. C'est assez pour aborder à peu près n'importe quel diagramme publié, et le répertoire disponible est immense.

La suite dépend de ce qui vous a pris. Si c'est la figuration animale, le travail se déplace vers le pliage humide et vers les papiers préparés. Si c'est la géométrie, les polyèdres modulaires et les tessellations vous occuperont des années. Si c'est l'objet utile, vous irez vers les boîtes, les enveloppes et les structures pliées qui intéressent aussi les architectes.

Le pliage se marie bien avec d'autres pratiques manuelles patientes : voyez quels livres pour apprendre le tricot, où la lecture d'un diagramme pose exactement le même problème, ou quels livres pour apprendre à dessiner si c'est la représentation qui vous intéresse. Le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à suit la même logique, et les genres vous permettront de repérer les éditions françaises disponibles.

Comment savoir si un livre d'origami est utilisable avant de l'acheter ?

Ouvrez-le aux premières pages et cherchez la légende des symboles. Un ouvrage sérieux consacre deux à quatre pages au système Yoshizawa-Randlett : trait discontinu pour un pli vallée, trait mixte pour un pli montagne, flèches pleines, flèches à double pointe, symbole de retournement. Sans cette légende, les diagrammes deviennent illisibles dès le sixième pli, quelle que soit la beauté des photographies. C'est le seul critère qui compte vraiment sur un livre destiné à un débutant.

Quel papier faut-il pour débuter l'origami ?

Du kami en carrés de quinze centimètres, coloré d'un côté et blanc de l'autre, autour de soixante grammes au mètre carré. C'est le papier des paquets bon marché vendus partout, et il convient parfaitement aux premières centaines de pliages. Évitez le papier d'imprimante à quatre-vingts grammes, trop épais et trop raide : au douzième pli, l'épaisseur accumulée empêche le modèle de se fermer, et vous conclurez à tort que vous avez raté quelque chose.

Faut-il savoir dessiner ou avoir de la dextérité pour faire de l'origami ?

Ni l'un ni l'autre. L'origami demande de la précision, ce qui n'est pas la même chose que de l'habileté : il s'agit d'aligner deux bords exactement et de marquer le pli en une seule fois, avec l'ongle. Les gens qui échouent au départ sont presque toujours ceux qui plient approximativement en se disant que l'erreur est minime. Elle ne l'est pas, elle se multiplie à chaque étape et devient visible au bout de dix plis.

Peut-on apprendre l'origami uniquement avec des vidéos ?

Pour vos vingt premiers modèles, la vidéo est même supérieure au livre, parce qu'elle montre le geste et la rotation de la feuille. Elle plafonne ensuite : un modèle complexe se travaille en revenant en arrière, en comparant deux étapes éloignées, en repérant un pli préparatoire cinquante étapes plus tôt. Un diagramme papier permet cela instantanément, une vidéo non. La lecture de diagrammes reste la compétence qui ouvre l'ensemble du répertoire.

Que veut dire une base en origami ?

Une base est une configuration de plis intermédiaire dont partent des dizaines de modèles différents. Les principales portent des noms traditionnels : base préliminaire, base de la bombe à eau, base de l'oiseau, base de la grenouille, base du poisson. Les connaître par cœur change tout, parce qu'un diagramme peut alors commencer par « à partir de la base de l'oiseau » et vous faire gagner quinze étapes. C'est l'équivalent des gammes en musique.

Combien de temps faut-il pour plier une grue correctement ?

Une heure environ pour y arriver la première fois en suivant un diagramme, et une vingtaine de répétitions pour obtenir une grue nette, symétrique, avec des ailes qui ne se déchirent pas. La grue traditionnelle est le test d'entrée de la discipline : elle mobilise la base préliminaire, la base de l'oiseau, le pli inversé intérieur et le pli pétale. Quand elle est propre, vous avez déjà l'essentiel du vocabulaire de base.

Faut-il acheter un livre de modèles complexes quand on progresse ?

Attendez d'avoir résolu la question du papier, sinon l'achat est prématuré. Les modèles à cent étapes exigent un papier fin, résistant et souvent traité, du papier japonais, du tissu de papier ou une feuille préparée à la méthylcellulose. Tenter un insecte de John Montroll sur du kami de quinze centimètres se termine par une déchirure au dernier pli, et l'échec sera attribué à votre niveau alors qu'il vient de la feuille.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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