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Quel livre offrir à sa grand-mère ? 10 idées, et le détail que tout le monde oublie

Choisir un livre pour sa grand-mère : le confort de lecture avant le titre, les éditions en gros caractères, et dix sagas, romans de terroir et récits de mémoire qui fonctionnent vraiment.

L'équipe Relit8 min de lecture

Quel livre offrir à sa grand-mère ?

La plupart des guides de cadeaux commencent par le sujet du livre. Pour une grand-mère, c'est la deuxième question. La première est de savoir si elle pourra le tenir, le lire le soir, et le rouvrir sans effort à la page où elle s'est arrêtée.

Ça peut sembler prosaïque. C'est pourtant la raison numéro un pour laquelle un livre offert à quelqu'un de quatre-vingts ans reste fermé. Voici dix titres qui fonctionnent, et le détail matériel à régler avant même de choisir le titre.


Le poids du livre décide de tout

Prenez un roman relié de sept cents pages, tenez-le d'une seule main pendant vingt minutes, au lit, dans le noir. C'est l'expérience réelle proposée à une lectrice de quatre-vingt-cinq ans avec des mains fatiguées.

Trois critères comptent, dans cet ordre. Le poids d'abord : au-delà de quatre cents grammes, le livre se lit assis à table et plus au lit, ce qui divise par deux le temps de lecture réel. La reliure ensuite : un livre qui ne reste pas ouvert à plat oblige à le maintenir de force, page après page. La taille des caractères enfin, qui décide simplement si la lecture est fatigante ou pas.

Une conséquence contre-intuitive : le poche, souvent perçu comme un cadeau au rabais, est parfois le meilleur choix, parce qu'il pèse trois fois moins. Et parfois le pire, parce que sa typographie est minuscule. Regardez le livre en librairie avant d'acheter, ouvrez-le, soupesez-le. Deux minutes de vérification valent mieux qu'un beau volume qui reste sur la commode.

Les éditions en gros caractères, une piste que personne ne connaît

C'est l'information la plus utile de cet article et presque personne ne l'a. Plusieurs maisons d'édition françaises rééditent des livres du commerce dans une typographie agrandie, sur un papier adapté : À vue d'œil, Voir de près, Libra Diffusio installé au Mans, Feryane fondée en 1991, La Loupe. Le catalogue ne se limite pas aux classiques, il suit les nouveautés et les prix littéraires.

À Paris, la Librairie des grands caractères, au 6 rue Laplace dans le cinquième arrondissement, a été créée par les éditeurs Voir de près et À vue d'œil pour rassembler ces catalogues en un seul lieu. Ailleurs, n'importe quelle librairie peut commander un titre en gros caractères sur demande, et la plupart des bibliothèques municipales en possèdent un rayon.

Beaucoup de lectrices arrêtent progressivement de lire à cause de la fatigue oculaire, sans jamais l'annoncer, parce que ça ressemble à un aveu de vieillesse. Offrir le même roman dans une édition confortable règle un problème qu'elles n'avaient pas formulé. Ce sujet est développé plus largement dans notre article sur le livre à offrir à une personne âgée.

Si elle aime les sagas familiales

C'est le format le plus adapté à une lectrice régulière : on s'attache à une famille, on suit des générations, et un volume terminé ouvre sur le suivant. Vous lui offrez de quoi tenir plusieurs mois plutôt qu'un week-end.

Régine Deforges, « La Bicyclette bleue » (Ramsay, 1981, prix des Maisons de la Presse) Voir à la FnacLa Bicyclette bleue, de Régine Deforges (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Léa Delmas, la Gironde, l'Occupation, la Résistance. Le premier volume ouvre une saga qui compte dix titres, dont « 101, avenue Henri-Martin » et « Le Diable en rit encore ». L'autrice a reconnu s'être appuyée sur la trame d'« Autant en emporte le vent », ce qui explique une partie de son succès et n'a jamais gêné personne.

Christian Signol, « La Rivière Espérance » (Robert Laffont, 1990, prix La Vie-Terre de France) Voir à la FnacLa Rivière Espérance, de Christian Signol (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Les gabariers de la Dordogne au dix-neuvième siècle, de Souillac jusqu'à Bordeaux. La trilogie s'est poursuivie avec « Le Royaume du fleuve » en 1991 et « L'Âme de la vallée » en 1993. Signol est un des romanciers les plus lus de France depuis quarante ans, et la trilogie existe aussi en volume unique si vous préférez tout offrir d'un coup.

Bernard Clavel a reçu le Goncourt 1968 pour « Les Fruits de l'hiver » (Robert Laffont, 1968), quatrième et dernier volume du cycle « La Grande Patience ». Un couple vieillissant dans le Jura pendant la guerre, les fils absents, la maison. C'est âpre et juste, et rarement offert parce qu'on l'a oublié.

Pour offrir une série sans se tromper de volume, vérifiez d'abord où elle en est. Nos guides d'ordre de lecture listent les sagas tome par tome.

Si elle est attachée à un territoire

Le roman de terroir traîne une réputation de littérature mineure, largement imméritée, et il fonctionne pour une raison simple : il parle d'un monde que votre grand-mère a connu de près.

Pierre-Jakez Hélias, « Le Cheval d'orgueil » (Plon, collection Terre humaine, 1975) Voir à la FnacLe Cheval d'orgueil, de Pierre-Jakez Hélias (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Les mémoires d'un Breton du pays bigouden, écrites en breton puis traduites en français par l'auteur lui-même. La vie paysanne du début du vingtième siècle, l'arrivée de l'école républicaine, la langue qui se perd. Le livre a dépassé le million et demi d'exemplaires à la fin du siècle et approche les deux millions selon son éditeur. Si votre famille vient de l'Ouest, il n'y a pas à hésiter.

Dans un registre plus contemporain, « Les Déferlantes » de Claudie Gallay (Éditions du Rouergue, 2008, prix des lectrices de Elle 2009) se passe à La Hague, au bout du Cotentin. Une femme observe les oiseaux migrateurs, un homme revient quarante ans après un naufrage qui a emporté sa famille. Le roman est long, lent, et c'est exactement ce qu'aiment les lectrices qui ont le temps.

Si elle veut qu'on parle de son époque

Beaucoup de familles évitent par précaution la guerre, l'Occupation, la déportation. C'est souvent un contresens : la génération concernée aborde ces sujets bien plus directement que la nôtre.

« Une vie » de Simone Veil (Stock, 2007) a dépassé les 300 000 exemplaires et a été traduit dans une quinzaine de langues. Auschwitz, le retour, la magistrature, la loi de 1975. Il se lit comme une conversation, sans emphase, ce qui explique pourquoi tant de lectrices âgées l'ont adopté.

Tatiana de Rosnay, « Elle s'appelait Sarah » (Éditions Héloïse d'Ormesson, 2007) Voir à la FnacElle s'appelait Sarah, de Tatiana de Rosnay (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). La rafle du Vélodrome d'Hiver vue par une petite fille, et une journaliste qui enquête soixante ans plus tard. Onze millions d'exemplaires vendus dans le monde. Le roman alterne deux époques en chapitres courts, ce qui en fait une lecture fluide sur un sujet difficile.

Enfin, « La Vie devant soi » d'Émile Ajar, c'est-à-dire Romain Gary (Mercure de France, 1975, prix Goncourt), reste un des livres les plus tendres jamais écrits sur la vieillesse et sur les gens qu'on garde. Madame Rosa et Momo, Belleville, l'ascenseur qui n'existe pas. Il fait rire et pleurer dans la même page, ce qui est rare.

Si vous voulez surtout la faire rire

Le réflexe des cadeaux pour personnes âgées penche systématiquement vers le grave. C'est une erreur d'appréciation assez agaçante.

« Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » de Jonas Jonasson (Presses de la Cité, 2011, traduction de Caroline Berg) raconte un centenaire qui s'échappe de sa maison de retraite par la fenêtre le jour de son anniversaire, et le siècle entier qu'il a traversé. Le livre a été vendu dans trente-cinq pays. Il est drôle, absurde, et il traite la vieillesse comme un sujet comique plutôt que comme une maladie, ce qui vaut tous les discours.

« Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates » de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows (NiL éditions, 2009, traduction d'Aline Azoulay-Pavcon) est un roman entièrement composé de lettres, autour d'un club de lecture né à Guernesey pendant l'occupation allemande. Le format épistolaire est un cadeau en soi : chaque lettre fait deux pages, on repose le livre quand on veut, on ne perd jamais le fil.

Ce qu'il vaut mieux lui demander avant d'acheter

Une seule question fait le travail : « qu'est-ce que tu lis en ce moment ? » Elle vous répondra en détail, parce que peu de gens la lui posent, et vous saurez à la fois le genre, l'épaisseur et l'état de sa vue au ton de la réponse.

Deuxième chose à vérifier discrètement lors de votre prochaine visite : où elle lit. Une lampe de chevet faible explique bien des livres abandonnés, et une liseuse rétroéclairée ou une édition en gros caractères règle le problème mieux que n'importe quel titre. Si elle lit dans un fauteuil, le poids compte moins. Si elle lit au lit, il compte énormément.

Un mot sur la liseuse, justement, puisque la question revient dans toutes les familles. L'objet a mauvaise presse auprès des lecteurs de notre âge, qui y voient une trahison du papier. Les personnes de plus de quatre-vingts ans, elles, l'adoptent souvent sans état d'âme, pour une raison très concrète : on y agrandit la police d'un geste et l'appareil pèse moins de deux cents grammes. La difficulté est ailleurs, dans la mise en route et l'achat des livres. Si vous offrez une liseuse, offrez avec elle une demi-journée de votre temps et cinq ou six titres déjà chargés dessus. Sans ça, elle finira dans un tiroir avec la batterie à plat.

Il reste une option que les guides de cadeaux mentionnent rarement : lui demander de vous prêter un de ses livres. Vous le lisez, vous en parlez ensemble, et vous savez précisément quoi lui offrir la fois suivante. Le premier échange fait souvent plus plaisir que le paquet.

Si vous cherchez maintenant pour l'autre génération, notre sélection sur le livre à offrir à sa mère suit la même logique par profil de lectrice.

Faut-il offrir un livre en gros caractères ?

Si elle a plus de soixante-quinze ans, posez-vous sérieusement la question. Plusieurs maisons françaises publient les mêmes titres dans une typographie agrandie : À vue d'œil, Voir de près, Libra Diffusio, Feryane, La Loupe. Le catalogue couvre les nouveautés et pas seulement les classiques. Beaucoup de lectrices arrêtent de lire par fatigue oculaire sans jamais le dire, et découvrent ces éditions par hasard, trop tard.

Grand format ou poche pour une personne âgée ?

Le poche est plus léger, donc plus facile à tenir longtemps, mais sa typographie est petite et sa reliure ne reste pas ouverte à plat. Le grand format se lit plus confortablement et pèse davantage. Si vous devez trancher, le critère décisif est la main : un livre de sept cents pages relié devient un objet impossible à tenir au lit.

Quel livre offrir à une grand-mère qui a tout lu ?

Changez d'époque plutôt que de rayon. Une grande lectrice de romans français des années 1980 n'a souvent jamais ouvert un roman contemporain traduit du suédois ou de l'anglais. « Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates » de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows surprend régulièrement des lectrices qui pensaient avoir fait le tour de la littérature sur la guerre.

Le livre audio est-il un bon cadeau ?

C'est l'option la plus sous-estimée. Une grand-mère qui a mal aux yeux, qui tricote, qui cuisine ou qui n'arrive plus à tenir un livre longtemps écoute très volontiers. La difficulté est technique, pas culturelle : prévoyez d'installer l'application vous-même et de lancer le premier chapitre devant elle, sinon le cadeau reste dans le téléphone.

Peut-on lui offrir un livre sur la guerre ou sur la mémoire ?

Souvent oui, et c'est même ce qu'elle attend. Beaucoup de familles évitent ces sujets par précaution alors que la génération concernée les aborde sans difficulté. « Une vie » de Simone Veil, paru chez Stock en 2007, a dépassé les 300 000 exemplaires en grande partie grâce à des lectrices âgées. Vérifiez simplement qu'aucun deuil récent ne rend la lecture douloureuse.

Et si elle a déjà le livre ?

Demandez le ticket de caisse au libraire et glissez-le dans le paquet. La plupart des librairies échangent un livre non lu et non abîmé sous quinzaine. Ce n'est pas un aveu d'échec : beaucoup de lectrices trouvent l'échange plus amusant que le cadeau, parce qu'il leur offre un prétexte pour retourner en librairie et discuter.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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