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Quel livre offrir à quelqu'un qui aime la cuisine ? 13 idées au-delà du livre de recettes

Offrir un livre à un passionné de cuisine sans retomber sur le énième recueil de recettes : manuels de technique, récits de chef, histoire de l'alimentation et romans gourmands.

L'équipe Relit7 min de lecture

Quel livre offrir à quelqu'un qui aime la cuisine ?

Le rayon cuisine d'une librairie est l'endroit où l'on trouve les cadeaux les plus faciles à acheter et les plus souvent abandonnés. Deux cents recueils de recettes empilés, des couvertures superbes, et une personne qui possède déjà six livres du même genre.

Quelqu'un qui aime cuisiner n'a pas besoin de recettes supplémentaires, il en trouve dix mille gratuitement en trois secondes. Ce qu'il ne trouve pas seul, c'est le pourquoi des choses, l'histoire derrière un aliment, ou le plaisir de lire quelqu'un qui parle de son métier. Voici treize livres classés selon ce que la personne cherche vraiment.


Regardez ce qui est déjà taché

Avant d'acheter, ouvrez ses placards de cuisine, pas sa bibliothèque de salon. Les deux ne disent pas la même chose.

Les livres qui vivent réellement sont reconnaissables : tranche fatiguée, pages gondolées, marques de doigts gras sur trois recettes toujours les mêmes. Ceux qui sont impeccables ont été offerts et jamais ouverts. Vous apprendrez en une minute quel type d'ouvrage cette personne utilise vraiment, et surtout quel type elle reçoit sans arrêt.

Deuxième indice, plus subtil : la cuisine qu'elle fait. Quelqu'un qui passe son dimanche sur une pâte feuilletée et quelqu'un qui improvise chaque soir avec ce qui traîne ne veulent pas du tout le même livre. Le premier cherche la précision. Le second cherche des idées et de la compréhension.

Pour comprendre pourquoi ça marche

C'est la catégorie la plus utile et la plus rarement offerte, parce qu'elle ne se voit pas sur une table de nouveautés.

Sel Gras Acide Chaleur de Samin Nosrat (traduction française aux Éditions du Chêne, 2019) Voir à la FnacSel Gras Acide Chaleur de Samin Nosrat (lien affilié, ouvre un nouvel onglet) part d'une idée simple : toute cuisine réussie repose sur quatre éléments, et si vous les maîtrisez, vous n'avez plus besoin de recettes. Le livre est illustré par Wendy MacNaughton, il fait près de 470 pages et il a changé la façon de cuisiner de gens qui pensaient déjà savoir. Le meilleur cadeau possible pour quelqu'un qui cuisine bien mais qui n'ose pas improviser.

« Les Secrets de la casserole » d'Hervé This (Belin, 1993) explique ce qui se passe physiquement dans une poêle. This a inventé le terme de gastronomie moléculaire avec le physicien Nicholas Kurti, et ce livre reste sa porte d'entrée la plus accessible. Pourquoi une viande saisie ne garde pas ses jus, pourquoi les blancs montent mieux dans un cul-de-poule en cuivre : ce sont les questions que se posent tous les gens qui cuisinent souvent.

« Le Grand Manuel du pâtissier » de Mélanie Dupuis et Anne Cazor (Marabout, 2014) fonctionne différemment. Cinquante recettes de base décomposées en infographies, puis soixante-dix pâtisseries classiques construites à partir de ces bases. C'est le livre qui transforme quelqu'un qui rate ses tartes en quelqu'un qui comprend pourquoi il les ratait.

Pour celui qui cuisine tous les jours depuis vingt ans

Là, le piège consiste à chercher plus pointu dans le même rayon. Changez plutôt de géographie ou de registre.

« Jérusalem » de Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi (traduction de Christine Mignot, Hachette Cuisine, 2013) a durablement modifié la façon dont on utilise les épices, les herbes fraîches et les légumes en France. Les recettes sont réalisables et le livre raconte en même temps une ville et deux enfances, l'une juive, l'autre palestinienne, dans les mêmes rues.

« Je sais cuisiner » de Ginette Mathiot (Albin Michel, 1932) est l'autre extrême, et un cadeau nettement plus malin qu'il n'en a l'air. Près de deux mille recettes dans l'édition d'origine, plus de deux millions et demi d'exemplaires vendus à la fin des années 1990. Un cuisinier chevronné qui ne l'a jamais possédé le consultera plus souvent que n'importe quel livre récent, parce qu'il répond à la seule question qui compte à 19h : combien de temps et à quelle température.

Quand la cuisine est un métier qu'on raconte

Un passionné de cuisine est souvent un lecteur avide de coulisses. Ce rayon-là ne s'épuise jamais.

En cuisine avec Alain Passard de Christophe Blain (Gallimard, 2011) Voir à la FnacEn cuisine avec Alain Passard de Christophe Blain (lien affilié, ouvre un nouvel onglet) est une bande dessinée de cinquante et une pages. Blain a suivi le chef de l'Arpège pendant plus de deux ans, de ses potagers à son piano, et l'album contient seize recettes inédites. Prix France Info de la bande dessinée d'actualité et de reportage en 2012. Même quelqu'un qui déteste la bande dessinée le lit d'un trait.

« Cuisine et confidences » d'Anthony Bourdain (traduction d'Aline Azoulay, Nil éditions, 2003) est la version française de « Kitchen Confidential ». Bourdain y raconte la cuisine professionnelle comme personne avant lui : la violence des services, l'alcool, la fatigue, la fraternité étrange des brigades. Le livre a rendu Bourdain célèbre et il n'a pas vieilli d'une ligne.

« Steak Machine » de Geoffrey Le Guilcher (Éditions Goutte d'Or, 2017) raconte quarante jours passés incognito dans un abattoir breton par un journaliste qui avait changé d'identité pour se faire embaucher. C'est dur, précis, et c'est le genre de livre qu'un cuisinier attentif à ses produits lit en une nuit.

L'histoire de ce que l'on mange

Voici la catégorie que personne n'offre jamais et qui produit le plus grand effet.

Ni cru ni cuit de Marie-Claire Frédéric (Alma éditeur, 2014) Voir à la FnacNi cru ni cuit de Marie-Claire Frédéric (lien affilié, ouvre un nouvel onglet) porte en sous-titre « Histoire et civilisation de l'aliment fermenté » et représente cinq ans de recherche. Le pain, le fromage, le vin, la choucroute, le miso, le nuoc-mâm : la fermentation a précédé la cuisson dans l'histoire humaine, et l'autrice défend l'idée que nous sommes humains en partie parce que nous faisons fermenter. Trois cent cinquante-neuf pages qui se lisent comme un récit de voyage.

« Physiologie du goût » de Jean Anthelme Brillat-Savarin, publié en 1825, quelques mois avant la mort de son auteur, reste le texte fondateur de tout ce qui s'écrit sur la table en français. On peut le lire dans le désordre, par courts fragments, et il est drôle, ce que les gens ne soupçonnent jamais avant de l'ouvrir. Un cadeau de très bon goût, à condition de choisir une édition avec des notes.

Les romans où la nourriture tient le premier rôle

Pour quelqu'un qui aime cuisiner et qui lit des romans, ce croisement fait presque toujours mouche.

Les Délices de Tokyo de Durian Sukegawa (traduction de Myriam Dartois-Ako, Albin Michel, 2016) Voir à la FnacLes Délices de Tokyo de Durian Sukegawa (lien affilié, ouvre un nouvel onglet) tient en 240 pages. Une vieille femme aux doigts déformés propose ses services à un vendeur de dorayaki et lui apprend à écouter la voix des haricots. Adapté au cinéma par Naomi Kawase, primé par le Prix du Livre de Poche en 2017. Le livre parle de lèpre, d'exclusion et de patience autant que de pâtisserie.

« Le Restaurant de l'amour retrouvé » d'Ito Ogawa (traduction de Myriam Dartois-Ako, Éditions Philippe Picquier, 2013) suit une jeune femme devenue muette qui ouvre un restaurant sans carte, où elle ne sert qu'un client par soirée, avec un menu conçu pour lui après un entretien. C'est le roman à offrir à quelqu'un pour qui cuisiner est une manière de dire des choses.

« Le Ventre de Paris » d'Émile Zola (1873) reste l'un des sommets de la description alimentaire en langue française. Les Halles, les fromages, les charcuteries, la puanteur et l'abondance. Un lecteur qui n'a lu de Zola que « Germinal » au collège découvre un auteur complètement différent.

Le détail qui fait la différence à l'ouverture du paquet

Un livre de cuisine offert sans rien d'autre reste un objet. Accompagné, il devient une invitation.

Une fève de tonka, un flacon de bonne huile, un couteau d'office correct : n'importe quel petit objet lié à une recette précise du livre suffit à transformer le cadeau. Écrivez sur la page de garde le numéro de la page en question, et proposez de venir manger le résultat. Vous venez d'offrir une soirée en plus du livre.

Si la personne aime autant voyager que cuisiner, la frontière est mince et nos suggestions pour les amateurs de voyage se recoupent souvent avec cette liste. Pour un livre qui s'installe dans une cuisine neuve, voyez plutôt nos idées de crémaillère. Et si vous voulez explorer d'autres rayons avant de trancher, notre catalogue par genres permet de circuler d'un domaine à l'autre.

Le vrai signe de réussite

Vous saurez que vous avez bien choisi le jour où vous verrez le livre sur le plan de travail, ouvert, avec une trace de doigt sur la page de droite et un coin corné.

Un livre de cuisine intact au bout de deux ans est un cadeau raté, même si le destinataire vous a remercié chaleureusement. Ceux qui comptent finissent gondolés, annotés au crayon dans la marge, avec des temps de cuisson corrigés à la main parce que le four du destinataire chauffe trop. C'est cet état-là qu'il faut viser, et c'est aussi ce qui rend un livre de cuisine transmissible : la génération suivante hérite des annotations en même temps que des recettes.

Faut-il offrir un livre de recettes ou un livre sur la cuisine ?

Tout dépend de ce que la personne cherche. Quelqu'un qui cuisine déjà tous les jours a rarement besoin de nouvelles recettes, il a besoin de comprendre pourquoi ça marche, ou de lire une histoire de cuisine. Un débutant motivé, lui, sera mieux servi par un manuel de technique. Le recueil de recettes pur est le cadeau le plus offert et le moins ouvert.

Comment savoir s'il l'a déjà ?

Photographiez sa bibliothèque de cuisine la prochaine fois que vous dînez chez lui, discrètement, pendant qu'il termine le plat. Deux minutes suffisent et vous aurez tout : les titres possédés, les éditeurs qu'il aime, et surtout ceux dont la tranche est abîmée, donc réellement utilisés. C'est la méthode la plus fiable, et la moins romantique.

Un livre de grand chef est-il un bon cadeau ?

Rarement, s'il s'agit d'un ouvrage de restaurant étoilé à recettes en dix-huit étapes. Ces livres sont magnifiques et ils restent fermés, parce que personne ne fait un jus de betterave clarifié un mardi soir. Préférez un livre où le chef parle de son travail plutôt qu'un livre où il donne ses recettes de service.

Quel livre pour quelqu'un qui commence tout juste à cuisiner ?

« Sel Gras Acide Chaleur » de Samin Nosrat, parce qu'il enseigne quatre principes plutôt que trois cents recettes, et qu'après lecture on improvise sans peur. « Je sais cuisiner » de Ginette Mathiot fonctionne aussi très bien dans un registre inverse, celui du répertoire complet à consulter toute une vie. Les deux se complètent d'ailleurs assez joliment.

Peut-on offrir un livre qui critique l'industrie alimentaire à quelqu'un qui aime manger ?

Oui, mais pas à Noël et pas en cadeau unique. « Steak Machine » de Geoffrey Le Guilcher est une enquête remarquable, elle est aussi éprouvante. Offerte au bon moment, à quelqu'un qui s'intéresse déjà à la provenance de ce qu'il cuisine, elle sera lue avec passion. Offerte au dessert, elle plombe la soirée.

Grand format ou poche pour un livre de cuisine ?

Le grand format s'impose dès qu'il y a des photos ou des pas à pas, parce qu'un livre de technique doit rester ouvert et lisible à un mètre du plan de travail. Le poche convient aux récits et aux romans culinaires, qui se lisent hors de la cuisine. Un manuel en poche finit par ne plus être consulté du tout.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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