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Liseuse pour dyslexique : ce qu'elle permet vraiment, et ce qu'elle ne fait pas

Police OpenDyslexic, taille des lettres, interligne, marges, mode sombre, lecture audio : ce qu'une liseuse apporte réellement à un lecteur dyslexique, enfant ou adulte, ses limites documentées et les ressources gratuites à connaître.

L'équipe Relit10 min de lecture

La sélection en un coup d'œil

SélectionPourquoiAcheter
Casque BluetoothVoir casque Bluetooth à la Fnac (lien affilié)
Kobo Clara BWVoir Kobo Clara BW à la Fnac (lien affilié)
Kobo Libra ColourVoir Kobo Libra Colour à la Fnac (lien affilié)
Kobo Clara ColourVoir Kobo Clara Colour à la Fnac (lien affilié)
Kobo SleepCover ClaraVoir Kobo SleepCover Clara à la Fnac (lien affilié)
Kobo SleepCover Libra ColourVoir Kobo SleepCover Libra Colour à la Fnac (lien affilié)
Support de lecture liseuseVoir support de lecture liseuse à la Fnac (lien affilié)

Quand on cherche une liseuse pour un lecteur dyslexique, on espère souvent plus qu'un appareil : un outil qui rendrait la lecture moins coûteuse, pour un enfant qui peine sur ses lectures de classe ou pour un adulte qui a renoncé aux romans depuis le collège. Posons les choses dès le départ. La dyslexie se suit avec un professionnel, orthophoniste en premier lieu, et aucun appareil ne la corrige. Ce qu'une liseuse fait, c'est redonner au lecteur la main sur la forme du texte, chose impossible avec un livre imprimé. Pour certains, c'est ce qui permet de tenir un chapitre entier. Pour d'autres, ça ne change pas grand-chose. Voici ce que l'appareil permet concrètement, avec ses limites documentées.

Ce qui gêne un lecteur dyslexique dans une page imprimée

Les difficultés varient beaucoup d'une personne à l'autre, et c'est le professionnel qui suit le lecteur qui saura dire ce qui le gêne, lui. Mais quelques plaintes reviennent dans les témoignages de lecteurs et de parents : des lignes trop longues où l'œil se perd en revenant à gauche, des lettres serrées qui se confondent, un interligne trop faible qui fait sauter une ligne. Dans un livre de poche, rien de cela ne se règle. Les collections adaptées des éditeurs jeunesse travaillent justement ces paramètres (police espacée, interligne large, phrases courtes), mais elles ne couvrent qu'une partie du catalogue.

Une liseuse déplace le problème : le texte n'est plus figé, la mise en page se recompose à chaque réglage. C'est son seul vrai argument, et il est sérieux.

Les réglages qui comptent, et où ils se trouvent

Sur une liseuse Kobo by Fnac, l'aide officielle décrit cinq réglages accessibles depuis le menu de lecture (un appui au centre de l'écran, puis l'icône de police) : la police, sa taille, l'interligne, les marges et la justification. Les réglages sont mémorisés d'un livre à l'autre, ce qui compte pour un enfant qui ne doit pas tout refaire à chaque ouverture. Kobo précise qu'ils ne s'appliquent pas aux PDF, dont la mise en page est fixe. Pour un lecteur dyslexique, cela veut dire une chose simple : privilégier le format ePub, qui se recompose, et éviter les PDF, qui restent des images de page.

La taille des lettres et le nombre de mots par ligne

Agrandir le texte n'est pas qu'une affaire de vue. Une grande taille de police réduit le nombre de mots par ligne et par page, ce que beaucoup de lecteurs dyslexiques décrivent comme moins décourageant.

L'interligne et les marges

L'interligne large aide à ne pas sauter de ligne ; les marges larges raccourcissent encore les lignes. Les deux se règlent par curseur. Sur une liseuse, on peut pousser ces réglages bien plus loin que dans n'importe quelle édition imprimée.

La justification

Un texte justifié (aligné des deux côtés) crée des espaces inégaux entre les mots. Beaucoup de lecteurs dyslexiques préfèrent l'alignement à gauche, aux espaces réguliers. Le réglage existe sur Kobo, et il vaut la peine d'être essayé.

Le mode sombre

Toutes les Kobo actuelles (Clara BW, Clara Colour, Libra Colour, Elipsa 2E) proposent un mode sombre, texte blanc sur fond noir, dans le menu de lecture. Certains lecteurs trouvent le contraste inversé plus reposant, d'autres pas du tout : un réglage à essayer, pas une recommandation.

La police OpenDyslexic : où elle est, ce qu'elle promet, ce qu'on sait

Kobo indique dans son aide en ligne que ses liseuses embarquent une police appelée OpenDyslexic, « qui peut aider les lecteurs dyslexiques ». Elle se choisit dans la liste des polices du menu de lecture. Deux limites sont écrites noir sur blanc par Kobo : la police peut ne pas fonctionner dans certains livres ou certaines langues (un éditeur peut imposer sa propre police dans le fichier), et elle ne fonctionne pas avec les PDF.

OpenDyslexic est une police libre aux lettres alourdies à la base, pensée pour qu'elles se distinguent mieux entre elles et ne « basculent » pas. Il faut être honnête sur ce que la recherche en dit. Une expérience menée en 2013 par Luz Rello et Ricardo Baeza-Yates, avec suivi du regard, sur 48 personnes dyslexiques lisant douze textes dans douze polices différentes, n'a relevé aucune amélioration significative du temps de lecture ni de la durée des fixations avec OpenDyslexic ; les polices qui s'en sortaient le mieux étaient Helvetica, Courier, Arial et Verdana. Une étude publiée en 2017 dans Annals of Dyslexia (Wery et Diliberto), sur un petit groupe d'élèves dyslexiques, n'a pas trouvé non plus de gain de vitesse ou de précision avec OpenDyslexic face à Arial et Times New Roman. Pour la police Dyslexie, autre police spécialisée, Kuster et ses collègues concluaient en 2018 dans la même revue qu'elle n'apportait pas de bénéfice par rapport à Arial ou Times New Roman, chez des enfants dyslexiques ou non.

Ces résultats n'interdisent rien : certains lecteurs préfèrent OpenDyslexic et c'est leur ressenti qui compte au quotidien. Ils signifient simplement qu'il ne faut pas acheter une liseuse « pour la police ». Dans l'expérience de Rello et Baeza-Yates, ce sont les polices sans empattement, droites plutôt qu'italiques, qui s'en sortaient le mieux ; une liseuse permet d'en choisir une, de l'agrandir et d'aérer l'interligne, ce qu'aucune police seule ne fait.

Kobo permet aussi d'ajouter ses propres polices : des fichiers .otf ou .ttf copiés dans un dossier « fonts » à la racine de la liseuse, branchée en USB. L'aide de Kobo suggère elle-même d'y charger des polices adaptées à la dyslexie. Si l'orthophoniste ou l'enseignant recommande une police précise, c'est le chemin.

La lecture audio : deux solutions très différentes

Quand la lecture visuelle fatigue trop, l'écoute prend le relais. Les liseuses permettent deux choses qu'il ne faut pas confondre.

Les livres audio Kobo, au casque Bluetooth

Les Kobo Clara BW, Clara Colour, Libra Colour et Elipsa 2E lisent les livres audio de la boutique Kobo. Il faut appairer un casque ou une enceinte Bluetooth, car les liseuses n'ont ni haut-parleur ni prise jack. Il s'agit de livres lus par un comédien, achetés dans la boutique Kobo ou, selon la presse, inclus dans une formule de Kobo Plus. La liseuse ne lit pas à voix haute un livre numérique ordinaire, et la documentation Kobo ne prévoit pas la lecture de fichiers audio personnels. Le fonctionnement pas à pas, téléchargement et appairage compris, est dans liseuse et livre audio.

Casque Bluetooth pour liseuse Voir à la Fnaccasque Bluetooth (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un casque simple suffit, le Bluetooth sert uniquement à l'audio. Pour un enfant, un modèle à volume limité est préférable.

La synthèse vocale, qui lit n'importe quel texte

La synthèse vocale transforme le texte d'un livre numérique quelconque en voix artificielle, et permet de suivre le texte des yeux pendant que l'appareil le lit. Sur la gamme Kobo, cette fonction n'est pas documentée. Elle existe sur la Vivlio InkPad 4 : la fiche officielle décrit une synthèse vocale avec choix de voix (française ou anglaise, féminine ou masculine), vitesse et volume réglables, écoutée par le haut-parleur intégré ou en Bluetooth. Écran de 7,8 pouces, boutons physiques, étanche IPX8, 265 grammes, lecture des prêts de bibliothèque protégés par LCP ; elle se trouve sur la boutique en ligne de Vivlio et chez ses revendeurs partenaires. Pour un lecteur qui a besoin d'entendre le texte, c'est l'appareil à regarder en premier.

Quelle Kobo choisir pour un lecteur dyslexique

Toutes les Kobo offrent les mêmes réglages de texte et la même police OpenDyslexic. Le choix se fait donc sur la taille d'écran, le poids et les boutons.

Kobo Clara BW (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo Clara BW (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le modèle le plus simple, écran de 6 pouces noir et blanc à 300 ppp, 174 grammes, étanche IPX8, éclairage réglable en teinte chaude, mode sombre et livres audio en Bluetooth. Son petit écran est un atout pour un lecteur qui préfère peu de mots par page : en grande police, chaque page se lit d'un coup. C'est le choix raisonnable pour un enfant ou pour un premier essai.

Kobo Libra Colour (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo Libra Colour (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Écran de 7 pouces, 199,5 grammes, boutons physiques pour tourner les pages, étanche IPX8, compatible avec le stylet Kobo Stylus 2 vendu à part. Le pouce supplémentaire permet de garder une très grande police et un interligne large sans tourner la page toutes les dix lignes, et les boutons évitent les tournages de page involontaires. Un bémol relevé par la presse : son écran couleur rend le texte noir et blanc un peu moins contrasté qu'une liseuse monochrome. Pour trancher entre les deux formats, Kobo Clara ou Kobo Libra détaille ce que changent le pouce de plus et les boutons.

Kobo Clara Colour (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo Clara Colour (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). La version couleur de la Clara, même format et même poids. Elle n'apporte rien de particulier à un lecteur dyslexique, sauf s'il lit des mangas ou des BD en numérique, et la presse relève un contraste en noir et blanc un peu moins bon que celui de la Clara BW.

Du côté des accessoires, trois objets servent vraiment.

Kobo Clara Colour/BW SleepCover (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo SleepCover Clara (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). L'étui officiel des deux Clara protège l'écran, met la liseuse en veille à la fermeture et se plie en support pour poser l'appareil sur la table : utile pour un enfant qui suit le texte du doigt ou lit en même temps qu'il écoute.

Kobo Libra Colour SleepCover (Kobo by Fnac) Voir à la FnacKobo SleepCover Libra Colour (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le même principe pour la Libra Colour, avec support en portrait et en paysage.

Support de lecture pour liseuse Voir à la Fnacsupport de lecture liseuse (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un support posé sur le bureau garde l'écran à distance fixe, ce qui soulage un lecteur qui fournit déjà un gros effort d'attention. Les formes possibles sont dans support de lecture pour lire allongé.

Pour un enfant, les questions de solidité, de contrôle parental et de première mise en route sont les mêmes que pour n'importe quel jeune lecteur : quelle liseuse pour un enfant les passe en revue. Pour un adulte dont la vue baisse en plus, les critères rejoignent ceux de quelle liseuse pour une personne âgée.

Ce qu'une liseuse ne fait pas

Il faut le dire aussi nettement que le reste.

Elle ne découpe pas les mots en syllabes, ne colore pas les sons, ne signale pas les lettres muettes, contrairement à certaines applications et à certains livres adaptés conçus avec des orthophonistes. Ses réglages restent typographiques : taille, espace, police, contraste.

Elle ne lit pas à voix haute (hors Vivlio InkPad 4, voir plus haut) et ne synchronise pas une voix avec le texte surligné.

Elle ne transforme pas un PDF scolaire. Un manuel ou un polycopié reçu en PDF garde sa mise en page figée : ni OpenDyslexic, ni interligne, ni taille de police n'y changent rien. Pour les documents de classe, une tablette ou un ordinateur rendent plus de services.

Elle ne remplace pas le suivi. Les réglages qui conviennent se trouvent par essais, et l'avis du professionnel qui suit le lecteur vaut plus qu'une liste générale.

Enfin, les livres audio au format Daisy, conçus pour la navigation par chapitre et par page, ne figurent pas dans la liste des formats lus par les Kobo ; ils s'écoutent avec une application ou un lecteur dédié.

Les ressources gratuites à connaître

Avant d'acheter quoi que ce soit, deux ressources changent le calcul.

La bibliothèque Éole, de l'association Valentin Haüy, est une bibliothèque de livres adaptés, gratuite, ouverte au titre de l'exception handicap aux personnes pour qui la lecture est difficile du fait de leur handicap ; son site cite explicitement les troubles cognitifs, « notamment troubles DYS ». Elle propose des livres audio au format Daisy, en téléchargement ou envoyés par la poste. L'inscription se fait après vérification d'un justificatif ; des médiathèques municipales partenaires et les comités Valentin Haüy accompagnent la démarche. Pour un enfant dyslexique, c'est souvent la première chose à faire.

La médiathèque de votre ville, ensuite. Beaucoup prêtent des livres numériques, lisibles sur une Kobo par le verrou Adobe (identifiant devenu ByteBooks en juin 2026) ou sur une Vivlio par le verrou LCP, sans logiciel. Le pas à pas est dans liseuse compatible prêt numérique en bibliothèque. Certaines ont aussi un rayon de livres papier adaptés aux dys, à emprunter avant d'acheter.

Et pour suivre ce qui marche, Relit permet de noter le format de chaque lecture (papier, numérique, audio) dans son carnet : au bout de quelques mois, on voit si c'est la liseuse, l'audio ou le papier adapté qui a fait lire.

Essayer avant de conclure

Une liseuse achetée pour un lecteur dyslexique se juge en quelques semaines, pas le premier soir. Réglez ensemble la police, la taille, l'interligne et les marges sur un livre qu'il a envie de lire. Essayez OpenDyslexic, puis une police classique, et laissez-le choisir. Si la lecture visuelle reste trop coûteuse, l'écoute au casque, les livres Daisy d'Éole ou la synthèse vocale d'une Vivlio sont des portes aussi légitimes que la page. Ce qui compte, c'est que les histoires continuent d'arriver.

Une liseuse aide-t-elle vraiment un enfant dyslexique à lire ?

Elle ne soigne rien et ne remplace pas le suivi d'un orthophoniste. En revanche, elle donne au lecteur la main sur la forme du texte : taille des lettres, interligne, marges, police, fond sombre, le tout mémorisé d'un livre à l'autre. Pour beaucoup de lecteurs dyslexiques, pouvoir aérer une page et réduire le nombre de mots par ligne enlève une partie de la fatigue. L'effet varie d'une personne à l'autre : le mieux est d'essayer les réglages avec le professionnel qui suit l'enfant.

La police OpenDyslexic est-elle présente sur toutes les liseuses Kobo ?

Oui, Kobo l'indique dans son aide en ligne pour ses liseuses, sans distinguer de modèle. Elle se choisit depuis le menu de lecture, dans la liste des polices. Kobo précise deux limites : elle peut ne pas fonctionner dans certains livres ou certaines langues, et elle ne s'applique jamais aux PDF. Il est aussi possible d'ajouter ses propres polices en les copiant dans un dossier de la liseuse.

Les polices spéciales pour dyslexiques sont-elles efficaces ?

Les études publiées sont contrastées, et plusieurs ne trouvent pas de gain mesurable. Une expérience par suivi du regard menée en 2013 sur 48 lecteurs dyslexiques n'a pas relevé d'amélioration de la vitesse de lecture avec OpenDyslexic par rapport à des polices classiques comme Arial ou Verdana. D'autres travaux concluent de même pour la police Dyslexie. Cela n'empêche pas certains lecteurs de la préférer : la liseuse permet justement d'essayer, puis de garder ce qui convient.

Peut-on écouter ses livres sur une liseuse quand la lecture est trop fatigante ?

Sur une Kobo, oui pour les livres audio achetés dans la boutique Kobo, écoutés avec un casque ou une enceinte Bluetooth, car la liseuse n'a pas de haut-parleur. Elle ne lit pas à voix haute un livre numérique ordinaire. La synthèse vocale, qui transforme n'importe quel texte en voix, existe sur la Vivlio InkPad 4, qui dispose en plus d'un haut-parleur intégré.

Existe-t-il des livres numériques gratuits adaptés aux lecteurs dyslexiques ?

Oui. La bibliothèque Éole de l'association Valentin Haüy propose gratuitement, au titre de l'exception handicap, des livres audio au format Daisy aux personnes pour qui la lecture est difficile du fait de leur handicap, troubles dys compris. L'inscription se fait sur vérification d'un justificatif, souvent avec l'aide d'une médiathèque partenaire ou d'un comité Valentin Haüy.

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