Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre la savonnerie ? 4 titres, et le critère qui élimine les autres

Un parcours d'entrée en savonnerie à froid : quatre livres dans l'ordre, le chapitre sécurité qu'un manuel doit obligatoirement contenir, et ceux qu'il ne faut pas acheter en premier.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Je crée mes savons au naturel, l'art de la savonnerie à froidLeanne et Sylvain ChevallierVoir Je crée mes savons au naturel, l'art de la savonnerie à froid, de Leanne et Sylvain Chevallier à la Fnac (lien affilié)
Faire ses savons naturels, c'est facile ! Le guide completCyrille Saura ZellwegerVoir Faire ses savons naturels, c'est facile ! Le guide complet, de Cyrille Saura Zellweger à la Fnac (lien affilié)
Savons, recettes à faire soi-mêmeAmélie BouéVoir Savons, recettes à faire soi-même, de Amélie Boué à la Fnac (lien affilié)
Savons naturels à faire soi-mêmeAline PrévotVoir Savons naturels à faire soi-même, de Aline Prévot à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la savonnerie ?

Il faut commencer par là, parce que c'est ce qui distingue ce sujet des autres loisirs créatifs : la savonnerie à froid vous fait manipuler de l'hydroxyde de sodium, plus connu sous le nom de soude caustique. Un produit qui brûle la peau, attaque les yeux et dégage des vapeurs irritantes quand on le dissout. Ce n'est pas un motif pour renoncer, des milliers de gens en font chez eux sans incident. C'est un motif pour choisir votre premier livre autrement que sur la beauté de ses photos.

La plupart des ouvrages disponibles en français sont de jolis livres de recettes. Ils sont agréables, ils donnent envie, et une partie d'entre eux traite la sécurité en deux paragraphes coincés avant le premier tutoriel. Voici quatre titres qui font le travail, dans un ordre de lecture, avec le critère à appliquer vous-même en librairie.


Deux activités portent le même nom

Avant d'acheter quoi que ce soit, sachez laquelle des deux vous intéresse, parce que le rayon les mélange sans prévenir.

La fonte-moulage, souvent appelée par son nom anglais, part d'une base de savon déjà fabriquée et déjà saponifiée. Vous la faites fondre au bain-marie, vous ajoutez couleur et parfum, vous coulez, vous démoulez quelques heures plus tard. Aucune soude ne passe entre vos mains. C'est une activité de mise en forme, très bien pour faire avec des enfants, et personne ne devrait vous faire croire que c'est de la savonnerie.

La saponification à froid part des corps gras et d'une solution de soude que vous préparez. C'est une réaction chimique que vous conduisez, avec des lunettes, des gants et une pièce ventilée, et un savon qui doit sécher plusieurs semaines avant d'être utilisable. C'est cette voie qui demande un vrai livre, et c'est d'elle que parle la suite de cet article.

Un troisième procédé existe, la saponification à chaud, qui accélère la cure en cuisant la pâte. Elle utilise exactement la même soude, avec les mêmes précautions, et elle est rarement le point de départ conseillé.

Le critère central : ce qu'un manuel doit contenir

Voici le test à faire debout dans le rayon, avant même de regarder les recettes.

Cherchez dans la table des matières un chapitre entier consacré à la soude : sa dissolution, l'ordre dans lequel on mélange, la ventilation, les protections oculaires, la conduite à tenir en cas de projection, le stockage. Pas un encadré, un chapitre. Si le livre n'en a pas, il n'est pas fait pour un débutant, quelle que soit sa réputation.

Cherchez ensuite s'il explique le calcul de saponification. Chaque corps gras a son indice, c'est-à-dire la quantité de soude nécessaire pour le transformer entièrement, et une formule de savon se construit à partir de ces indices, avec un surgraissage volontaire pour qu'il reste de l'huile libre à la fin. Un livre qui vous donne dix recettes fermées sans jamais expliquer d'où sortent les chiffres vous laisse incapable d'en modifier une seule. Le jour où vous voudrez remplacer une huile par une autre, vous serez bloqué, ou pire, vous improviserez.

Le troisième point est plus discret : les unités et la précision. Un manuel sérieux raisonne en grammes, exige une balance précise et parle de la température des deux phases. Un livre qui donne des volumes en cuillères pour la partie soude est à écarter sans discussion.

Premier livre : Leanne et Sylvain Chevallier

Leanne et Sylvain Chevallier, « Je crée mes savons au naturel, l'art de la savonnerie à froid » (Terre vivante, première édition en 2010, réédité depuis) Voir à la FnacJe crée mes savons au naturel, l'art de la savonnerie à froid, de Leanne et Sylvain Chevallier (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

C'est le livre qui a introduit la savonnerie à froid auprès du public francophone, et il reste la référence quinze ans après. Les auteurs sont des praticiens, pas des rédacteurs de collection, et ça se sent dans le niveau de détail.

Ce qu'il vous apprend précisément : le matériel réellement nécessaire, le déroulé complet d'une fabrication, une table de saponification des corps gras, un récapitulatif des propriétés des huiles et des beurres, et des notions de parfumerie. La table de saponification est la pièce qui compte : elle transforme le livre en outil de travail plutôt qu'en album de recettes. Une trentaine de formules complètent l'ensemble.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les techniques décoratives sophistiquées, marbrages, dégradés, effets de coupe. Elles viendront plus tard et n'ont aucune importance sur un premier savon. Signalons aussi que la question de l'huile de palme, très présente dans les formules savonnières classiques, se pose au lecteur d'aujourd'hui avec plus d'acuité qu'à la parution.

Deuxième livre : Cyrille Saura Zellweger

Cyrille Saura Zellweger, « Faire ses savons naturels, c'est facile ! Le guide complet » (Jouvence, première édition en 2016, rééditions successives) Voir à la FnacFaire ses savons naturels, c'est facile ! Le guide complet, de Cyrille Saura Zellweger (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir compris le principe de la saponification, donc le livre précédent ou l'équivalent.

L'autrice est artisane en cosmétique naturelle et anime des ateliers de savonnerie en Suisse et au Canada. Le livre est construit autour d'une intention claire : vous rendre autonome sur la formulation plutôt que dépendant d'une liste.

Ce qu'il vous apprend précisément : le rôle de chaque ingrédient et son effet sur le savon fini, dureté, mousse, douceur, conservation. Vous comprenez pourquoi une formule tient debout, et vous pouvez commencer à en écrire une. C'est le passage du stade « je suis une recette » au stade « je conçois une recette », et c'est là que la savonnerie devient intéressante.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le geste. Aucun texte ne vous dira à quoi ressemble exactement la trace, ce moment où la pâte épaissit et où il faut couler. C'est visuel, c'est tactile, et cela s'apprend en ratant deux fournées.

Troisième livre : Amélie Boué

Amélie Boué, « Savons, recettes à faire soi-même » (Rustica, collection Do it nature, janvier 2019, 80 pages) Voir à la FnacSavons, recettes à faire soi-même, de Amélie Boué (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une première fabrication réussie.

Format court, guide théorique et pratique de saponification à froid, avec des savons pour le corps, le visage et les cheveux. L'autrice est ingénieure en environnement de formation, venue à la savonnerie en 2010 avant d'en faire son métier, et ce parcours donne au livre une sobriété appréciable.

Ce qu'il vous apprend précisément : à adapter une formule à une destination. Un savon pour les cheveux, un savon pour une peau sèche et un savon de ménage ne se construisent pas de la même façon, et c'est un angle que les manuels généralistes traitent vite. Les quatre-vingts pages se lisent en une soirée et se consultent ensuite par entrée.

Ce qu'il ne vous apprend pas : les fondamentaux, qu'il suppose acquis. Acheté en premier, ce livre serait un mauvais achat. Acheté en troisième, il est exactement à sa place.

Quatrième livre : Aline Prévot

Aline Prévot, « Savons naturels à faire soi-même » (Eyrolles, collection Zéro déchet, octobre 2019, 96 pages) Voir à la FnacSavons naturels à faire soi-même, de Aline Prévot (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : les étapes précédentes.

Le livre s'inscrit dans une démarche de réduction des déchets et aborde la savonnerie par la personnalisation : formuler, créer, adapter à sa peau et à ses envies. Il est court, il est concret, et il fonctionne bien comme complément plutôt que comme socle.

Ce qu'il vous apprend précisément : à faire entrer la savonnerie dans un usage quotidien réel, avec ce que cela suppose de contraintes, quantités raisonnables, conservation, emballage. Beaucoup de débutants produisent trente savons en deux mois puis s'arrêtent faute de savoir quoi en faire.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la profondeur technique. Sur quatre-vingt-seize pages, un ouvrage ne peut pas tout traiter, et il ne le prétend pas.

Par où ne pas commencer

Voici la partie qui vous fera économiser un achat, et parfois une brûlure.

Les livres centrés sur le décor. « Savons au naturel, saponification à froid et techniques de décor » d'Alison Fleck (Solar, septembre 2020) est un beau livre, et ses dégradés, marbrages et effets terrazzo donnent envie. Le problème est de commencer par là : la décoration suppose une maîtrise du temps de trace que vous n'avez pas encore, et une quinzaine de recettes ne constitue pas une formation. Achetez-le en quatrième ou en cinquième, il sera très bien.

Les traductions américaines. « Fabriquer ses savons » d'Anne-Marie Faiola (Larousse, janvier 2022, 240 pages) est adapté d'un ouvrage à succès venu des États-Unis. Le contenu est solide, mais la logique d'approvisionnement, les habitudes de formulation et le cadre réglementaire qui sous-tendent le texte sont ceux d'un autre pays. Pour un premier livre, un manuel écrit en France ou en Suisse vous évitera des allers-retours inutiles.

Les livres où le savon est un chapitre parmi d'autres. « Fabriquer huiles, savons, dentifrices... à base de plantes locales » d'Aurélie Valtat, chez Ulmer, est un bon livre de cosmétique maison. Une trentaine de pages sur le savon ne peuvent pas contenir un traitement complet de la soude, et ce n'est pas leur rôle.

Enfin, les documents gratuits qui circulent en PDF. Ils sont pratiques, souvent bien faits, et aucun ne porte de responsabilité éditoriale. Un manuel publié a été relu ; un fichier trouvé sur un forum ne l'a pas forcément été. Sur un sujet où une erreur d'unité provoque un savon caustique, cette différence compte.

Ce qu'aucun livre ne fera à votre place

Un livre ne surveillera pas votre installation. La dissolution de la soude dans l'eau chauffe fortement et dégage des vapeurs, et il n'existe pas de paragraphe assez bien écrit pour remplacer une fenêtre ouverte, des lunettes de protection et des gants. Personne ne vous rappellera non plus que les enfants et les animaux n'ont rien à faire dans la pièce.

Un livre ne verra pas votre pâte. La trace se reconnaît à l'œil et au geste, et c'est le seul point de tout l'apprentissage où une vidéo bien filmée bat un texte. Regardez-en deux ou trois, choisies chez des savonniers qui montrent leurs protections, puis revenez au livre pour la théorie.

Un livre ne vous donnera pas la patience de la cure. Quatre semaines minimum, souvent plus. Beaucoup de débutants coupent la poire en deux, essaient leur savon à dix jours, le trouvent décevant et concluent qu'ils ont raté. Ils n'avaient pas raté, ils étaient pressés.

Enfin, aucun ouvrage grand public ne vous mettra en règle si vous voulez vendre. Un savon destiné à la peau relève du règlement européen sur les produits cosmétiques, avec dossier d'information produit et évaluation de sécurité par une personne qualifiée. C'est un autre métier, et il commence par une formation professionnelle, pas par un livre de loisirs.

Après ces quatre livres

Vous aurez la théorie, la formulation, l'adaptation à un usage et de quoi construire vos propres recettes. La suite dépend de ce qui vous a pris : la chimie, si vous voulez comprendre pourquoi telle huile durcit et telle autre mousse, et la lecture de livres pour apprendre la chimie devient alors moins abstraite qu'elle n'en a l'air. Ou bien les plantes et les huiles végétales, si c'est la matière première qui vous intéresse.

Le reste de notre collection quels livres acheter pour apprendre à applique la même méthode à d'autres savoir-faire manuels, et vous pouvez aussi parcourir le catalogue par genres pour repérer les collections d'éditeurs spécialisés, qui font une différence réelle sur les sujets techniques.

Peut-on apprendre la savonnerie dans un livre sans jamais suivre de stage ?

Oui pour la saponification à froid, à condition de choisir un manuel qui traite sérieusement la soude et le calcul de saponification, et de lire ce chapitre avant d'acheter le moindre ingrédient. Beaucoup de savonniers amateurs se sont formés seuls. Un stage fait gagner du temps sur les gestes, la trace et la texture, il ne remplace pas la partie théorique, qui s'apprend très bien assis.

Quelle différence entre saponification à froid et fonte-moulage ?

La fonte-moulage part d'une base de savon déjà saponifiée que vous faites fondre, colorez et coulez dans un moule. Aucune soude n'est manipulée, le résultat est utilisable le jour même. La saponification à froid part des huiles et d'une solution de soude que vous préparez vous-même, avec des équipements de protection, et le savon doit sécher plusieurs semaines. Ce sont deux activités différentes, qui n'exigent ni le même livre ni le même niveau de vigilance.

Comment reconnaître un mauvais livre de savonnerie en librairie ?

Ouvrez-le à la table des matières. S'il n'y a pas de section consacrée à la soude, aux protections et aux gestes en cas de projection, reposez-le. Vérifiez ensuite s'il explique le calcul de saponification, autrement dit comment on détermine la quantité de soude à partir des corps gras choisis. Un livre qui se contente d'aligner des recettes toutes faites vous rend dépendant de ses recettes et ne vous apprend rien.

Faut-il croire les calculateurs de saponification en ligne ?

Ils sont utiles et largement utilisés, mais ils ne se valent pas tous, et une erreur de saisie d'unité passe inaperçue. C'est précisément pour ça qu'il faut avoir compris le principe dans un livre avant d'utiliser un calculateur : vous devez pouvoir dire si le résultat affiché est plausible. Recoupez toujours avec la table des indices de saponification d'un ouvrage de référence.

Peut-on vendre les savons qu'on fabrique chez soi ?

Pas librement. En Europe, un savon destiné à la peau est un produit cosmétique au sens du règlement (CE) n° 1223/2009. Cela implique un dossier d'information produit, une évaluation de la sécurité par une personne qualifiée, un responsable de la mise sur le marché et une notification. Les livres grand public abordent rarement ce volet. Si votre projet est commercial, cherchez une formation professionnelle plutôt qu'un manuel de loisirs créatifs.

Combien de temps avant de pouvoir utiliser un savon fait maison ?

Comptez plusieurs semaines de cure pour un savon à froid, quatre au minimum et souvent davantage selon la formule et l'humidité de la pièce. Cette attente n'est pas facultative : elle permet à la réaction de se terminer et à l'eau de s'évaporer. C'est le point qui décourage le plus de débutants, et c'est aussi celui qui sépare un savon agréable d'un savon qui fond en une semaine.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

Découvre des livres près de chez toi

Sur Relit, explore les livres partagés par les lecteurs autour de toi et trouve ta prochaine lecture.

Essayer gratuitement

À lire aussi