Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre la bourse ? 4 titres qui refroidissent avant d'enrichir

Avant toute technique, comprendre pourquoi la plupart des particuliers perdent. Quatre livres dans un ordre de lecture, et pourquoi l'analyse technique et les livres de trading ne doivent pas être vos premiers achats.

L'équipe Relit9 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

SélectionPourquoiAcheter
Le petit livre pour investir avec bon sensJohn C. BogleVoir Le petit livre pour investir avec bon sens, de John C. Bogle à la Fnac (lien affilié)
Une marche au hasard à travers la bourseBurton G. MalkielVoir Une marche au hasard à travers la bourse, de Burton G. Malkiel à la Fnac (lien affilié)
Le Hasard sauvageNassim Nicholas TalebVoir Le Hasard sauvage, de Nassim Nicholas Taleb à la Fnac (lien affilié)
Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la penséeDaniel KahnemanVoir Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée, de Daniel Kahneman à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre la bourse ?

Le rayon bourse est le seul du magasin où l'on vend simultanément la maladie et le remède.

Sur la même table, vous trouverez des livres qui vous expliquent comment battre le marché en repérant des figures sur un graphique, et des livres qui démontrent, données à l'appui, que presque personne n'y parvient durablement. Les deux ne peuvent pas avoir raison. Les seconds sont beaucoup moins plaisants à lire, et ce sont eux qu'il faut lire d'abord.

Cette sélection tient en quatre titres. Elle ne vous apprendra pas à choisir une action, ce qui est parfaitement volontaire. Elle vous apprendra pourquoi la question « quelle action acheter » est rarement la bonne, et ce que la recherche a établi sur le comportement des particuliers.


Le chiffre qu'il faut connaître avant d'ouvrir le premier livre

Fin 2014, l'Autorité des marchés financiers a publié une étude sur les résultats réels des investisseurs particuliers français actifs sur le forex et les contrats sur différence. L'échantillon comptait 14 799 clients actifs, observés sur quatre ans. Plus de 89 pour cent d'entre eux perdaient de l'argent, et la perte moyenne s'établissait autour de 10 900 euros par client.

Ce n'était pas une opinion, ni un avertissement moral. C'était un comptage.

Les produits concernés sont les plus spéculatifs du marché, et une action détenue dix ans ne se comporte évidemment pas comme un CFD à effet de levier. Mais le mécanisme qui produit ces pertes se retrouve à toutes les échelles : plus vous passez d'ordres, plus vous payez de frais, plus vous vendez au mauvais moment, et plus votre résultat s'éloigne vers le bas de celui du marché. Garder ce chiffre en tête pendant la lecture des quatre livres qui suivent change la manière de les lire.

Premier livre : John Bogle, « Le petit livre pour investir avec bon sens »

John C. Bogle, « Le petit livre pour investir avec bon sens » (Valor Éditions, 2008, environ 280 pages) Voir à la FnacLe petit livre pour investir avec bon sens, de John C. Bogle (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis, se lit en un week-end.

Bogle a fondé Vanguard en 1974 et y a lancé le premier fonds indiciel accessible aux particuliers, à une époque où l'idée passait pour une plaisanterie. Son livre défend une thèse arithmétique plutôt qu'une intuition de marché : l'ensemble des investisseurs détient l'ensemble du marché, leur rendement collectif avant frais est donc par construction celui du marché, et tout ce qu'ils versent en frais de gestion, en commissions et en impôts se soustrait de ce total.

Ce qu'il vous apprend précisément : à regarder les frais comme la seule variable que vous contrôlez vraiment. Un point de frais annuel paraît anodin sur une année et devient considérable sur trente. Vous ressortirez du livre capable de lire un document d'information clé et de repérer ce qu'un fonds prélève.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le cadre français. Bogle raisonne en fonds américains, sans PEA ni assurance vie. Pour la transposition, la partie française du sujet est traitée dans notre article sur les livres pour apprendre à gérer son argent, qui couvre les enveloppes d'épargne.

Deuxième livre : Burton Malkiel, « Une marche au hasard à travers la bourse »

Burton G. Malkiel, « Une marche au hasard à travers la bourse » (Valor Éditions, 2005, traduit de l'américain par Éric Pichet, environ 420 pages) Voir à la FnacUne marche au hasard à travers la bourse, de Burton G. Malkiel (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : avoir lu Bogle, ou connaître le vocabulaire de base.

Malkiel enseignait l'économie à Princeton. Son livre, publié pour la première fois en 1973 et réédité une dizaine de fois depuis, est la démonstration longue de ce que Bogle affirme en cent pages. Il passe en revue l'analyse technique, l'analyse fondamentale, les bulles spéculatives depuis la tulipomanie hollandaise, et regarde ce que chaque méthode a produit une fois les frais déduits.

Ce qu'il vous apprend précisément : à quoi ressemble une preuve en finance. Malkiel ne dit pas que battre le marché est impossible, il montre que les gérants qui y parviennent une année ne sont pas ceux qui y parviennent la suivante, ce qui est une manière polie de parler de chance. Le chapitre consacré aux bulles reste la meilleure vaccination disponible contre l'enthousiasme collectif.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la finance contemporaine. L'édition française date de 2005 et les marchés ont changé, notamment sur les ETF et le trading algorithmique. Les principes tiennent, les exemples ont vieilli.

Troisième livre : Nassim Nicholas Taleb, « Le Hasard sauvage »

Nassim Nicholas Taleb, « Le Hasard sauvage » (Les Belles Lettres, première édition française 2005, réédition poche 2020, traduit de l'anglais par Carine Chichereau) Voir à la FnacLe Hasard sauvage, de Nassim Nicholas Taleb (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun sur le plan technique, mais un peu de patience avec l'auteur.

Taleb a été trader en options avant d'écrire, et son sujet est la confusion entre compétence et chance. Il montre comment un gérant peut réussir dix ans par pur hasard statistique, comment nous n'observons jamais les carrières de ceux qui ont échoué, et pourquoi nous racontons après coup une histoire cohérente à partir d'une série de tirages.

Ce qu'il vous apprend précisément : à vous méfier de tout parcours exemplaire, y compris du vôtre. Si vous gagnez de l'argent sur trois opérations, vous conclurez naturellement que vous avez compris quelque chose. C'est l'erreur exacte que le livre démonte, et il vaut mieux la rencontrer dans un texte que sur un relevé.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la modestie de son auteur. Taleb écrit avec une arrogance qui agace beaucoup de lecteurs, et c'est un motif d'abandon fréquent. Passez outre, le fond est solide.

Quatrième livre : Daniel Kahneman, « Système 1 / Système 2 »

Daniel Kahneman, « Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée » (Flammarion, 2012, traduit de l'anglais par Raymond Clarinard, environ 550 pages) Voir à la FnacSystème 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée, de Daniel Kahneman (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : du temps. Le livre est long et se lit par chapitres.

Kahneman a reçu le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en 2002 pour des travaux menés avec Amos Tversky sur la décision en situation d'incertitude. Le livre n'est pas un livre de bourse, et c'est ce qui le rend utile ici. Il décrit l'excès de confiance, l'aversion à la perte, l'illusion de contrôle et l'ancrage, c'est à dire la liste complète des mécanismes qui vous feront vendre au plus bas.

Ce qu'il vous apprend précisément : que ces biais ne se corrigent pas en les connaissant. Kahneman est explicite sur ce point et parle de sa propre incapacité à s'en défaire après quarante ans de recherche. La conclusion pratique n'est donc pas « soyez plus lucide » mais « construisez un dispositif qui vous empêche de décider dans l'urgence », par exemple un versement programmé auquel vous ne touchez pas.

Ce qu'il ne vous apprend pas : quoi acheter. Aucun de ces quatre livres ne vous le dira, et un livre qui vous le dirait mériterait votre méfiance.

Par où ne pas commencer

Voici la section la plus utile de cette page.

Ne commencez pas par un manuel d'analyse technique. Le plus sérieux en français est « L'analyse technique des marchés financiers » de John Murphy (Valor Éditions, 2003, traduit par Patrick Stokowski et Antoine Dublanc, près de 600 pages), et le problème ne vient pas de lui. Il vient de ce que ce type d'ouvrage produit chez un débutant : la conviction qu'un graphique contient de l'information exploitable, donc l'envie de passer des ordres, donc des frais. Si le sujet vous intéresse pour lui-même, lisez-le après Malkiel, qui lui consacre un chapitre entier et sceptique.

N'achetez pas non plus « L'investisseur intelligent » de Benjamin Graham comme premier livre, malgré sa réputation et malgré la qualité de l'édition française annotée. Graham écrit pour des lecteurs qui savent lire un bilan, dans un marché qui n'existe plus, et le lire trop tôt donne surtout l'illusion d'avoir accompli quelque chose. Sa distinction entre investir et spéculer prendra beaucoup plus de sens une fois que vous aurez compris le rôle des frais.

Écartez enfin, sans hésitation, tout le rayon du gain rapide : les livres qui promettent un revenu mensuel, ceux qui reposent sur le trading intrajournalier, ceux qui traitent des cryptomonnaies comme d'une stratégie d'épargne, et tous ceux qui débouchent sur une formation payante. Le modèle économique est constant : le livre coûte peu et sert de porte d'entrée vers autre chose. Cela ne rend pas leur contenu nul, cela rend leur lecture manipulatrice si vous ignorez leur fonction.

Ce que ces livres ne vous diront pas

Ils ne vous diront pas dans quelle enveloppe loger vos placements. En France, un même fonds détenu en compte titres, en PEA ou en assurance vie ne produit pas le même rendement net, parce que la fiscalité diffère et que les frais du contrat s'ajoutent à ceux du fonds. Ces règles changent presque chaque année, ce qu'aucun livre imprimé ne peut suivre.

Ils ne vous diront pas si vous devez investir tout court. Placer en bourse une épargne dont vous aurez besoin dans deux ans est une erreur qu'aucune bonne sélection de fonds ne rattrapera. La question de l'horizon vient avant celle du support, et elle dépend de votre situation, pas d'un principe général.

Ils ne vous diront pas non plus qui vous conseille. Avant de signer quoi que ce soit, vérifiez l'enregistrement de votre interlocuteur sur les registres publics, Orias et Regafi, et regardez comment il est rémunéré. Un vendeur payé par les commissions des produits qu'il place n'a pas vos intérêts, ce qui ne fait pas de lui un escroc, seulement quelqu'un dont l'avis doit être pondéré.

Ce qu'aucun livre ne fera à votre place

Il ne vous fera pas vivre une baisse. Lire que les marchés ont chuté de moitié en 2008 et regarder son propre portefeuille perdre quarante pour cent sont deux expériences sans rapport. La seconde vous apprend votre tolérance réelle au risque, et personne ne la connaît avant de l'avoir vécue. C'est un argument en faveur de sommes modestes au début, non par prudence de principe, mais parce que votre première baisse est un test dont vous voulez connaître le résultat sans y laisser votre épargne.

Il ne vous empêchera pas de regarder vos comptes trop souvent. La consultation quotidienne est le moyen le plus efficace de transformer un plan de dix ans en série de décisions impulsives.

Et il ne remplacera pas les sources officielles. L'AMF publie des guides pédagogiques gratuits, des mises en garde nominatives sur les acteurs non autorisés et des études sur les résultats réels des particuliers. Ce n'est pas de la littérature, c'est de la donnée, et cela vaut mieux qu'un cinquième livre.

Après ces quatre livres

Vous aurez de quoi tenir des années, et surtout de quoi résister à ce qui vous sera raconté pendant ces années.

Si l'envie de continuer vous prend, orientez-la vers la compréhension plutôt que vers la performance : l'histoire des crises financières, le fonctionnement des banques centrales, la formation des taux. Pour prolonger côté patrimoine tangible, nos livres pour apprendre l'immobilier posent le même exercice de tri sur un rayon tout aussi encombré. Le reste de la collection est réuni sur la page quels livres acheter pour apprendre à, et les boîtes à livres regorgent d'ouvrages de finance abandonnés par des lecteurs déçus, ce qui est en soi une information.

Par quel livre commencer pour apprendre la bourse ?

Par « Le petit livre pour investir avec bon sens » de John Bogle, publié en français chez Valor Éditions en 2008. Il se lit en quelques heures et pose la seule idée qui compte au départ : la performance moyenne des investisseurs est la performance du marché diminuée des frais, donc quiconque paie beaucoup de frais fait mécaniquement moins bien que la moyenne. Tout le reste découle de là.

L'analyse technique vaut-elle la peine d'être apprise ?

Pas en premier, et probablement pas du tout si votre objectif est de faire fructifier une épargne. Le manuel de référence en français est celui de John Murphy chez Valor Éditions, près de six cents pages de figures et d'indicateurs. Le problème n'est pas la qualité du livre mais l'usage qu'on en fait : il pousse à multiplier les transactions, et chaque transaction coûte des frais et des impôts.

Pourquoi tant de particuliers perdent-ils de l'argent en bourse ?

Rarement par manque d'information, presque toujours par excès d'activité. Une étude de l'Autorité des marchés financiers publiée fin 2014, portant sur près de quinze mille clients français actifs sur le forex et les CFD, a conclu que plus de 89 pour cent d'entre eux perdaient de l'argent, pour une perte moyenne d'environ 10 900 euros sur quatre ans. Les frais et la fréquence des ordres expliquent l'essentiel.

Faut-il lire « L'investisseur intelligent » de Benjamin Graham ?

Oui, mais pas en premier. L'édition française de Valor, enrichie des commentaires de Jason Zweig, reste un texte fondateur sur la marge de sécurité et sur la différence entre investir et spéculer. C'est aussi un livre dense, écrit pour le marché américain des années cinquante, qui suppose que vous sachiez déjà lire un bilan. Gardez-le pour la deuxième année.

Un livre suffit-il pour choisir mes placements ?

Non, parce qu'aucun livre ne connaît votre situation. Le rendement net d'un placement dépend en France de l'enveloppe qui l'abrite, du PEA à l'assurance vie, et donc de votre fiscalité personnelle, de votre horizon et de vos autres engagements. Les livres donnent des principes, les chiffres se vérifient sur impots.gouv.fr et sur le site de l'AMF avant toute décision.

Combien de temps faut-il pour comprendre la bourse ?

Quelques semaines pour les principes, une vie entière pour les nuances, et c'est précisément pourquoi il vaut mieux une stratégie simple qu'une stratégie brillante. Les quatre livres de cette sélection se lisent en deux mois à raison de quelques heures par semaine. Passé ce point, lire davantage améliore rarement les résultats et augmente souvent l'envie d'agir, qui les dégrade.

Comment repérer un livre de bourse qui vend une méthode ?

Regardez la couverture, puis la fin. Un rendement annoncé, un délai, des captures d'écran de comptes de courtage : trois signaux convergents. À la dernière page, un lien vers une formation, un séminaire ou un groupe privé confirme que le livre est une brochure. Un ouvrage sérieux parle de frais, de fiscalité, et décrit les cas où sa propre stratégie perd de l'argent.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. La sélection est faite indépendamment.

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