Listes et sélectionsLivres pour apprendre

Quels livres pour apprendre l'aquariophilie ? 4 titres dans l'ordre où les lire

L'ordre de lecture qui évite l'échec des trois premiers mois : la chimie de l'eau d'abord, les plantes ensuite, les poissons en dernier. Et l'atlas qu'il ne faut surtout pas acheter en premier.

L'équipe Relit8 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
L'aquarium d'eau douce, guide pratique du débutantPatrick LouisyVoir L'aquarium d'eau douce, guide pratique du débutant, de Patrick Louisy à la Fnac (lien affilié)
Plantes d'aquariumChristel KasselmannVoir Plantes d'aquarium, de Christel Kasselmann à la Fnac (lien affilié)
Encyclopédie pratique de l'aquariumVoir Encyclopédie pratique de l'aquarium à la Fnac (lien affilié)
Rüdiger Riehl et Hans A. Baensch, « Atlas de l'aquarium », volume 1Voir Rüdiger Riehl et Hans A. Baensch, « Atlas de l'aquarium », volume 1 à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre l'aquariophilie ?

Le scénario est presque toujours le même. On installe le bac un samedi, on met en eau, on retourne en magasin le dimanche, on repart avec six poissons et un livre plein de photos. Trois semaines plus tard, il en reste deux, l'eau est trouble, et la conclusion tirée est que l'aquariophilie est compliquée.

Elle ne l'est pas particulièrement. Mais elle se joue presque entièrement dans les premières semaines, sur une question invisible à l'œil nu : la capacité de votre filtre à transformer les déchets azotés. C'est de cela que la plupart des débutants ignorent tout au moment où ils achètent leurs premiers poissons, et c'est pour cette raison que l'ordre de lecture proposé ici commence par la chimie de l'eau et finit par les espèces. C'est l'inverse de l'ordre dans lequel presque tout le monde achète ses livres.

Un mot avant de commencer, parce qu'il change la nature du sujet. Il ne s'agit pas d'un loisir où l'erreur coûte du temps et de l'argent. Il s'agit d'animaux qui meurent lentement quand le milieu est mauvais, souvent sans signe évident avant la fin. Cette liste sera donc directe sur les volumes et sur les espèces à éviter, y compris quand cela contredit ce que vend le rayon animalerie.


Le vrai ordre d'apprentissage

Trois compétences, dans cet ordre, et pas dans un autre.

D'abord tenir un milieu stable. Comprendre pourquoi un bac neuf est un milieu mort, ce que fait le filtre, comment une population bactérienne s'installe, ce que mesurent les tests, pourquoi un changement d'eau hebdomadaire n'est pas une corvée facultative. Cette étape se passe entièrement sans poissons. Elle dure de trois à six semaines et elle décide de tout le reste.

Ensuite planter. Les plantes ne sont pas de la décoration, elles font partie du système d'épuration. Un bac correctement planté consomme les nitrates, prive les algues de ressources et absorbe les erreurs de nourrissage. Beaucoup de débutants les considèrent comme un raffinement esthétique et se privent du meilleur amortisseur qui existe.

Enfin choisir les poissons, en fonction du milieu que vous savez tenir, et pas l'inverse. Cette étape arrive en dernier alors qu'elle est la seule qui donne envie de commencer. C'est toute la difficulté de ce loisir.

Premier livre : Patrick Louisy, « L'aquarium d'eau douce, guide pratique du débutant »

Patrick Louisy, « L'aquarium d'eau douce, guide pratique du débutant » (Les Éditions Ulmer, 2019, 191 pages) Voir à la FnacL'aquarium d'eau douce, guide pratique du débutant, de Patrick Louisy (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis. C'est le seul achat obligatoire de cette liste.

Louisy est docteur en océanologie et ichtyologiste, ce qui s'entend dans sa manière d'aborder le bac comme un milieu et non comme un meuble. Le livre s'organise en trois temps : une partie « pas à pas » pour le débutant pressé, un panorama des grands types d'aquariums avec leurs contraintes réelles, et un dernier chapitre de compléments techniques qui répond aux questions que tout le monde se pose au bout de deux mois.

Ce qu'il vous apprend précisément : la chimie de base, la fonction du filtre, le rodage, les paramètres qui comptent vraiment et ceux qu'on mesure par superstition. Vous en sortirez en sachant pourquoi une eau limpide peut être toxique, ce qui est exactement la connaissance qui manque au moment de l'achat des premiers poissons.

Ce qu'il ne vous apprend pas : le détail espèce par espèce. Le nombre de poissons décrits est volontairement limité. C'est un manuel de méthode, pas un catalogue, et c'est précisément sa qualité.

Deuxième livre : Christel Kasselmann, « Plantes d'aquarium »

Christel Kasselmann, « Plantes d'aquarium » (Les Éditions Ulmer, 2001, 504 pages, plus de 330 espèces aquatiques et palustres) Voir à la FnacPlantes d'aquarium, de Christel Kasselmann (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : un bac rodé, ou en cours de rodage, et une première déception avec une plante.

Kasselmann est botaniste, et son livre reste la référence francophone sur le sujet malgré son âge. Chaque genre est traité par ordre alphabétique, avec le nom latin, la famille, la répartition géographique, la description botanique et les exigences de culture. C'est austère, dense, et ce n'est pas un livre qu'on lit d'un bout à l'autre.

Ce qu'il vous apprend précisément : pourquoi une plante fond chez vous et prospère chez le voisin. La dureté carbonatée, l'éclairage, le substrat, le carbone disponible. Vous cesserez d'acheter au hasard des godets qui pourrissent en trois semaines, et vous comprendrez que la moitié des plantes vendues en animalerie ne sont pas des plantes aquatiques.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la composition d'un décor. Pour l'esthétique, le livre est presque muet. Et il faut le dire, l'édition française est ancienne et se cherche souvent d'occasion. Si vous ne la trouvez pas, la partie plantes du livre suivant vous dépannera honorablement.

Troisième livre : l'« Encyclopédie pratique de l'aquarium »

« Encyclopédie pratique de l'aquarium » (Éditions Artémis, 2023, ouvrage collectif, environ 370 espèces de poissons, 70 espèces de plantes et une quarantaine d'invertébrés) Voir à la FnacEncyclopédie pratique de l'aquarium (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : un bac en eau depuis au moins un mois.

C'est le moment où vous avez le droit de rêver devant des photos, parce que vous saurez enfin lire les fiches. L'ouvrage couvre l'eau douce et l'eau de mer, revient sur la dureté, la température et le cycle de l'azote, puis déroule ses fiches espèces avec les paramètres et les volumes requis.

Ce qu'il vous apprend précisément : à faire correspondre une envie et une contrainte. Une fiche qui indique une eau très douce et acide vous fera renoncer si votre eau du robinet sort à 25 degrés français de dureté, alors qu'elle vous aurait fait acheter le poisson quand même trois mois plus tôt.

Ce qu'il ne vous apprend pas : la maintenance fine d'un groupe particulier. Une encyclopédie généraliste donne un cadre, pas une spécialité. Le jour où les cichlidés nains ou les killis vous prendront, il vous faudra un ouvrage dédié, souvent édité par une association.

Quatrième livre, et seulement quatrième : l'atlas Mergus

Rüdiger Riehl et Hans A. Baensch, « Atlas de l'aquarium », volume 1 (éditions Mergus, plusieurs rééditions successives, près de mille pages, environ 600 poissons d'eau douce et 100 plantes) Voir à la FnacRüdiger Riehl et Hans A. Baensch, « Atlas de l'aquarium », volume 1 (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : une année de pratique.

L'atlas Mergus est un monument, et il est presque toujours acheté au mauvais moment. Sa densité en fait un outil de vérification remarquable une fois qu'on sait ce qu'on cherche : origine géographique, taille adulte réelle, compatibilité, comportement de reproduction. Consulté après un an, il répond à des questions que vous vous poserez vraiment.

Consulté au départ, il produit exactement l'effet inverse de ce qu'on attend d'un livre de débutant. Six cents fiches, six cents envies, et un projet de bac communautaire impossible construit à partir de photos. Gardez-le pour plus tard, ou empruntez-le en bibliothèque avant de l'acheter.

Par où ne pas commencer

L'atlas de poissons, donc, quel qu'il soit. C'est l'erreur numéro un, et elle est presque universelle parce que c'est le rayon qui donne envie.

Ensuite, tout ouvrage qui présente encore le poisson rouge dans un petit volume comme une configuration acceptable. Un poisson rouge commun dépasse vingt centimètres à l'âge adulte, peut vivre plus de quinze ans et produit énormément de déchets. Les livres qui l'installent dans vingt litres ne sont pas seulement dépassés, ils sont la cause d'un nombre considérable d'animaux morts à trois mois dans un bac qu'on croyait suffisant. Le même reproche vaut pour les ouvrages qui vendent le combattant seul dans un bocal sans chauffage.

Méfiez-vous aussi des très gros livres illustrés dont l'auteur n'est pas identifiable, réédités tous les deux ans avec une nouvelle couverture. Regardez qui écrit. Un biologiste, un aquariophile chevronné ou une association ont une signature ; un ouvrage compilé pour occuper un rayon n'en a pas toujours.

Enfin, une remarque de méthode plutôt qu'un titre. Ne lisez pas trois livres avant de mettre le bac en eau. Le rodage prend un mois, il ne demande rien d'autre que de la patience et des tests, et c'est le meilleur moment pour lire. Achetez la cuve, remplissez, plantez, et lisez pendant que les bactéries s'installent.

Ce que les livres ne feront pas à votre place

Aucun livre ne connaît votre eau. La dureté et le pH sortant de votre robinet déterminent la moitié de vos choix d'espèces, et ils varient d'une commune à l'autre. Une analyse coûte quelques euros en kit, ou se demande à votre distributeur d'eau. Faites-la avant de choisir quoi que ce soit.

Aucun livre ne vous apprendra non plus à reconnaître un poisson qui va mal. Une nageoire pincée, une respiration accélérée, un individu qui s'isole : ces signes s'apprennent en regardant longtemps, tous les jours, un bac que vous connaissez. Dix minutes d'observation quotidienne valent plus que trois chapitres sur les maladies.

Et rien ne remplace un bac qui tourne depuis dix ans. Les associations aquariophiles locales et les bourses aux poissons existent partout, elles donnent des plantes, des alevins et des conseils, et elles vous éviteront des erreurs qu'aucun manuel ne pense à mentionner parce qu'elles paraissent évidentes à ceux qui pratiquent.

Après ces quatre livres

Vous saurez tenir un bac communautaire planté, ce qui est déjà une compétence complète, et vous aurez surtout compris pourquoi il tient.

La suite dépend de ce qui vous a pris. Les biotopes, si vous aimez reconstituer un coin de rivière précis. Les cichlidés du lac Malawi, qui demandent une eau dure et une sociologie particulière. Les crevettes, qui tiennent dans de petits volumes et se reproduisent seules. Chacune de ces voies a sa littérature, souvent associative, rarement en librairie généraliste.

Le même principe, apprendre le milieu avant les espèces, vaut d'ailleurs dans presque tous les loisirs naturalistes. Vous le retrouverez dans notre article sur les livres pour apprendre le jardinage, et plus largement dans le reste de la collection quels livres acheter pour apprendre à. Les ouvrages naturalistes se trouvent aussi facilement d'occasion, et le catalogue par genre reste le meilleur moyen de repérer les éditions récentes avant de chercher.

Par quel livre commencer l'aquariophilie quand on n'a jamais eu de bac ?

Par « L'aquarium d'eau douce, guide pratique du débutant » de Patrick Louisy, paru chez Ulmer en 2019. C'est le seul achat vraiment obligatoire de cette liste. Il traite le rodage du bac et la chimie de l'eau avant de parler des poissons, ce qui est l'ordre correct et l'inverse de ce que fait la plupart des ouvrages grand public. Comptez de lire les cent premières pages avant même d'acheter la cuve.

Pourquoi ne faut-il pas acheter un atlas de poissons en premier ?

Parce qu'il vous fera choisir vos espèces avant de savoir quel milieu vous saurez tenir. Un atlas décrit ce qu'un poisson devient dans de bonnes conditions, il ne vous dit pas si vous serez capable de les créer. Les fiches donnent une dureté, un pH, un volume minimum, et le débutant qui feuillette retient la photo. L'atlas est un excellent quatrième livre, un très mauvais premier.

Le cycle de l'azote, c'est vraiment le point le plus important ?

Oui, et de très loin. Un bac neuf ne contient pas encore les bactéries qui transforment l'ammoniaque excrété par les poissons en nitrites, puis les nitrites en nitrates. Tant que cette population n'est pas installée, ce qui prend trois à six semaines, les poissons s'empoisonnent dans leur propre eau. La majorité des échecs des trois premiers mois vient de là, pas d'une maladie ni d'un défaut de matériel.

Un aquarium de 20 litres avec un poisson rouge, ça marche ou pas ?

Non. Un poisson rouge commun atteint vingt à trente centimètres, vit quinze à vingt ans et produit une quantité de déchets considérable. Vingt litres ne permettent ni de diluer ces déchets ni de lui laisser la place de nager. Les livres et les kits qui vendent cette configuration entretiennent une image datée. Si vous voulez un petit volume, orientez-vous vers des crevettes ou un bac planté sans poisson.

Faut-il un livre sur les plantes quand on débute ?

Un livre entier, pas forcément tout de suite, mais des plantes, oui, dès le départ. Les plantes consomment les nitrates, concurrencent les algues et stabilisent le milieu. Un bac planté pardonne beaucoup d'erreurs qu'un bac nu ne pardonne pas. Le manuel de Christel Kasselmann devient utile au moment où vous voulez comprendre pourquoi telle espèce dépérit chez vous alors qu'elle prospère ailleurs.

Les forums et les vidéos remplacent-ils un livre d'aquariophilie ?

Ils complètent, ils ne remplacent pas. Un forum vous donne une réponse à une question précise, souvent bonne, parfois contradictoire, rarement située dans un ensemble cohérent. Un livre vous donne le raisonnement qui permet de trancher entre deux conseils opposés. En revanche, les associations aquariophiles locales valent tous les livres du monde pour une chose : voir un bac qui tourne depuis dix ans.

Combien de temps avant de pouvoir introduire les premiers poissons ?

Trois à six semaines après la mise en eau, selon la méthode de rodage et la température. Le seul critère fiable est le résultat des tests : ammoniaque et nitrites à zéro, nitrates détectables. Pas une date sur le calendrier, pas l'avis du vendeur, pas l'aspect de l'eau, qui peut être parfaitement claire et parfaitement mortelle. Achetez les tests en même temps que le bac.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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