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Quels livres pour apprendre à éduquer son chien ? 4 titres dans l'ordre où les lire

Le rayon canin est coupé en deux : dressage à l'ancienne d'un côté, éducation positive de l'autre. Voici quatre livres dans l'ordre, et ceux qu'il vaut mieux laisser en rayon.

L'équipe Relit10 min de lecture

Les livres de ce parcours, dans l'ordre

LivrePourquoiAcheter
Les Signaux d'apaisement. Les bases de la communication canineTurid RugaasVoir Les Signaux d'apaisement. Les bases de la communication canine, de Turid Rugaas à la Fnac (lien affilié)
Tout se joue avant 1 an ! Les règles d'or de l'éducation positive du chiotJean CuvelierVoir Tout se joue avant 1 an ! Les règles d'or de l'éducation positive du chiot, de Jean Cuvelier à la Fnac (lien affilié)
Le comportement du chien de A à Z. Comprendre et agir. Les conseils d'une vétérinaire comportementalisteValérie DramardVoir Le comportement du chien de A à Z. Comprendre et agir. Les conseils d'une vétérinaire comportementaliste, de Valérie Dramard à la Fnac (lien affilié)
Tout sur la psychologie du chienJoël DehasseVoir Tout sur la psychologie du chien, de Joël Dehasse à la Fnac (lien affilié)

Quels livres pour apprendre à éduquer son chien ?

Vous entrez dans une animalerie ou une grande librairie, rayon animaux, et vous avez sous les yeux deux familles de livres qui se contredisent frontalement. D'un côté, des manuels qui parlent de dominance, de rang hiérarchique, de chien qui « teste » son maître, avec des colliers correcteurs en illustration. De l'autre, des ouvrages qui parlent de renforcement positif, de signaux, de seuil de tolérance. Les couvertures se ressemblent, les titres promettent la même chose, et rien sur la quatrième ne vous dit à quel camp vous avez affaire.

Cette ligne de fracture n'est pas une affaire de goût. Elle a une origine datable et un état de la question. Voici quatre livres, dans un ordre précis, et surtout la raison pour laquelle le débutant achète presque toujours le mauvais en premier.


Le vrai problème du débutant n'est pas l'obéissance

Regardez ce que vous cherchiez en tapant votre question. Neuf fois sur dix, c'est une liste d'ordres à enseigner : assis, couché, pas bouger, rappel. Un livre de trucs, en somme.

Or ce n'est pas là que ça coince. Ce qui coince, c'est qu'un chien passe sa journée à émettre des signaux que son humain ne voit pas. Il détourne la tête quand on le serre dans les bras, il se lèche la truffe quand on hausse le ton, il bâille quand la situation devient trop dense pour lui, il s'immobilise une demi-seconde avant de grogner. Un propriétaire qui ne lit aucun de ces signes va demander un « assis » à un chien déjà saturé, obtenir un refus, en conclure qu'il est têtu, et durcir le ton. La spirale part de là.

Apprendre à lire avant d'apprendre à commander. C'est l'ordre inverse de celui du rayon, et c'est celui qui fonctionne.

Ce que dit l'éthologie actuelle, factuellement

Il faut être clair sur ce point, parce que les deux méthodes ne se valent pas et que le prétendre serait vous rendre un mauvais service.

La méthode coercitive descend en droite ligne du dressage militaire et cynophile du vingtième siècle, puis a été rhabillée dans les années 1970 et 1980 avec un habillage scientifique emprunté à l'éthologie du loup. Le raisonnement était : le loup vit en meute hiérarchisée avec un alpha, le chien descend du loup, donc l'humain doit être l'alpha. Le livre qui a diffusé cette image du loup alpha auprès du grand public est « The Wolf », publié en 1970 par le biologiste américain L. David Mech.

Le même Mech a passé treize étés à observer des meutes sauvages sur l'île d'Ellesmere, dans l'Arctique canadien, et a publié en 1999 dans le Canadian Journal of Zoology un article où il démonte sa propre notion. Une meute de loups n'est pas une arène de rivaux du même âge, c'est une famille : un couple reproducteur et ses petits d'une ou plusieurs portées. Le prétendu alpha, c'est le parent. Mech a ensuite demandé publiquement à son éditeur d'arrêter de rééditer le livre. Le raisonnement qui fonde le dressage par la dominance s'écroule donc à sa racine, et pas sous la pression d'associations militantes : sous celle de son propre auteur.

Reste la question de l'efficacité, qu'on entend souvent en dernier recours : « oui mais ça marche ». Une étude publiée dans PLOS ONE le 16 décembre 2020 par Ana Catarina Vieira de Castro et son équipe a suivi quatre-vingt-douze chiens de compagnie recrutés dans sept écoles d'éducation portugaises, réparties selon leurs méthodes. Les chiens des écoles à dominante aversive présentaient plus de comportements liés au stress, davantage de halètement et d'états corporels tendus pendant les séances, une hausse de cortisol salivaire après la séance, et un résultat plus pessimiste à un test de biais cognitif conduit un mois plus tard. Autrement dit, l'effet ne s'arrête pas à la porte du terrain d'entraînement.

Cela ne veut pas dire que l'éducation positive consiste à tout laisser passer. Elle a ses règles, ses timings, ses exigences de constance, et elle est nettement plus technique que de tirer sur une laisse. C'est justement pour ça qu'il faut la lire.

Premier livre : Turid Rugaas, « Les Signaux d'apaisement »

Turid Rugaas, « Les Signaux d'apaisement. Les bases de la communication canine » (Les éditions du Génie Canin, 2010, traduit par Alain Cadieu et Sandrine Delattre, 88 pages) Voir à la FnacLes Signaux d'apaisement. Les bases de la communication canine, de Turid Rugaas (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Aucun prérequis.

Rugaas est une éducatrice norvégienne qui a passé des années à filmer des chiens en interaction et à cataloguer les gestes qu'ils s'adressent pour désamorcer une tension. Le livre est court, illustré de photos, et se lit en une soirée.

Ce qu'il vous apprend précisément : une trentaine de signaux, avec leur photo et leur contexte. Détourner le regard, tourner le corps de côté, s'asseoir, renifler le sol sans raison, avancer en courbe plutôt qu'en ligne droite, se figer. Après cette lecture, vous ne regarderez plus une rencontre entre deux chiens de la même manière, et vous verrez arriver les problèmes une bonne dizaine de secondes avant qu'ils n'arrivent.

Ce qu'il ne vous apprend pas : quoi faire concrètement. Rugaas décrit, elle n'entraîne pas. Le livre est un décodeur, pas un programme. C'est exactement pour cette raison qu'il doit venir en premier et être suivi d'autre chose.

Deuxième livre : Jean Cuvelier, « Tout se joue avant 1 an ! »

Jean Cuvelier, « Tout se joue avant 1 an ! Les règles d'or de l'éducation positive du chiot » (Larousse, 2018) Voir à la FnacTout se joue avant 1 an ! Les règles d'or de l'éducation positive du chiot, de Jean Cuvelier (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun, mais nettement plus utile si vous savez déjà lire les signaux.

Cuvelier est vétérinaire, et le livre est construit en séquences illustrées pas à pas plutôt qu'en longs développements. C'est un manuel de terrain, à laisser ouvert sur la table de la cuisine.

Ce qu'il vous apprend précisément : la mise en pratique sur la première année, celle où presque tout se joue. La socialisation, dont la fenêtre principale se referme vers trois à quatre mois, l'apprentissage de la propreté, la gestion de la solitude, l'inhibition de la morsure, le rappel construit progressivement plutôt que hurlé dans un parc. Le renforcement positif y est appliqué à des situations réelles, avec le détail du timing, qui est là où tout le monde se plante.

Ce qu'il ne vous apprend pas : quoi faire d'un chien adulte adopté à cinq ans avec un passé inconnu. Le livre reste lisible dans ce cas, mais une bonne moitié tombe à côté. Si vous êtes dans cette situation, sautez cette étape et passez directement à la suivante.

Troisième livre : Valérie Dramard, « Le comportement du chien de A à Z »

Valérie Dramard, « Le comportement du chien de A à Z. Comprendre et agir. Les conseils d'une vétérinaire comportementaliste » (Ulmer, 2013, 256 pages) Voir à la FnacLe comportement du chien de A à Z. Comprendre et agir. Les conseils d'une vétérinaire comportementaliste, de Valérie Dramard (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : aucun, mais c'est un ouvrage à consulter, pas à lire d'un bout à l'autre.

Dramard est vétérinaire comportementaliste, installée en consultation dédiée depuis les années 2000, et ce livre lui a valu le prix Fernand-Méry de l'Académie vétérinaire de France en 2013. Le format est celui d'un dictionnaire : environ deux cent trente entrées, d'« aboyer » à « voler de la nourriture », chacune avec une explication des causes puis une conduite à tenir.

Ce qu'il vous apprend précisément : à traiter un problème quand il se présente, sans avoir à relire trois cents pages pour trouver le paragraphe utile. Votre chien tire en laisse, aboie derrière la fenêtre, garde sa gamelle, a peur de l'orage, refuse la voiture. Vous ouvrez à la bonne lettre.

Ce qu'il ne vous apprend pas : une vision d'ensemble. Le format alphabétique est un formidable outil de dépannage et un mauvais outil de compréhension. Il faut donc l'un et l'autre, et c'est le rôle du quatrième livre.

Quatrième livre : Joël Dehasse, « Tout sur la psychologie du chien »

Joël Dehasse, « Tout sur la psychologie du chien » (Odile Jacob, nouvelle édition revue et augmentée parue le 2 octobre 2019, 528 pages) Voir à la FnacTout sur la psychologie du chien, de Joël Dehasse (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Prérequis : les trois étapes précédentes, ou l'équivalent en pratique.

Dehasse est vétérinaire comportementaliste à Bruxelles, membre du Collège européen de médecine comportementale vétérinaire, et il écrit depuis trente ans sur le sujet. Cinq cent vingt-huit pages, ce n'est pas un livre qu'on offre à quelqu'un qui vient de ramener un chiot.

Ce qu'il vous apprend précisément : le fonctionnement mental, pas la recette. Émotions, formes d'intelligence, mécanismes d'apprentissage, sommeil, alimentation, déclencheurs d'agressivité, jeu, influences hormonales, comportement de prédation, besoins de confort, compétences sociales. Vous cessez d'appliquer des protocoles pour comprendre pourquoi ils marchent, ce qui vous permet de les adapter quand votre chien ne rentre pas dans la case.

Ce qu'il ne vous apprend pas : à faire les gestes. C'est un livre de fond, il suppose que vous avez déjà les mains dans le cambouis. Lu en premier, il finit sur l'étagère au chapitre quatre.

Du même auteur, « Mon chien est heureux. Jeux, exercices et astuces » (Odile Jacob, 2009) fait un complément nettement plus léger, centré sur l'ennui, qui est une cause de troubles largement sous-estimée.

Par où ne pas commencer

Voici la partie que les listes de recommandation ne font jamais.

Tout ce qui parle de dominance, de rang, de meute et de chien qui « veut prendre le dessus ». Ce vocabulaire est le marqueur le plus fiable d'un livre bâti sur un modèle abandonné. Le test est rapide : ouvrez l'index ou la table des matières en librairie, cherchez le mot « dominance ». S'il structure des chapitres entiers, reposez le livre.

Les manuels attachés à une personnalité de télévision. Les méthodes popularisées à l'écran par Cesar Millan, notamment, reposent largement sur la soumission physique et sur l'exposition forcée au déclencheur. Elles font de bonnes images parce que l'effet est immédiat et spectaculaire. Ce que la caméra ne montre pas, c'est un chien qui s'éteint plutôt qu'un chien qui apprend, et le risque de morsure quand la peur finit par déborder.

Les titres qui promettent un résultat en un nombre de jours. « Votre chien obéissant en sept jours » vend une chose qui n'existe pas. Un rappel fiable en environnement distrayant se construit sur des mois, et c'est vrai avec toutes les méthodes.

Les gros volumes généralistes qui traitent en quatre cents pages l'alimentation, la santé, les races, le toilettage et l'éducation. Vous obtenez vingt pages sur ce qui vous intéresse, et elles sont souvent les plus datées de l'ouvrage.

Enfin, une nuance qui n'est pas un détour : une partie de la littérature ancienne reste précieuse sur l'observation pure, même quand son cadre théorique a vieilli. Vous saurez faire ce tri après avoir lu Rugaas. Avant, non.

Ce qu'un livre ne fera pas à votre place

Un livre ne voit pas votre chien. C'est la limite, et elle est nette.

Il ne verra pas que votre labrador de neuf ans qui grogne quand on le touche a une arthrose de la hanche, ni que la malpropreté apparue en trois semaines vient d'une infection urinaire. Un changement de comportement soudain chez un chien adulte est d'abord un motif de consultation vétérinaire, avant d'être un problème d'éducation. On perd parfois des mois à travailler un comportement qui n'était que l'expression d'une douleur.

Pour un trouble installé, agressivité envers les humains ou les congénères, anxiété de séparation avec destructions, phobies invalidantes, il existe des vétérinaires comportementalistes et des éducateurs canins formés aux méthodes positives. Consulter n'est pas un aveu d'échec, c'est simplement le moyen le plus rapide. Beaucoup de vétérinaires généralistes orientent vers un confrère spécialisé sur demande.

Un livre ne corrigera pas non plus votre timing. Le renforcement positif se joue à la seconde près : récompenser trois secondes trop tard, c'est récompenser autre chose. Personne n'apprend ça en lisant, on l'apprend en se faisant reprendre par quelqu'un qui regarde. Deux ou trois séances collectives dans un club correct valent tout le rayon.

Et il ne remplacera pas la régularité. Cinq minutes deux fois par jour battent une heure le dimanche, sans discussion. C'est peu spectaculaire à écrire, c'est pourtant le seul facteur qui sépare vraiment les chiens bien éduqués des autres.

Ensuite, ça dépend de votre chien

Ces quatre livres vous donnent le décodeur, le manuel de terrain, le dictionnaire de dépannage et le fond théorique. C'est un équipement complet, et vous n'aurez sans doute jamais besoin d'un cinquième.

La suite se choisit selon ce qui vous a accroché. Si c'est la communication, la littérature sur le travail de nez et les activités de pistage prolonge exactement Rugaas. Si c'est la médecine du comportement, Dehasse a publié plusieurs volumes par thème. Si votre chien a un métier ou un sport, cherchez du côté des ouvrages spécialisés en agility, en obéissance ou en cani-cross plutôt que de l'éducation générale.

Vous pouvez aussi parcourir les rayons par genre pour repérer les éditions récentes, qui comptent ici plus qu'ailleurs : un livre sur le comportement canin publié avant 2000 raisonne dans un cadre qui n'est plus le nôtre. Et si la lecture méthodique vous convient, voyez le reste de notre collection quels livres acheter pour apprendre à, notamment pour comprendre son chat, où le tri entre l'observation et la projection se pose de façon encore plus vive.

Par quel livre commencer quand on vient d'adopter un chien ?

Par « Les Signaux d'apaisement » de Turid Rugaas, qui tient en quatre-vingt-huit pages et vous apprend à voir ce que votre chien fait déjà sous vos yeux : détourner la tête, se lécher la truffe, bâiller, ralentir. Tant que vous ne repérez pas ces signaux, tous les exercices d'obéissance que vous tenterez se feront à l'aveugle. Ce livre se lit en une soirée et change ce que vous voyez dès la promenade du lendemain.

L'éducation positive est-elle vraiment plus efficace, ou juste plus douce ?

Les deux, et c'est documenté. L'étude de Vieira de Castro et ses collègues, parue dans PLOS ONE en décembre 2020 sur quatre-vingt-douze chiens issus de sept écoles portugaises, a mesuré chez les chiens entraînés par méthodes aversives davantage de comportements de stress, un cortisol salivaire plus élevé après séance et un biais cognitif plus pessimiste. Les travaux comparatifs publiés depuis ne montrent pas d'avantage d'apprentissage aux méthodes coercitives.

La théorie du chien dominant est-elle fausse ?

Elle repose sur une lecture erronée du loup, et le chercheur qui l'a popularisée l'a lui-même retirée. L. David Mech, auteur du livre de 1970 qui a diffusé la notion de loup alpha, a publié en 1999 dans le Canadian Journal of Zoology un article expliquant qu'une meute sauvage est une famille, et que le couple dit alpha est simplement le couple de parents. Un chien qui monte sur le canapé ne prend pas le pouvoir, il cherche un endroit confortable.

Faut-il un livre spécifique pour un chiot ?

C'est utile, parce que la fenêtre de socialisation se referme vers trois à quatre mois et que ce qui se joue là ne se rattrape pas facilement ensuite. « Tout se joue avant 1 an ! » du vétérinaire Jean Cuvelier, paru chez Larousse en 2018, couvre précisément cette période avec des séquences illustrées. Pour un chien adulte déjà installé dans ses habitudes, ce livre reste lisible mais vous servira moins.

Un livre peut-il régler une agressivité ou une anxiété de séparation ?

Non, et c'est la limite qu'il faut poser clairement. Un trouble installé, morsure, destruction en votre absence, malpropreté soudaine, peur panique, relève d'une consultation chez un vétérinaire comportementaliste, qui écartera d'abord une cause médicale, douleur articulaire ou trouble sensoriel. Les livres vous rendent capable de prévenir, de repérer tôt et de bien appliquer un protocole. Ils ne posent pas de diagnostic.

Combien de livres faut-il vraiment pour éduquer correctement un chien ?

Trois suffisent largement, et beaucoup de propriétaires très compétents n'en ont lu qu'un. Le facteur limitant n'est presque jamais la quantité de lecture, c'est la régularité des séances courtes et la cohérence entre les membres du foyer. Deux séances de cinq minutes par jour valent mieux qu'une heure le dimanche, et un chien qui reçoit trois consignes différentes selon la personne n'apprend rien du tout.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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