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Quel livre offrir pour la fête des mères ? Ce qui marche quand tout le monde offre le même jour

Cadeau collectif, dernière minute, dédicace qui compte : neuf livres et une méthode pour réussir la fête des mères, y compris si vous vous y prenez la veille.

L'équipe Relit7 min de lecture

Quel livre offrir pour la fête des mères ?

La difficulté de la fête des mères n'a rien à voir avec celle d'un anniversaire. La date est connue de tous, tout le monde offre le même dimanche, et votre cadeau sera déballé devant vos frères et sœurs, à côté des leurs.

Ajoutez que fin mai n'est pas une période riche en librairie. Les nouveautés de la rentrée littéraire arrivent en août, celles de janvier sont déjà digérées, et les tables du moment sont surtout garnies de romans d'été. La contrainte est donc réelle. Voici comment la contourner, selon la situation dans laquelle vous vous trouvez.


Ce que la date change à votre cadeau

Trois effets, dont deux sont sous-estimés.

Le premier : la comparaison. Un livre déballé au milieu d'autres cadeaux passe pour économe s'il n'est pas visiblement choisi. La parade n'est pas de dépenser davantage, c'est de rendre le choix lisible en deux phrases au moment de l'ouverture.

Le deuxième : vous n'avez aucune excuse. La date est la même chaque année, connue de tous, ce qui interdit l'argument du « je n'ai pas eu le temps ». Un cadeau visiblement acheté le samedi soir se remarque.

Le troisième, plus rassurant : personne n'attend un chef-d'œuvre. La fête des mères est une occasion de politesse affectueuse, pas un examen. Un livre juste, offert avec un mot écrit à la main, tient très bien la comparaison avec un bouquet et un parfum.

Si vous vous y prenez la veille

Arrêtez de chercher la nouveauté. Cherchez le classique disponible partout, y compris dans une maison de la presse un dimanche matin.

Albert Cohen, « Le Livre de ma mère » (Gallimard, 1954) Voir à la FnacLe Livre de ma mère, de Albert Cohen (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Deux cents pages écrites après la mort de sa mère, dans une langue qui alterne l'humour et le sanglot. C'est l'un des textes français les plus offerts sur ce sujet, et l'un des rares qui survivent à toutes les relectures.

Romain Gary, « La Promesse de l'aube » (Gallimard, 1960) Voir à la FnacLa Promesse de l'aube, de Romain Gary (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le récit d'une mère russe exilée qui a décidé seule que son fils serait un grand homme, et qui est morte avant de le voir devenir écrivain et diplomate. Drôle, excessif, bouleversant.

Une précaution honnête : ces deux livres sont des livres de deuil. Ils sont magnifiques et ils parlent de mères mortes. Si la vôtre est en pleine forme, l'ironie peut passer très bien ou très mal selon son humeur. Dites-le vous-même en offrant, avec une phrase du genre « c'est un livre triste, je te l'offre pour la langue ». Vous désamorcez en trois secondes.

Si le cadeau est collectif

C'est le seul jour de l'année où vous êtes plusieurs à offrir à la même personne. Servez-vous-en pour acheter ce que personne n'achèterait seul.

Un volume de la Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard) est fait pour ce cas précis. Créée en 1931 par Jacques Schiffrin, la collection imprime sur papier bible dans une reliure en cuir souple dorée à l'or, dans un format de poche. Choisissez l'auteur qu'elle relit depuis vingt ans, pas celui qu'elle devrait lire.

Deux vérifications avant de commander. D'abord, qu'elle n'a pas déjà le volume, ce qui arrive souvent chez les lectrices assidues. Ensuite, que le format lui convienne : le texte est composé en petit corps sur papier fin, et une lectrice à la vue fatiguée peinera. Dans ce cas, tournez-vous vers un beau livre illustré ou une édition reliée en grand format.

Dernier point, souvent oublié : désignez une seule personne pour acheter. À trois, vous arriverez avec trois idées incompatibles et le cadeau deviendra une négociation. Et faites signer la page de garde par tout le monde.

Si c'est sa première fête des mères

Une jeune mère lit par tranches de dix minutes, parfois d'une seule main, souvent en ayant oublié la page précédente. Le format compte davantage que le sujet.

Anna Gavalda, « Ensemble, c'est tout » (Le Dilettante, 2004) Voir à la FnacEnsemble, c'est tout, de Anna Gavalda (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Quatre personnages cabossés qui finissent par cohabiter dans un appartement parisien. Plus de deux millions d'exemplaires vendus, des chapitres courts, des dialogues qui portent le récit. C'est exactement le livre qui se reprend sans effort après trois jours d'interruption.

Aurélie Valognes, « Mémé dans les orties » (Michel Lafon, 2015). Un octogénaire acariâtre bousculé par une gamine de dix ans et une voisine envahissante. Le livre a d'abord existé en autoédition numérique avant de devenir un succès de librairie. On le lit vite, on rit, on n'a rien à prouver.

L'erreur à éviter est plus importante que le bon choix : ne lui offrez pas de guide de parentalité, même excellent, même bienveillant. Offert ce jour-là, il ressemble à une note attribuée à son travail de mère. C'est le seul cadeau de fête des mères qui se retourne systématiquement contre celui qui l'offre.

Si elle veut qu'on la prenne au sérieux

Certaines mères reçoivent chaque année le même type de roman réconfortant et finissent par le vivre comme un classement. Si la vôtre lit beaucoup, montez d'un cran.

Marie-Hélène Lafon, « Les Sources » (Buchet-Chastel, 2023) Voir à la FnacLes Sources, de Marie-Hélène Lafon (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Cent vingt-huit pages sur une ferme du Cantal en 1967, une mère, trois enfants, un père violent. La phrase de Lafon est sèche et tenue. Ce n'est pas un livre consolant, c'est un livre qui respecte son lecteur.

Gaëlle Josse, « Une longue impatience » (Notabilia, 2018). Dans un village breton d'après-guerre, un adolescent de seize ans embarque et ne revient pas. Sa mère attend. Cent quatre-vingt-dix pages sur la durée de l'attente, qui touchent particulièrement les mères de grands enfants partis loin.

Chantal Thomas, « Souvenirs de la marée basse » (Seuil, 2017). Le portrait de Jackie, née en 1919, nageuse obstinée, mère de l'autrice. Un livre sur la liberté que procure l'eau, et sur ce qu'une fille comprend tard de sa mère.

Simone Veil, « Une vie » (Stock, 2007). L'autobiographie s'est vendue à plus de trois cent mille exemplaires et a été le meilleur succès de l'année dans sa catégorie. Pour une mère qui lit peu de romans mais beaucoup de récits et de documents, c'est le choix le plus sûr de cette liste.

Le roman sur les mères, à manier avec des pincettes

Le réflexe est irrésistible : c'est la fête des mères, offrons un livre sur les mères. C'est souvent une erreur, parce que le genre est massivement occupé par le deuil, la maladie et les liens abîmés.

Clara Dupont-Monod, « S'adapter » (Stock, 2021) Voir à la FnacS'adapter, de Clara Dupont-Monod (lien affilié, ouvre un nouvel onglet) a reçu le prix Femina et le Goncourt des lycéens la même année, et il les mérite. Il raconte aussi l'arrivée puis la mort d'un enfant handicapé dans une fratrie cévenole. Offrez-le à une mère qui aime être remuée, pas à celle qui traverse une année difficile.

La règle générale tient en une ligne : lisez le résumé complet, pas la quatrième de couverture, qui est un texte de vente. Si le sujet risque de résonner avec votre propre histoire familiale, changez de rayon. Pour choisir selon le profil de lectrice plutôt que selon l'occasion, notre sélection de livres à offrir à sa mère découpe les choses autrement.

La dédicace fait la moitié du cadeau

Écrivez sur la page de garde du livre, pas sur une carte. La carte finira dans un tiroir puis à la poubelle. La page de garde reste dans la bibliothèque pendant trente ans.

Deux ou trois lignes suffisent, et elles doivent dire pourquoi ce livre-là. « Je l'ai lu en février et j'ai pensé à toi au chapitre sur la nageuse » vaut mieux que n'importe quelle formule. Datez, signez. Si vous êtes plusieurs, laissez chacun écrire sa ligne : les écritures différentes sur la même page produisent un effet que ni le bouquet ni le parfum n'atteindront jamais.

Et si vous offrez un livre d'occasion, ce qui n'a rien d'infamant, gardez ce qui vient d'avant. Une dédicace de 1974 à quelqu'un d'inconnu, suivie de la vôtre, fait un objet avec une histoire.

Et si elle n'aime pas lire

Il faut le dire clairement : dans ce cas, n'offrez pas de roman. Un roman offert à quelqu'un qui ne lit pas est un reproche déguisé, et il finira à la page trente.

Le livre reste possible, mais par un autre chemin. Un beau livre de jardinage ou de cuisine, un recueil de photographies, un livre audio pour les trajets en voiture : ce sont des objets qu'on ouvre par plaisir, sans avoir à tenir le fil d'une intrigue. Vous pouvez aussi partir de ce qui l'intéresse vraiment et chercher du côté du catalogue par genre plutôt que de la table des nouveautés.

Ce qui reste au mois de juin

La fête des mères a ceci de particulier qu'elle se joue en une matinée et se juge sur des semaines. Un livre bien choisi continue d'exister mi-juin, quand les fleurs sont fanées et le brunch oublié.

Alors ne cherchez pas le cadeau qui impressionne à l'ouverture du paquet. Cherchez celui dont elle vous reparlera au téléphone quinze jours plus tard, en vous disant qu'elle en est à la moitié et qu'elle n'a pas envie que ça se termine.

Quand tombe la fête des mères en France ?

Le dernier dimanche de mai, sauf lorsque cette date coïncide avec le dimanche de Pentecôte : la fête est alors reportée au premier dimanche de juin. Cette règle est inscrite dans la loi française depuis 1950. Notez que la date diffère chez nos voisins, ce qui compte si votre mère vit à l'étranger : au Royaume-Uni, par exemple, elle tombe au printemps mais bien plus tôt dans l'année.

Que faire si je m'y prends la veille ?

Cessez de chercher la nouveauté et allez vers un classique disponible en poche partout, y compris dans les gares et les grandes surfaces culturelles. « Le Livre de ma mère » d'Albert Cohen ou « La Promesse de l'aube » de Romain Gary se trouvent en dix minutes. Beaucoup de librairies ouvrent le dimanche matin fin mai, précisément pour cette raison. Prévoyez surtout cinq minutes pour écrire la dédicace, c'est elle qui sauve un achat tardif.

Faut-il offrir un livre qui parle de mères ?

C'est le réflexe le plus répandu et le plus risqué. Beaucoup de ces romans traitent de deuil, de maladie ou de rupture familiale, ce qui tombe mal un dimanche de fête. « S'adapter » de Clara Dupont-Monod est un livre superbe, il raconte aussi la mort d'un enfant handicapé. Lisez le résumé en entier avant d'emballer, pas seulement la quatrième de couverture.

Comment se répartir le cadeau entre frères et sœurs ?

Le cadeau collectif est l'occasion d'offrir un objet que personne ne s'offrirait seul : un volume de la Pléiade, un beau livre illustré, une édition reliée d'un auteur qu'elle relit. Désignez une seule personne pour acheter, sinon vous arriverez à trois avec des idées incompatibles. Et faites signer la page de garde par tout le monde, c'est le détail qui rend le cadeau collectif réellement collectif.

Quel livre pour une première fête des mères ?

Une jeune mère lit par tranches de dix minutes, souvent d'une seule main. Visez des chapitres courts et une intrigue qui redémarre vite après une interruption. « Ensemble, c'est tout » d'Anna Gavalda coche ces cases. Évitez absolument le guide de parentalité, même bienveillant : offert ce jour-là, il ressemble à une évaluation déguisée de son travail de mère.

Un livre, est-ce suffisant comme cadeau de fête des mères ?

Oui, si le choix est visiblement pensé. Un livre trouvé en trois minutes accompagné d'un bouquet fait moins d'effet qu'un livre seul dont vous pouvez expliquer le choix en deux phrases. Si vous voulez tout de même compléter, l'ajout qui marche le mieux n'est pas la fleur mais le temps : un après-midi, une promenade, un repas que vous préparez.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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