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Quel livre offrir à quelqu'un qui aime la musique ? 13 idées selon ce qu'il écoute

Offrir un livre à un amateur de musique sans se tromper : treize titres classés par genre écouté, du rock au classique, avec la raison précise pour laquelle chacun fonctionne.

L'équipe Relit7 min de lecture

Quel livre offrir à quelqu'un qui aime la musique ?

La plupart des listes de cadeaux commencent par le mauvais bout. Elles proposent une biographie, un essai, un beau livre, comme si le format était la question. Il ne l'est pas.

La seule information qui compte, c'est ce que la personne écoute. Un amateur de jazz, un fan de rap et quelqu'un qui va au concert classique trois fois par an n'ont rien en commun sauf le mot « musique ». Voici treize titres rangés par genre écouté, avec la raison précise pour laquelle chacun tombe juste.


Écoutez avant de choisir

Ouvrez sa dernière playlist partagée, regardez ses disques s'il en a, ou souvenez-vous simplement de ce qu'il met en voiture. Vous aurez votre réponse en deux minutes.

Deux détails valent la peine d'être notés au passage. Le premier : est-ce qu'il écoute des albums entiers ou des titres isolés ? Quelqu'un qui écoute des albums lira volontiers un livre construit autour d'un disque. Le second : est-ce qu'il joue ? Un musicien amateur, même très moyen, n'attend pas du tout la même chose qu'un auditeur.

S'il écoute du rock

C'est le rayon le mieux fourni, et aussi celui où le risque de doublon est le plus élevé. Vérifiez avant d'acheter.

Patti Smith, « Just Kids » (Denoël, 2010) Voir à la FnacJust Kids, de Patti Smith (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le New York de la fin des années soixante, le Chelsea Hotel, sa vie avec Robert Mapplethorpe avant que l'un devienne photographe et l'autre chanteuse. National Book Award 2010. C'est le livre à offrir même à quelqu'un qui n'écoute pas Patti Smith, parce que c'est d'abord un très beau récit sur la jeunesse fauchée et l'amitié.

Keith Richards, « Life » (Robert Laffont, 2010) Voir à la FnacLife, de Keith Richards (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Six cents pages d'une franchise qui a durablement refroidi ses rapports avec Mick Jagger. Richards y explique aussi, très concrètement, comment il accorde sa guitare en sol ouvert et pourquoi ça change tout. Un cadeau qui plaît autant aux lecteurs qu'aux guitaristes.

Bob Dylan, « Chroniques, volume 1 » (Fayard, 2005) Voir à la FnacChroniques, volume 1, de Bob Dylan (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Dylan raconte trois moments de sa vie dans le désordre, saute les décennies attendues et ne dit presque rien de 1966. C'est frustrant si vous cherchez une biographie, magnifique si vous acceptez un livre d'écrivain. Le volume 2 n'est jamais paru, ce qui fait partie du personnage.

S'il écoute du jazz

Miles Davis et Quincy Troupe, « Miles, l'autobiographie » (Infolio, 2007) Voir à la FnacMiles, l'autobiographie, de Miles Davis et Quincy Troupe (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Quarante ans de musique racontés d'une voix rauque et parfaitement odieuse par moments, avec un sens du récit sidérant. On y traverse le be-bop, le cool, la drogue, le silence des années soixante-dix, le retour. Le livre a longtemps été introuvable en français avant cette édition revue.

Boris Vian, « Chroniques de jazz » (Pauvert) Voir à la FnacChroniques de jazz, de Boris Vian (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Vian a couvert la scène parisienne d'après-guerre pour la presse spécialisée, avec une mauvaise foi et une drôlerie qui n'ont pas vieilli. À offrir à quelqu'un qui connaît déjà les grands disques : c'est le plaisir de la chronique, pas la découverte.

S'il écoute du rap

Le piège ici est d'offrir un livre écrit par quelqu'un qui regarde le rap de l'extérieur. Ça se sent à la première page et ça vexe.

Mehdi Maizi, « Rap français : une exploration en 100 albums » (Le Mot et le Reste, 2016) Voir à la FnacRap français : une exploration en 100 albums, de Mehdi Maizi (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Cent disques commentés, des fondateurs aux années deux mille dix, par un journaliste qui connaît le sujet de l'intérieur. Le format album par album en fait un livre qu'on picore, ce qui convient bien à des lecteurs qui ne lisent pas forcément beaucoup de livres.

Si la personne connaît déjà tout ce catalogue, la meilleure piste n'est pas un autre livre sur le rap mais un livre sur la fabrication du son : le sampling, les studios, la basse. C'est le versant technique qui manque le plus souvent aux amateurs, et celui qui les passionne le plus quand on le leur met entre les mains.

S'il écoute de la musique classique

Alex Ross, « The Rest Is Noise » (Actes Sud, 2010) Voir à la FnacThe Rest Is Noise, de Alex Ross (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Une histoire de la musique du vingtième siècle qui se lit comme un roman, de Mahler à Ligeti, en passant par la musique sous les régimes totalitaires. Le critique du New Yorker y réussit un exploit rare : il rend passionnants des compositeurs réputés inécoutables sans jamais faire semblant qu'ils sont faciles.

Thomas Bernhard, « Le Naufragé » (Gallimard, 1986) Voir à la FnacLe Naufragé, de Thomas Bernhard (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Trois étudiants pianistes rencontrent Glenn Gould à Salzbourg. Deux d'entre eux abandonnent, comprenant en une audition qu'ils ne seront jamais à ce niveau. C'est un livre bref, obsessionnel, écrit d'un seul bloc sans paragraphes, et c'est le plus juste jamais écrit sur ce que le génie fait aux autres.

Pascal Quignard, « Tous les matins du monde » (Gallimard, 1991) Voir à la FnacTous les matins du monde, de Pascal Quignard (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Monsieur de Sainte Colombe, la viole de gambe, le refus de la cour. Cent pages sèches sur ce que coûte le choix de la musique contre le monde. Le film d'Alain Corneau a un peu écrasé le livre dans les mémoires, ce qui est injuste.

S'il écoute de la chanson française

Barbara, « Il était un piano noir... Mémoires interrompus » (Fayard, 1998) Voir à la FnacIl était un piano noir... Mémoires interrompus, de Barbara (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Elle est morte avant de finir, et le livre s'arrête en plein élan, ce qui lui donne une force particulière. Elle y aborde l'inceste subi dans l'enfance avec une pudeur qui rend le passage difficilement oubliable.

Gilles Verlant, « Gainsbourg » (Albin Michel) Voir à la FnacGainsbourg, de Gilles Verlant (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). La biographie de référence, écrite par quelqu'un qui l'a beaucoup fréquenté. Elle est longue, très documentée, et elle évite à peu près le double écueil du genre : ni hagiographie ni règlement de comptes.

Les romans où la musique est vraiment le sujet

Attention à la nuance. Un roman dont le héros écoute distraitement du jazz ne fera aucun effet. Il faut que l'écoute soit le sujet.

Nick Hornby, « Haute Fidélité » (Plon, 1997) Voir à la FnacHaute Fidélité, de Nick Hornby (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un disquaire londonien classe sa vie amoureuse en listes de cinq et évite soigneusement de grandir. C'est drôle, cruel, et c'est le livre qui a défini pour longtemps le portrait de l'obsessionnel du disque.

Richard Powers, « Le Temps où nous chantions » (Le Cherche Midi, 2006) Voir à la FnacLe Temps où nous chantions, de Richard Powers (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Une famille américaine mixte, un père physicien allemand, une mère noire, trois enfants élevés dans le chant. Le roman court sur cinquante ans d'histoire raciale américaine avec la musique comme fil. C'est un pavé, à réserver à un vrai lecteur.

Kazuo Ishiguro, « Nocturnes » (Éditions des Deux Terres, 2010) Voir à la FnacNocturnes, de Kazuo Ishiguro (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Cinq nouvelles sur des musiciens moyens : un guitariste de bar à Venise, un saxophoniste qui accepte une chirurgie esthétique pour percer. Ishiguro, prix Nobel 2017, y parle surtout de talent insuffisant, ce qui touche beaucoup plus de monde que le génie.

Pour comprendre ce que la musique nous fait

Ce rayon est le plus sûr quand vous ne connaissez pas assez précisément les goûts de la personne.

Oliver Sacks, « Musicophilia » (Seuil, 2009) Voir à la FnacMusicophilia, de Oliver Sacks (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le neurologue raconte des cas cliniques stupéfiants : un homme foudroyé qui devient pianiste compulsif, des amnésiques qui gardent intacte la mémoire des partitions. Le livre fonctionne pour n'importe quel genre écouté, ce qui en fait le cadeau le plus polyvalent de cette liste.

Peter Szendy, « Écoute, une histoire de nos oreilles » (Minuit, 2001) Voir à la FnacÉcoute, une histoire de nos oreilles, de Peter Szendy (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un essai court et vif sur une question simple : peut-on faire écouter son écoute ? C'est plus exigeant, à réserver à quelqu'un qui aime les livres qui déplacent une évidence.

Deux réflexes à éviter

Le premier est le beau livre de pochettes. Il séduit au déballage et ne tient pas la distance, sauf pour un collectionneur qui possède réellement une platine. Le second est la biographie de son artiste préféré : c'est le premier livre qu'il a acheté lui-même, il y a dix ans.

La bonne stratégie est presque toujours latérale. Un fan des Beatles a lu quatre livres sur les Beatles et aucun sur les studios d'Abbey Road ou sur le métier d'ingénieur du son. Un amateur d'opéra connaît les livrets et pas l'histoire des salles. Le décalage d'un cran produit plus d'effet que la cible frontale.

Si vous hésitez encore, l'article sur ce qu'il faut offrir à quelqu'un qui a déjà tout lu applique la même logique de déplacement, et nos guides d'ordre de lecture aident à repérer le tome manquant d'une série entamée.

Ce que vous pouvez ajouter au paquet

Un livre de musique appelle une écoute, et c'est la moitié du cadeau. Notez sur la page de garde le disque à mettre en même temps que la lecture. Faites une liste de dix titres qui accompagnent le livre. Pour « The Rest Is Noise », l'auteur a lui-même mis en ligne les extraits qu'il commente, ce qui change complètement l'expérience.

Le meilleur cadeau musical n'est pas le livre seul. C'est le livre plus la soirée qu'il déclenche, la platine rallumée, le disque qu'on réécoute autrement parce que quelqu'un vient d'en raconter la fabrication.

Faut-il partir du genre écouté ou du type de livre ?

Du genre écouté, toujours. Un amateur de jazz et un amateur de rap ne veulent pas le même objet : le premier lira volontiers une autobiographie de trois cents pages, le second attend souvent un livre qui parle d'albums et de production. Classer par type de livre, biographie contre essai contre roman, revient à choisir la forme avant le sujet, et c'est le meilleur moyen d'offrir quelque chose de poli et d'inutile.

Que offrir à quelqu'un qui joue d'un instrument ?

Pas une méthode, il en a déjà et il les choisit lui-même. Ce qui manque presque toujours à un musicien amateur, c'est un livre sur la vie de musicien : le trac, la répétition, le rapport au public. « Le Naufragé » de Thomas Bernhard, autour de Glenn Gould et de deux pianistes écrasés par son talent, parle à tous ceux qui ont un jour compris qu'ils ne seraient pas les meilleurs.

Le beau livre sur les pochettes de disques est-il une bonne idée ?

Il l'est pour les collectionneurs de vinyles, beaucoup moins pour les autres. Le format valorise l'image et se feuillette vite, alors qu'un amateur de musique cherche généralement à comprendre comment un son a été fabriqué. Si la personne possède une platine et range ses disques par ordre alphabétique, allez-y. Si elle écoute en streaming dans les transports, un livre de texte lui servira davantage.

Un roman peut-il plaire à quelqu'un qui aime la musique ?

Oui, à condition que la musique y soit le sujet et pas la décoration. « Haute Fidélité » de Nick Hornby, « Le Temps où nous chantions » de Richard Powers ou les nouvelles de Kazuo Ishiguro parlent réellement d'écoute, de goût et de pratique. Un roman où le héros écoute vaguement du jazz en fond sonore ne produira aucun effet.

Comment éviter d'offrir une biographie déjà lue ?

Regardez sa bibliothèque ou demandez à quelqu'un qui la connaît. À défaut, décalez le choix : un fan des Beatles a probablement quatre livres sur les Beatles et rien sur les studios, les ingénieurs du son ou la scène de Liverpool. Le livre latéral est presque toujours plus sûr que le livre frontal, et il fait plus d'effet.

Que offrir à quelqu'un qui écoute vraiment de tout ?

Un essai sur l'écoute elle-même. « Musicophilia » d'Oliver Sacks, qui explore ce que la musique fait au cerveau à travers des cas cliniques, fonctionne quel que soit le genre écouté. C'est aussi le meilleur cadeau quand vous ne connaissez pas assez les goûts de la personne pour risquer une biographie.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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