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Quel livre offrir à quelqu'un qui aime la fantasy ? 12 idées selon ce qu'il a déjà lu

Offrir de la fantasy sans tomber sur un livre déjà lu : douze titres classés par sous-genre et par point de départ, avec la logique du « s'il a aimé X, offrez-lui Y ».

L'équipe Relit8 min de lecture

Quel livre offrir à quelqu'un qui aime la fantasy ?

Le problème n'est jamais de trouver un bon livre de fantasy. Il y en a des milliers, et ils sont faciles à repérer. Le problème est de trouver un bon livre de fantasy que la personne n'a pas déjà lu.

C'est le genre littéraire où les lecteurs sont les plus systématiques. Quelqu'un qui aime la fantasy a rarement lu trois livres du rayon : il en a lu soixante, il connaît les grandes sagas de nom même quand il ne les a pas ouvertes, et il a déjà reçu deux fois le même cadeau. Voici douze titres classés par point de départ, avec à chaque fois la logique du « s'il a aimé ça, offrez-lui ça ».


Le vrai risque, c'est le doublon

Une enquête rapide vaut mieux qu'un long raisonnement. Demandez-lui ce qu'il a lu de bien récemment, la question passe pour de la conversation et vous obtenez une liste de dix titres en trois minutes. Un lecteur de fantasy adore parler de ce qu'il lit.

Si vous ne pouvez pas poser la question sans éveiller les soupçons, appliquez la règle du sous-genre absent. La fantasy se divise en familles très marquées, et la plupart des lecteurs n'en fréquentent que deux ou trois. Celui qui a tout lu en high fantasy n'a souvent jamais ouvert de fantasy urbaine. Celle qui vit dans la romantasy depuis deux ans n'a probablement rien lu en cosy fantasy. Vous avez plus de chances de tomber juste en changeant de famille qu'en cherchant le titre rare de la famille qu'il connaît par cœur.

Dernier réflexe, souvent oublié : vérifiez ce qui traîne sur ses étagères en tome dépareillé. Une série commencée et jamais finie est le cadeau le plus sûr du monde, à condition de vérifier lequel manque.

S'il a lu Tolkien et pas grand-chose après

C'est le profil le plus fréquent et le plus mal servi. Quelqu'un qui a aimé « Le Seigneur des anneaux » à seize ans, qui a regardé les films dix fois, et qui n'a jamais su par où continuer.

Robin Hobb, « L'Assassin royal, tome 1 : L'Apprenti assassin » (Pygmalion, 1998) Voir à la FnacL'Assassin royal, tome 1 : L'Apprenti assassin, de Robin Hobb (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un bâtard royal élevé pour tuer, dans un royaume qui se délite. C'est la porte d'entrée la plus efficace vers la fantasy adulte pour un lecteur de Tolkien : même souffle, même sens du temps long, mais une intimité psychologique que Tolkien n'a jamais cherchée. Prévenez-le quand même que la série est longue.

Brandon Sanderson, « Fils-des-Brumes, tome 1 : L'Empire ultime » (Orbit, 2010) Voir à la FnacFils-des-Brumes, tome 1 : L'Empire ultime, de Brandon Sanderson (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un monde où le méchant a gagné il y a mille ans, et une équipe de voleurs qui prépare le casse du siècle. Sanderson construit ses systèmes de magie comme des mécanismes d'horlogerie, avec des règles que le lecteur peut anticiper. Pour quelqu'un qui aime comprendre comment les choses fonctionnent, c'est irrésistible.

Ursula K. Le Guin, « Terremer » (Le Livre de Poche) Voir à la FnacTerremer, de Ursula K. Le Guin (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un archipel, un jeune sorcier, une ombre qu'il a lui-même libérée. Écrit en 1968 et toujours d'une modernité déconcertante. C'est court, c'est sec, et beaucoup de lecteurs qui se croient incollables en fantasy ne l'ont jamais lu parce qu'on le range parfois en jeunesse.

S'il a fini « Le Trône de fer » et veut plus noir

La dark fantasy est un sous-genre à part entière : morale trouble, violence assumée, héros qu'on n'a pas envie de fréquenter.

Joe Abercrombie, « Premier Sang » (Bragelonne, 2009) Voir à la FnacPremier Sang, de Joe Abercrombie (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un tortionnaire estropié, un barbare fatigué, un aristocrate insupportable. Abercrombie écrit des personnages détestables qu'on finit par aimer, avec un humour féroce qui manque à beaucoup de ses concurrents. Le premier tome de « La Première Loi » a fait de lui la référence du genre.

Andrzej Sapkowski, « Le Sorceleur, tome 1 : Le Dernier Vœu » (Bragelonne, 2003) Voir à la FnacLe Sorceleur, tome 1 : Le Dernier Vœu, de Andrzej Sapkowski (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Attention, ce n'est pas un roman mais un recueil de nouvelles, et c'est précisément ce qui le rend parfait en cadeau : on peut le lire par morceaux. Geralt de Riv y détricote des contes de fées polonais à coups d'épée. Beaucoup de gens connaissent les jeux vidéo et n'ont jamais ouvert les livres, qui sont bien meilleurs.

N. K. Jemisin, « La Cinquième Saison » (J'ai lu, 2017) Voir à la FnacLa Cinquième Saison, de N. K. Jemisin (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un continent qui se fissure, des femmes capables de calmer les tremblements de terre et qu'on réduit en esclavage pour cela. Jemisin est la première autrice à avoir remporté le prix Hugo du meilleur roman trois années de suite, de 2016 à 2018, pour les trois tomes de cette trilogie. Le premier chapitre est déroutant, la suite est immense.

S'il lit de la fantasy pour se détendre

Il existe un lecteur de fantasy qui ne veut plus de guerres de succession ni de génocides. On lui propose pourtant systématiquement des pavés de mille pages où tout le monde meurt.

Travis Baldree, « Légendes & Lattes » (Ynnis, 2023) Voir à la FnacLégendes & Lattes, de Travis Baldree (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Une orque barbare range son épée et ouvre un café. Il ne se passe presque rien, et c'est le sujet. Ce petit livre a lancé la vague cosy fantasy en France, et il fonctionne remarquablement bien auprès de lecteurs épuisés par les sagas.

Terry Pratchett, « La Huitième Couleur » (L'Atalante, 1993) Voir à la FnacLa Huitième Couleur, de Terry Pratchett (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Le premier des Annales du Disque-monde, quarante et un romans écrits entre 1983 et 2015. Pratchett est le seul auteur de fantasy à faire rire vraiment, et son œuvre est assez vaste pour occuper quelqu'un pendant des années. Si vous voulez un conseil moins consensuel : commencez plutôt par « Mortimer », l'écriture y est déjà beaucoup plus maîtrisée.

S'il préfère les villes aux royaumes

La fantasy urbaine plante le surnaturel dans un décor contemporain reconnaissable. C'est le sous-genre idéal pour un lecteur qui commence à trouver les auberges médiévales un peu répétitives.

Ben Aaronovitch, « Les Rivières de Londres » (J'ai lu, 2012) Voir à la FnacLes Rivières de Londres, de Ben Aaronovitch (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un jeune policier londonien recueille le témoignage d'un fantôme et se retrouve apprenti magicien dans une brigade qui n'existe pas officiellement. Drôle, très documenté sur Londres, et suivi d'une série entière si le premier passe bien.

Susanna Clarke, « Piranesi » (Robert Laffont, 2021) Voir à la FnacPiranesi, de Susanna Clarke (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un homme habite une maison infinie, remplie de statues, envahie par les marées. On ne peut rien en dire de plus sans gâcher le livre. Deux cents pages, un roman autonome, et l'un des rares titres de ces dernières années dont les lecteurs de fantasy parlent encore trois ans après. Prix Women's Prize for Fiction en 2021.

S'il ne lit que des auteurs anglo-saxons

C'est le cas de la grande majorité des lecteurs français de fantasy, par simple effet de catalogue. C'est aussi votre meilleure carte à jouer.

Jean-Philippe Jaworski, « Gagner la guerre » (Les Moutons électriques, 2009) Voir à la FnacGagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Un truand vénitien de fantaisie raconte lui-même ses coups tordus dans une langue somptueuse, quelque part entre Dumas et les mémoires du XVIIe siècle. C'est le roman de fantasy française le plus souvent cité par les libraires spécialisés, et il reste absent de neuf bibliothèques sur dix.

Jean-Laurent Del Socorro, « Royaume de vent et de colères » (ActuSF, 2015) Voir à la FnacRoyaume de vent et de colères, de Jean-Laurent Del Socorro (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Marseille, 1596, une nuit, des voix qui se relaient. Court, tendu, historique autant que fantastique. Un excellent cadeau pour quelqu'un qui prétend ne plus avoir le temps de lire des sagas.

Samantha Shannon, « Le Prieuré de l'oranger » (De Saxus, 2019) Voir à la FnacLe Prieuré de l'oranger, de Samantha Shannon (lien affilié, ouvre un nouvel onglet). Mille pages, des dragons, quatre points de vue, et surtout une histoire complète en un seul volume, ce qui est devenu rarissime. Le cadeau parfait pour quelqu'un qui veut se perdre dans un monde sans s'engager pour dix ans.

Le piège de la série inachevée

Une opinion assumée : offrir aujourd'hui le tome 1 du « Nom du vent » de Patrick Rothfuss est une petite cruauté. Le livre est magnifique, le deuxième tome aussi, et le troisième se fait attendre depuis 2011. Vous offrez une histoire dont personne ne connaît la fin.

La même prudence vaut pour toutes les sagas anglo-saxonnes en cours de traduction. Le décalage entre la parution originale et l'édition française tourne souvent autour de deux ans, ce qui produit le grand classique du cadeau raté : le tome suivant n'existe pas encore en français.

Vérifiez donc deux choses avant d'acheter : la série est-elle terminée dans sa langue d'origine, et où en est la traduction. Nos guides d'ordre de lecture recensent les grandes sagas tome par tome, ce qui règle la question en une minute.

Tome 1, intégrale ou coffret ?

Trois situations, trois réponses.

Si la personne ne connaît pas la série, offrez le tome 1 seul. Un coffret de six volumes posé sur une table basse ressemble à un devoir à rendre, et il coûte cher pour un pari incertain.

Si elle a lu la série en poche et que ses exemplaires sont fatigués, l'intégrale reliée est un très beau cadeau. Elle dit que vous avez remarqué ce qu'elle relit, ce qui vaut mieux qu'une découverte imposée.

Si elle a commencé une série et s'est arrêtée en route, le tome manquant est le cadeau le plus sûr de toute cette page, à une condition impérative : vérifiez lequel. Se tromper de numéro dans une saga de dix volumes est plus fréquent qu'on ne l'imagine.

Ce qu'un lecteur de fantasy ne vous dira pas

Il ne vous dira pas qu'il a déjà le livre. Il vous remerciera, il le posera sur l'étagère à côté de son exemplaire précédent, et vous ne saurez jamais rien.

C'est pour ça que la bonne stratégie n'est pas de viser le titre parfait mais le titre improbable : celui qu'il n'aurait pas acheté seul, dans un rayon où il ne va pas, avec deux phrases écrites sur la page de garde pour expliquer pourquoi vous avez pensé à lui. Un lecteur qui possède trois cents livres se souvient rarement de qui lui a offert le meilleur. Il se souvient toujours de qui lui a offert le plus surprenant.

Comment savoir ce qu'un lecteur de fantasy a déjà lu ?

Regardez sa bibliothèque en photo si vous en avez une, ou posez une question qui ne vend pas la mèche : « tu as lu quoi de bien récemment ? ». Les lecteurs de fantasy répondent volontiers et longuement. En dernier recours, offrez une porte d'entrée dans un sous-genre qu'il ne pratique pas, comme la cosy fantasy ou la fantasy urbaine : le risque de doublon y est beaucoup plus faible que dans la high fantasy classique.

Faut-il offrir le premier tome d'une série ou un roman seul ?

Le tome 1 est un cadeau généreux à condition que la série soit terminée ou publiée régulièrement. Sinon vous offrez une frustration à retardement. Si vous ne pouvez pas vérifier, un roman autonome comme « Piranesi » de Susanna Clarke ou « Le Prieuré de l'oranger » de Samantha Shannon règle la question : l'histoire commence et finit dans le même volume.

La cosy fantasy, c'est un vrai genre ou une mode ?

C'est un courant récent et parfaitement identifié : des enjeux modestes, peu ou pas de violence, une attention aux lieux et aux gestes quotidiens. « Légendes & Lattes » de Travis Baldree, publié en France en 2023, a fixé le modèle. Ce n'est pas de la fantasy au rabais, c'est une fantasy qui a changé de sujet. Beaucoup de lecteurs fatigués des guerres de succession y trouvent exactement ce qu'ils cherchaient.

Est-ce risqué d'offrir de la fantasy française à un lecteur d'anglo-saxons ?

Moins qu'on ne le croit. « Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski et « Royaume de vent et de colères » de Jean-Laurent Del Socorro sont deux romans que très peu de lecteurs français de fantasy ont dans leur bibliothèque, alors qu'ils correspondent exactement à leurs goûts. C'est le type de cadeau dont on vous reparle six mois plus tard.

Que faire si la série qu'il lit n'est pas terminée ?

Vérifiez avant d'acheter, surtout pour les sagas anglo-saxonnes en cours de traduction. Le décalage entre la parution originale et l'édition française atteint souvent deux ans. Offrir le tome 5 alors que seuls quatre sont traduits est un grand classique du cadeau raté. Un guide d'ordre de lecture vous dit en une minute où en est la série.

Les coffrets et éditions collector valent-ils le coup ?

Uniquement si vous savez que la personne n'a pas déjà la série en poche. Un coffret fait un très bel objet et un doublon très cher. En revanche, une intégrale reliée d'une série qu'elle a lue en poche abîmé est un cadeau qui touche juste, parce qu'il dit que vous avez remarqué ce qu'elle relit.

Les liens « Voir à la Fnac » sont affiliés : un achat nous verse une petite commission, sans changement de prix pour vous. Les livres sont choisis indépendamment.

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