Votre manuscrit est terminé et corrigé. Avant d'en lancer l'impression, il faut choisir le format, le papier, la reliure et les finitions de couverture. Ces décisions influencent notamment la pagination, l'épaisseur du dos et le coût de fabrication.
Prenons l'exemple d'un roman de 250 pages, destiné à être imprimé en quelques dizaines d'exemplaires. Selon les caractéristiques retenues, ce même texte peut donner naissance à des livres sensiblement différents.
1. Quel format choisir pour faire imprimer son roman ?
Le format influence la prise en main du livre, mais aussi le nombre de pages nécessaires pour accueillir le texte.
- Le format poche (11 × 18 cm) : compact et facile à transporter, il convient particulièrement aux romans destinés à être lus dans les transports ou emportés en voyage.
- Le format A5 (14,8 × 21 cm) : plus grand, il offre davantage de place pour le texte et permet d'adopter une composition plus aérée.
- Le format Digest (14 × 21,6 cm) : intermédiaire, il constitue une alternative intéressante pour un roman broché.
Attention toutefois à la pagination. Un manuscrit qui occupe 250 pages en A5 ne conservera pas nécessairement ce nombre de pages une fois adapté au format poche. La largeur des lignes, les marges, la taille des caractères et les espacements modifient la quantité de texte présente sur chaque page.
Avant de choisir un format, mieux vaut donc réaliser quelques pages d'essai avec la typographie et les marges envisagées. Cela permet d'évaluer la lisibilité de la composition et d'anticiper la pagination définitive.
2. Papier bouffant, offset ou couché : lequel privilégier ?
Le papier joue un rôle important dans le confort de lecture et l'épaisseur finale du roman. Trois familles se distinguent.
Le papier bouffant est particulièrement adapté aux ouvrages composés principalement de texte. Disponible notamment en blanc ou en crème, il présente une surface non couchée et un volume relativement important pour son grammage. Sa teinte crème peut aussi être appréciée pour son contraste moins marqué avec l'encre noire.
Le papier offset, également non couché, offre une autre possibilité pour les textes. Selon sa référence, il peut présenter une surface et une épaisseur différentes de celles d'un bouffant de même grammage.
Le papier couché, mat ou brillant, est surtout intéressant lorsque le livre comporte de nombreuses photographies ou illustrations. Son traitement de surface favorise la reproduction des images, mais il n'apporte pas nécessairement d'avantage pour un roman constitué presque exclusivement de texte.
Pourquoi deux papiers de 80 g/m² ne donnent-ils pas la même épaisseur ?
Le grammage indique la masse d'un mètre carré de papier, pas directement son épaisseur. Celle-ci dépend aussi de sa main, qui exprime le volume du papier rapporté à son poids.
Prenons notre roman de 250 pages intérieures, soit 125 feuilles imprimées recto verso.
Avec un papier bouffant de 80 g/m² et de main 1,8, chaque feuille mesure théoriquement 0,144 mm d'épaisseur. Le bloc de feuilles atteint donc environ 18 mm.
Avec un papier de même grammage mais de main 1,25, son épaisseur théorique descend à environ 12,5 mm.
La différence dépasse ainsi 5 mm pour un texte strictement identique, sans même tenir compte du façonnage. Ces valeurs sont illustratives : l'épaisseur réelle du dos doit être confirmée par l'imprimeur selon le papier retenu.
Le bon réflexe : choisir le papier avant de finaliser la couverture, car son épaisseur détermine directement celle du livre.
3. Pourquoi la reliure et la largeur du dos sont-elles liées ?
Pour un roman broché, la reliure dos carré collé constitue un choix courant. Les feuilles sont assemblées au niveau du dos, puis solidarisées avec une couverture souple enveloppante.
Cette reliure forme un dos plat sur lequel peuvent figurer le titre et le nom de l'auteur, lorsque son épaisseur le permet.
Elle dépend principalement du nombre de feuilles et de leur épaisseur, ainsi que des paramètres de façonnage. Si l'auteur décide de changer de papier ou si la mise en page ajoute plusieurs dizaines de pages, il faut réexaminer les dimensions de la couverture.
Un dos trop étroit ou trop large peut entraîner un décalage des éléments graphiques entre la première de couverture, la tranche et la quatrième de couverture.
Pour éviter cette erreur, la couverture à plat doit être préparée à partir des dimensions techniques validées par l'imprimeur, et non d'une largeur de dos estimée visuellement.
Reprenons notre roman de 250 pages au format poche 11 × 18 cm. Avec un dos théorique de 18 mm, la largeur de la couverture souple ouverte atteint 238 mm (110 + 18 + 110 mm), hors fonds perdus et contraintes de façonnage. Avec le papier plus fin de notre second exemple, elle descend à 232,5 mm. Le gabarit définitif doit toutefois être validé par l'imprimeur.
4. Quelle couverture choisir pour son roman ?
La couverture souple reste un choix courant pour un roman destiné à la vente ou à une diffusion en plusieurs exemplaires. Elle peut être réalisée sur un papier cartonné, éventuellement accompagné d'un pelliculage.
Les finitions n'offrent toutefois pas toutes le même résultat :
- Le pelliculage mat limite les reflets et donne un aspect plus discret.
- Le pelliculage brillant accentue la brillance des couleurs et des illustrations.
- Le pelliculage soft touch apporte une sensation de toucher particulière, plus veloutée.
Ces finitions impliquent l'ajout d'un film plastique, qui peut compliquer le recyclage du livre. Leur utilisation mérite donc d'être réfléchie, notamment lorsque l'auteur souhaite limiter les matériaux employés.
La couverture rigide rembordée représente une autre possibilité. Plus structurée, elle peut convenir à un tirage de collection, une édition anniversaire ou un livre destiné à être conservé durablement.
Elle nécessite cependant une préparation différente de celle d'une couverture souple. Il ne suffit pas d'utiliser le même fichier en remplaçant simplement le type de reliure.
Pour un roman principalement composé de texte, une couverture rigide n'améliore pas la lisibilité des pages intérieures. Elle modifie surtout la présentation, le poids et le coût de l'ouvrage.
5. Quels contrôles effectuer avant de lancer l'impression ?
Les fichiers de l'intérieur et de la couverture doivent être contrôlés séparément : ils ne présentent pas les mêmes contraintes de marges, de fonds perdus et de préparation à l'impression.
Les marges intérieures doivent être suffisamment généreuses pour que les lignes proches de la reliure restent faciles à lire. Une composition confortable sur écran peut devenir difficile à consulter lorsque le livre est ouvert.
Les polices de caractères doivent être incorporées dans le PDF pour éviter les substitutions lors du traitement du fichier.
Les pages doivent être transmises dans le bon ordre et au format final demandé par l'imprimeur. Sauf consigne particulière, le fichier intérieur est généralement fourni en pages individuelles, et non en doubles pages reconstituées.
La couverture nécessite un contrôle spécifique : fonds perdus conformes au gabarit, éléments importants éloignés des zones de coupe et largeur du dos correctement calculée.
Les images éventuelles doivent présenter une résolution suffisante à leur taille d'impression. Il faut notamment éviter d'agrandir fortement une illustration initialement prévue pour un affichage numérique.
Le bon à tirer (BAT) numérique permet de vérifier certains aspects du fichier avant fabrication, mais il ne permet pas de juger réellement le toucher du papier, la tenue de la reliure ou l'aspect physique du livre.
Lorsqu'il est possible de commander un exemplaire de contrôle, celui-ci permet d'examiner le produit dans ses conditions réelles d'utilisation : ouverture du livre, lisibilité près du dos, rendu de la couverture et équilibre général de la mise en page.
Cette vérification est d'autant plus utile avant une commande de plusieurs dizaines ou centaines d'exemplaires. Attention toutefois : si l'exemplaire de contrôle est imprimé en numérique et le tirage définitif en offset, certains aspects du rendu, notamment les couleurs, peuvent varier. Il convient donc de vérifier auprès de l'imprimeur la nature de l'épreuve réalisée.
6. Combien d'exemplaires imprimer pour un premier roman ?
La quantité dépend principalement de l'usage prévu et du nombre de lecteurs que l'auteur pense pouvoir toucher.
Pour un premier tirage, trois situations peuvent être envisagées.
Un seul exemplaire permet de vérifier l'objet imprimé, de présenter son manuscrit à quelques interlocuteurs ou de conserver un exemplaire personnel.
Une cinquantaine d'exemplaires peut correspondre à une diffusion limitée, à une séance de dédicaces ou à des ventes déjà identifiées auprès d'un premier cercle de lecteurs.
Une centaine d'exemplaires ou davantage peut devenir intéressante lorsque l'auteur dispose de précommandes, participe à plusieurs événements ou connaît déjà son lectorat.
Ces quantités ne constituent pas des seuils universels de rentabilité. Le coût unitaire diminue généralement lorsque le tirage augmente, mais il faut aussi considérer la somme totale engagée, les frais de livraison et les exemplaires qui pourraient rester invendus.
L'impression numérique permet notamment de produire de petites quantités sans les contraintes de préparation propres à l'offset. Pour des tirages plus importants, l'offset peut devenir économiquement intéressant, selon les caractéristiques du livre.
Pour comparer ces possibilités, il faut conserver une configuration identique : même format, même pagination, même papier et même couverture.
Imprimerie à Réaction est la plateforme d'impression en ligne de Korus Imprimerie, imprimeur familial français en activité depuis 1987. Son site de production à Eysines, près de Bordeaux, réunit des équipements d'impression numérique, offset et de façonnage. Il est ainsi possible d'y faire imprimer son roman dès un exemplaire, avec plusieurs choix de formats, de papiers et de reliures. Le configurateur permet de comparer les tarifs selon les quantités et les délais de fabrication.
Il faut également distinguer la commande ponctuelle chez un imprimeur de l'impression à la demande liée à une plateforme de distribution : dans le second cas, les exemplaires peuvent être produits au fur et à mesure des commandes des lecteurs, selon les conditions du service.
Prévoir son tirage à partir des ventes déjà identifiées permet de limiter les invendus, mais aussi la consommation inutile de papier et d'énergie. Cette question d'utilisation des ressources s'inscrit dans les thématiques abordées par Planete-Terre.org, média consacré à l'environnement.
Avant l'impression, stabiliser trois éléments essentiels
Pour éviter de reprendre entièrement la préparation de son roman, mieux vaut procéder dans un ordre précis : définir le format et la mise en page, sélectionner le papier et la reliure, puis finaliser la couverture avec les dimensions de dos correspondantes.
Un exemplaire de contrôle, lorsque le projet le permet, offre ensuite la possibilité de vérifier la lisibilité, l'ouverture et le rendu matériel du livre avant un tirage plus important. Quelques ajustements à cette étape peuvent éviter de reproduire la même erreur sur toute une série.